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Sur la photographie retrouvée de Rimbaud à Aden : quelques informations. 

mardi 25 mai 2010, par Jean-Jacques Lefrère

Je vais peut-être surprendre M. Bienvenu, mais je ne trouve pas intempestive son intervention. Certes, quand j’ai commencé à lire son argumentaire, je me suis dit : voilà un monsieur qui a déjà nié l’authenticité de la photographie de Rimbaud à Scheik-Otman, aujourd’hui conservée au Musée Rimbaud de Charleville, il nie à présent celle de Rimbaud à l’Hôtel de l’Univers, la prochaine fois il niera sans doute l’authenticité des deux photographies prises par Carjat ou celle du Coin de table de Fantin-Latour. Mais son propos est courtois et, y ayant été invité, je ne vois pas pourquoi je ne donnerais pas mon point de vue, sur le même ton courtois.

M. Bienvenu rappelle des faits et des citations déjà connus des spécialistes de Rimbaud et qu’il a repris d’un forum, très actif, sur le poète. Considérons donc ces faits et ces citations.

C’est bien l’explorateur Lucereau qui figure sur la photographie d’Aden. Il est le personnage debout, à gauche, comme me l’a révélé son arrière-petite-nièce, après la publication du document. Grâce à elle, une documentation, biographique et iconographique, sur Lucereau est désormais disponible et fera l’objet d’une publication. L’indication donnée par la parente de l’explorateur est précieuse à double titre : outre le fait qu’elle permet de dater la photographie de l’année 1880 (Lucereau étant mort au cours du dernier trimestre), elle montre que ce « coin de table » n’est pas constitué de simples touristes de passage, comme le soutenait récemment, non sans imprudence, un commentateur qui aurait mieux fait de se taire.

Lucereau avait fait la connaissance d’Alfred Bardey, le futur patron de Rimbaud, dans ce même Hôtel de l’Univers, qui était d’ailleurs le principal lieu de rencontre, et peut-être le seul, des Français résidant dans l’Aden de cette époque. M. Bienvenu cite à bon droit le passage des souvenirs de Bardey sur sa rencontre avec Lucereau dans cet Hôtel, dès le mois de mai 1880, et la remise en question de cette rencontre de mai n’a pas lieu d’être. On ne voit pas pourquoi Bardey, pourtant si prompt à taire un événement ou à modifier une date quand cela l’arrange — l’éditeur de ses souvenirs, le regretté Joseph Tubiana, le souligna le premier —, aurait inventé cette rencontre de mai.

Arthur Rimbaud, deuxième à droite, à l’hôtel Univers, à Aden au Yémen, dans les années 1880.
© LIBRAIRES ASSOCIES / ADOC-PHOTOS

Venons-en au barbu qui figure à gauche sur cette photographie de groupe (tous ces personnages ne se sont jamais doutés de la curiosité qu’ils susciteraient treize décennies plus tard en posant devant le photographe !). M. Bienvenu risque de ne plus rien comprendre si je lui dis que je ne suis pas loin de partager son point de vue, avec quelques nuances toutefois : je trouve en effet quelque similitude entre ce barbu et Alfred Bardey, du moins d’après le seul portrait de ce dernier connu jusqu’ici : tous deux portent la barbe, la moustache et les cheveux courts. Ce qui me gêne le plus est que Bardey, comme Rimbaud, avait 26 ans en 1880 : ce barbu déjà dégarni, même sur les tempes, donne l’impression d’être plus âgé, de faire en tout cas nettement plus âgé que Rimbaud au même moment. Mais admettons un air de famille du barbu inconnu avec Alfred Bardey. Un air de famille comme peuvent en avoir bien des barbus, et comme pourrait en avoir un frère… Un frère tel que Pierre Bardey, qui faisait lui aussi partie de la factorerie d’Aden, mais dont on ignore malheureusement encore les traits (mais c’est presque encore plus improbable, car Pierre était le cadet, et le barbu de la photographie paraît avoir largement plus d’une vingtaine d’années). Pour toutes ces raisons, tant dans l’article d’Histoires littéraires où fut publiée pour la première fois la photographie que dans l’article du Monde du 8 mai dernier, le conditionnel a été chaque fois employé à propos de l’identification du barbu mystérieux à Alfred Bardey.

