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De l’Ovaire à l’Absolu, Journal de Catherine Pozzi (extraits) 

mardi 17 août 2010, par Catherine Pozzi (Date de rédaction antérieure : 4 novembre 2009).

Mercredi 22 janvier 1913

Hôtel Saint-Charles, Cannes

C’est dangereux. C’est dangereux. Et pourtant utile. Plus, c’est indispensable. Et puis, il y a du plaisir. Quand j’étais jeune fille, gosse, adolescente, est-ce que mes plus belles heures n’ont pas été passées, sur des cahiers analogues, à évoquer mes dieux ? Chers dieux que le mariage a fait fuir, revenez, vous vous êtes trompés, je suis seule comme avant. Comme vous avez fui !
Et je le savais, des années plus tôt. Mais quoi. Maintenant, il s’agit de vous rattraper. Et quand vous serez là, - toi celle qui regarde trop loin, toi celui qui déteste les demi-boudeurs, toi l’ambitieuse, toi l’orgueilleuse, toi la folle, toi la Croyante, toi le chemin des étoiles et toi le contempteur du Ridicule, toi le Sage à ma manière, toi le plus bel amour, toi qui mènes après la mort et toi-que-les-autres-ne-font-pas-rire, quand vous serez là, assis en cercle, dans un silence que je ne comprends presque plus, nous ferons le bilan.
Il y a justement une dame au-dessus qui me chante des valses. D’autres ronflent comme si on était dans un hôtel chic et il n’y a que trois erreurs sur ma note. Tout cela fait une atmosphère congéniale. La chambre à côté, demeure momentanée de Fetignac qui est à Nice ce soir, est libre d’Edouard...
Mon style consiste en mots qui s’appellent ; celui-ci nous amène donc immédiatement au coeur de la question. Il y a deux systèmes :

a) Tout raconter comme s’il fallait mettre un lecteur au courant de "ce qui s’est passé avant" pour l’intéresser aux personnages.

b) Ne dire algébriquement que ce dont j’ai besoin pour mon état des lieux.

Second parti adopté ; pas de lecteurs ni en vue ni que mon caractère descende à désirer. Ceci est une oeuvre utilitaire, mono-utilitaire. On y mettra pas en épigraphe l’admirable mot de Gourmont : "Chez la femme, l’intelligence a toujours une odeur de sexe." Oui, oui, mais personne n’aura à se boucher le nez là ; et le mien retrouve une petite odeur picotante qui le ravigote et l’anime.

Edouard - et moi !

Moi, les premiers temps : un cheval stupéfait à qui on veut mettre un mors, là-bas aux Amériques. Tout entier révolté, cabré, ruant ; ensuite, soumis en apparence. Edouard, supportant mal ma personnalité enflée, dans mon corps mince dont il n’avait jamais assez ; exaspéré de ce que j’avais lu, pensé, espéré, dit, voulu, exaspéré des barrières contre lesquelles il se cassait le nez dans ma belle âme.

Et puis, j’ai appris à me taire quand il le fallait.

Et voilà que j’ai été une chose à soigner, très vite ; une chose "double", hélas !
De ce jour, un mari changé : j’étais tout d’un coup plus faible. Quelle belle tendresse m’a donné cet été de Jouy-en-Josas. J’ai été heureuse, heureuse ; peut-être pas à ma manière, mais comme une femme Y ou X.

Je devrais y penser un peu ici, à ce bonheur, ces mois d’été devant la douce vallée vert sombre, l’exquis d’être aimé plus que tout, la sécurité avec la jeunesse, deux incompatibles ! Y penser ! Mais le calcul dur m’émerveille : ces mois-là sont les seuls bons que j’ai connus sur quatre ans. A la corbeille, camelote de bonheur ! Et quelle responsabilité vous avez, mois de Jouy !
C’était si sage, hélas, hélas, c’était si "malin" d’être la moins éprise. Mais votre enchantement un peu bêbête a noué des tas de petits fils autour du coeur rebelle, qui vont à l’autre coeur. Ainsi que les fils du catgut qui tiennent la cicatrice d’une belle opération, si les heurts secouent, comme ils sauront faire mal !

Ne parlons que peu de heurts. Quatre mois étaient passés depuis le jardin qui dégringolait parmi les pommes ( ces pommes qui ont fait un teint si blanc à Claude...) et les fils avaient mis un des coeurs en sang ; le heurt était venu. Et puis... C’est inutile d’expliquer. Savoir qu’on a épuisé ses puissances de désespoir une fois dans sa vie, suffit. Avoir renoncé à soi-même... pour ça ! S’être bien donnée... pour ça ! Avoir vendu ses dieux, avoir renoncé au silence... pour ça ! La défense désolée, furieuse ; la lutte par tous les moyens ; les larmes, la honte, des brûlantes, des plus brûlantes, hurlantes larmes, au lieu du sourire intelligent et brave du dos qui s’en va.

