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Presque 60 ans après l’exécution des époux Rosenberg : réfutation du livre de André Kaspi 

La réponse inédite de Michael Meeropol, le fils aîné de Ethel et Julius Rosenberg.

dimanche 30 octobre 2011, par Michael Meeropol Rosenberg (Author - auteur), Wendy Kay Johnson
(Editor/Translator)

 [ original English version ]

En juillet 1950, Julius Rosenberg, accusé de faire partie d’un réseau d’espionnage visant à livrer les secrets de la bombe atomique, est arrêté aux USA. Commence alors une affaire retentissante qui va secouer l’opinion publique américaine et mondiale, donnant lieu à une vaste campagne de protestation contre l’exécution des époux Rosenberg. Presque 60 ans après, en mai 2009, le livre d’André Kaspi apparaît en France. Il était professeur d’histoire à la Sorbonne jusqu’en 2006, et actuellement il est maire de la municipalité UMP de Saint-Maur-des-Fossés. Son livre, Des espions ordinaires, retrace la question de leur culpabilité. La réponse apportée par Kaspi est que les époux Rosenberg étaient coupables. Ce qui suit est un « droit de réponse » inédit de Michael Meeropol Rosenberg, le fils ainé de Julius et Ethel.
Dans une Amérique en rébellion, qui descend dans la rue en masse pour protester contre la politique actuelle et la situation économique, quelques semaines après l’exécution de Troy Davis, malgré des protestations à travers le monde, il est important de revoir à la lumière d’une nouvelle forme de répression politique, l’événement clé des années du Maccarthisme.

Wendy Kay Johnson

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Picasso
Ethel et Julius Rosenberg (double portrait)
Stylo sur papier
Dédicace Michael et Robby Rosenberg
(1952)
Source Graphic Witness, visual arts and social commentary.

Des espions ordinaires : Recension

 Dans les années 50, c’est en France que les hommes politiques et le peuple étaient pour ainsi dire unanimes à demander que le Président Eisenhower accordât à mes parents, Ethel et Julius Rosenberg, d’être graciés [1]. Et ce, malgré l’accusation qu’ils aient été des espions de la bombe atomique. Et ce, malgré leur condamnation au motif de complot en vue de commettre des actes d’espionnage [2]. Aujourd’hui, partout dans le monde, les gens continuent à s’intéresser à leur procès en raison de cette accusation : qu’ils aient volé le secret de la bombe atomique. C’était l’élément central dans leur procès. C’était ce que le Procureur avait promis de prouver devant le jury. C’est ce dont le Juge a conclu lorsqu’il a prononcé la peine de mort. Et c’est pourquoi le Président Eisenhower a finalement refusé le recours en grâce. [3]

Ce qui motiva sans doute l’opinion publique française dans sa grande majorité pour soutenir le recours en grâce, ce fut un certain scepticisme quant à l’inculpation en même temps que la pensée que, si espionnage il y avait, c’était pour le compte d’un allié dans la guerre contre l’Allemagne nazi. Lorsque C. Douglas Dillon, Ambassadeur des États-Unis en France, soumit son rapport sur les raisons pour lesquelles l’opinion publique dans ce pays était si unifiée, il mit l’accent sur la sévérité de la condamnation et réprimanda le gouvernement des États-Unis en l’avertissant de ne pas être dupe de sa propre propagande qui disait qu’il s’agissait d’une manipulation communiste. [4]

Il est donc de mise que l’un des experts en France les plus renommés, spécialiste de l’histoire des États-Unis, entreprenne de réexaminer en détail des questions de L’Affaire Rosenberg. Dans son livre, Des espions ordinaires [5], André Kaspi a essayé de résumer ce qu’il appelle les conclusions irréfutables de l’histoire. Kaspi est certain que :

• Julius and Ethel Rosenberg n’étaient pas innocents – ils ont menti lorsqu’ils démentirent d’être communistes et menti lorsqu’ils démentirent d’être espions.

• Même l’admission récente quant au fait que David et Ruth Greenglass, témoins à charge, aient menti lorsqu’ils prétendirent qu’Ethel Rosenberg eut tapé des secrets d’espionnage à la machine, ne fait pas d’elle « l’épouse complètement innocente que l’on a dépeinte ». [6]

• L’accusation du Juge que l’espionnage atomique soviétique ait causé la guerre de Corée est une allégation absurde.[147-8]

• Les Rosenberg n’ont peut-être pas volé le secret de la bombe atomique, étant donné les activités d’espionnage des savants Klaus Fuchs et Theodore Hall, mais Kaspi semble en conflit avec lui-même à ce sujet lorsqu’il dit : « L’Union Soviétique a systématiquement infiltré l’Opération Manhattan qui avait pour but de mettre au point la bombe atomique... Les Rosenberg ont tenu un rôle important dans ces activités d’espionnage ».[137]

• La condamnation à mort était disproportionnée mais la campagne à travers le monde pour sauver la vie des Rosenberg et les empêcher de finir sur la chaise électrique en 1952 et 1953 étaient un effort cynique de la part du communisme international de faire des reproches au Procureur et de se concentrer sur l’antisémitisme, afin de couvrir le vrai problème d’antisémitisme qui existait en Union Soviétique et leurs satellites « les démocraties populaires ».[112-120]

L’affirmation de Kaspi est que ces conclusions sont irréfutables, ce qui est malheureusement basé sur une lecture incomplète des études récentes.

