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Les roms, Jacques Rancière, La bande passante et La parole errante 

dimanche 12 septembre 2010, par Aliette G. Certhoux

L’article est une recension non exhaustive et forcément subjective et lacunaire (présentation d’excuses aux protagonistes qui s’en trouveraient blessés) des actes du programme publié dans le site de la parole errante, manifestation à laquelle nous avons assisté :

LES ROMS ET QUI D’AUTRE ?
Rassemblement contre le racisme d’État...
Samedi 11 septembre 2010 à partir de 13h30
Maison de l’arbre (La Parole Errante)

9, rue François Debergue
Montreuil, France
tel : 01 48 70 00 76

Parce que nous refusons le silence, parce que nous ne consentons pas à la politique menée en France à l’égard des Roms depuis cet été et depuis 2002, parce que nous condamnons la xénophobie des politiques migratoires, marquons notre opposition à ce racisme d’Etat.

L’été a été particulièrement violent en matière de politique française, puisque le gouvernement a ostensiblement fait expulser des ressortissants de l’Union européenne vers la Roumanie et la Bulgarie, à raison de leur origine ethnique. Les expulsions sont orchestrées au mépris du droit européen (principe de la libre circulation) et des valeurs les plus fondamentales. Ce racisme d’état, qui stigmatise une catégorie de population extrêmement congrue de France, permet d’occulter des problèmes réels qui ne sont ni roumains, ni bulgares, ni tsiganes, ni même européens mais bien français.
Certains, malgré la période estivale, ont manifesté leur opposition à cette politique indigne. Mais il nous semble nécessaire que, sur une question qui engage ce qu’il y a de plus fondamental en termes de droits humains, nous nous exprimions collectivement. Il nous semble donc utile et urgent de réagir haut, fort et ensemble à ces dérives dramatiques qui pourraient nous mener encore plus loin si nous n’affirmons pas, au plus vite, que nous les condamnons fermement.
C’est dans ce cadre que nous vous invitons à participer à ce grand événement qui aura lieu à Montreuil le samedi 11 septembre 2010 à partir de 13h30.

Tables rondes, débats, projections, concert, cette manifestation entend affirmer la détermination de tous ceux qui s’opposent aux dérives de la politique française actuelle.

Avec : Etienne Balibar (philosophe), Luc Boltanski (sociologue), Cécile Canut (sociolinguiste), Eric Fassin (sociologue), Marie Gaille (philosophe), le GISTI, Patrick Henriot (magistrat), Cécile Kovacshazy (littéraire comparatiste), La Bande Passante, Thomas Lacoste (cinéaste et éditeur), Lentement mademoiselle (musiciens), Danièle Lochak (juriste), Migreurop, Saimir Milé (Voix des Rroms), Christophe Mileschi (italianiste et écrivain), Jacques Rancière (philosophe), Isabelle Saint-Saëns (revue Vacarme), Tiphaine Samoyault (littéraire comparatiste et écrivain), le Syndicat de la magistrature, la revue Vacarme, Sophie Wahnich (historienne), Patrick Williams (ethnologue), etc.

Ce rassemblement est organisé par Cécile Canut (professeur de sociolinguistique à l’Université Paris-Descartes) et Cécile Kovacshazy (maître de conférences en littérature comparée à l’Université de Limoges), avec Thomas Lacoste (cinéaste et éditeur, La Bande Passante).
Il a lieu à « La Parole Errante » qui héberge depuis peu les Roms de Montreuil récemment expulsés.
Contact : cecilekova@yahoo.fr, cecile.canut@free.fr

Le programme :

13h30 : Accueil des participants
14h : Table ronde 1 : Penser l’Europe avec les Roms
Etienne Balibar, Eric Fassin, Migreurop, Saimir Milé (sous réserve), Patrick Williams.

Intermède : lecture de textes littéraires romani par Nouka Maximoff

15h : Table ronde 2 : L’« identité nationale » ou le racisme d’État.
Marie Gaille, Patrick Henriot (vice-président du Syndicat de la magistrature), Christophe Mileschi, Jacques Rancière, Sophie Wahnich.

Intermède : Lecture d’un texte par la réalisatrice Claire Denis (sous réserve).

16h : Table ronde 3 : Face à la dérive politique actuelle, quel engagement ?
Luc Boltanski, Gisti, Danièle Lochak, Isabelle Saint-Saëns, Tiphaine Samoyault, revue Vacarme.

Intermède : Lentement mademoiselle (musique)

17h : Projection en avant-première du film de Thomas Lacoste (en présence du réalisateur) : Ulysse clandestin, Pour la nécessaire suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale (93’, 2010).

19h30 : ce n’est pas fini, le programme continue...

Entrée libre et gratuite pour tous !



Familles roms réfugiées à La parole errante le 14 août 2010
Sans copyright
Source citizenside.com (paru dans l’Express)

Ce 11 septembre 2010, à Montreuil-sous-bois, quel succès au grand dam de la concurrence de la fête de l’Huma à Paris, que de monde déterminé en peu de temps d’information préliminaire — une petite foule inter-générationnelle de gens beaux de surcroît — dans ce magnifique espace polyvalent, aménagement des authentiques studios de Meliès par la surélévation du plafond grâce à une charpente métallique sous une toiture légère, permettant de supprimer les poteaux qui damaient l’espace (mais dont la hauteur et la surface originales peuvent être appréciées aux poutres du pourtour et à la subsistance des cotes techniques dans les services), à La maison de l’arbre, lieu-dit de La parole errante de la tribu Gatti.
 [1]

Quand je suis arrivée une heure après le commencement des tables rondes — donc j’ai manqué Étienne Balibar et la présentation de Thomas Lacoste — j’ai cru que je ne pourrai pas entrer tellement le public était dense jusqu’au vestibule... Puis une fois le risque pris nous voici dans la salle où des sièges supplémentaires ont été installés latéralement, parmi les lits. Car c’est ici même que les Roms expulsés par la police le 10 juillet à Montreuil ont trouvé refuge depuis le 14 août... Des femmes et des enfants proposent café, coca-cola, et bière, et des plats cuisinés par leurs soins, de choux farci et de poulet accompagnés de polenta, vraiment bons, qu’elles servent dans des assiettes de camping en plastique, pour 5 euros (j’ai consommé les deux alors que je venais de déjeuner, c’était un plaisir de voir les visages renfrognés s’ouvrir en superbes sourires).