C’est cet abaissement que je ne peux pas me pardonner. Que je ne lui pardonnerai jamais.

J’ai nagé dans l’horreur cinq mois. Il y a des phrases que je me rappelle et que je saurai encore probablement dans mes cheveux blancs.
Après "l’accident"... Non, non, je ne peux pas encore, c’est là encore, sous les années.

Que de mensonges ! Ce mot est depuis devenu pour moi le résumé de toute la nausée de l’Univers. Enfin, j’ai vaincu, on m’a choisie, préférée... quand il a vraiment fallu choisir, quand j’ai pu "tourner le dos", pauvre figure tremblante, réduite à rien... Et tout cela pendant ma convalescence, quand les médecins étaient inquiets de mes 44 kilos pour un mètre soixante-quinze.
Je suis très solide.

Un été, un hiver quelconques. La tempête avait passé ; mais je n’étais pas guérie.

(Suis-je guérie ? Je le crois, je le crois. C’est pour cela que j’écris.)
Mon amour pour Edouard, que je ne sais pas si je puis appeler amour tant il s’y mêle peu de désir, mon attachement immense que j’avais si désespérément mesuré, était devenu inquiet et mêlé de nerfs. Un autre été, un autre hiver. Nous apprenons le mariage.

Que dis-je ? J’apprends.

J’apprends à faire ce que je ne veux pas faire, et à "aller", comme l’apôtre, où je ne veux pas aller. J’apprends à avoir envie d’abord de ce dont il a envie. J’apprends à travailler, - si habituellement que ça devient machinal -, à le rendre content.

Je n’existe plus, qu’à peine. Puis-je dire je ? S’il rentre et que je lise, je laisse mon livre. S’il m’appelle, je viens. S’il veut sortir, je prends l’air. Si quelque chose m’intéresse et ne l’intéresse pas, je le lâche. Ses amis, qui m’embêtent, deviennent mes amis, et je les embête. Son travail, qui m’est étranger, devient mon travail, et je le bégaie, jusqu’à ce que mes larmes de "scènes" prennent un air arrivé, un air métier, et alors, ça l’agace, lui. Je m’habille comme il veut. Je "fais des frais" pour ses gens utiles.

Tout est subordonné à son humeur. Et puis, au moment de sa seconde pièce, je fais un jour ce raisonnement merveilleux : si c’est un succès, je vais subir, tant que cela durera, le mépris olympien que l’humanité dans ces occasions lui inspires, l’humanité vulgaire des gens que le tonnerre des bravos ne salue pas chaque soir. Et comme j’ai laissé aller mes possibilités de gloire personnelle, l’amour parti (quel amour sans expansion, sans douceur), je resterai là, volée.

Avant le succès, il faut que je tienne quelque chose qui restera, qui me restera. Avant l’abandon, il faut que je sois redevenue... une qui n’a pas peur d’être seule.

J’allai au plus près, le travail avec Jaëll.

21 janvier 1913

Jusqu’ici, j’ai récapitulé fort mal parce que ces quatre, non, trois ans et demi de mariage, sont plus gris, hors le grand trait rouge, que ses 7 ans de service pour Rachel n’ont pu être à Jacob. C’est même impropre, car il servait pour obtenir : moi je servais, et j’avais "un bon mari" suivant la monnaie extérieure, au cours des maris sur le marché probablement, et qui m’aimait, avec une profonde, insondable indifférence de mon être vrai, - peut-être n’est-ce pas exagéré de dire -, de mon être tel qu’il fut, en tant qu’être séparé, inutilisé par lui.

J’étais... en fonction du mariage. Enlevez le mariage, fumée sur Catherine.
Seulement, Jaëlle existait. Ceux qui travailleront plus tard dans l’esprit de la plus belle des oeuvres humaines pourraient seuls comprendre comment il m’a suffi d’obéir quelques mois à cette discipline, à cette sagesse uniques, pour que toutes les bandelettes où je me momifiais tombent pourries, rompues. Et Baca a vu cette chose déroutante et maudite : dans sa jeune femme d’aujourd’hui, la jeune fille d’autrefois. Il a vu cela, mais moi, j’ai senti plus encore. Puissance, Génie, vous m’avez fait : l’énergie, la santé, la sérénité, la foi, la force physique et la force morale, la bonté, la douceur, l’espoir...
La pièce, jouée en mars, tomba.

Mais moi, j’étais partie, je courais sur ma route de toute la vitesse de mes jambes maigres au nerf retrouvé, et déjà un autre travail était en train (que je n’aurais jamais commencé, auquel je pensais sans courage, depuis des années, et que l’enthousiasme de vie descendu en moi tout à coup me fit enfin paraître possible).