Des espions ordinaires [7] fait référence à des sources primaires et secondaires. Une des sources (secondaire) principale citée par Kaspi est le Dossier Rosenberg [8] de Ronald Radosh et Joyce Milton, comprenant des documents du FBI, les communications soviétiques décodées identifiant un certain nombre d’agents soviétiques et leurs activités aux États-Unis pendant la deuxième guerre mondiale (appelée Opération VENONA). Une autre source est le livre The Haunted Wood d’Allen Weinstein et Alexander Vassiliev, qui fait mention de documents du KGB. Et Kaspi cite enfin l’histoire telle que la raconte David Greenglass dans le récit de Sam Roberts journaliste au NY Times, auteur de The Brother.

Il y a deux documents qui sont devenus disponibles trop tard pour être inclus dans le livre de Kaspi. En septembre 2008, le témoignage de Ruth Greenglass devant le Grand Jury a été publié et en même temps Morton Sobell, co-défendant de mes parents, a reconnu dans un entretien avec le NY Times et une lettre qui suivait au rédacteur-en-chef que lui et mon père avaient en fait transmis des informations classifiées « secrètes », mais qui ne concernaient pas la bombe atomique, à l’Union Soviétique pendant la deuxième guerre mondiale. [9]

La déclaration de Sobell dit irréfutablement que mon père a communiqué des documents secrets à l’Union Soviétique pendant la deuxième guerre mondiale. Mais la culpabilité alléguée de ma mère reste très discutable, comme toute la question des secrets de la bombe atomique d’ailleurs. Je crois, néanmoins, qu’aujourd’hui, une compréhension plus complète et juste de l’affaire Rosenberg est possible — en contraste avec ce qui était possible en 1975 lorsque j’ai visité la France pour participer au programme télévisuel, Les Dossiers de l’Écran, afin de promouvoir le livre de mon frère et moi, Nous Sommes Vos Fils [10].

Malheureusement, le livre de Kaspi, qui prétend être une analyse plus complète et juste de l’affaire, n’est pas digne d’un historien de sa réputation [11].

Tout d’abord, malgré ce que déclare Kaspi, les interprétations de faits historiques ne peuvent jamais être « irréfutables ». L’examen de l’histoire est pour beaucoup un argument sans fin. Les conclusions dites irréfutables un jour sont soudain remises en question le lendemain lorsque de nouvelles preuves apparaissent ou une nouvelle interprétation de preuves anciennes est mise en avant.

Tout ce que peut faire un historien est de fidèlement rapporter aux lecteurs ce qui est découvert par des décennies de recherche. Pour ce faire, il faut d’abord examiner avec un esprit critique toutes les sources secondaires afin de juger les différentes interprétations faites par ceux qui mènent les études. Ensuite, il faut examiner les sources primaires (documents du FBI, documents des archives soviétiques, témoignages lors du procès, et cetera...) pour voir comment les interprétations sont renforcées ou remises en question dans les documents de source secondaire.

Kaspi n’a pas pris en considération bon nombre de documents importants. Il n’a pas consulté le livre de la correspondance complète des mes parents en prison, publié en 1994. C’est dommage car les lettres publiées en 1953 ont été fortement modifiées (y compris celles traduites en français très utilisées par Kaspi), alors que le livre de 1994 est une compilation complète et fidèle de toutes les lettres existantes. [12] Cette omission pèse sur une des principales conclusions de Kaspi, notamment que la campagne pour sauver mes parents fut basée sur le reproche erroné que l’antisémitisme fût le fondement de l’affaire. Si Kaspi avait lu le livre des lettres complètes, il aurait été surpris de noter que le 10 novembre 1952 mon père écrivait à son avocat en arguant que la campagne pour les sauver ne doive pas mettre l’accent sur l’antisémitisme.

« Les connotations antisémites dans cette affaire sont des questions subtiles et secondaires, difficiles à identifier, et en étant obligé par l’opposition de devoir se concentrer sur ces questions et de les amener au centre du débat, le comité de défense est détourné de la lutte essentielle qui en est affaiblie car les faits liés à l’antisémitisme ne sont pas aussi clairement définis et évidents que les autres et ceci génère de la confusion qui n’a pas lieu d’être ». [13].

Dans ce contexte, il est intéressant de noter que le télégramme de Dillon dont il est fait mention ne contient aucune référence à l’accusation d’antisémitisme dans l’examen analytique de l’opposition française aux exécutions qui étaient imminentes à l’époque.

