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La démocratie : un modèle en perte de vitesse 

lundi 22 mars 2010, par Arundhati Roy

Ce texte est le discours inaugural du festival de littérature de Berlin, prononcé le 9 septembre 2009.

Alors que nous débattons encore pour savoir s’il y a une vie après la mort, je propose que l’on rajoute une nouvelle question à la liste : y a-t-il une vie après la démocratie ? Si oui, de quelle vie s’agit-il ? Par « démocratie » j’entends le modèle appliqué, la démocratie occidentale libérale et ses variantes telles qu’elles existent et non pas la démocratie idéalisée ou rêvée.
Donc, y a-t-il une vie après la démocratie ?

Lorsqu’on tente de répondre à cette question, on se lance généralement dans des comparaisons entre différents systèmes de gouvernance, pour finir par une défense quelque peu épidermique et agressive de la démocratie. La démocratie a ses défauts, disons-nous. Et aussi qu’elle n’est pas parfaite, mais c’est encore ce que nous avons de mieux à offrir. Inévitablement, quelqu’un dans la pièce dira « vous préféreriez quoi ? l’Afghanistan, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, la Somalie… ? »

Que la démocratie soit une utopie à laquelle toute société « en voie de développement » devrait aspirer ou non est un tout autre débat. (Et je pense qu’elle devrait effectivement y aspirer. Dans sa phase initiale idéaliste, la démocratie peut être assez réjouissante.) La question d’une vie après la démocratie s’adresse à ceux qui vivent déjà dans une démocratie ou dans des pays qui se prétendent des démocraties. Je ne propose pas un retour vers d’anciens modèles discrédités de gouvernance totalitaire ou autoritaire. Je dis que le modèle de démocratie représentative – trop de représentativité et pas assez de démocratie – a besoin d’un réajustement structurel.

En fait, la véritable question est « qu’avons-nous fait de la démocratie ? » En quoi l’avons-nous transformée ? Que devient-elle à l’usage ? Quand a-t-elle été vidée de sa substance et de sa signification ? Que se passe-t-il lorsque toutes ses institutions se métastasent en quelque chose de dangereux ? Qu’arrivera-t-il maintenant que la démocratie et le libre-marché ont fusionné en un seul organisme prédateur doté d’une imagination qui se résume à l’idée de maximiser les profits ?

Ce processus est-il irréversible ? Lorsqu’une chose a muté, est-il possible de revenir en arrière ? La survie de la planète exige une vision à long terme. Des gouvernements dont la survie dépend d’effets immédiats et mesurables à court terme sont-ils capables d’une telle vision ? Serait-il possible que la démocratie, cette réponse sacrée à nos espoirs et prières immédiats, protectrice de nos libertés individuelles et gardienne de nos rêves les plus égoïstes, se révèle être la dernière carte jouée par la race humaine ? Serait-il possible que la démocratie remporte un tel succès chez les humains modernes justement parce qu’elle est le reflet de la plus grande de nos folies – notre myopie ?

Notre incapacité de vivre totalement dans le présent (comme le font la plupart des animaux), combinée à notre incapacité de prévoir très loin dans l’avenir, fait de nous d’étranges créatures hybrides, ni animaux, ni prophètes. Notre étonnante intelligence semble nous avoir dépouillé de notre instinct de survie. Nous pillons la Terre dans l’espoir que l’accumulation de surplus matériel compensera cette chose profonde et insondable que nous avons perdue. Je mentirais si je prétendais avoir les réponses à toutes ces questions. Mais on dirait bien que l’attrait de la démocratie est en train de faiblir et qu’on ne peut plus compter sur elle pour assurer la justice et la stabilité dont nous rêvions.

Un commis de la résistance

En tant qu’écrivain, je me suis souvent demandé si le fait d’être toujours à la recherche du mot juste, de l’information exacte et précise, ne limitait pas d’une certaine manière ma perception de la véritable ampleur des événements en cours. Serais-je en train de m’occulter une vérité plus grande ? Je crains de me fourvoyer en recherchant la précision prosaïque et factuelle alors qu’il faudrait pousser un cri sauvage ou recourir au pouvoir transformateur et véritablement précis de la poésie.