Les descendants Bardey actuels venant tout juste de déposer une importante documentation au Musée Rimbaud — documentation qui sera accessible dans quelques semaines —, nous disposerons des portraits d’Alfred et de Pierre Bardey, que cette documentation familiale, on l’espère, contiendra. Dans tous les cas de figure, cela ne constituera pas une preuve ne varietur qu’il s’agit ou non de Rimbaud : si ce n’est pas Alfred Bardey sur la photographie, ce n’est pas pour autant que l’on pourra affirmer qu’il s’agit donc de Rimbaud, autrement que par cette ressemblance avec la photographie de Carjat « numéro un », ressemblance qui a toujours emporté ma conviction — une conviction assise sur le long travail effectué sur les portraits de Rimbaud ayant abouti à l’album Face à Rimbaud, où mon objectif était précisément de distinguer les portraits authentiques de ceux qui ne l’étaient pas.

Par ailleurs, si c’est Alfred Bardey sur la photographie, sa présence simultanée à Aden avec Lucereau et Rimbaud ne peut être totalement exclue sur cette seule triple simultanéité. Mais ceci demanderait un développement trop long et surtout inutile tant que nous n’avons pas levé le mystère de l’identité de notre barbu à l’expression hautaine et distante. Enfin, il nous faut aussi attendre de connaître les traits de Dubar, l’homme qui engagea Rimbaud à son arrivée à Aden, ou ceux de son beau-frère Suel, le propriétaire de l’Hôtel de l’Univers, qui avait conservé cette photographie, peut-être parce qu’il y figurait, ou qu’y figurait son beau-frère. Je serais aussi curieux de voir une photographie de Delagenière, le digne agent consulaire français en poste à Aden, qui intervint pour faciliter le voyage de Lucereau vers Aden.
Comme on le voit, mon opposition à l’argumentaire de M. Bienvenu n’est pas du tout frontale. Le point de son texte que je discuterais le plus est la date de l’arrivée de Rimbaud à Aden. Traditionnellement, les biographes (et je m’inclus dans le lot) l’ont situé en août, parce que, dans sa première lettre à sa famille, datée du 17 de ce mois, il écrit qu’il a quitté Chypre « depuis près de deux mois » et qu’il a cherché depuis « du travail dans tous les ports de la Mer Rouge, à Djeddah, Souakim, Massaouah, Hodeidah, etc. ». Il ajoute qu’il a été « malade en arrivant ». Or, le contexte indique que ce déplacement et cet ennui de santé ne datent pas des tout derniers jours. A vrai dire, rien n’exclut que, quittant Chypre début juin, Rimbaud ait bourlingué quelques semaines d’un port de la Mer Rouge à l’autre, et soit arrivé à Aden en juillet, s’installant à son arrivée à l’Hôtel de l’Univers. Plutôt vers la fin du mois, est-on tenté de penser, mais nous n’avons, il faut l’avouer, aucune certitude sur ce point.
Il demeure ainsi important de poursuivre les recherches, de tenter d’identifier les autres personnages de ce « coin de table à Aden ». Personnellement, je mise beaucoup sur les photographies des deux frères Bardey qui devraient être prochainement accessibles, mais aussi sur des recherches dans d’autres fonds photographiques familiaux. Comme je l’écrivais aux membres du forum Rimbaud, la vigueur de leurs discussions est sympathique, confirmant, l’intérêt que soulève encore le poète de nos jours. Peut-être l’ardeur des « opposants » reflète-t-elle, à leur insu, une certaine déception face à ce visage d’adulte. L’employé de la factorerie Bardey, arrivé depuis peu à Aden après des moments difficiles — et même une maladie — n’a pas posé devant le photographie comme un poète, ni même comme un ancien poète. Mais la postérité est-elle en droit aujourd’hui de lui en faire grief ?

P.-S.

