Le 6 octobre 2009 par Rédaction
Après la sortie de Vies minuscules, vendu à 1 918 exemplaires seulement la première année, vous sembliez un peu amer…
Beaucoup ! J’en attendais tout. Il y a eu un grand papier dans Le Monde, c’était la une de la page Livres, ça s’est arrêté là. On raconte après coup que les V.M. ont été encensées, pas du tout. Je croyais avoir tiré en l’air mes dernières cartouches. Pendant cinq, six ans… j’ai pensé avoir raté définitivement mon coup. Gallimard ne me relançait pas, j’étais littérairement un homme mort. Je ne vois que Bernard Wallet, alors commercial chez Gallimard, qui m’ait épaulé à ce moment-là. Ce qui m’a sorti d’affaire, c’est la rencontre de Gérard Bobillier, l’éditeur de Verdier. Il avait lu le texte et m’avait téléphoné plusieurs fois, je n’avais pas donné suite. Un jour, je l’ai rencontré par hasard chez Catherine Martin-Zay, ma libraire d’alors, et ça a été un feu d’artifice de sympathie et d’esprit. On s’est donné l’un à l’autre la force de continuer, l’espérance.

Mais qu’est-ce qu’on va devenir ? : Propos recueillis par J.-L. Bertini, C. Casaubon, S. Omont, et L. Roux, La Femelle du requin, « Entre ciel et terre », no 22, hiver 2004.
(Sur la photo, Pierre Michon et Gérard Bobillier, fondateur des éditions Verdier)