La bibliographie comprend la première édition du livre de mon frère et moi (Nous Sommes Vos Fils) mais non pas la deuxième édition (disponible en anglais seulement). Dans cette deuxième édition, il y a une réfutation détaillée des arguments présentés dans The Rosenberg File de Radosh et Milton. Puisque c’est cette dernière oeuvre qui semble être une source majeure de la grande partie de l’analyse de Kaspi, il aurait été utile pour le lecteur français que Kaspi pèse sérieusement non seulement les pour mais aussi les contre des thèses de Radosh et Milton, présentées dans cette deuxième édition. Au lieu de cela, Kaspi fait un résumé des différentes conclusions tirées par des observateurs français lors de la publication de la traduction.[136-7] [14]

Quant aux sources primaires, Dr. Kaspi donne beaucoup de valeur aux textes décodés Venona (des télégrammes soviétiques envoyés entre New York et Moscou pendant la deuxième guerre mondiale) mais il omet de noter une des conclusions incontournables de ces documents — notamment que ma mère n’était pas une espionne soviétique.

Dans un document date du 27 novembre 1944, ma mère est décrite comme étant l’épouse de l’espion dont le nom de code est « Liberal » (qui était, nous le savons maintenant, mon père). Voici ce que dit New York à Moscou au sujet de ma mère :

« Suffisamment bien éduquée politiquement. Connaît les activités de son mari et le rôle de METR et NIL (deux contacts d’espionnage). Etant donné sa santé fragile ne travaille pas. Est décrite en termes positifs comme étant une personne dévouée ».

Il est étonnant que Kaspi cite ce même document Venona mais avec une omission primordiale : « Suffisamment bien éduquée politiquement. Connaît les activités de son mari ... Est décrite en termes positifs comme étant une personne dévouée ».[174] [15]

Lorsque les documents Venona déchiffrés sont devenus publics, Meredith Gardner, chef décodeur de la langue russe a noté que « ne travaille pas » était le langage des espions pour signifier qu’elle n’était pas une espionne. En omettant cette citation de sa traduction, Kaspi n’a pas eu à prendre en considération les implications d’une telle phrase. Il néglige aussi de dire à ses lecteurs que ma mère n’a jamais été donnée en nom de code. [16]

Kaspi note dans trois endroits différents dans son livre lorsqu’il développe son argumentation contre ma mère qu’elle ait signé la nomination d’un membre du parti communiste au Conseil de la Ville de New York.

Cet argument n’est pas valable. Lorsque Kaspi le mentionne pour la première fois, il a reconnu que signer des nominations ne veut rien dire – que 50.000 autres new yorkais avaient signé la même pétition.[26]. Pourquoi donc est-ce qu’il le considère si important qu’il mentionne encore deux fois en jugeant ma mère coupable ? [17]

Un autre problème avec Kaspi est le fait qu’il dépende très lourdement des documents Venona. En vérité ces documents discréditent les charges faites à l’origine par le gouvernement américain contre mes deux parents. Outre l’argumentation qui met complètement hors de cause ma mère, les documents révèlent que l’espion dont le nom codé était « Liberal » a avoué son ignorance du projet portant sur la bombe atomique et a suggéré que David Greenglass (le témoin principal du Procureur et le frère de ma mère) soit interrogé par un expert. [18]

En d’autres termes, dans les documents VENONA décodés eux-mêmes, il y a des preuves soutenant nos prétentions les plus importantes et les prétentions de ceux qui soutenaient mes parents en 1953, soit que l’idée qu’ils eussent volé le secret de la bombe atomique était une fabrication extravagante, et que la punition ne fut certainement pas en adéquation avec le crime.

En 2003, mon frère Robert a publié son récit An Execution in the Family [19]. Vers la fin du livre, il spécule sur ce que cela représenterait pour nous aujourd’hui si les télégrammes soviétiques décodés dans les documents VENONA qui ont été communiqués étaient véridiques dans l’ensemble. (Nous savons maintenant que dans les grandes lignes ils sont effectivement véridiques). Participer à de l’espionnage militaro-industriel ne fait pas de soi un espion de la bombe atomique, et c’est sur la base de cette allégation de vol du secret de la bombe atomique que mes parents ont été exécutés et c’est pour cette raison que le monde continue à s’intéresser à l’Affaire Rosenberg encore aujourd’hui. [20]

Les lecteurs français n’ont malheureusement pas eu droit aux fruits des pensées de Kaspi sur cette argumentation car inexplicablement il n’a pas inclus le livre de mon frère dans sa bibliographie et il n’a pas fait de commentaires sur ce livre dans sa discussion des documents VENONA. Comment peut-il prétendre offrir des conclusions historiques irréfutables si les sources elle-mêmes à partir desquelles il tire de telles conclusions sont mises à l’écart de son raisonnement ?

Avec son livre, Kaspi a manqué une occasion rêvée de lancer un débat utile pour tous les citoyens français sur les implications de l’Affaire Rosenberg. Il est à espérer que ce « droit de réponse » servira à stimuler de nouvelles discussions et peut-être même de nouvelles recherches.

© 2010 Michael Meeropol Rosenberg

Écrit après

 Octobre 2011. Depuis ma recension du livre de Kaspi, un développement récent est significatif pour comprendre ce qui s’est vraiment passé dans le procès de mes parents. Avant de mourir, Walter SCHNEIR [21], co-auteur avec son épouse Miriam de Invitation to an Inquest [22], a publié une enquête approfondie de l’affaire à partir des informations disponibles jusqu’en 1983, Final Verdict, What Really Happened in the Rosenberg Case, (NY Melville House, 2010). Dans ce livre, comprenant un préambule ainsi qu’une postface de Miriam SCHNEIR, Walter détermine que :

Mon père, Julius ROSENBERG, était en effet espion sous le nom de code LIBERAL dans les documents VENONA.