La pièce tomba.

Il fallut partir pour La Graulet, tout lâcher, musique, Bibliothèque nationale, recherches arides qui deviennent si vite un délassement, fiches, papiers... Une fois de plus, je servais. Mais là, sans regret, car je ne l’aurais pas aimé ce Baca erratique, pour ne pas m’attrister de son air "tout est fini".

La Graulet, un peu de Paris, Baden-Baden, La Graulet. Qu’importe où j’ai traîné cet été que des noms d’autres villes ne changeraient pas.

J’apprenais...

Hélas !

J’ai pris froid à Baden-Baden. (Pris froid parce que en état de dépression physique extraordinaire pour avoir pris 1, 1/2 g de quinine et causé une hémorragie volontaire ainsi, Edouard me défendant d’avoir un enfant. J’avais peur de lui. Je cédai.) Une douleur au sommet du poumon et au-dessous du coeur que je croyais du rhumatisme, fit son chemin dans mon petit squelette, d’août à novembre. Je maigrissais, je pâlissais, tout m’excédait, tout me faisait mal, sauf travailler. Des parties de tennis "pour amuser Edouard" n’arrangèrent rien ; un séjour à Cénac glacé me laissa percluse, et les nerfs en boule ; car le grand, l’immense amour de mon mari qui me donnait de si parfaites lettres en Allemangne, ne s’exprimait même plus par le bonsoir quotidien. ô grand amour que seules les absences m’ont donné !
Et "la semaine de La Graulet" : quatre garçons, deux jolies femmes, invités ; les chevaux, les grâces... De fumée, je devenais brouillard : je ne suis pas sûre que si j’avais fondu subitement, Edouard l’aurait remarqué.

Des heures à cheval et tombée épuisée sur un lit, et se relever pour voir autour d’une table celui dont on est la "petite fille" s’illuminer comme inondé d’un radieux et sentimental soleil parce que Jeanne est à droite, May à gauche, quand il n’y aurait qu’à les enlever pour retrouver toutes les plus décevantes humeurs. Enfin, un soir, se traîner à sa chambre avec 40° de fièvre, se coucher, je ne sais comment, rester assise toute la nuit en crispant ses mains sur sa poitrine... La belle pleurésie.

En bas, ils jouent au poker.

Pas tout à fait une semaine avant, une "explication" mémorable m’était tombée sur le chef, dans cette chambre aux toiles de Jouy lie-de-vin, lieu responsable de nos fiançailles.

Comme j’y étais vers 10 heures pour le "bonne nuit", en échangeant quelques paroles, Edouard eut une phrase équivoque ; je lui demandai de l’expliquer, il refusa et comme j’insistais, arguant de notre habituelle franchise, gage de rester l’un près de l’autre : " Il me semble, dit-il, que nous ne pouvons pas être plus loin." Je ne vais pas la "filer", cette scène... The burden of it was... que j’avais "terriblement changé" - non, je m’étais, ô Jaëll, retrouvée -, que ma personnalité se développant par le travail prenait une place nouvelle, que j’étais certainement devenue meilleure, avec un sens aigu du devoir, plus intelligente, plus vivante moralement, mais que c’était au point de vue de notre union, déplorable ; que la liaison avec un être qui remplissait si ardemment les devoirs qui lui incombaient, à lui mari, le désarmait, et pour tout dire, le décourageait d’avance d’exister par lui-même. Enfin, s’il tombait "dans la paresse et la frivolité", c’était parce qu’à côté de lui marchait un compagnon qui valait quelque chose. Avec une femme puérile, inconsciente, pirouettante, il serait autre et alors, meilleur, reprenant sa vraie place (puisque dans cet attelage étrange que le maire nous fabrique, un seul, paraît-il, est propre à trotter droit).

(Difficile d’être contente de ce que j’écris sur ces feuilles que j’arrache à leur tiroir en de volantes demi-heures, il me faut plus de temps pour faire remonter au jour ma sincérité absolue. "Franche, franche, qui ne ment qu’aux autres !"disais-je, petite fille. Ces encres précipitées ne sont pas encore des extraits de moi. Elles ne coulent pas, suaves et définitives, de l’état de grâce. Car Edouard est revenu, chassant la possibilité du recueillement d’autrefois entrevu, et je ne veux pas qu’il ait de la peine en me surprenant à ces dessins d’images étrangères à lui. Tant pis, il faudra que j’ajoute, en les reliant, à leur imperfection fuyante. Encore dix minutes...)