Il manquait Patrick Chamoiseau, car on ne peut aborder le concept du renouveau européen raciste sans une critique du retour au nationalisme émergeant de l’Europe en manque de conscience de la créolité générale... Edouard Glissant étant malade, et Raphaël Confiant ne se départissant pas des Antilles, Chamoiseau avait écrit sur l’événement français à propos des roms comme renouant avec le discours sur le colonialisme de Césaire [2] ; il semblerait qu’il put être invité mais n’aurait pu venir le délai étant trop court (cette manifestation pourtant brillante et bien communiquée a été préparée en moins d’une huitaine de jours).

Indécence majeure
le tract de Patrick Chamoiseau
Cliquer sur l’image pour accéder au site de l’éditeur de l’affiche

La table ronde n°3 sur l’engagement n’a pas paru prendre en compte la critique radicale par Jacques Rancière à la table ronde précédente, sur la "démocrassie" (terme lancé par l’écrivain Christophe Mileschi s’exprimant juste avant Rancière et après l’explication sans un pli de l’évolution de la loi, par le juriste Patrick Henriot), celui-ci à haute voix dévoilant, déclarant pour conclure "la gauche" sans différence — mieux, déconstruisant chaque moment de l’idéologie intégrale, (mais qui n’aurait ressenti l’indifférence entre gauche et droite dans le débat à propos de la burqa ou du foulard attribué au voile — où chacun se trouva piégé par la représentation de la république, dans l’innovation de critères "traditionnels" se voulant imprescriptibles sur les bons (adéquats) et les mauvais (inadéquats) citoyens — à propos de la transparence néo-républicaine et la nudité du visage, — aubaine consensuelle de la sécurité ?)

La construction de l’altérité constituée par un outil intellectuel commun, la rationalité du système d’information et de gestion de la peur de l’étranger — de la république, — et dans une option de la transparence républicaine française adoptée par le président, cette idéologie du concept emprunté aux débuts du Front national innovant après Pétain qui avait inventé la carte d’identité, en France, ont pris forme dès la campagne électorale partagée puis victorieuse en 2007. Et par paliers de territoire en territoire, de l’insécurité à l’immigration à l’identité nationale aux roms via un retour au voile islamique jusqu’à la burqa, maintenant jusqu’aux adolescents délinquants jetant l’opprobre sur leurs familles et même, sous une nouvelle occurrence opportuniste ces jours-ci, la question des femmes battues (donc de peu en peu, jusqu’au citoyen de nationalité française le plus ordinaire selon son sang indifféremment du territoire et ses comportements), jusqu’à ce qui nous attaque non de l’entour mais de l’ordre toujours circonstanciel — où de nouveaux critères s’ajoutent à chaque loi — de la communication de l’identité nationale par l’État : la menace de la déchéance de nationalité. Édifice idéologique inventant en le désignant l’ennemi républicain de référence, déconstruit par Jacques Rancière dans une performance magistrale, révélant d’une voix ferme et forte l’identité, le racisme, et la xénophobie actifs de l’État par les lois et la communication, en savante construction intellectuelle pensée et élaborée par le pouvoir partagé entre les institués. Idéologie — telle qu’une idéologie est bien l’émanation du pouvoir, — non pas le racisme ou la xénophobie émergeant des masses requises pour le justifier sans contradiction possible, et même si. Ce n’est pas l’effet qu’il faut déconstruire mais l’édifice du sens pour le mettre en pièces. Et c’est à quoi, sous nos yeux, Jacques Rancière se livre délibérément, de facto et in extenso.

Portrait of Jacques Rancière
Source Elizabeth Bozorgan
Photo publiée par l’auteur Petitfestival sous licence Creative Commons Paternité
article Jacques Rancière @ fr.wikipedia.

Certes, dès l’historienne Sophie Wahnich (d’autre part membre du comité de rédaction de la revue Vacarme), qui se trouvait pourtant à la table des réfractaires, présentant sa lecture très intéressante de l’ennemi et de l’ami de la république depuis 1789, et justement à propos de laquelle on pourrait discuter sur les mutations conceptuelles et pratiques de l’histoire publique participant de la structure, dont aux présents jours, sur la nationalité et l’identité en France (son hypothèse dans Ulysse clandestin), entretenait une ambiguïté dans l’éclairage, pourtant incontournable, qu’elle apportait, y cherchant une vérité de la source opposable à l’interprétation actuelle et par conséquent y prêtant elle-même une valeur, loin de laquelle purent se trouver ses partenaires de tribune prenant le monde dans sa réalité transgressée ; de plus la petite conclusion inédite par réclamer plus de lois posa une énigme à la critique du trop d’État et sa diffusion en selle, — comme s’il pouvait y avoir à l’instar du citoyen français un bon et un mauvais État, — a fortiori si l’on ressent que la constitution étouffe sous la structure de la profusion des lois qui se succèdent en s’additionnant sans fin ou modifiant le socle à l’insu des consciences. Comme on regrette le temps de la subtilité de la jurisprudence quand il était peu légiféré sur les libertés, parce que certaines étaient concrètement vécues et les autres visiblement interdites. Le malentendu étant déjà installé, les représentants du Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés (leur tour d’expression étant venu, à la table ronde suivante) persistèrent avec la certitude de l’engagement de gauche (eu égard à la doctrine de la pratique et de la théorie) mais qui rassemble toutes les communautés religieuses et politiques héritières des tradition du secours et de l’hospitalité, dans la proposition de rejoindre les actions commencées où sans adhérer à un dogme il est possible d’agir en cohérence de l’unité résistante. Le GISTI qui se battit âprement contre l’appel d’offre de Hortefeux visant à faire entrer des organisations non solidaires dans les camps de rétention à la place de la CIMADE (et qui l’emportèrent suite à la prescription de l’appel d’offre en justice), au moment où il inaugurait le nouveau ministère de l’immigration. Il y a aussi le Réseau éducation sans frontière (RESF) qui souleva le manifeste des innombrables en 2008, dans le cadre duquel Jeanne Moreau s’engagea avec détermination parmi d’autres personnalités présentes au grand rassemblement des lectures de la cartoucherie de Vincennes.

Et c’est bien en cela que le malentendu est signé par l’urgence, noyé dans le consensus nécessaire du pragmatisme activiste multi-terrain, chaleureux et efficace en termes de soutien concret et de communication, et d’assistance légale, juridique et judiciaire, où justement se dissolvent les différences par elles-même à l’acte d’obtenir, paradoxe positif de l’activisme.

