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Quatre questions à Florent Grimaldi 

mercredi 12 novembre 2008, par Laurent Margantin

Nous présenterons dans cette rubrique quelques travaux littéraires en cours sur le net. Pour commencer, quatre questions à Florent Grimaldi qui publie quotidiennement ses Effacements en ligne.

Revue des Ressources : Vous avez commencé à écrire ce que vous appelez vos « historiettes » il y aura bientôt un an en les mettant quotidiennement en ligne. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a poussé à cette forme d’ écriture à la fois fragmentaire et « numérique » ? Aviez-vous écrit et publié auparavant ? Quel est votre parcours ?

Florent Grimaldi : J’ ai écrit plusieurs récits que j’ ai soumis en vain à des comités de lecture. Vivant à l’ écart du milieu littéraire, j’ ai assez vite renoncé à cette démarche, sans doute parce que j’ ai la vanité de croire que ces récits ne pourraient pas être publiés directement sur papier dans les conditions actuelles... Un éditeur m’ a gentiment répondu en disant qu’ un de mes récits était publiable en raison de sa qualité littéraire, mais qu’ il ne trouverait certainement pas beaucoup de lecteurs...

En vérité, ces échecs répétés m’ ont amené à me remettre en question. Je n’ ai pas choisi de mettre en ligne ces récits rejetés par les maisons d’ édition, mais de repartir à zéro. De traiter tout le matériau littéraire dont je disposais sous forme d’ histoires assez anodines, mais qui pour moi revêtaient assez d’ importance pour qu’ elles méritent d’ être lues, ne serait-ce que par quelques amis.

Mon parcours : de vagues études de lettres abandonnées assez vite, une activité professionnelle très éloignée de la littérature. Je vis en Bourgogne où ma famille d’ origine italienne s’ est installée au siècle dernier pour y vivre de travaux agricoles.

RR : Est-ce que cela signifie que cette activité littéraire se suffit à elle-même, c’ est-à-dire que selon vous ces textes sont en quelque sorte « publiés », sans le support éditorial que la littérature depuis au moins deux siècles implique ?

FG : C’ est encore assez peu clair pour moi-même. Le livre est pour moi un fétiche que je place assez haut. J’ aurais préféré que mes textes fassent l’ objet de publication papier, mais en même temps je me rends bien compte que leur écriture a été rendue possible par cette impossibilité même. C’ est une forme d’ autoédition, mais elle a ceci de particulier que sa dimension numérique conditionne fortement la « créativité » en amont.

RR : Venons-en aux textes eux-mêmes. Ils se présentent tous comme de brefs récits ou des méditations sur le processus d’ écriture lui-même, mais on reconnaît quelques contraintes qui les unissent les uns aux autres...

FG : Je ne sais pas... Je suis un peu gêné pour présenter ces textes tout de même assez divers. Oui, il y a l’ imparfait que j’ utilise systématiquement, en lien avec différentes personnes, souvent la troisième personne. Je tiens à l’ absence de noms de lieu et de personne. Disons que ce que je vise est tout à fait l’ opposé de ce qui fait la littérature actuelle, pleine d’ identités et de lieux répertoriés. Il s’ agit de ce que j’ appelle des « effacements », à chacun de se faire une idée à partir des textes eux-mêmes.

RR : Que lisez-vous ?


FG :
Très peu de littérature contemporaine. Toujours les mêmes auteurs, le plus souvent des prosateurs des dix-huitième et dix-neuvième siècles... J’ aime beaucoup Buffon, ses textes animaliers sont des merveilles. Je n’ ai toujours pas fini de lire Nerval, Chateaubriand, Flaubert, Balzac, cette somme-là recouvre pour moi tout ce qui s’ écrit aujourd’ hui.

J’ aime aussi lire les journaux et observer ce qui se passe autour de moi.

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6 Messages

  • Quatre questions à Florent Grimaldi 12 novembre 2008 13:39, par herve P.

    Une révolution a été entamée ces dernières années par l’intermédiaire d’internet pour la publication on line de milliers de bouquins, vidéos, articles, etc. Cela s’est fait grâce à la multitude de maisons d’édition on line sur internet. Tout écrivain, quel que soit sa valeur, peut à tout moment éditer son roman ou sa vidéo. Les maisons d’édition gratuites sur internet foisonnent et l’auteur-éditeur a le choix pluriel. Des avantages monstres sont consentis par ces maisons d’édition. Elles vous laissent libres de choisir même la couverture et le fond d’écran de votre roman. Elles vous donnent la possibilité de publier et d’acheter vos propres bouquins. Vous êtes hébergés sur leurs sites qui vous donnent la possibilité d’avoir une vitrine propre à vous pour présenter vos ouvrages.

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  • Quatre questions à Florent Grimaldi 12 novembre 2008 13:44, par Eric Pavititi

    En fait un blog comme "Effacements" c’est de l’autoédition électronique ! Je n’ai rien contre, mais j’émets une réserve : quelle qualité va-t-on proposer au lecteur ?

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  • Quatre questions à Florent Grimaldi 13 novembre 2008 16:30, par EDP

    "Effacements" c’est justement de la littérature !

    Mderci à la revue des ressources que je suis depuis 6 ans de proposer de tel textes.

    @ Eric, lisez Florent !

    @ Hervé : oui c’est la révolution de lire de vrais textes littéraires. Moi j’ai un IPHONE et je lis la revue des ressources sur mon téléphone.

    Mais pourquoi la revue ne propose-t-elle pas ses textes au format papier ? Et plus au format pdf ?

    (Mais merci pour cette nouvelle maquette. Enfin je m’y retrouve dans les rubriques.

    PS : merci d’avoir remis les forums d’articles.

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  • Quatre questions à Florent Grimaldi 5 novembre 2009 11:43, par Thérèse

    Je suis vraiment contente de cette présentation. Ca change de ce qu’on trouve sur le net. Je supporte votre initiative à fond ! construction ossature bois

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