Il y a quelque chose dans la nature de la gouvernance indienne, son côté rusé, brahmanique, inextricable, bureaucratique, paperassière, son côté « adressez-vous au service ad hoc » qui semble m’avoir transformée en une sorte de commis. Ma seule excuse est qu’il faut employer des méthodes peu conventionnelles pour révéler le réseau de subterfuges et d’hypocrisies qui recouvrent l’inhumanité, la froideur et la violence dosée de la nouvelle super puissance préférée de la planète. Une répression « par des services ad hoc » génère parfois une résistance « par des moyens ad hoc. » Pour ce qui est de la résistance, elle est insuffisante, je sais. Mais pour le moment, c’est tout ce que nous avons. Peut-être qu’un jour elle servira de point de départ pour aboutir à la poésie et au cri sauvage.

Aujourd’hui, des mots tels que « progrès » et « développement » sont devenus interchangeables avec « réformes » économiques, « déréglementation » et « privatisation ». Désormais, liberté signifie avoir le choix. Elle relève plus du nombre de marques différentes de déodorant en rayon que du domaine spirituel. Le marché n’est plus l’endroit où vous vous rendez pour faire des courses mais un espace dématérialisé où des multinationales sans visage font des affaires, y compris en achetant et en vendant « l’avenir ». Justice est devenu synonyme de droits de l’homme (et en ce qui concerne ces derniers, comme on dit, « ça ira comme ça, merci »).

Ce vol de langage, cette technique qui consiste à usurper les mots et les utiliser comme des armes, pour un usage destiné à masquer l’intention qui se cache derrière et le fait qu’ils signifient désormais exactement le contraire de ce qu’ils étaient censés signifier à l’origine, a été une des victoires stratégiques les plus brillantes des tsars de la nouvelle donne. Cela leur a permis de marginaliser leurs détracteurs, de les priver du langage pour exprimer leurs critiques et de les faire passer pour des adversaires du « progrès », du « développement », de la « réforme », et bien sûr de la « nation » - autant de négativistes de la pire espèce.

Essayez de sauver une rivière ou de protéger une forêt et ils vous diront « vous ne croyez pas au progrès ? » A ceux dont les terres sont englouties par les eaux d’un barrage, et à ceux dont les maisons sont rasées par des bulldozers, ils disent « avez-vous un modèle de développement alternatif à nous proposer ? » A ceux qui croient que le gouvernement a l’obligation de fournir aux gens une éducation, des soins, une sécurité sociale, ils rétorquent « c’est contraire aux lois du marché ». Et il n’y a qu’un crétin pour vouloir contrarier les lois du marché, n’est-ce pas ?

Pour se réapproprier les mots dérobés, il faudrait se lancer dans des explications trop compliquées pour un monde où les capacités de concentration sont limitées, et trop coûteuses à une époque où la Liberté d’Expression est hors de portée des plus pauvres. Ce détournement de vocabulaire pourrait bien constituer la pierre angulaire de notre déchéance.

Deux décennies de « progrès » en Inde ont crée une vaste classe moyenne enivrée par une richesse soudaine et le statut social qui l’accompagne – elle a crée aussi une sous-classe bien plus nombreuse et désespérée. Des dizaines de millions de gens ont été dépossédés et chassés de leurs terres par des inondations, des sécheresses, et la désertification provoquée par des opérations hasardeuse d’infrastructures massives, des barrages, des mines, des Zones Economiques Spéciales. Le tout développé au nom des pauvres mais destiné en réalité à répondre aux exigences d’une nouvelle aristocratie.