Des questions de régime alimentaire auraient pu être considérées comme des cas opposables, les roms consommant du porc et certain musulman présent déclarant que nous ressemblions à ce que nous mangions, (lorsque nous lui répondîmes, car c’est lui qui s’y intéressa, sur la consistance de l’assiette que nous dégustions solidairement) ; le porc afflige également de ressemblance les athées comme les chrétiens (les voici porcs par deux fois d’en manger ailleurs que chez eux, heureusement pour les roms qui ne le seraient qu’une fois — mais tout de même, — du fait qu’ils soient partout chez eux ou plus exactement nulle part chez eux (circonstance atténuante ou aggravante, selon), si j’ai bien compris la hiérarchie de la valeur incongrue implicitement proposée par l’adage cité mal à propos, en ce jour. Le moins de radicalisme intellectuel utile à l’élargissement du front démocratique activiste fait entrer le paradoxe de l’affect, qui est puissant lorsque l’environnement le rend conciliable sans réduction ni soumission, mais parfois ce moins ne parvient pas à lever le soupçon d’une pointe d’opinion et de morale implicites, qui est une charge inutile.

Mais le seul aspect remarquable fut que le contestataire lui aussi était là solidairement, contradictoirement, parmi ses amis non musulmans, et qu’il restât jusqu’au bout.

Que deviendraient les immigrés attaqués sans la veille et le dévouement permanent et hautement pertinent — en termes d’analyse stratégique et du résultat des répliques tactiques au coup par coup — des militants du GISTI et d’autres associations comme le Droit Au Logement, défendant du même coup nos droits "fondamentaux" aux côtés de la Ligue française des Droits de l’Homme (dont le philosophe Étienne Balibar succédant à l’historienne Madeleine Rebérioux fut l’un des présidents récents) ? Ils seraient purement et simplement seuls face aux abus officiels dont la contrainte de leurs corps, les charters, les camps de rétention, et nous une population sans alerte en commun, recluse dans sa conscience silencieuse. Alors... au diable la théorie politique de l’État elle ne nous intéresse plus ! Maintenant ce sont des citoyens européens en mobilité, parmi lesquels certains ont déjà notre nationalité. Car c’est à eux, déjà français, que l’on peut retirer la nationalité... C’est déjà vous, français depuis plusieurs générations jusqu’à l’intraçabilité de vos sources dans les temps reculés, qui êtes menacés de devenir étrangers du nouvel État — autre territoire — ici même. Tout était prédit par les événements précédents. Maintenant il reste à déconstruire le système patiemment mis en place pierre par pierre en quatre ans (au fond, tout aurait commencé en 2002). Quel travail ! Et que de convictions renforçant l’idéologie combattue devront être abattues..

Nous avons également besoin de la pensée radicale même si elle est institutionnellement vierge. Si l’engagement est impur, la pensée radicale est pure c’est à dire au-delà de la morale. Au contraire, elle n’a pas à être pragmatique, ce n’est pas sa place mais la critique de la cité — au fond comme les exclus qu’elle défend à sa façon de poser les questions en termes de réponses immodérées. Loin de la morale elle explore et sans se préoccuper du bien et du mal elle expérimente ses visions, les rendant langages pour partager le corpus d’une réflexion anticipée ou altière, critiques parce qu’autre surgi de nos sources, distance de l’autre dont en principe on voit bien la différence au moins. Mais la pensée radicale ne peut être engagée par la pensée sociale à quelques erreurs près, sauf à ne pas ignorer que les lois tant espérées, surgies des meilleures dispositions des édifices imaginés, une fois votées peuvent se retourner étrangement en leur contraire, en toute logique exécutive ; une interprétation du mal radical du raisonnement pourrait en rendre compte, point extrême de la logique rationaliste au-delà de laquelle son sens ne peut plus être assuré sinon sa réversibilité — sa transgression — objective... Tel serait aussi le sort de l’utopie, entre édification sociale idéale imaginée pour voir plus loin, et son application vivante alors dogmatique et totalisatrice. L’utopie est une anamorphose. Au fond, c’est ce que l’écrivain Mileschi supposera implicitement dans sa déclaration de principe à propos des créateurs de pensée (voir les paragraphes suivants).

Entre les deux attitudes intellectuelles de l’impact solidaire ou distant dans la société, il y a une troisième voie débarrassée du pathétique par laquelle il nous a été donné de comprendre de quoi nous avions été — nous sommes — victimes. Ainsi la "performance" philosophique de Jacques Rancière, déconstructiviste de l’idéologie de l’étranger, qui n’était pas un discours mais un don public où le philosophe se rendait objet, par la mise en oeuvre d’une pratique martiale, le faisant entrer dans la construction de l’altérité produite par l’État, comme exécution de la loi, pour mieux en retourner la force. Rancière a choisi un voyage vivant dans la structure des mots dont les messages nous enserrent. Une intervention à la fois froide (sans affect puisqu’il s’exerçait dans la machine) et passionnée (en termes de pensée, en temps réel, de l’assujettissement dont en même temps qu’il le désignait il s’en — nous en — débarrassait par l’événement à chaque palier).

Le malentendu était si gros entre les organisateurs les intervenants le public et les roms, mais tous heureux se sachant là pour ces derniers et eux en être le centre même s’ils préféraient se tenir un peu à l’écart (les hommes absents), que l’asynchronisme des présences ensemble n’était pas important, tant ce qui comptait était la détermination et les bonnes volontés efficientes jusqu’ici et à venir, notamment la parole et l’hébergement provisoire procurés aux roms en attente de leur prise en charge par la mairie, par exemple. Des femmes et des enfants roms élevant la voix entre eux sur d’autres sujets, au fond de la salle, heureusement installaient un désordre auquel personne n’aurait osé s’opposer.

Il faut de tout et des malentendus pour faire un monde vivant ensemble. L’activité pratique de l’aide était requise par ces activistes et d’autres militants à l’origine de l’organisation de la défense privée et publique de la communauté attaquée, et avec La ligue des droits de l’homme, de la grande manifestation du 4 septembre à laquelle s’étaient joint des partis des syndicats et des associations. Et le film de Thomas Lacoste Ulysse clandestin, superbe (excepté une réserve formelle sur laquelle je m’exprimerai ensuite, peut-être), édité et distribué par La bande passante (corrélat audio-visuel des éditions du passant et du Passant ordinaire) n’allait pas manquer de recenser le meilleur du sens qui venait d’être accompli — sauf Rancière, dont la performance inédite comme d’autres interventions à la même tribune constituaient, d’après moi, l’événement critique de la journée, parce qu’il explorait radicalement la situation de l’édification du sens public, et l’exécution de sa gestion, comme une planification de l’idéologie à l’action contre-sociale sur les personnes, par l’État même. Et sans omerta sur l’idéologie intégrée de la gauche, du coup ils ouvraient le champ possible d’un changement à venir (qui n’est pas à l’ordre du jour des partis in-nommés, c’est moi qui le dis, aucun sigle sinon associatif n’ayant été cité)...