Son travail consistait à recruter un certain nombre d’amis ayant des formations scientifiques et d’ingénieurs pour aider l’Union Soviétique pendant la deuxième guerre mondiale (ainsi que dans la période de l’après-guerre). Cependant, et c’est ce qui est le plus important, il n’a joué qu’un rôle marginal dans le réseau d’espionnage dont on l’accusait d’être le chef.

La seule activité menée par lui fut de demander à Ruth GREENGLASS de recruter son mari David et d’obtenir un plan de l’endroit où la première bombe atomique avait été développée ainsi qu’une liste des noms des savants ayant participé.

Après cela, tout ce que les GREENGLASS ont fait (ce qui est corroboré dans une des sources de KASPI, le livre The Haunted Wood) [23], ils l’ont fait seuls et de leur propre initiative en contact direct avec des agents du KGB à New York. [24]

SCHNEIR a découvert deux preuves-clé qui soutiennent cette conclusion. D’abord, au début de l’année 1945, le KGB a demandé à mon père de cesser ses activités d’espionnage de peur qu’il ne soit découvert par le FBI. Ensuite, le dessin produit lors du procès qui était censé représenter « le secret de la bombe atomique » (fait par David GREENGLASS en 1945) n’a été reçu à Moscou qu’au mois de décembre 1945, bien que le couple GREENGLASS affirmât — tous les deux — avoir transmis ce dessin à mon père en septembre 1945.

Il est évident, après les recherches de SCHNEIR, que la rencontre de septembre 1945, si importante qu’elle fût la base de l’accusation de vol du secret de la bombe atomique, N’A JAMAIS EU LIEU.

Ainsi, lors de son procès, mon père a été accusé d’un crime qu’il n’a pas commis, sans pouvoir bien évidemment reconnaître ce qu’il avait fait.

Quant à ma mère, SCHNEIR réitère ce que j’ai déjà dit. Elle n’a jamais reçu de nom de code — elle n’a jamais été espionne. Elle a été prise en otage par le gouvernement des États-Unis pour faire parler mon père.

M. M. R.

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Nous sommes vos Fils
Michael et Robert Meeropol
Éditions sociales-Éditeurs français réunis
Paris, 1975.
Source PriceMinister


Heir to an Execution : A Grandaughter’s Story

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Ivy Meeropol
Heir to an execution
(2004)
Filmographie de l’œuvre IMDB
(accessible sur amazon.com)

Fragments :


- 1. http://youtu.be/HVFyi8yX6cw
- 2. http://youtu.be/ynjivMNnvdg
- 3. http://youtu.be/iub-ZjRhOcw
- 4. http://youtu.be/d9lX7QJyx2U
- 5. http://youtu.be/gwdePhn3MyI
- 6. http://youtu.be/OUPa6iJUR-s
- 7. http://youtu.be/Gnm32hPkdiE
- 8. http://youtu.be/DB-eWCHNRwg
- 9. http://youtu.be/DB-eWCHNRwg
- 10. http://youtu.be/LyoFDloAmtg

- Thanks granadaville

P.-S.

La sources des logos : l’icône du logo est un portrait de Michael Meeropol qui provient de sa page dédiée dans wikipedia (plusieurs fois citée et liée dans notre article) ; le logo de survol est une photo de ses parents, maintes fois utilisée en couverture des ouvrages à leur propos, et qu’à ce titre Michael a lui-même reprise en couverture de sa recension intégrale de leur correspondance de prison (citée et liée dans l’article).

Le contexte :

- - 6 et 9 août 1945 :
Les États-Unis larguent les deux premières bombes atomiques utilisées en opérations sur les villes japonaise de Hiroshima et Nagasaki.

- - 1946 :
Face à une très puissante vague de grève, Edgar Hoover, directeur du FBI, lance l’anathème sur les « 100 000 communistes américains » et « leurs alliés prétendument progressistes ».

- - 1947 :
Truman fait le fameux discours du 12 mars 1947, prônant l’« endiguement du communisme ».
Un décret présidentiel sur le « loyalisme » des fonctionnaires (malgré l’opposition de Truman) aboutira au renforcement, par le sénateur McCarthy, de la Commision des activités anti-américaines.
 Le 22 septembre 1947 Jdanov répond à la doctrine de Truman (l’endiguement), par celle de l’URSS, il qualifie le discours de Truman antidémocratique et impérialiste. Création du kominform essentiellement à l’adresse des partis communistes européens pour remplacer le Komintern (international).

- - 1948, restructuration des pays du traité de Varsovie et développement du plan Marshall.

- - 1949 :
L’URSS possède à son tour la bombe A. Les États-Unis sont stupéfaits par la rapidité des recherches russes mais on découvre en janvier 1950 que Klaus Fuchs, un réfugié allemand et physicien, a fourni les Russes en documents. L’enquête remonte à David Greenglass qui avoue avoir transmis des documents. Il nie que sa sœur, Ethel Rosenberg, soit impliquée mais affirme que son mari, Julius, a convaincu Ethel de le recruter en 1944 et que Julius a transmis des secrets aux Soviétiques.
La République populaire de Chine est proclamée.
Certains signes annonciateurs de la guerre de Corée se font jour.