Les institutions viriles de la démocratie indienne – la justice, la police, la presse « libre » et, bien sûr, les élections – loin de constituer un ensemble équilibré de pouvoirs et contre-pouvoirs, agissent le plus souvent dans le sens contraire. Elles se protègent mutuellement pour promouvoir les intérêts supérieurs de l’Union et du Progrès. En faisant cela, elles créent une confusion et une cacophonie telles que les voix qui s’élèvent pour nous mettre en garde se perdent dans le brouhaha. Et ceci ne fait que renforcer l’image d’une démocratie tolérante, travailleuse, colorée, et quelque peu chaotique. Le chaos est bien réel. Le consensus aussi.

Une nouvelle guerre froide au Cachemire

Parlant de consensus, il y a le petit problème sempiternel du Cachemire. Lorsqu’il s’agit du Cachemire, le consensus en Inde est profond. Il traverse toutes les couches des classes dirigeantes, les médias, de la bureaucratie, de l’intelligentsia, et même de Bollywood (industrie cinématographique indienne – Ndt).

La guerre dans la vallée du Cachemire a pratiquement vingt ans et a fait environ 70.000 victimes. Des dizaines de milliers ont été torturés, plusieurs milliers ont « disparu », des femmes ont été violées, des dizaines de milliers sont devenues veuves. 500.000 soldats indiens patrouillent la vallée du Cachemire, la zone la plus militarisée au monde. (Les Etats-Unis avaient environ 165.000 soldats en Irak au sommet de leur occupation.) L’armée indienne affirme qu’elle a pour ainsi dire écrasé les mouvements militants au Cachemire. C’est peut-être vrai. Mais la domination militaire signifie-t-elle la victoire ?

Comment un gouvernement qui se targue d’être démocratique justifie-t-il une occupation militaire ? En organisation régulièrement des élections, évidemment. Les élections au Cachemire ont toujours été une histoire longue et fascinante. Les élections ouvertement truquées de 1987 ont été la première cause du soulèvement armée qui a commencé en 1990. Depuis, les élections sont devenues l’outil de précision de l’occupation militaire, un terrain de jeu sinistre pour l’Inde.

Les services de renseignement ont crée des partis politiques et des politiciens de pacotille, ils ont bâti et démoli des carrières politiques selon leur volonté. Ce sont eux, plus que quiconque, qui décident du résultat de chaque élection. Après chaque élection, la classe dirigeante indienne déclare avoir reçu un mandat populaire du peuple du Cachemire.

Au cours de l’été 2008, une dispute sur des terres allouées à Amarnath Shrine Board s’est transformée en un soulèvement massif et pacifique. Jour après jour, des centaines de milliers de personnes ont défié les soldats et les policiers, en marchant dans les rues. Du matin jusqu’à tard dans la nuit, la ville résonnait des chants « Azadi ! Azadi ! » (liberté ! liberté !). Des vendeurs de fruits pesaient les fruits en chantant “Azadi”. Les commerçants, les médecins, les propriétaires de maisons flottantes, les guides touristiques, les tisserands, les vendeurs de tapis, tout le monde avec sa pancarte, tout le monde criait « Azadi ! Azadi ! ». Les protestations ont duré plusieurs jours.

Les protestations furent massives, démocratiques et non violentes. Pour la première fois depuis des décennies, des fissures sont apparues dans l’opinion publique indienne. L’Etat indien a paniqué. Ne sachant pas trop comment gérer cette désobéissance civile de masse, l’état indien ordonna la répression. Le couvre-feu le plus strict jamais connu fut imposé, avec ordre de tirer à vue. Pendant des jours et des jours, des millions de gens ont été virtuellement mis en cage. Les principaux dirigeants du mouvement ont été assignés à domicile, plusieurs autres emprisonnés. Les maisons furent fouillées les unes après les autres et des centaines de personnes furent arrêtées.

Une fois la rébellion sous contrôle, le gouvernement a fait quelque chose d’extraordinaire : il annonça des élections. Les dirigeants indépendantistes appelèrent au boycott. Ils furent arrêtés. Pratiquement tout le monde pensait que le gouvernement indien allait se ridiculiser avec ces élections. Les services de sécurité étaient gangrénés par la paranoïa. Leur réseau sophistiqué d’espions, de traitres et de journalistes embarqués s’est mis à bourdonner de nouveau. Il ne fallait prendre aucun risque. (Même moi, qui n’avais rien à voir avec ces événements, j’ai été assignée à résidence à Srinagar pendant deux jours).