D’autant plus que l’architecture était explicitée par Jacques Rancière, tout simplement décrite dans ses étapes chronologiques et leurs renvois, d’une façon similaire de ce qui a frappé nos têtes, presque musicalement (sémiotiquement — rythmiquement, et même poétiquement pourrait-on dire du point de vue de l’expression, d’où la puissance de son intervention plus parlée qu’écrite), le rôle de l’intellectuel avait été préalablement défini par Mileschi, non par l’engagement pratique sinon celui de la pensée radicale aux extrêmes, libérée de l’engagement social pour explorer les possibilités prédictibles des situations déclarées ou informées (et là j’ai pensé qu’il s’agissait d’un coup de chapeau à Baudrillard dont les journées d’hommage suivront au musée des Arts premiers une semaine après). En fait, ce qui était l’objet en filigrane des propos était la réalisation du pire dans une mutation globale — à propos de la configuration de l’exclusion dans l’Allemagne nazi, des malades aux homosexuels aux roms puis aux juifs en même temps qu’à toutes les populations occupées résistantes — après la révélation de la pointe de l’iceberg (si l’on veut bien admettre que l’expulsion actuelle des roms révèle une toute autre situation nationale et internationale que celle à laquelle ils étaient habitués jusqu’à présent et que l’histoire que nous connaissons). Mutation ouvrable dont la loi de rétention punitive portée à 18 mois pour les immigrés reconduits aux frontières avant la consommation de leur extradition, va être votée dans les prochains jours à l’instigation de M. Besson (qui fait singulièrement penser à Doriot dans une version tranquillisée par les pharmacologies de confort, mais gardons-nous bien des comparaisons avec le passé, car le phénomène auquel nous sommes confrontés est nouveau et les armes pour le combattre doivent s’innover elles aussi, innover au-delà des deux Napoléon de l’histoire française — ni Hugo ni Marx n’en prévoyant de troisième significatif).

L’intervention de Luc Boltanski, à la table 3 (publiée dans Mediapart).

Puis la belle musique du collectif Lentement mademoiselle d’après le titre d’un thème de Django Reinhardt, dits Les romanichels, d’autant plus émouvants que leur chanteur guitariste, Marko, décéda récemment... Ils commencent par un invité aux mains brillantes, un violoniste compositeur innovant entre jazz et musique contemporaine, qui présente sa performance en expliquant qu’il a développé son art instrumental et la composition dans le cadre d’une résidence en camp tzigane, où il vécut en Macédoine (ex Yougoslavie)... suivi de deux guitaristes acoustiques amplifiés dans une tradition postmoderne dérivée du Hot Club de France... puis d’un chant par Simon, s’accompagnant à l’accordéon, avec le concours d’un autre violoniste.

(Différence entre ce témoignage d’un concert et le caractère davantage contemporain, et l’interprétation moins extériorisée, des pièces et chant entendus à La Parole errante).

Le grand concert du 18 septembre, Rock pour les Sans Papiers à Bercy, a été annoncé en expliquant le choix de rassembler les musiciens solidaires dans plus grande "salle" de France.

Bandeau à reproduire, pour le concert du 18 septembre 2010 à Paris Bercy
Cliquer sur l’image pour accéder à l’information dans le site Dazibaoueb

J’ajoute que la stratégie globale de l’État est déjà installée par des balises qui plantent des portes closes ailleurs des immigrés, c’est-à-dire non seulement l’altérité et la façon de l’attribuer arbitrairement un jour ou l’autre à tel ou tel citoyen, mais bien la loi pour détruire la société ou rendre fous tous ses membres, avec la Lopsi2 qui concerne tous les citoyens de nationalité française. Véritable Patriot act local cadrant, à l’ère de la transparence de la communication totalisée, tous les aspects concrets et virtuels actifs et transitifs de la citoyenneté collective et individuelle. De la vie chez soi et ailleurs, considérée comme l’ennemi public potentiel s’il est imprévisible par le pouvoir élu à savoir en gênant l’exécution de ses lois vouées à instruire le changement de l’ordre citoyen (l’ordre nouveau), et par conséquent anticiper les comportements de la population en les ordonnant. La façon de prévoir la trace avant que l’acte ne s’opère constitue la présomption de criminalité justifiant la loi a priori, chaque ennemi personnel de l’autre et l’autre ennemi de la république c’est-à-dire l’État — exécutif du marché — assurant de réprimer radicalement pour empêcher le citoyen d’exister, s’il ne désigne pas lui-même son propre ennemi. Tous repentis. Tel est le nouveau fonds proposé à la communauté républicaine, à l’ère de l’information identitaire du marché mondial selon les normes définies par le pouvoir en éclats recentrés... Cette loi vient d’être votée. Le pire, à travers la présomption de culpabilité institutionnelle et légale infligée aux roms et aux étrangers de nationalité française, au titre de comportements anti-républicains justifiant de les exclure, se trouve déjà étendu égalitairement à tout le monde, au titre de laquelle chaque citoyen français pourra être privé de liberté ne serait-ce qu’à être retenu en garde à vue puis surveillé (si certains ne l’étaient pas encore via leurs traces physiques et virtuelles, une simple vérification de l’identité au hasard dans la rue les réintègrera dans le système) — pour ceux qui ne se sentiraient pas encore concernés.