- - 1950 :
La guerre de Corée débute.
17 juillet 1950, Julius Rosenberg est arrêté.
11 août 1950, Ethel Rosenberg est arrêtée.

- - Le 19 juin 1953, Ethel et Julius Rosenberg sont mis à mort à quelques minutes d’intervalles dans la prison de Sing-Sing. (...) Ils reposent au cimetière Beth Moses à Long Island.

Ethel Rosenberg a écrit quelques heures avant son exécution :

« Mon mari et moi sommes innocents, nous ne pouvions trahir notre conscience,* aucune puissance ne nous séparera dans la vie ni dans la mort. Je ne vous demande qu’une chose : consolez mes petits ».

* [Ndlr : on a proposé la vie sauve en échange d’aveux au couple]

(Extraits de fr.wikipédia)



Julius et Ethel Rosenberg, Lettres de la Maison de la Mort, éd. de la nrf, Gallimard, juin 1953, Paris. ISBN-10 : 2070255379 ; ISBN-13 : 978-2070255375.

Notes

[1] En outre des grandes manifestations de masse organisées en France par le parti communiste glorieux de son passé de résistant national sous les FTPF, de nombreuses personnalités françaises de tous les bords politiques ou non politiques se mobilisèrent pour tenter de sauver les Rosenberg. Source wikipédia, Ethel et Julius Rosenberg (extraits) :

Le comité de défense des Rosenberg en France :

Dès 1952 s’est créé un comité de défense des Rosenberg comprenant notamment Aragon, Maurice Druon, Jean Effel, Fernand Léger, Yves Montand, Picasso, Simone Signoret, Hervé Bazin, Jean Pierre-Bloch, etc.

Les grands noms des arts et des lettres français :

D’une façon ou d’une autre, les écrivains, artistes et universitaires les plus célèbres ont tenu à s’associer à ce profond mouvement populaire, en signant des télégrammes en rédigeant des articles et des messages, en prenant part à des manifestations.

Citons dans les listes rendues au fil des mois :

Marcel Aymé, Albert Beguin, Claude Bourdet, Francis Carco, Jean Cocteau Jean-Marie Domenach, Roland Dorgelès, Marguerite Duras, Jean Dutourd, Gaston Gallimard, René Julliard, Michel Leiris, François Mauriac, Claude Mauriac, Jean Mercure, Gérard Philippe, André Barsacq, Jacques Prévert, Armand Salacrou, Vercors, Vladimir Pozner, Jean Wiener...

Ou encore :

Colette, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Pierre Mac Orlan, Roger Martin du Gard, Louis Martin-Chauffier, Gilles Martinet, Roger Nimier, Raymond Queneau, Maurice Rostand, Pierre Seghers, Georges Duhamel, André Maurois, Jean Cassou, Elsa Triolet, Fernand Gregh, Etiemble, Jacques Madaule, Gabriel Marcel, Simone de Beauvoir Léopold Senghor, les professeurs Robert Debré, Evry Schatzman, les peintres Henri Matisse, Gromaire, Jean Picart Le Doux, Roberto Matta

Ainsi que :

Maria Casarès, Bernard Blier, Loleh Bellon, Joseph Kosma, Serge Lifar, Pierre Fresnay, Louis Daquin Jean Grémillon, Henri Decoin, Henri-Georges Clouzot, Georges Sadoul...

Association pour le réexamen de l’affaire Rosenberg :

En 1993, le Comité devient le Groupe d’initiative pour le réexamen de l’affaire Rosenberg. En 1995, il prend le nom d’Association pour le réexamen de l’affaire Rosenberg.

[2] Toujours dans l’article de wikipédia Ethel et Julius Rosenberg (op. cit.), d’autres extraits, sur la position du journal Le Monde (Le Monde du 11 décembre 1952 ; cité dans Le Monde 2 du 20 octobre 2007) :

Les critiques soulevées au moment du procès

Le Monde du 11 décembre 1952 se demande si on peut « considérer ces témoins comme ayant déposé "sans haine et sans crainte", alors que les Greenglass avaient tout intérêt à charger les Rosenberg pour se sauver eux-mêmes ». Le Monde ajoute : « quel étrange personnage au demeurant que ce Greenglass qui tue pratiquement par son accusation sa sœur et son beau-frère, avec lequel il avait eu jadis de sordides discussions d’intérêts. »

Le Monde du 11 décembre 1952 se demande également si les informations transmises avaient bien la valeur et l’importance que l’accusation (le gouvernement américain) leur donnait. Le principal témoin de l’accusation, David Greenglass, prétendait avoir reconstitué le croquis d’une bombe atomique alors qu’il reconnaissait avoir échoué à de nombreux examens. Par ailleurs, les savants atomistes Robert Oppenheimer et Harold Clayton Urey, cités par l’accusation, n’ont jamais été appelés à comparaitre.