Photographie de l’article : © LIBRAIRES ASSOCIES / ADOC-PHOTOS

23 Messages

  • Sur la photographie retrouvée de Rimbaud à Aden : quelques informations. 28 mai 2010 13:14, par Jean-Michel Cornu de Lenclos, éditeur de Barr-Adjam

    Je partage l’intuition de Jean-Jacques Lefrère, avec moins de nuances toutefois : il y aurait plus d’une similitude entre ce barbu qui figure à gauche et Alfred Bardey. Et puisqu’il reconnaît lui-même que "c’est bien l’explorateur Lucereau qui figure sur la photographie d’Aden", il aura fini par comprendre, car il connaît indubitablement son affaire (et saluons ici son immense travail, révérence !) que cette photo aura été prise avant le départ de Bardey pour Bombay. Alfred ne reverra Lucereau qu’à Harar. Ce qui signifie, avant l’arrivée de Rimbaud à Aden. Car il est manifestement impossible que Lucereau, Bardey et Rimbaud aient pu se trouver ensemble à Aden. Cette vue a été prise par une belle fin de journée du printemps 1880 (fin mai-courant juin). Le vestibule de l’hôtel est baigné de la lumière de cet instant unique sous cette latitude. Admirable témoignage surgi du passé, dans la lumière même qui l’a capturé. L’heure bleue d’Aden. Qui la connaît ? Et "le repas du soir nous faisons part de nos projets d’établissements, déjà connus de M. Suel, à nos compatriotes, MM Lucereau et Pinchard. Henry Lucereau dit son intention de partir une troisième fois pour la côte… ("Barr-Adjam", page 26) Est-ce au cours de cette même soirée que Lucereau, il allait bientôt périr sous les lances des Itous-Gallas, eut "à un certain moment, le geste de mettre en joue, comme avec un fusil, quelqu’un ou quelque chose, ce qui arrêt(a) net les conversations des convives ébahis". Voilà. Reste à distribuer les rôles secondaires : ce PInchart, ce Suel, ce Dubar, et cet autre. Mais de Rimbaud point. On reproche pas mal de choses à Rimbaud, mais franchement, cette gueule de con, c’est rédhibitoire. Ouf.

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    • Avant qu’un des qualificatifs que vous employez dans votre dernière phrase ne vous soit retourné par tous les visiteurs de ce blog, je vous engage à attendre un peu, le temps que diverses informations nouvelles sur la photographie soient rendues publiques (la vérification demande plus de temps que la polémique). Il sera toujours temps pour vous de demander au gestionnaire de ce blog de retirer l’expression que vous employez, au risque qu’elle constituât tout ce qui resterait de vous dans l’histoire du rimbaldisme, à part, bien entendu, votre réédition de "Barr-Adjam", à laquelle je souhaite tout le succès possible.

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      • Sur la photographie retrouvée de Rimbaud à Aden : quelques informations. 29 mai 2010 16:02, par Jean-Michel Cornu de Lenclos, éditeur de Barr-Adjam

        Mauvais joueur ! Votre côté vachard n’aura pas échappé non plus à "tous les visiteurs de ce blog". C’est même le sel de vos interventions. Ce n’est pas pour me déplaire et Arthur aurait applaudi peut-être. Je ne dis pas non à une bonne bagarre, le problème c’est que parfois on s’fait péter la gueule. La preuve : vous auriez quand même dû réfléchir avant de vous embourber dans cette affaire (certes avec un superbe opportunisme qu’il faut bien saluer). Bravo ! Mais franchement qu’est-ce qu’on en a à foutre en définitive de cette photo ? Que nous apprend-elle ? À peu près rien. Qu’est-elle, auprès de la stupeur qui vous attend (vous, "tous les visiteurs de ce blog", la presse, etc.) quand vous irez à Charleville voir les merveilles qui seront exposées le 12 juin, des lettres inédites, un texte sur "le caoutchouc de Harar", le manuscrit du "Rapport sur l’Ogadine", un album de soixante-seize photos, une bourse, des monnaies, des autographes… En comparaison votre coin de table, c’est du jus de vitre ! Alors restons en là. Ce qui est quand même rigolo c’est que les merdias ont encore rappliqué aussi sec. Les faits fatiguent la réalité : comment autant de zozos ont pu donner dans ce panneau minable ? C’est ça le plus divertissant. Moi je ne m’en lasse pas. Notez bien que je ne vous attends pas à Canossa, pas le goût à ça. Je laisserai à ceux qui ont commencé le boulot, le soin de vous infliger ces "informations nouvelles" que vous savez déjà, ils n’ont qu’à relire "Barr Adjam" comme vous n’avez pas manqué de le faire cette nuit. Tout est là, et pas besoin d’une autre photo de B… de P… ou encore de D…. Li-sez ! Même s’il n’est plus temps pour vous de demander au gestionnaire de ce blog de retirer ce que vous y avez mis, je ne crois pas que ce soit là "tout ce qui resterait de vous" (comme vous dites si vachardementt). Tout au contraire. Je salue en vous l’inestimable chercheur que vous continuez d’être. Et comme disait Rimbe à son Abyssine en amharique : "malkam lilith". Heureuse nuit.