(Nous ne parlons pas ici sur le détail du traité en cours dit ACTA mais grosso modo, sous les questions de propriété industrielle, les négociations ce traité transformeraient en coussinet douillet l’Hadopi2 pourtant abusive des droits fondamentaux en France, et qui instruite par la Lopsi n’arrivant pas à la cheville de l’ACTA néanmoins le préparerait assez bien... Recoupant le dispositif policier de la sécurité sur la prescription des droits fondamentaux des citoyens dans certains cas, ACTA, le traité pour sécuriser les brevets du marché et on imagine peut-être selon une partition régionale convenue entre les contractants sous la pression des lobbies — le pire est imaginable sous l’angle de l’OMC, — fait sa loi du silence, l’habitude étant prise depuis les prisons du Patriot Act interdites sur le territoire américain — d’où la dernière base navale restant à Cuba pour l’affaire — mais pas à l’étranger (notamment en Europe dont la France) ; et par conséquent les négociations et partie du traité devraient rester secrètes, en dépit du socle des démocraties électorales selon lequel nul n’est censé ignorer la loi qu’il doit appliquer. Secret-défense ou diktat (pardon d’utiliser ce mot à bon escient face à la métaphore ministérielle) des lobbies du marché américain ? — Il est inouï de constater ce que "la main invisible" de Smith procura de libertés à l’ère du néo-libéralisme dans le monde devenu globalement bienveillant, les adeptes du marché appelant de tous leurs voeux la libre circulation des marchandises en tolérant les empires commerciaux des lobbies, contenant les consommateurs assignés à résidence afin qu’ils consomment forcément les produits du marché qui leur sont destinés (qui leur seront vendus), et les empêcher d’accomplir le recours pour leur subsistance par leurs propres moyens. L’autonomie sous le régime de laquelle nous avons été éduqués est regardée comme un crime aujourd’hui.

Puisque les négociations européennes sur ACTA avec les USA restent secrètes à cette demande exprès, malgré les déclarations optimistes de madame Trautman en juin, "confiante" dans la "tendance" (sic) du traité de Lisbonne que la commission et les chargés de pouvoir dussent informer le parlement sur le fond de leurs démarches et négociations, il se trouve que seule la représentante européenne suédoise — serait-elle de droite ou de gauche est sans importance — ait démissionné depuis, devant le protocole de silence équivalent à une trahison de l’information du parlement. Ce que madame Trautman a oublié c’est que l’imposture faite au suffrage universel assumée par le parlement européen, que les États dont l’État français aient passé outre le résultat du référendum censurant la constitution européenne, pour autoriser la signature du Traité de Lisbonne dont le projet commun était le même et davantage, renforcé notamment en matière de sécurité — puisqu’il n’y avait plus d’électeurs populaires à ménager ce sont principalement les réserves écrites pour les rassurer qui disparurent dans l’allègement menant au "court" traité — constituait un passage à l’acte anti-démocratique sur le fonds symbolique des démocraties électorales, qui discréditerait aux yeux de la Commission l’autorité représentative du parlement lui-même, élu au suffrage universel. Ce qui a été admis contre les référendaires, pourtant logiquement électeurs du parlement européen, est maintenant permis contre leurs élus : ne pas prendre en compte l’avis du parlement qui les représente. D’ailleurs monsieur Besson l’a dit à propos des roms, l’avis du parlement européen n’a aucune valeur, seul l’avis de la Commission compte.


Madame jeanne MOREAU à monsieur Hortefeux, envoyé par henrylombard.
(Il s’agit d’une lecture enregistrée à la fin de l’année 2008 dans le cadre de l’appel du Réseau Education Sans Frontières (RESF) — déjà cité, — après le rassemblement solidaire de la cartoucherie de Vincennes, le 7 avril 2008.
Source des dates et recension des liens : Mediapart).

Nous évoquerons tout de même encore, au cas où cela aurait un rapport — vraiment à tout hasard car nous l’ignorons, — les archives judiciaires en totalité soustraites récemment à l’accès public, cachées sous les pieds de l’impressionnante posture internationale de monsieur Alain Bauer, en garde récente des dossiers actuels et anciens (sans doute à la disposition des services de sécurité américains), depuis l’affaire de Tarnac à laquelle il présida à la gloire de madame Alliot-Marie [3], situé dans le cadre d’un service créé spécialement pour lui par le président, à l’École militaire, où la ministre des affaires étrangères américaine va faire ses discours sur la sécurité, quand elle fait un tour à Paris, pour se détendre). On sait que Hoover passa sa vie à la tête du FBI, on peut se dire contre l’adage que tant qu’il y aura de la vie il y aura peu d’espoir, à se rassurer néanmoins qu’il ne s’agisse que d’un complément de l’exécutif DCRI, concentration du renseignement sécuritaire également création du président (avant son mandat), qui pourrait répondre aux ordres du directeur de la police nationale contre toute information du procureur général, à voir l’affaire des écoutes du journal Le monde.

Contre les doubles peines et les révocations de la nationalité, à la chaude tribune sur l’engagement il a été rappelé la requête de la chanson de Régine écrite par Gainsbourg Laissez passer les Petits papiers, interprétée en "Laissez passer les Sans Papiers" (document YouTube) par les artistes même, sous les fenêtres du ministre de l’immigration et de l’identité nationale, le jour de la grande manifestation du 4 septembre (voir l’article et la photo dans Les Inrocks), à suivre.

Le cinéaste radical dans le domaine de la fiction qu’est Claude Chabrol est mort ce matin 12 septembre. Il avait 80 ans. Hommage et condoléances.

Que le théâtre de la vie et ses combats rassemblés continuent ! La pensée radicale régionale tant appréciée dans le monde au siècle dernier, et son champ collectif tant précieux à l’acte international de notre singularité loin de disparaître, en témoigne le progrès de nos lois, sont encore là ! Courage, on tourne !


En attendant de recevoir le son enregistré des actes à La Parole errante, dans les prochains jours, et de les rendre accessibles dans cet article, voici le rappel du film de Thomas Lacoste déjà publié et informé avec un texte de la part de son auteur pour expliquer le contexte et les raisons de ce film et l’information utile pour se procurer le DVD, dans La revue des ressources, le 13 juin 2010 (suivre le lien souligné).


Ulysse Clandestin un film de Thomas Lacoste, envoyé par labandepassante

P.-S.

Le point suivant n’a pas été abordé dans la manifestation recensée, mais consiste en prolongement personnel de l’information générale qui y fut recueillie.

La France paraît soudain libérer l’Europe du déni du racisme actif à propos des roms qui sévit et exclut pourtant dans différents pays, alors qu’on le prêtait principalement à la diabolique singularité italienne, où la population native d’une ville du sud en vint au lynchage des travailleurs agricoles immigrés pour le temps de la cueillette, en partie des roms et en partie des arabes. Pendant longtemps la cueillette des fruits sur le parcours des caravanes vers ou au retour de l’Espagne fut une des principales activités saisonnières des gitans en France du sud-ouest (l’exploitation agricole fruitière y est aujourd’hui en régression).

Mais on peut se dire sans se rassurer qu’il ne s’agit pas de vieux fantasmes européens actualisés. L’édifice actuel, muté, serait incomplet sans la couverture américaine.