Ensuite, la même édition du Le Monde du 11 décembre 1952 s’interroge : « la décision du jury et la sentence prononcée par le juge n’ont-elles pas été faussées par l’atmosphère dans laquelle s’est déroulé le procès ». On était alors en pleine période du maccarthysme, une campagne violemment anticommuniste aux États-Unis de 1950 à 1956, pendant la guerre de Corée. L’accusation s’efforça, lors du procès des Rosenberg, de leur faire dire s’ils étaient communistes. « Ceux-ci refusèrent de répondre, écrit Le Monde de l’époque,mais aucun doute n’était possible sur leurs opinions. Le passé des accusés (Julius avait été renvoyé pour opinion subversive d’un emploi administratif), leurs relations, leurs lectures, et leurs propres déclarations indiquaient aux jurés qu’ils se trouvaient bien en présence de communistes). »

Enfin, Le Monde du 11 décembre 1952 mentionne le fait que les accusés étaient juifs. La question de l’antisémitisme se pose, souligne Le Monde de l’époque, parce qu’aucun juré n’était juif (« ce qui peut paraître surprenant dans une ville comme New York où la communauté juive représente le tiers de la population »). Le Monde se demande si le juge Kaufman, juif lui-même, n’a pas fait preuve d’une plus grande sévérité pour dissocier la communauté juive américaine des accusés et de ne pas faire porter sur tous les membres de la communauté juive une suspicion d’espionnage (accusation antisémite classique). « Un geste de clémence, poursuit Le Monde, suffirait à dissiper le malaise que crée dans l’esprit de tout observateur impartial un procès que le procureur Irving Saypol qualifia lui-même de « sous-produit nécessaire de l’âge atomique »… » [ ... ]

[ Ou encore, à propos de La sentence ]

Le Monde écrit le 11 décembre 1952 : « aucune condamnation à mort n’avait jusqu’à présent été prononcée aux États-Unis pour crime d’espionnage, même en temps de guerre. D’autres espions d’une plus grande envergure ayant commis et avoué des faits beaucoup plus graves n’ont été condamnés qu’à des peines de prison. » bien que durant la Seconde Guerre mondiale, des espions allemands participant à l’opération Pastorius capturés sur le sol américains furent exécutés. Ainsi Axis Sally et Tokyo Rose, convaincus d’avoir trahi leur pays en travaillant pour l’Allemagne et le Japon en temps de guerre, avaient été condamnés à moins de dix ans de prison. Le savant Klaus Fuchs, arrêté et jugé en Grande-Bretagne pour avoir fourni à l’Union soviétique d’importants renseignements sur la séparation des isotopes et la fabrication de la bombe A est condamné à la peine maximum : quatorze ans d’emprisonnement. Alla Nunn May, arrêté en mars 1946, reconnaît avoir transmis à l’URSS le 9 mai 1945 des informations sur la bombe d’Hiroshima ; sentence : dix ans de prison. Harry Gold (voir plus haut), pour espionnage atomique : dix ans. Ruth Greenglass, qui a reconnu avoir participé à un réseau d’espionnage : absolument rien. David Greenglass, son mari, qui s’est déclaré espion : quinze ans, réduit à dix. Pour ces deux derniers, leur collaboration avec la justice a été prise en compte. Morton Sobell, espion au profit de l’URSS : trente ans de prison. [...] (fin de citation).

[3] Le compte rendu complet du procès est accessible sur le site :

http://www.law.umkc.edu/faculty/projects/FTrials/Rosenberg/RosenbergTrial.pdf.

[4] Voir télégramme, Paris au Secrétaire d’État (copie pour action), n°. 5972, le 16 mai 1953. Le passage pertinent est : « Nous ne devrions pas (répéter pas) nous tromper en pensant que ce sentiment (en faveur d’un recours en grâce) existe principalement à cause d’une propagande communiste ou que les gens qui prennent cette position sont des dupes inconscients des communistes. Le fait est que la grande majorité des français de tout bord pensent que la condamnation à mort est complètement injustifiée d’un point de vue moral et qu’elle est possible uniquement en raison du climat politique particulier aux États-Unis actuellement... » Le document est référencé : 761.5211 Julius Rosenberg/-1653 dans la marge de droite.

[5] André Kaspi, Des espions ordinaires - L’affaire Rosenberg, éd. Larousse, Paris, 2009.

[6] La citation de la conclusion complète est la suivante : « Contrairement à ce que l’on a longtemps pensé, Ethel n’est pas l’épouse complètement innocente que l’on a dépeinte. D’ailleurs, elle n’hésite pas à recourir au cinquième amendement, lorsque les questions deviennent gênantes. Les opinions qu’elle exprime dans les lettres à son mari comportent les mêmes jugements politiques que ceux de Julius. Les deux époux partagent les mêmes convictions, les mêmes secrets ». [174] Le parjure de David Greenglass est décrit sur les pages 171-2. Une page plus loin cependant, Kaspi semble contredire la certitude de cette conclusion avec la déclaration suivante : « Encore que la culpabilité d’Ethel ne soit pas clairement établie » [175].

