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Le Voyageur lu par Apollinaire 

mardi 3 septembre 2013, par Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Le 24 décembre 1913, à 11 heures, Ferdinand Brunot (et Madame), l’ingénieur délégué par Pathé : Ravenet, les écrivains Paul Fort, Guillaume Apollinaire, André Billy et André Salmon se retrouvent aux Archives de la parole pour une séance d’enregistrement. Guillaume Apollinaire dit et enregistre trois de ses poèmes : Le Voyageur, Le Pont Mirabeau et enfin Marie.

Puis, d’après André Salmon qui relate la séance, "il s’écoute, non sans stupeur. Ses amis le retrouvent, mais il ne se reconnaît pas ! Il est en effet des organes profonds de perception auditive dont nous ne jouissons que grâce au phonographe [...] lorsqu’il nous renvoie cette propre voix qui étouffe, quand nous parlons, les dites perceptions profondes, trop délicates ; les voix intérieures eût dit Hugo qui eût aimé l’invention du professeur Brunot. Ainsi à l’audition seconde nous entendons-nous, somme toute, pour la première fois, d’où une assez vive surprise. Après Guillaume Apollinaire, nous connûmes cette émotion, ce trouble, en entendant chanter notre double" ("Plus de livres... des disques !", in Gil Blas, 25 décembre 1913)

MP3 - 2.9 Mo

P.-S.

Le 3 juin 1911, le grammairien et historien de la langue française Ferdinand Brunot, titulaire depuis 1900 de la chaire d’"Histoire de la langue française" à la Sorbonne, inaugure en ce lieu les Archives de la parole, première pierre d’un Institut de phonétique voulu par l’Université de Paris.

Grâce au mécénat d’Emile Pathé qui fournit un laboratoire d’enregistrement et du personnel, ces archives sonores marquent l’introduction du phonogramme comme outil de savoir et de connaissance au sein de l’Université.

Geste fondateur, geste novateur également, car en s’appuyant à la fois sur les travaux de l’abbé Rousselot, le "père" de la phonétique expérimentale, et sur les exemples étrangers d’archives phonographiques : Phonogrammarchiv de Vienne (1899) et de Berlin (1902), Brunot fait se rencontrer deux univers qui s’ignoraient jusqu’alors en France : celui du laboratoire expérimental et celui du musée phonographique dont on trouve des projets non aboutis chez Léon Azoulay, lors de l’Exposition universelle de 1900, et chez Alfred Ponge en 1906.

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