La récurrence de la date du 11 septembre entre la prise du pouvoir par le général Pinochet au Chili sous la protection des États-Unis contre le président Allende, en 1973, qui allait donner le signal de l’événement des dictatures tortionnaires en Amérique du Sud (où des tortionnaires français de l’Algérie furent des instructeurs informés sous la présidence de Giscard d’Estaing), région du monde à proximité des USA qui fut collectivement victime des hantises de la guerre froide avec le bloc communiste... et la date de l’attentat de Ground zéro en 2001, nous saisit.
Si Burroughs n’est plus là pour confirmer son expérience sur les récurrences aléatoires des chiffres prenant des configurations accidentelles ou catastrophiques, on connait pourtant ses recherches sur le sujet, et on reste d’autant plus sceptique concernant l’attribution des véritables responsabilités derrière cette horreur, car elle a scellé l’avènement du pouvoir mondial par conséquence, sous l’autorité des USA, au nom de leur propre sécurité exigeant des réformes internationales, opportunément situées par la destruction des politiques nationalistes européennes, dans le cadre des transformations ouvertes par la réalisation de l’union communautaire économique et néo-libérale, sans armée en perspective. Virement sécuritaire instruit par une soumission incluant le projet de réintégration de la France dans l’OTAN, en vue d’y diriger la branche militaire et policière de la sécurité européenne sous la direction américaine (puisque la Commission européenne en dépend directement comme les négociations secrètes sur le projet de traité sur les brevets, ACTA, en attestent), en place de l’armée européenne indépendante, vu la puissance nucléaire française sur le sol de l’OTAN continental, ensuite.

D’ailleurs, à La parole errante, on ne pouvait pas ne pas associer l’intériorité et l’extériorité du discours, en entendant Jacques Rancière décrire le processus de la construction idéologique. En quoi elle ne consiste pas en état de fait mais comme édifice intellectuel composé et proposé directement par le pouvoir aux masses devant être moulées par cette image — et dans notre cas à l’initiative et selon la volonté du président lui-même. Aujourd’hui l’idéologie s’exécute par les media plutôt que par l’éducation publique, singularité de l’édifice maintenant composé organiquement, c’est-à-dire selon l’instrumentation ou l’élaboration de faits divers intégrés en termes de lois faussement immédiatement élaborées et exécutives pour leur répondre diligemment en temps réel, (visant à donner l’image d’un gouvernement performatif), mais dans un consensus d’opportunités attendues en regard de projets soigneusement préparés en amont, et dont la rationalité compromet la gauche en même temps que la droite, par le principe même de l’outil étatique en partage.

Tandis que Jacques Rancière était à l’acte de déconstruire à nos oreilles la fabrication progressive et la consistance actuelle de l’idéologie raciste et xénophobe qui nous frappe en France (sans prescrire le principe du système informé par Marx — à son corps défendant — dans L’idéologie allemande, ouvrage traduit en France par Gilbert Badia et Jean Baudrillard pour les Éditions sociales), elle s’avérait adaptée pour comprendre le bouc émissaire islamique construit par les USA à partir du 11 septembre 2001 et la guerre d’Irak — ou plutôt disons : les guerres qui suivirent.

De sorte que l’anti-islamisme entre autre fonctionne également en France, mais élaborant un rejet raciste au nom de l’égalité républicaine, s’opposant au costume et au mode de vie communautaires, c’est ici l’ennemi de l’étranger infiltré, menaçant la stabilité du pacte symbolique intérieur. Ce qui pourrait sembler peu éloigné de l’ennemi de l’extérieur de la révolution française selon l’historienne de l’EHESS — la problématique légitime d’exclusion du roi de la reine et des blancs "aidés" par l’étranger contre le peuple : qui le contesterait sans craindre d’être pris encore pour un royaliste ou accusé de nier l’histoire ? Sophia Coppola — a fortiori une étrangère — en a payé le prix d’un véritable boycott de son film sur Marie-Antoinette.

La société américaine des Etats-Unis, fondée par les communautés depuis le début de l’émigration, situe principalement le danger dans la guerre terroriste à l’intérieur (ou dans ses infrastructures à l’étranger), comme une attaque guerrière de l’ennemi de l’extérieur, justifiant la guerre léthale plutôt que l’exclusion comme en France, contre le terrorisme au dedans comme au dehors. Ce qui révèle la renaissance soudaine d’un racisme étendu dans la démocratie américaine, à l’occasion de la commémoration de l’attentat qui fit 3000 victimes, dans la destruction des tours les plus prestigieuses du monde. Événement de la terreur au titre duquel l’interdiction d’un lieu de culte musulman pour les citoyens représentant à leur grand dam l’ennemi de l’extérieur — le fanatisme islamique de la haine contre la civilisation occidentale dominante — parmi les autres lieux de culte, dans l’espace sanctuaire mais reconstruit de Ground zéro, paraît justifié aux yeux de ceux qui s’y opposent. Une guerre civile serait déclarée, mais abstraite, tant qu’il n’y a pas de lynchage ni même sous la forme de bavures de la police (mais il y en a), et d’autre part les Guantanamo ne sont pas clos. Révélation sociale peu surprenante sous Obama de surcroît tenu par le même moyen, du fait de la couleur de sa peau et de sa première religion, mais pour être élu et sa sécurité personnelle ayant réintégré le camp néo-libéral et nécessairement de la Défense, sans doute est-ce ce qui maintient un status quo.

Cela peut se développer avec des conséquences internationales plus préjudiciables (on ne précise pas davantage sinon nommer l’Iran — l’association du 11 septembre et du nucléaire attribués à l’ennemi de l’extérieur américain nourrissant l’imaginaire de la plus grande catastrophe, de la catastrophe finale — et en cas de guerre à l’Iran la transformation planétaire ultime attendue par la gouvernance mondiale sécuritaire du marché, aux frontières de la fédération russe et de la Chine, au nom de détruire l’ennemi de l’altérité (l’Islam), et dont on sait très bien qu’une fois la guerre commencée le nouvel état qui se poursuit c’est la guerre.

Une version française nous place sous l’emprise des femmes voilées (du nucléaire islamique, s’entend), comme l’ennemi de l’intérieur infiltré contre la république laïque — voir contre la démocratie chrétienne européenne.

En France et en Europe l’ennemi global attribué n’est pas l’ennemi public national (comme aux Etats-Unis) mais l’ennemi public international (de l’OTAN) — rappelant les arguments de l’extension de la guerre d’Afghanistan au Pakistan, quoique la catastrophe naturelle pourrait y avoir résolu le problème.