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  • Monsieur Lefrère,
    Je me permets de vous répondre sur le même ton courtois dont vous avez bien voulu m’honorer. Je crois en effet que les échanges entre chercheurs qui nourrissent une même passion ont tout à gagner à éviter la polémique. D’ailleurs, le public ne s’intéresse guère à toutes ces querelles qui gâchent la nature d’un débat. Chacun doit donc exposer sereinement ses arguments. Je réponds d’abord sur un avis que vous me prêtez concernant la photographie de la partie de chasse à Sheik Othman. Je suis loin d’avoir la position aussi tranchée que vous me prêtez concernant la présence de Rimbaud sur ce document. Contrairement à la nouvelle photographie proposée je trouve que la démarche d’identification est crédible parce qu’elle repose sur la ressemblance assez nette avec le portrait authentique de 1883 de Rimbaud dans un jardin de bananes. J’ajouterai d’ailleurs deux éléments, qui n’ont pas été soulignés à ma connaissance, et qui vont dans le sens de l’attribution. A l’inverse du nouveau portrait qu’on nous propose, le personnage supposé être Rimbaud montre ses mains. Or, on retrouve sur cette photographie les grosses mains caractéristiques de Rimbaud. J’ajoute que l’on possède un témoignage écrit de la présence de Rimbaud à une partie de chasse parue dans une revue de Marseille et dont la référence m’échappe en ce moment. Il y a donc de fortes présomptions pour voir Rimbaud sur cette photo. Néanmoins, nous sommes dans l’impossibilité de faire une comparaison des visages aussi juste que celle qui a été faite pour Lucereau, parce que l’image du portrait authentique de Rimbaud est trop floue. Par ailleurs, on n’a pas d’élément pour dater la photo et les personnages qui y figurent ne sont pas connus. Dès lors, la rigueur scientifique impose qu’on doit le qualifier de « portrait présumé ».
    J’en viens maintenant à l’événement nouveau : l’identification spectaculaire du portrait d’Henri Lucereau faite sur le forum Rimbaud le 18 mai. On a écrit que je suis à l’origine de cette identification et je ne le nie pas. Vous comprendrez dans ces conditions que je ne peux vous suivre lorsque vous affirmez que : « M. Bienvenu rappelle des faits et des citations déjà connus des spécialistes de Rimbaud et qu’il a repris d’un forum, très actif, sur le poète ». L’identification de Lucereau faite sur le forum Rimbaud n’avait jamais été évoquée, en dehors de David Ducoffre, par aucun autre spécialiste de Rimbaud. M. Jeancolas, qui était pourtant le seul à avoir publié le portrait de Lucereau, vient de reconnaître avec fairplay cette découverte révélée par le forum. Puis-je vous rappeler que le 8 mai 2010, c’est-à-dire seulement dix jours avant cette révélation, vous écriviez dans votre article du monde : « Les noms de Bardey, de Suel, de Riès, la ressemblance physique du personnage avec Rimbaud, cette attitude qui correspond à ce que l’on sait du poète pendant ses années à Aden, que demander de plus, sinon la mention au verso, qui n’y figure pas, en écriture d’époque, attestant que "le deuxième en partant de la droite est Arthur Rimbaud, le poète décadent bien connu" ? ». Loin de signaler la présence de Lucereau, vous évoquiez le nom de Bardey qui exclue, la présence de Rimbaud, comme je l’ai démontré dans mon article précédent sur cette même revue. Je vous informe, par ailleurs, que l’arrière petit neveu d’Henri Lucereau ne connaît pas l’arrière petite nièce dont vous parlez. Peut-être serait-il utile de les mettre en contact.