L’organisation d’élections représentait un risque énorme. Mais le pari a été gagné. Les gens sont allés voter en masse. Ce fut la plus grande participation depuis le déclenchement de la lutte armée. Le scrutin avait été organisé pour faire voter en premier les circonscriptions les plus militarisées.

Aucun analyste, journaliste ou psychologue n’a pris la peine de se demander pourquoi des gens qui avaient pris tant de risques quelques semaines auparavant avaient d’un seul coup changé d’opinion. Aucun des grand-penseurs médiatisés du grand festival de la démocratie – qui passent pratiquement leurs vies sur des plateaux de télévision lorsqu’une élection s’annonce, à décortiquer chaque sondage, chaque résultat, chaque fraction de pourcentage de vote – n’a abordé la signification d’une élection tenue sous un déploiement massif et permanent de troupes (soit un soldat armé pour 20 civils).

Personne se s’est étendu sur le mystère de centaines de candidats inconnus qui se sont matérialisés de nulle part au nom de partis politiques qu’on n’avait jamais vus dans la vallée du Cachemire. D’où venaient-ils ? Qui les finançait ? Personne ne s’est posé la question. Personne n’a parlé du couvre-feu, des arrestations massives, de la répression exercée sur les citoyens qui s’apprêtaient à voter.

Très peu ont parlé de comment les politiciens en campagne ont tout fait pour évacuer Azadi et le conflit du Cachemire de la campagne électorale qui, insistaient-ils, ne concernait que des enjeux locaux – les routes, l’eau, l’électricité. Personne n’a évoqué le fait que des gens qui vivaient sous une occupation militaire depuis des décennies – où des soldats pouvaient faire irruption dans les maisons et emmener quelqu’un à tout heure du jour ou de la nuit – pouvaient avoir besoin de quelqu’un qui les écouterait, les défendrait, les représenterait.

Le scrutin à peine clos, les élites et les grands médias ont encore une fois annoncé la victoire (de l’Inde). Le résultat le plus préoccupant a été que les habitants du Cachemire ont commencé à imiter leurs colonisateurs et à se considérer comme des gens plutôt pathétiques qui méritaient leur sort. « Ne faites jamais confiance à un Cachemiri, » m’ont conseillé plusieurs Cachemiris. « Nous sommes volages et peu fiables. » La guerre psychologique, connue sous le nom de psy-ops (psychological operations – NdT), a été l’instrument de la politique officielle au Cachemire. Les dégâts occasionnés au cours des décennies – la destruction de l’estime de soi des Cachemiris – est certainement l’aspect le plus sordide de l’occupation. Il y a là de quoi se poser la question s’il existe réellement un rapport entre élections et démocratie.

Le problème est que le Cachemire est situé sur les lignes de fractures d’une région qui croule sous les armes et glisse vers le chaos. La lutte de libération du Cachemire, mue par des sentiments clairs mais aux contours flous, est ballotée entre plusieurs idéologies dangereuses et contradictoires – le nationalisme indien (national aussi bien que « hindou », qui tend vers l’impérialisme), le nationalisme Pakistanais (qui croule sous ses propres contradictions), l’impérialisme US (rendu impatient par une économie à la dérive), et la résurgence des islamistes-médiévaux Taliban (qui sont en train de gagner rapidement en légitimité, malgré leur brutalité insensée, parce qu’ils sont perçus comme une résistance face à une force d’occupation). Chacune de ces idéologies est capable de faire preuve d’une brutalité qui peut aller du génocide à la guerre nucléaire. Si vous rajoutez les ambitions impériales de la Chine et une Russie agressive et réincarnée, et les énormes réserves de gaz naturel de la région caspienne ainsi que les rumeurs persistantes de gaz et d’uranium au Cachemire et au Ladakh, vous obtenez la recette d’une nouvelle Guerre Froide (qui, tout comme la précédente, est froide pour quelques uns et chaude pour les autres).