Qui n’y songe pas ?

Mais on ne peut plus imaginer que les USA ne pourraient pas avoir agi la construction idéologique jusqu’au risque extrême, dont une division civile parmi les plus graves de son histoire, car l’ennemi de l’intérieur résultant de l’ennemi de l’extérieur — où autrefois ce fut la chasse aux sorcières communistes — ne serait autre que le peuple américain de religion musulmane parmi lequel une population citoyenne native à l’étranger et la population afro-américaine native aux sources de la création de l’Union, s’étant donné une des religions africaines et composant à elle seule le tiers de la population musulmane des USA.

Un racisme qui recoupe les questions sionistes et intégristes à propos de la Palestine, aux Etats-Unis (comme en France et en Europe), mettant des citoyens au banc de leur propre société, se développe selon les lignes de force instruites par le pouvoir, où le traitement abject infligé à la population de Gaza au nom de ses dirigeants islamistes, jusqu’à arrêter le service postal et la connexion Internet, pour isoler totalement les habitants méprisables qui ont installé électoralement le mauvais pouvoir, est devenu un argument international de poursuivre de l’imposer.

Voilà, des scénarios sur la puissance concrète de l’idéologie, dans son jeu actuel du passage à l’acte abusif des consciences, aux extrêmes.


Pour mémoire

EPILOGUE

Le beau reportage photographique de Céline Gaille, parce qu’il situe le moment émouvant où l’habitat rom tenait encore la plus grande place dans la salle, avant l’afflux du public qui se densifia au fur et à mesure de la succession des tables rondes.

Dans le cortège des roms à la manifestation du 4 septembre 2010 à Paris (document YouTube).

Notes

[1Hommage au poète et dramaturge Armand Gatti et respect à Jean-Jacques Hocquart — entrepreneur culturel chevronné de la Parole errante Centre international de création, à son charisme et à son courage institutionnels ciblés sur l’intérêt collectif — étant ensemble le socle symbolique et pragmatique de La Parole errante. Respect à Stéphane Gatti et à Benoît Artaud, créateurs et auteurs, et socle audio-visuel de La parole errante. Et particulièrement hommage à Stéphane Gatti, cinéaste documentariste, animateur culturel et commissaire d’expositions, d’autre part réalisateur sur le terrain des performances collectives de La parole errante, en outre de ses réalisations personnelles.
http://la-parole-errante.org/

[2L’article de Télérama, et dans Micro Cassandre, à propos du tract poétique de Patrick Chamoiseau.

[3Avec la réforme du système judiciaire et de la garde à vue, l’actuelle Garde des sceaux parvenant au terme de deux mandats présidentiels, sous lesquels elle servit comme ministre, apporte les dernières touches à son oeuvre transformant la grille des droits, des sanctions et de la loi, modifiant les libertés et l’impact de la conscience des citoyens dans leurs comportements. Elle a coopéré avec Donald Rumsfeld, l’ayant visité à peu de temps de sa démission, et a géré la production et le marché français et européens du nouvel armement. Depuis 2002 — en dépit des contradictions qui pourraient ressortir des rapports de force entre les deux présidences — elle a potentialisé les trois ministères clé de la république liant leurs plateformes en cohérence du pouvoir renforcé aux dépens des libertés citoyennes : Défense, Intérieur, Justice.

4 Messages

  • Les roms, Jacques Rancière, La bande passante et La parole errrante 13 septembre 2010 02:03, par un montreuillois

    Quel dommage malgré tout, alors que ce rassemblement se tenait à Montreuil, que la municipalité n’ait pas été conviée à présenter et partager l’expérience qu’elle mène depuis plus de deux ans : bâtir le plus grand projet d’insertion de France dans le cadre d’une MOUS qui concerne pas moins de 350 Roms ! Cela donnait le sentiment d’un divorce entre la théorie et la pratique, les intellos parisiens hésitant une fois de plus à se frotter au cambouis du concret.

    repondre message

    • une mairie qui expulse le campement roms "marcel dufriche" pour faire place nette au salon du livre.

      Une mairie qui laisse des hommes, femmes et enfants de tout âge dormir sur le trottoir sous la pluie et dans le caniveau pendant plus de deux mois et qui finit par les virer avec un décret de dératisation.

      une mairie qui refuse d’entendre les revendications de ces personnes à savoir la scolarisation des enfants.

      une mairie qui envoie valdinguer dans une vitre un camarade et porte plainte contre lui pour violence alors que celui ci venait soutenir l’action des roms.

      une mairie qui sous prétexte de son plan MOUS ne s’occupera de la situation de 350 rroms et pas un de plus... solution individuelle prétexte à se débarrasser du "un de plus".

      une marie qui sous les feux médiatiques se gaussent de gérer "le problème" (sic) des roms face à la politique de droite.

      quelle hypocrisie !
      c’est à gerber !

      repondre message

    • Les roms, Jacques Rancière, La bande passante et La parole errrante 13 septembre 2010 13:59, par Aliette G. Certhoux

      Cher montreuillois, n’étant moi-même que la rédactrice de l’article en tant que l’un(e) des visiteur(e)s parisiens, et une toute petite intello tentant de recenser quelques traits loin d’être exhaustifs de ces tribunes de grands intellos — et la plupart à la pratique militante sur le terrain, en outre d’organiser des répliques à l’échelon régional et national, il faut quand même le dire — ce qui redouble mon problème à vos yeux, si j’ai bien compris, dois-je prendre note que je ne suis pas bienvenue à Montreuil ? Quand on sort d’une journée à propos des méfaits de la xénophobie comprenez-bien que cette pointe de rejet à la petite haine ordinaire de clocher me laisse pantoise...

      Je vous répondrai :

      Si vous lisez bien le flyer, la manifestation n’était pas organisée par La parole errante qui a simplement informé dans son site (et seulement deux jours avant) ce qui s’y passerait ce jour là et qui n’a d’ailleurs pas pris la parole sous les traits d’un quelconque de ses représentants au cours des interventions ni en tant qu’intervenant et ni même pour ouvrir ou conclure... mais manifestation était accueillie par La parole errante qui a été sollicitée par les organisateurs au double titre de la présence des roms sur le lieu-même de leur refuge, et du volume de l’espace d’accueil de la tribune et des visiteurs.