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    • Questions de spécialistes... pour finir on dira que c’est, au bout de tout, bien Rimbaud, qui est sur la photo et tous les experts qui se seront contredits se féliciteront réciproquement d’avoir tous contribué au renforcement de la certitude de l’attribution... Mais enfin ce n’est sans doute pas inutile d’après l’article comme d’après le commentaire.

      Y a-t-il a quelque chose sur le portait de Rimbaud en premier communiant qui prédise cette photo en 1880... ?
      http://www.pict-art.com/html/photos%20chartes/photos_rimbaud/communiants.jpg

      http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/06/RimbaudCommunion1.jpg/180px-RimbaudCommunion1.jpg

      A part l’arcade sourcilière en surplomb de l’oeil caractéristique de tous les portraits de Rimbaud avant l’Afrique et que ne semble pas présenter le personnage du groupe de l’hôtel de l’univers,— mais après une quinzaine ou plus de dysenterie ou de fièvres provoquant un amaigrissement cela peut s’effacer... le regard et la gravité du visage paraissent les mêmes ou bien voisins, à plus d’une décennie de distance.

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      • L’agrandissement de la photographie de Rimbaud en premier communiant, que vous donnez en second, a été retouché par Berrichon. Il ne peut donc servir à une identification. Je vous invite à lire mon article du "Magazine littéraire" de juin où j’expose ce fait peu connu. Pardon d’être un « spécialiste ».

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      • Un seul personnage a été identifié sur la photo, l’explorateur Lucereau.
        Soit il nous manque des photos des autres personnes (Pinchard, Dubar, Suel, Delagénière), soit les photos connues ne sont pas suffisamment exploitables (Alfred Bardey, Maurice Riès), soit les photos infirment la possibilité qu’un personnage soit sur la photo (Révoil).
        En plus, il faudra se concentrer sur les personnages qui ne sont pas en permanence à Aden entre octobre 79 et août 80.
        Quant à la prétendue présence de Rimbaud, c’est un article de foi pour apprentis physionomistes. Les yeux ne sont pas les mêmes. La pointe sur le front de l’inconnu est en contradiction avec l’implantation de cheveux arrondie propre à Rimbaud. Les deux photos Carjat furent prises quand Rimbaud a juste 17 ans, en octobre 1871 même. L’inconnu voudrait se faire passer pour un Rimbaud de 25 ans et dix moins, sauf que son visage est bien angulaire (évolution phénoménale de 17 à 25 ans) !
        Enfin, avant les empreintes digitales, l’appareil judiciaire s’intéressait de près aux oreilles comme signe distinctif. Delahaye a révélé en 1906 la forme authentique, donc non retouchée par Berrichon, de l’oreille de Rimbaud. Il ne s’agit pas d’une oreille bien ronde comme les photos retouchées mythiques peuvent le faire croire. Et cette oreille authentique n’a rien à voir avec l’oreille arrondie et très décollée de l’inconnu. Il serait peut-être un peu temps de s’en apercevoir.

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    • Que de pouvoir et que d’argent... lui qui n’en voulait pas et ne put s’enrichir ;-) Gueule de con ? Ne serait-il pas Rimbaud je trouve au contraire qu’il est celui qui a l’air le moins con de tous — car le moins posé et le plus "moderne" dans sa présence à l’objectif par le regard plutôt que par la posture — sur cette photo. Comme quoi cette affaire est un puits de subjectivité (c’est-à-dire, un puits sans fond).

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      • On ne peut pas faire disparaître le mythe Rimbaud. Bien que Rimbaud ne l’ait pas réclamé, il en est à l’origine par ses écrits. L’essentiel de Rimbaud, ce sont ses écrits. La vraie rencontre avec la poésie de Rimbaud est dans la confrontation aux textes. Mais le mythe Rimbaud autour de l’iconographie et autour de sa vie est très important pour celui qui ne veut pas ou même qui ne peut pas pénétrer le texte de Rimbaud.
        Cette photographie présente un cas d’emballement du discours mythique depuis le 15 avril et il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, car elle ne nous apprend rien et le dossier de la ressemblance de cet inconnu avec Rimbaud demeure éteint.*
        Rimbaud a vécu ses douleurs comme tout le monde. Sa vie africaine peut être sa sorte à lui de bout du désespoir. Cela n’éclairera pas les arcanes de sa poésie.
        Maintenant, pour admettre un fait biographique ou un document iconographique, il faut des preuves. Où sont les preuves pour les tableaux de Rosman, Garnier et Forain ? Où sont les preuves que Rimbaud figure sur cette photographie ? Où sont les preuves que Rimbaud figure sur la photo de la partie de chasse dans le district de sheik-othman au Yémen ? Où ? Des preuves, il n’y en a pas. C’est tout.