Au milieu de tout ça, le Cachemire est mûr pour devenir la voie de passage par laquelle se déversera en Inde toute la pagaille qui se développe en Afghanistan et au Pakistan et qui trouvera un terrain fertile parmi les jeunes en colère chez les quelques 150 millions de musulmans de l’Inde qui ont été brutalisés, humiliés et marginalisés. Les premiers signes ont été annoncés par une série d’attentats terroristes dont l’attaque à Mumbai en 2008.

Il ne fait aucun doute que le conflit du Cachemire concourt pour une place sur le podium des conflits les plus anciens et inextricables au monde – juste à côté de la Palestine. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de solution. Cela signifie seulement que la solution ne se trouve pas dans la satisfaction exclusive des exigences d’une seule des parties en présence, d’un seul pays ou d’une seule idéologie. Les négociateurs devront se préparer à s’écarter de la « ligne officiel du parti ».

Bien sûr, le gouvernement de l’Inde n’a même pas encore atteint le stade de reconnaître l’existence d’un problème, encore moins la nécessité de négocier une solution. Pour le moment, il n’a aucune raison de le faire. Sur le plan international, sa côte de popularité crève le plafond. Tandis que ses voisins font face à des bains de sang, des guerres civiles, des camps de concentration, des réfugiés, des soulèvements armés, l’Inde vient juste de conclure une magnifique élection. Cependant, la « démon-cratie » ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. Les solutions temporaires, à court terme, apportées aux troubles dans le Cachemire n’ont fait qu’amplifier le problème et l’ont profondément enfoui au point de polluer les nappes phréatiques.

La Démocratie est-elle en train de fondre ?

Peut-être que l’histoire du Glacier Siachen, le champ de bataille le plus haut du monde, constituerait la métaphore le plus appropriée pour décrire la folie de notre époque. Des milliers de soldats indiens et pakistanais y sont déployés et affrontent des vents glaciaux et des températures de moins 40. Parmi les centaines d’hommes qui y ont trouvé la mort, beaucoup ont été tués par les éléments naturels.

Le glacier est devenu une décharge parsemée de déchets de la guerre – des milliers d’obus, de bidons, d’outils, de vêtements, de tentes et toutes sortes de détritus qui sont produits lorsque des milliers d’êtres humains se font la guerre. Sous des températures glaciales, les déchets sont dans un parfait état de conservation, tel un monument érigé à la folie humaine.

Tandis que les gouvernements indiens et pakistanais dépensent des milliards de dollars en armes et logistiques de guerre en haute altitude, le champ de bataille commence à fondre. A présent, sa superficie s’est réduite de moitié. La fonte du glacier est due moins aux affrontements militaires qu’au train de vie mené par certains à l’autre bout de la planète. Ces gens-là sont gentils, et ils croient à la démocratie, à la liberté d’expression et aux droits de l’homme. Ils vivent dans des démocraties vivaces dont les gouvernements siègent au Conseil de Sécurité de l’ONU et dont les économies dépendent largement des exportations d’armes vers des pays comme l’Inde et le Pakistan (et le Rwanda, le Soudan, la Somalie, la République du Congo, l’Irak, l’Afghanistan… la liste est longue).

La fonte du glacier va provoquer de graves inondations dans le subcontinent, suivies d‘une importante sécheresse qui affectera des millions de vies. Ce qui nous donnera encore plus de raisons de nous battre. Il nous faudra alors encore plus d’armes. Et qui sait ? C’est peut-être justement cette sorte de confiance du consommateur envers le marché qui sortira le monde de la crise actuelle. Ainsi, tous ceux qui vivent dans une démocratie vivace pourront mener un train de vie encore meilleur – et les glaciers pourront fondre encore plus vite.

Arundhati Roy

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