[7] op. cit. note 5

[8] (Hachette, 1985,1991). Malheureusement, il n’y a pas de notes de bas pages ou de références à la fin du livre dans l’édition française. Ceux qui souhaitent vérifier les études de Radosh et Milton devront lire l’édition américaine. La plus récente est de Yale University Press, publiée en 1991. La seconde édition de l’ouvrage original The Rosenberg File est accessible sur fr.amazon, ainsi qu’une édition de 1983 chez Henry Holt & C°.

[9] Voir l’article paru dans The New York Times du du 12 septembre 2008, intitulé « Une des figures du procès Rosenberg reconnaît avoir espionné pour les soviétiques » :

http://www.nytimes.com/2008/09/12/nyregion/12spy.html?_r=1&scp=1&scp=Morton%20Sobell&st=cse

La lettre de Morton Sobell citée dans l’article au 12 septembre 2008 a été publiée dans The New York Times du 19 septembre, où elle est présentée comme suit : « Réponse à : "57 années plus tard une personne du Procès Rosenberg dit avoir été un espion soviétique" (voir la une du 12 septembre)

Je veux être parfaitement clair que ma seule connaissance des activités de Julius Rosenberg pour les soviétiques pendant la deuxième guerre mondiale -– les activités dont j’ai parlé avec votre journaliste –- sont ce que lui et moi nous avons fait ensemble.

Il ne m’a jamais raconté autre chose dont il s’occupait. Certains lecteurs de vos articles pourraient penser que je confirmais l’accusation du gouvernement sur l’espionnage allégué de David Greenglass –- que j’impliquais que Julius m’avait raconté d’autres activités. Il ne l’a jamais fait.

Jusqu’à ce jour, je ne connais pas l’étendue de ce que David Greenglass a dit lors du procès (sauf pour le fait qu’il s’est parjuré lorsqu’il a parlé de la présumée frappe à la machine à écrire de documents par Ethel Rosenberg).

Quant à moi, j’ai aidé un allié des États-Unis (illégalement je le reconnais) pendant la deuxième guerre mondiale. J’ai choisi de ne pas coopérer avec le gouvernement en 1950. Maintenant les problèmes sont dans les mains des historiens. Morton Sobell, Bronx, Sept 12, 2008 » et demeure accessible à l’adresse :

http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9C03EFD9163AF93AA2575AC0A96E9C8B63

[10] Michael et Robert Meeropol, Nous sommes vos Fils, Éditions sociales-Éditeurs français réunis, Paris, 1975.

[11] Voir les références de André Kaspi dans le site du CNRS.

[12] Michael Meeropol, The Rosenberg Letters : La Correspondance de prison complète de Ethel et de Julius Rosenberg (NY : Garland Publishing Co. 1994). Kaspi fait référence à des lettres dans la traduction française de 1953 où elles sont fortement modifiées : Julius et Ethel Rosenberg Lettres de la Maison de la Mort (Gallimard, 1953). Par ailleurs il y a plusieurs lettres publiées dans Nous Sommes Vos Fils (Editions Sociales, Editeurs Français Réunis, 1975).

[13] Voir Ibid : 466. Le 3 décembre, 1952, mon père a re-examiné cette question, « il est parfaitement clair que nous n’avons jamais dit ni indiqué que nous étions choisis et condamnés parce que nous sommes juifs ». (Ibid. 490). Ensuite il y a une longue discussion très détaillée sur l’origine de la question de l’antisémitisme dans l’affaire qui met l’accent sur le point suivant : « ... le comité Rosenberg... ainsi que les chefs de la communauté juive se sont rendu compte que l’affaire avait un potentiel non seulement pour une terrible vague d’antisémitisme, mais aussi pour un danger aux libertés fondamentales du peuple américain en général (Ibid. 491). Bien que cette lettre n’ait pas été citée dans Lettres de la Maison de la Mort, des extraits conséquents ont été publiés dans Nous Sommes Vos Fils (WAYS, 163-164). Et pourtant, Kaspi choisit de ne pas s’y référer.

[14] Kaspi note que Le Nouvel Observateur fait un entretien avec Radosh mais communique aux lecteurs rien des les éléments de la controverse entre lui et ses critiques. En ne pas faisant référence à la deuxième édition du livre de moi et mon frère, il laisse ses lecteurs sans moyen de savoir si nous avons des critiques à faire sur le livre de Radosh et ce qu’elles pourraient être. Pour comprendre nos critiques, voir We Are Your Sons, 2ème édition (Urbana, Ill. Université d’Illinois, press, 1986) : ch. 15. Pour un exemple choquant de comment Radosh et Milton violent toutes les règles de débat académique honnête, voir Michael Meeropol and Robert Meeropol, « New Chapter in the Rosenberg Controversy » Socialist Review. Vol. 15 numéros et 5 (octobre –juillet 1985) : [ 202-3.

[15] Tous les documents Venona communiqués sont accessibles en ligne. Le document dont il est question est accessible à :
http://www.nsa.gov/public_info/_files/venona/1944/27nov_mrs_rosenberg.pdf.

[16] 10 – La déclaration de Gardner vient d’un programme de télévision qui a été diffusé sur une chaine publique aux Etats-Unis dans le cadre d’une série de programmes appelée NOVA. Le programme portait le nom de « Secrets, Mensonges et Espions Atomiques ». Sa diffusion a eu lieu en fevrier 2002 et l’on peut retrouver la transcription sur :

http://www.pbs.org/wgbh/nova/transcripts/2904_venona.html.

