LABYRINTHES OU MAUSOLÉES
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libre
pour dire qui je suis je n’ai que vingt-six signes
je renonce à survivre et rien ne me déchiffre
rayons éternisés dans le jour qui décline
je me perds dans un ciel qui n’a pas de limite
mes yeux sont refermés sur le fait que j’existe
qui dira si je veux ou bien si je désire ?
ma chair est dénudée et ma conscience est vide
ma seule vérité tient en un seul mot : libre
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direction
mes origines se dispersent
à l’est de mon désespoir rien
ne m’a enseigné qui je suis
je me perds dans les labyrinthes
et je me perds dans les chemins
qui ne mènent à nulle part
rêve brisé rêve détruit
je demande ma direction
aux comètes qui agonisent
et aux constellations qui meurent
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splendeur
est-ce ma faute à moi si mes deux yeux se plissent ?
ma chair ne fait que face à d’obscures énigmes
être humain suis-je aveugle ou bien suis-je invisible ?
je meurs de n’avoir pas de vérité intime
mes yeux fixent le ciel et j’en ai des vertiges
le rêve se détruit puisque rien ne l’explique
exister me séduit et exister m’attire
si je crois autant croire à la splendeur de vivre
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logique
mon esprit ne répond à aucune logique
désirs ou volontés vais-je jusqu’au délire ?
l’éternité s’étend yeux refermés j’oublie
aucun ciel étoilé ici-bas ne me guide
la réalité cède à condition d’être ivre
qui prétendra savoir si j’inspire ou j’expire ?
énigme silencieuse et mystère indicible
je ne sais plus rien faire à part des sacrifices
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terrestre
quelques poussières d’être humain
derniers jours derniers équinoxes
ma chair redevient de l’argile
je ne sais plus trop où j’en suis
automne hiver printemps été
les saisons meurent une à une
mes lèvres ont soif d’infini
ne suis-je à jamais que vacarme ?
ne suis-je à jamais que silence ?
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galaxie
à chacun son mystère à chacun son énigme
dois-je donner un sens à mon propre organisme ?
je tends mes mains au ciel et mes mains restent vides
je cherche à déchiffrer ce que veut dire libre
apprendrai-je à mourir ou apprendrai-je à vivre ?
rien ne m’est destiné dans cette galaxie
ivre ma vérité n’est rien d’autre qu’un rythme
je ne sais plus vraiment si âme et chair j’existe
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souffrance
la chair n’est-elle que souffrance ?
je marche dans un labyrinthe
qui se détruit à mon passage
l’univers gît rien n’a de sens
aucune étoile n’est au ciel
aucune étoile n’est en moi
énigme et réciprocité
je pleure et mes larmes m’aveuglent
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rythmique
ma jeunesse prend fin et mes cheveux blanchissent
je tremble étrange rite et étrange rythmique
des squelettes d’oiseaux en face de moi gisent
à quelle éternité devrais-je mes vertiges ?
qu’on m’apprenne le sens des mots que je prodigue
je n’ai de vérité que par ma chair qui vibre
c’est à un dieu qui meurt que mes paumes s’agrippent
tout n’est-il que destin ou tout n’est-il que vies ?
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jeunesse
ma jeunesse a déjà des rides
et je ne sais plus qui je suis
est-ce vraiment ma faute à moi
si je meurs et si j’agonise ?
sur les sentiers de la mémoire
je porte en noir le deuil de dieu
incapable d’être moi-même
je n’ai ni face ni visage
à donner à l’éternité
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terrestre
le ciel se désintègre et mes yeux se referment
ma noirceur prend racine au fin fond des ténèbres
je pleure un rien reptile et un rien mammifère
est-ce ma faute à moi si j’ai le regret d’être ?
je ne suis qu’âme et chair et deux néant m’encerclent
mon coeur bat à rebours et en moi rien n’émerge
ma sincérité gît à l’intérieur d’un gène
paysages reniés ne suis-je que terrestre ?
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éternité
éternité que mon visage
éternité que ma figure
qui m’apprendra à renoncer ?
je m’en vais pleur je m’en vais larme
au-delà de ce qui existe
la seule tristesse c’est d’être
et mes paupières se referment
sur des ruines qui s’assombrissent
et des vestiges qui s’irisent
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plaie
au milieu du désert mes lèvres se dessèchent
existence ou néant rien n’est vraiment inerte
que m’importe d’errer je me tais je me terre
mon sang est aussi noir que ce qui fait ma peine
mes yeux cherchent un dieu qui me détruit ou presque
le vent se lève en vain ma nuque reste raide
je ne sais pas vraiment à quoi je suis rebelle
je nais par la blessure et je nais par la plaie
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demeure
sous des spirales étoilées
le temps meurt le temps agonise
et aimer est le seul précepte
je voudrais réapprendre à vivre
mes yeux se ferment sur moi-même
labyrinthes ou mausolées
je pleure à chacun son tombeau
je pleure à chacun sa demeure
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âge
regret le ciel m’éventre et le ciel me balafre
le temps a inversé le trajet de mes larmes
je referme les yeux sur des rêves diaphanes
qui dira le néant auquel ma chair fait face ?
souvenirs dispersés et vérités éparses
déjà le vent m’aveugle et peut-être me masque
à deux éternités je n’oppose qu’un âge
dois-je périr comète ou dois-je périr astre ?
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comètes
l’infini est entre mes paumes
et le ciel est presque étoilé
rien n’a de sens à part le deuil
que j’ai à faire de moi-même
les poings fermés sur des comètes
je marche vers les autres mondes
la chair à jamais égarée
entre amour et adoration
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