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19 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Contrairement à ce qu’affirme le dicton, la nature n’a pas horreur du vide ; c’est l’homme de l’hypermodernité qui ne le supporte pas, dans le même temps qu’il se supporte plus lui-même. Plus loin il va s’oublier, plus il sème partout des signes, et moins il parvient à sortir de ses propres traces. Alors les publicitaires et la communication lui soufflent le culte de la nouveauté, des (…)
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18 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Rodolphe Christin raconte la genèse de son livre qui est paru le 17 janvier 2011. Premier livre des Éditions de la revue des ressources ERR.
Mon contact m’avait donné rendez-vous dans un appartement de Saint-Étienne. Un appartement marqué par un joyeux désordre d’enfants, que je surprenais juste après le déjeuner — ce devait être 14h00 ou quelque chose comme ça.
J’avais alors le projet (…)
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13 mars 2010, par Rodolphe Christin
Simone Dumenclin, il faut le dire, se félicitait de n’avoir pas demandé le divorce et d’avoir conservé son statut. Divorcer, elle y avait déjà songé à plusieurs reprises, mais ne l’avait jamais avoué à quiconque. Elle était donc, d’une certaine façon, bénéficiaire par alliance des chaudières et des bois Dumenclin s’il arrivait quelque chose à son mari. Avec le temps, les qualités de celui-ci (…)
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10 avril 2010, par Rodolphe Christin
Simone Dumenclin vivait à proximité de son calendrier. La première chose qu’elle faisait en se levant, c’était d’aller vérifier la date du jour. Elle l’auscultait avec nervosité, y revenait même plusieurs fois dans la journée, songeuse. La date du 13 juin figurait cerclée de rouge. Il était troublant de songer que cette date fatidique pouvait passer, aux yeux d’un étranger qui aurait aperçu la (…)
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20 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Extrait du livre paru chez Homnisphères en 2005.
Voyager. Se dégager pour s’approcher, se défaire de soi-même pour essayer de comprendre, et connaître enfin. En quête d’univers, celui qui voyage pour sentir son rapport au monde se modifier, au contact de la grandeur de la terre et de la diversité des hommes. D’emblée l’imaginaire s’emballe tant l’affaire peut se montrer passionnante. Mais (…)
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27 mars 2010, par Rodolphe Christin
Kévin admirait le paysage, debout devant la porte de la cabane. Ils étaient arrivés hier, après des heures de mauvaise piste. Depuis qu’il séjournait en altitude, à une journée de marche du Refuge du Loup, Kévin se sentait plus loquace. Euphorique presque, était-ce un effet de l’altitude ? Il croyait plutôt à l’influence des magnifiques paysages qui les entouraient (la mer lui procurait des (…)
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15 mai 2010, par Rodolphe Christin
Et après ? Que feraient-ils une fois l’argent empoché ? Aucun des deux n’avait la force de parler tant la pente réclamait tout leur souffle, mais chacun cherchait à évaluer ce futur qui tournait, incertain, dans leur tête. Il était de bonne heure le matin, le soleil n’avait pas encore franchi l’épaule ouest du Pic de l’Etincelle. Une légère buée sortait de leurs bouches, ouverte par (…)
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3 avril 2010, par Rodolphe Christin
Hector Dumenclin détaillait vainement, avec désespoir, ces montagnes livides de brouillard qui s’étendaient autour de lui. Les yeux libérés, il restait incapable d’identifier l’endroit où il se trouvait. C’était bien évidemment l’intention de ses ravisseurs, qui se garderaient bien de lui donner le détail des lieux s’il avait la naïveté de leur poser la question. Le Pic de l’Etincelle et le (…)
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27 février 2010, par Rodolphe Christin
Huit. Hector, tu vas me faire plaisir. Tu vas nous suivre sans râler, d’accord ? Sois gentil s’il te plaît.
La voix de Clara était claire, sereine, rassurante. Une voix pareille ne pouvait pas faire de mal, pensa l’homme d’affaires.
Kévin se tenait à distance, assis sur le bord de la table. Il n’avait pas quitté sa veste. Il observait la situation, très attentif. Parfaitement calme, (…)
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6 septembre 2009, par Rodolphe Christin
Tout commence par le paradoxe de l’étendue désertique qui sans toi, qui que tu sois, ne parlerait jamais à personne car le désert est par endroits la matière première de sa formulation en signes de quoi ? - en signes de vie comme la brindille poussée de travers sur le sable en dessins pentus et obliques
Un itinéraire, le pas, le verbe, l’écriture et l’empreinte, traces, on suit sur (…)