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9 janvier 2010, par Rodolphe Christin
Un.
Mathilde ferma la porte à clefs. Dehors le vent soufflait dru et l’on imaginait l’océan gronder. Gronder si fort que le bruit montait jusqu’ici. Je n’aimerais pas être un marin au large cette nuit, dit-elle. Il faut penser à eux.
Il imaginait l’anxiété dans sa voix, neutre pourtant. Il imaginait le passé qui pointait dans les mots. Il imaginait la tristesse, ensuite la solitude. (…)
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22 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Extrait du livre paru en 2010 aux Éditions Yago.
En Mongolie, peut-être trouverais-je quelques signes d’appartenance traces fugaces que le vent de la modernité n’aurait pas encore effacées. Vite, faire vite.
Le sens de mon voyage ? Me rendre face au monde et me fondre dans ses lointains, me recréer dans ses isolements, intégrer ce point crucial où l’intérieur et l’extérieur sont en (…)
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14 août 2013, par Rodolphe Christin
" L’étendue véritable n’est point pour l’œil, elle n’est accordée qu’à l’esprit. " Saint-Exupéry
Qu’entendre sous ce mot magique et inquiétant, souvent fascinant, d’où s’envolent nombre de mirages : l’aventure ? Et qui sont ceux qui la tentent jusqu’à faire d’elle un genre de vie ? Blaise Cendrars trace le portrait d’un aventurier dès les premières pages de Bourlinguer, ce livre qu’on (…)
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6 septembre 2009, par Rodolphe Christin
Sans que cela soit volontaire, des souvenirs remontent à la surface alors que personne n’est allé les chercher. Chacun porte en lui des fonds gigantesques dont il ne soupçonne pas l’importance, il suffit alors d’une image ou d’un parfum, d’une expression fugace sur un visage pour que viennent s’y associer, avec plus ou moins de bonheur, les lambeaux d’un passé qui jusque là demeurait (…)
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27 mars 2010, par Rodolphe Christin
Kévin admirait le paysage, debout devant la porte de la cabane. Ils étaient arrivés hier, après des heures de mauvaise piste. Depuis qu’il séjournait en altitude, à une journée de marche du Refuge du Loup, Kévin se sentait plus loquace. Euphorique presque, était-ce un effet de l’altitude ? Il croyait plutôt à l’influence des magnifiques paysages qui les entouraient (la mer lui procurait des (…)
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13 février 2010, par Rodolphe Christin
Six.
Hector Dumenclin sortait tout juste de son plaisir. Il se sentait étrillé comme un cheval de course. Mais il n’était pas du genre à rester sur cette impression lascive, son affaire à lui c’était le travail. Pas le travail pour le plaisir, non : to earn money. Faire du fric, voilà l’important !
Comme il sortait de son plaisir, et que ce plaisir se transformait petit à petit en (…)
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20 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Extrait du livre paru chez Homnisphères en 2005.
Voyager. Se dégager pour s’approcher, se défaire de soi-même pour essayer de comprendre, et connaître enfin. En quête d’univers, celui qui voyage pour sentir son rapport au monde se modifier, au contact de la grandeur de la terre et de la diversité des hommes. D’emblée l’imaginaire s’emballe tant l’affaire peut se montrer passionnante. Mais (…)
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6 février 2010, par Rodolphe Christin
Cinq.
Dans son boudoir de la rue des amis, Clara n’était jamais en retard. Un rendez-vous est un rendez-vous. Courtoisie et professionnalisme l’obligeaient à un minimum de rigueur. C’était un principe auquel elle ne dérogeait jamais. En outre, son client Monsieur Dumenclin n’aimait guère attendre, comme tous les gens importants, ou plutôt : qui se sentaient importants. Personne n’est (…)
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20 février 2010, par Rodolphe Christin
Sept.
La vie d’Hector Dumenclin prit un tour nouveau dès qu’il ouvrit la porte de l’appartement de Clara :
- Tiens, Kévin ! Que faites-vous là ?
- Je vous attendais, Hector.
- Comment ça vous m’attendiez ? Mais comment saviez-vous que j’étais ici ? Oh, ne vous faites pas d’idées surtout ! Je passais-là par hasard, je raccompagnais Madame qui se sentait mal, dans la rue, tout à (…)
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20 mars 2010, par Rodolphe Christin
Chérie,
Un terrible imprévu est survenu. Me voici pris en otage et mes ravisseurs exigent contre ma libération une rançon de 300 000 euros en petites coupures. S’ils n’ont pas réceptionné l’argent dans quinze jours, soit le 13 juin à 4h00 du matin, ils m’élimineront. Ces gens sont sans scrupules et vénaux comme personne, ils n’hésiteront pas une seconde.
Pour l’argent, le protocole est (…)