[17] Il est vrai que Kaspi bâtit son hypothèse sur les mémoires de Felisov pour raconter l’incident mineur que ma mère ait agi comme un « guetteur » en décembre 1945 lorsque Felisov a rencontré notre père. Et le fait qu’elle ait assisté à une réunion entre Julius Rosenberg et Ruth Greenglass en novembre 1944 la rend techniquement coupable de conspiration. Cependant, l’ensemble des preuves, surtout le fait qu’elle n’ait jamais été donnée un nom de code, conduit à une conclusion très différente de celle que Kaspi présente à ses lecteurs. Pour bâtir son hypothèse, Kaspi devait absolument examiner toute l’évidence disponible.

[18] L’accès en ligne à ce document, le 16 décembre 1944, se trouve à :

http://www.nsa.gov/public_info/_files/venona/1944/16ddec_los_alamos.pdf.

[19] Robert Meeropol, An Execution in the Family St. Martin’s Press ; First Edition edition (June 19, 2003).

[20] Mon frère a décrit la situation comme suit : « J’ai pensé à une analogie. Et si mes parents avaient été exécutés en tant que meurtriers en série au lieu d’espions ayant volé le secret de la bombe atomique ? Et si un débat national avait défrayé les chroniques pendant des décennies après leur exécution ? Et finalement, si, plus de quarante ans après les exécutions, le gouvernement avait communiqué des documents auparavant classés secrets démontrant que mon père avait commis une série de vols dans lesquels personne n’avait été tué... j’aurais alors du mal à nier que mon père ait commis des vols... mais les institutions et les agents du gouvernement seraient les meurtriers et non pas mes parents ». Robert Meeropol An Execution in the Family (NY, MacMillan and Co. 2003) : 220. (op. cit. note 15). Au procès, la communication d’un dessin de David Greenglass (que le Procureur a appelé « le secret de la bombe atomique ») avait soi disant déjà eu lieu en septembre 1945 chez les Rosenberg (Kaspi s’y réfère par erreur comme ayant lieu en janvier 1945 – voir pages 68-9, 74-5, et par erreur appelle le dessin « un croquis du moule à lentilles » quant en fait le dessin représentait une coupe d’une bombe à implosion). Le témoignage de Ruth Greenglass devant le grand jury, rendu public en septembre 2008, ne fait aucune mention de cette histoire.

[21] En 2009, Walter Schneir est mort à 81 ans, alors que l’édition de son dernier ouvrage sur les Rosenberg, paru en 2010, était en phase préparatoire ; l’ouvrage paraîtra avec une préface de son épouse Miriam.

[22] Walter et Miriam Schneir, Invitation to an Inquest ; l’ouvrage paru en 1983 chez Knopf Doubleday Publishing Group a confirmé l’attention internationale accordée à Walter Schneir, journaliste d’investigation politique.

[23] Alien Weinstein, Alexander Vassiliev, The Haunted Wood, Modern Library ; Modern Library Pbk. Ed edition (March 14, 2000).

[24] Il s’agit du contact Harry Gold, qui dénonça les Rosenberg en 1950 alors qu’il n’avait pas fait partie du réseau de Julius Rosenberg (voir le diagramme des réseaux dans le site The Rosenberg Trial — mis à jour en 2008) ; certains le soupçonnent d’avoir été un agent infiltré du FBI dans le réseau soviétique, ou dont les soviétiques souhaitaient se débarrasser, et qui fut donné sous le nom de Raymond par Klaus Fuchs, lui-même donné en 1945 avec le physicien britannique Allan Nunn May par un agent retourné du KGB au Canada, Igor Gouzenko. Fuchs était un physicien allemand passé en zone libre puis réfugié en Angleterre, qui avait contribué au projet Manhattan pour les anglais, et principal responsable de la transmission aux soviétiques des renseignements techniques sur l’atome, avec Allan Nunn May. Interrogé en 1945 il n’avoua rien puis lors d’un second interrogatoire en 1950, la guerre froide étant déclarée, il avoua. Il ne fut pas condamné à mort, étant considéré qu’au moment où il avait espionné l’atome pour les soviétiques, pendant la guerre, ces derniers étaient des alliés. Mais il fut condamné à la peine maximale prévue au Royaume Uni pour les actes d’espionnage ordinaires, soit quatorze ans de prison, qui au fil des années réduits à 9 ans lui permirent ensuite d’aller poursuivre ses activités scientifiques en Allemagne de l’est où il fut honoré et où il mourut, à Dresde, en 1988. Allan Nunn May avoua pour sa part dès 1946, au moment de l’alliance contre les nazis, il fut condamné à dix ans de travaux forcés et fut relaxé six ans et demi après ; proscrit dans les universités britanniques, il travailla dans une société puis fuyant l’opprobre il alla enseigner la physique à l’université du Ghana en 1961, où il créa un centre de recherche et un musée des sciences. De retour à Cambridge en 1978, il y mourut en 2003.
Une source arborescente mais au biographies réduites et parfois approximatives : Rosenberg Trial in Spartacus International.

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