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      • La ligne frontale des cheveux de ce personnage possède une pointe au centre de son front qui va vers l’avant.Hors, Rimbaud n’a aucune pointe de cheveux sur sa ligne frontale onze ans auparavant sur les deux photos de Carjac .Il est impossible que cette pointe de cheveux est pu pousser entre temps.De plus la ligne de cheveux n’est pas assez en recule sur le front.Quant à l’expression du regard je ne retrouve pas (meme un peu) celui de Rimbaud.

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    • Je suis heureux que cet échange s’établisse sur le même ton courtois, et vous remercie de vos précisions sur la photo de Scheick-Othman. La partie de chasse que vous évoquez ne se tint pas, à ma connaissance, à Aden, mais dans les environs de Harar. Quant à l’identification de Lucereau, je la tiens de Mme Sibert-Blanc, qui m’a écrit, après la publication de la photographie d’Aden, pour me la signaler. Quelques jours de plus me furent nécessaires pour avoir accès à trois portraits photographiques de Lucereau. Ceci est de peu d’intérêt, l’important est que la présence de Lucereau est désormais attestée, ce qui date la photographie de 1880. Pour le nom de Bardey, je ne l’ai jamais employé qu’au conditionnel et ne le regrette pas depuis que j’ai pu examiner l’original de la seule photographie connue de lui (à ce jour !).

      Comme vous, il m’est arrivé de constater que les descendants contemporains d’un personnage sur lequel nous effectuons des recherches ne se connaissent pas entre eux (cela m’est arrivé avec les descendants de Rodolphe Darzens, pourtant plus près de nous dans le temps que Lucereau). Vous pouvez me transmettre, hors forum, les coordonnées de l’arrière-petit-neveu de Lucereau : s’il le souhaite, je puis aisément le mettre en contact avec cette cousine que je présume notablement éloignée.

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      • Bonjour, est-ce que le personnage en pyjama est identifié ? il pourrait peut-être donner des indications judicieuses ?

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      • Je comprends qu’on puisse revenir sur une identification ou la nuancer, surtout quand il s’agit de comparer des photos à des photos ou de supposer la présence ou non de personnages qui sont des noms et peu ou pas image. Mais au jeu des chaises musicales, une chose est sûre( malgré une phrase sybilline de Jean-Jacques Lefrère) Rimbaud Lucereau et Alfred Bardey ne peuvent pas être ensemble sur la même photo. Je ne comprends pas d’ailleurs pourquoi Jean-Jacques Lefrère consacre 20 lignes à la possible présence ou non d’Alfred Bardey tout en reconnaissant dans la même phrase que le (les) barbu(s) assis(s) est(sont) trop âgé(s) pour être ce Bardey qui a le même âge que Rimbaud, ne l’oublions pas. Que Rimbaud et Lucereau puissent être ensemble sur le perron de l’hôtel de l’Univers, pourquoi pas, mais cela ne laissse qu’une courte "fenêtre" de quelques jours au début de la deuxième quinzaine d’août. Si Lucereau est bien sur cette photo, alors il est le seul à pouvoir vraiment la dater. Je suis alors surpris q’on puisse parler de Pierre Bardey qui n’accompagnait pas son frère et qui vraisemblablement n’est arrivé à Aden que courant 1881.

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        • bonjour,
          Je suis rentré récemment d’Ethiopie (et de bien loin séjours ici et là), où-et ayant conservé durant deux ans le secret de l’expertise faite sur cette fameuse photo ! oui, dés le 10 juillet 2008, j’ai dis à Jacques Desse qu’il s’agissait bien dans ce groupe posé, de Rimbaud, Suel, car on ne pouvait que reconnaître assurément Bardey, etc... Secret demandé par les deux libraires. Et puis, à mon retour je découvre les annonces et les palabres facassants. Pourquoi pas, il y a du bon dans tous cela, et dans les amis qui se manifestent...
          Bref, avec un peu de sagesse et de distance (surtout), prenant et reprenant mes notes que je présenterai un de ces jours. Des enquêtes se poursuivent aussi...
          ps : Je précise que j’ai vécu de nombreuses années au Yémen (depuis 1975) et à Aden, que j’ai restauré la très décrié Maison Rimbaud, avec conférences (aux découvertes récupérées... Sheik Othman, Maison de Tian/fréquentée jadis par Auguste Bartholdi, etc...
          Enfin j’apprécie tous ces réveils... avec mes félicitations à ce monde microcosmique, mais parfois, on est loin de la "sagesse", de la poésie et du respect des uns et des autres...

