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12 décembre 2009, par Carlo Bordini,
Olivier Favier
Même si je ne comprends pas grand chose à la photographie, j’ai toujours pensé que Ghirri était un génie. Je le lui ai dit une fois, en fait, que je pensais qu’il était un génie. Il s’est un peu caché et il a dit « allons donc », mais on voyait qu’il y croyait et qu’il était content, il a fini par dire : « Mais bien des gens ne me comprennent pas. » À cette époque l’idée que quelqu’un ne le (…)
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6 janvier 2013, par Ascanio Celestini,
Olivier Favier
J’ai une technique. Quand je participe à une réunion, je m’assois, je sors mon pistolet et je le pose sur la table.
Ce n’est qu’une technique, je l’utilise pour vivre en paix avec mes semblables.
Mais je dois me donner des règles.
La première règle c’est de « sortir aussi le pistolet » je dois le sortir dès que j’arrive.
Je ne voudrais pas que quelqu’un pense que je sors mon (…)
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1er janvier 2011, par Fred Vargas,
Olivier Favier
La revue des ressources vous propose de relire cet article publié le 29 décembre 2009 sur l’affaire Battisti.
Rappelons tout d’abord quelques faits connus de tous les historiens, mais que les médias semblent systématiquement oublier. Entre 1971 et 1974, l’Italie fit l’objet de trois tentatives ou projets de coups d’état d’extrême-droite, en lien avec les services secrets de l’état. Pour (…)
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9 août 2009, par Olivier Favier
Difficile aujourd’hui d’évoquer l’Italie sans une légitime inquiétude, et la rubrique "bibliothèque latine" s’en fait aussi l’écho. Pour autant, dans le parcours de traducteur qui lui a donné naissance, au-delà d’une évidente nécessité morale, c’est moins la révolte que le désir d’exploration qui a motivé les recherches, amenant assez souvent, comme me le dit un jour un voisin de compartiment (…)
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10 septembre 2008, par Olivier Favier
Un jour mon père
m’emmena au cinéma
nous ne faisions pas grand chose ensemble
il ne donnait que
lui-même
on ne lui avait rien donné
il n’avait rien à rendre
je parle à l’imparfait du père de mon enfance
il me dit
je voudrais que tu voies ce film
je boitais
il m’aida à traverser la place
je boitais mais j’étais fier
mon père si grand
cette place si (…)
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30 août 2010, par Olivier Favier
« En 1967, je distinguais deux formes, successives et rivales, du pouvoir spectaculaire, la concentrée et la diffuse. L’une et l’autre planaient au-dessus de la société réelle, comme son but et son mensonge. La première, mettant en avant l’idéologie résumée autour d’une personnalité dictatoriale, avait accompagné la contre-révolution totalitaire, la nazie aussi bien que la stalinienne. (…)
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9 août 2009, par Igino Ugo Tarchetti,
Luigi Capuana,
Olivier Favier
"La construction au XIXème siècle tient le rôle de subconscient." Sifried Giedion, cité par Walter Benjamin, Paris capitale du 19e siècle.
La Galleria n’est pas un monument. C’est un organisme, une rue ou quelquefois deux rues qui s’abolissent en un carrefour central surmonté d’une coupole. Elle est restée, malgré sa taille, un espace réservé aux piétons, mais propre à faire ombrage aux (…)
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5 septembre 2010, par Olivier Favier
“Je ne touche plus le cœur des choses je tiens le fil.”
André Breton, Vigilance.
Étrange pouvoir d’une œuvre, presque entièrement marquée par l’une des plus empoisonnantes tragédies du dernier siècle, que de pouvoir faire naître, dès les toutes premières pages, un profond sentiment d’apaisement. Cela pourrait tenir à plusieurs choses. La première, et non des moindres, est (…)
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9 août 2009, par Olivier Favier
« L’histoire se fait dans la tourmente et s’écrit une fois le calme revenu. »
Didier Daeninckx.
Les événements eux-mêmes, au fond, sont relativement simples. Cesare Battisti, ancien membre du Groupe des Prolétaires armés pour le Communisme, est condamné en 1988 par contumace à la prison à vie par la Cour d’Assises de Milan. D’après le témoignage de « repentis », il est reconnu (…)
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1er juin 2010, par Ascanio Celestini,
Olivier Favier
J’ai un pistolet et je tire.
Mais je ne suis pas quelqu’un de violent, je veux dire que je ne fais pas ça pour tuer quelqu’un en particulier. Je me mets à la fenêtre et je tire.
Il y en a qui tirent sur les nègres. J’aimerais bien leur demander “tu fais comment pour reconnaître un nègre ?” Bien sûr qu’un Somalien ou un Nigérian est tout ce qu’il y a de plus nègre, mais un Algérien ? Le (…)