Je répondis, je répondis... Je ne crois pas de ma vie avoir parlé aussi sérieusement, ni avoir senti peser sur l’instant présent une gravité aussi déchirante. Grave, angoissée, tout mon bonheur à jouer dans cet instant tremblant. Il fallait défendre ma vie même puisque c’était au pauvre effort courageux vers plus de conscience et plus de bonté qu’on s’attaquait... Cette chose cruelle de mettre en balance le devoir et l’amour ! "Il me faudrait une femme légère qui aime le plaisir et s’amuser... Une femme comme toi ne fournit pas de sujets à un auteur dramatique... La regarder vivre ne sert à rien... Elle est sur un plan différent..."

"Il faudrait, ai-je demandé, que je devienne une Jeanne Rabier ? Cela vaudrait mieux pour moi ? - Peut-être pas pour toi, mais certainement pour nous..." (Cette réplique est exacte si les premières ont manqué quelques mots.)

Je ne sais plus ce que je dis pêle-mêle. Je sais que je refusai de me modeler sur cette piteuse figurine, que je refusai de m’asseoir puérile et soumise sur le bord du chemin, pour le voir se lever et magnifique, prendre ma place... "sa place"... Mais est-ce que je l’en empêcherais, de quitter ses divans éternels ? Est-ce que tout mon désir du passé, du présent, du futur, n’était pas que nous allions ensemble ?

Et puis, je plaidai dans tous les sens. A tout prendre, je n’étais pas la "femme forte". Au tennis, je le battais, lui ; à cheval, les meilleurs ne me suivraient pas : j’étais aussi coquette qu’il est possible d’être, je m’habillais avec passion... "sport", et même "grue" par instant. Le bouddhisme ne m’avait pas opérée encore du souci de plaire... J’avais des sens... Est-ce que je n’étais pas aussi femme, avec un homme plaisant, même que cette Jeanne Rabier exemplaire et souhaitable "pour un auteur dramatique" ? Avais-je moins de succès ? Eu moins de lettres amoureuses ? Je cherchai toutes ces autres petites Catherines, flirteuses, coureuses, courantes... Et comme cela "ne rendait pas", je revins en arrière : la Catherine objectionable n’était pas "loin de lui".

"Chaque belle chose goûtée, je te l’apporte. Chaque pensée heureuse, je la partage. Nous aimons les mêmes pages des mêmes livres... Je n’ai jamais fait un pas en avant sans essayer que tu viennes aussi... Je n’ai jamais compris une vérité sans vouloir que tu la possèdes... Je ne t’ai jamais laissé, j’ai prié pour que nous devenions quelque chose... Ma vie morale ne s’est pas abstraite de toi, jamais, jamais." Et comme c’était la vérité, et comme le présent y mentait, la défaisait, s’en moquait... cette gifle, cette gifle à tout le vrai que je venais de dire ! Des larmes dont je n’ai pas honte m’empêchèrent de parler encore. Il me prit dans ses bras, déclara "n’être qu’un monstre", que tout ça ne "comptait pas, puisque nous nous aimions". Parce qu’il m’aime, parce qu’il est bon, comme on dit, "au fond"... mais tout ça comptait, tout ça...

Je le vis bien deux jours plus tard, quand la blonde et la rousse représentèrent au naturel cette femme que je n’étais pas. Ce fut comme si on retirait Edouard d’un puits et l’amenait au jour. Il respirait. Je le connais trop pour n’avoir pas senti ce qui se passait là et comme ses paroles précédentes étaient sincères. Enfin, son milieu ! Enfin, son air respirable ! Enfin, des soifs congéniales, des fôlatreries soeurs ! Enfin, des "plus loin que mon nez, je m’en fous" ! Les petites Catherines courantes ou coureuses qui seraient peut-être sorties, sans ça, prendre leur part de la "semaine grauléenne", rentrèrent et se turent, devant cette certitude, étouffées. Trois jours, je travaillai comme une qui se noie... pendant les heures que me laissaient le cheval, le tennis et les jeux de société. Le soir du troisième jour, j’étais cassée...

En bas, ils jouent au poker.

P.-S.

Catherine Pozzi, Journal, 1913-1934, Editions Claire Paulhan.

• Texte établi et annoté par Claire Paulhan. Préface de Lawrence Joseph, auteur d’une biographie de Catherine Pozzi, Une robe couleur du temps (Éditions de La Différence, 1988).
• 1 cahier de photographies n. & b. Index des personnes citées.
• Édition originale chez Ramsay, en novembre 1987. Réédition chez Seghers, en mars 1990. Reprise en 1997, sous nouvelle couverture rempliée rouge, par les Éditions Claire Paulhan.
• 17, 5 x 22, 5 cm. 678 pages. Isbn : 978-2-912222-07-7.

Actuellement épuisé, ce volume a été réédité chez Phébus, collection "Libretto".

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