          Voir en ligne : Rimbaud, Aden

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      • Il est inconstestable que la photo de Sheik Othman (que j’avais aussi expertisé à la Galerie Delas) EST bien située dans les faubourgs d’Aden. Je connais ces lieux depuis fort longtemps, et ayant fréquenté cette demeure en assez bon état, il y a même une 20 aine d’année. J’ai de nombreux documents photo (les miens) et anciens sur ce et ces lieux. De nos jours, cette belle demeure est dans un état terrible, après avoir été squaté, elle est en lambeaux...

        Voir en ligne : Rimbaud, Aden, expositions, etc...

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  • Le personnage dont on a cru qu’il était Rimbaud est en réalité le photographe Bidault de Glatigné, qui s’est assis à côté de sa femme déjà identifiée par M. Lefrère.

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  • Cette photo commémore les deux ans d’anniversaire de mariage des Bidault de Glatigné le 19 mai 1880. Ils s’étaient mariés le 19 mai 1878.

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    • Ces "nouvelles informations" sont diffusées sur différents sites et sous des pseudonymes divers depuis ce matin, samedi, 5 h.

      L’homme à côté de Mme Bidault de Glatigné n’est pas son mari.

      S’il s’agit là d’une nouvelle tentative de désinformation, elle recevra de notre part la suite qui convient.

      Jacques Desse, libraire

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      • Réflexion faite, je ne reconnais le visage de Révoil dans aucun des deux barbus de cette photographie. Mille excuses. Tout le monde peut se tromper.

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        • Sur la photographie retrouvée de Rimbaud à Aden : quelques informations. 13 juin 2010 20:38, par A. Caussé et J. Desse

          COMMUNIQUE

          Des messages diffusant de fausses informations sur la photo de Rimbaud ont été postés le 12 juin sur différents sites, sous les noms de Lara, Marie Rinaldi, Maria Rinaldi, CédricVerbeckmoes, Jérémie, Jérémie Lucereau, Jérémie Lepetit, etc. Une partie de ces messages a été bloquée par des webmasters, pressentant la manipulation.

          Ces messages proviennent d’une même personne. Ce personnage et une poignée d’autres, n’ayant pas réussi à trouver le moindre élément qui contredise la présence de Rimbaud sur ce cliché, en viennent, de manière totalement irrationnelle et irresponsable, à pratiquer la tactique de la terre brulée, par la désinformation et le harcèlement.

          Précisons que cela fait deux mois que durent ces attaques, dont ce qui apparaît sur le Net n’est que la partie visible.

          Par ailleurs, une nouvelle vague de messages, de même facture, a été mise en ligne ce 13 juin vers 5 heures sur de nombreux forums (France 2, Etudes littéraires, Macadam, Grain de sel, Partagelecture, Discutons.org…). Ces messages donnent un lien renvoyant en apparence vers le site de la revue Histoires littéraires.

          L’auteur de ces manipulations aura très bientôt à rendre compte de ses actes.

          Pour notre part, nous publierons prochainement un important dossier faisant le point sur l’histoire de cette photographie de Rimbaud, donnant des informations toutes récentes, ainsi que les pistes nouvelles qu’ouvre cette recherche.

          Alban Caussé et Jacques Desse

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      • Messieurs Desse et lefrère. Sur la photo de carjat Rimbaud n’à pas de pointe frontale alors que le personnage de la photo de l’hotel d’aden en à une.Il est impossible que cette pointe frontale est pu pousser dix ou onze ans après.De plus,le personnage de la photo d’Aden à les oreilles plus décollées et les paupières tombantes.Enfin,l’expression du regard est très différente de celui de la photo de carjac.

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