      A ma connaissance personne ayant requis de s’y exprimer n’a été interdit de le faire, donc il me surprend que vous ne vous soyez pas présenté — puisque vous apparaissez bien informé des projets de la mairie —, apprenant ce qui aurait lieu, afin de faire une information du plan prévu par la municipalité de Montreuil pour les roms, qui jusque là auraient plutôt été expulsés à renfort de police (j’imagine sur ordre du préfet ? Mais qu’avez-vous fait ? En avez-vous déjà accueilli dans une salle de la mairie ? Alors comment se fait-il qu’ils se trouvent à La parole errante ? Et en plus vous pourriez la remercier alors que vous paraissez ne pas vous intéresser à la PRATIQUE de son accueil !)

      Si ce que prépare la mairie est formidable mais qui paraît être un projet ou n’est pas achevé, comment se fait-il qu’elle ne tente pas de communiquer pas dans la Presse à ce sujet, puisque cela l’honorerait ? Il me surprend davantage que l’attaché de communication de la mairie n’ait pas jugé utile de venir l’informer sur place, d’autant plus que La parole errante ne pourra surement pas accueillir indéfiniment des hôtes dans sa salle polyvalente, devant le calendrier de ses manifestations, j’imagine, même s’il ne lui ressemblerait guère de les mettre à la porte !

      Les organisateurs sont des associations qui mènent un combat sur le terrain de l’Ile de France, vous le savez très bien, tous intellectuels seraient-ils — mais pas tous des intellectuels — et syndicalistes, et certains étant à l’origine de la grande manifestation du 4 septembre pour ce qui est de la mobilisation nationale... Alors laissez-moi exprimer un doute sur la pertinence de votre information personnelle et votre jugement, pour ne pas dire un doute sur vos bonnes intentions ici.

      Nous étions environnés de pratique, toute la tribune sur l’engagement était sur les engagements en cours sur tous les fronts et tous les intervenants aux tribunes étant des militants de la cause exprimée. Et la pratique sur le terrain régnait sur cette manifestation parmi les roms.

      La plupart des intervenants sont les plus farouches signataires et combattants contre l’identité nationale depuis cette création monstrueuse.

      A réfléchir à propos de votre commentaire, on se demande si vous êtes vous-même concerné par cette bataille cruciale dans la France d’aujourd’hui à propos de l’identité nationale et de l’immigration choisie qui a donné lieu au racisme d’État tel qu’il frappe les roms maintenant et a soulevé les vampyrs de l’Europe... Vous ne paraissez pas avoir saisi les enjeux ce qui m’inquiète d’autant plus à propos de ce qui soutiendrait vos remarques : vraiment, le clocher ?

      L’auteur de l’article — libre et indépendante.

      Voir en ligne : Pour la suppression du ministère de l’identité nationale et de l’immigration

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      • L’INTERVENTION DE JACQUES RANCIÈRE À LA PAROLE ERRANTE

        Remerciements et Lire les autres interventions de la journée "Les roms
        et qui d’autre ?"
        @ http://www.mediapart.fr/node/92825

        Je voudrais proposer quelques réflexions autour de la notion de « 
        racisme d’Etat » mise à l’ordre du jour de notre réunion. Ces
        réflexions s’opposent à une interprétation très répandue des mesures
        récemment prises par notre gouvernement, depuis la loi sur le voile
        jusqu’aux expulsions de roms. Cette interprétation y voit une attitude
        opportuniste visant à exploiter les thèmes racistes et xénophobes à
        des fins électoralistes. Cette prétendue critique reconduit ainsi la
        présupposition qui fait du racisme une passion populaire, la réaction
        apeurée et irrationnelle de couches rétrogrades de la population,
        incapables de s’adapter au nouveau monde mobile et cosmopolite. L’Etat
        est accusé de manquer à son principe en se montrant complaisant à
        l’égard de ces populations. Mais il est par là conforté dans sa
        position de représentant de la rationalité face à l’irrationalité
        populaire.

        Or cette disposition du jeu, adoptée par la critique « de gauche », est
        exactement la même au nom de laquelle la droite a mis en œuvre depuis
        une vingtaine d’années un certain nombre de lois et de décrets
        racistes. Toutes ces mesures ont été prises au nom de la même
        argumentation : il y a des problèmes de délinquances et nuisances
        diverses causés par les immigrés et les clandestins qui risquent de
        déclencher du racisme si on n’y met pas bon ordre. Il faut donc
        soumettre ces délinquances et nuisances à l’universalité de la loi
        pour qu’elles ne créent pas des troubles racistes.

        C’est un jeu qui se joue, à gauche comme à droite, depuis les lois
        Pasqua-Méhaignerie de 1993. Il consiste à opposer aux passions
        populaires la logique universaliste de l’Etat rationnel, c’est-à-dire
        à donner aux politiques racistes d’Etat un brevet d’antiracisme. Il
        serait temps de prendre l’argument à l’envers et de marquer la
        solidarité entre la « rationalité » étatique qui commande ces mesures et
        cet autre –cet adversaire complice– commode qu’elle se donne comme
        repoussoir, la passion populaire. En fait, ce n’est pas le
        gouvernement qui agit sous la pression du racisme populaire et en
        réaction aux passions dites populistes de l’extrême-droite. C’est la
        raison d’Etat qui entretient cet autre à qui il confie la gestion
        imaginaire de sa législation réelle.

        J’avais proposé, il y a une quinzaine d’années, le terme de racisme
        froid pour désigner ce processus. Le racisme auquel nous avons
        aujourd’hui affaire est un racisme à froid, une construction
        intellectuelle. C’est d’abord une création de l’Etat. On a discuté ici
        sur les rapports entre Etat de droit et Etat policier. Mais c’est la
        nature même de l’Etat que d’être un Etat policier, une institution qui
        fixe et contrôle les identités, les places et les déplacements, une
        institution en lutte permanente contre tout excédent au décompte des
        identités qu’il opère, c’est-à-dire aussi contre cet excès sur les
        logiques identitaires que constitue l’action des sujets politiques. Ce
        travail est rendu plus insistant par l’ordre économique mondial. Nos
        Etats sont de moins en moins capables de contrecarrer les effets
        destructeurs de la libre circulation des capitaux pour les communautés
        dont ils ont la charge. Ils en sont d’autant moins capables qu’ils
        n’en ont aucunement le désir. Ils se rabattent alors sur ce qui est en
        leur pouvoir, la circulation des personnes. Ils prennent comme objet
        spécifique le contrôle de cette autre circulation et comme objectif la
        sécurité des nationaux menacés par ces migrants, c’est-à-dire plus
        précisément la production et la gestion du sentiment d’insécurité.
        C’est ce travail qui devient de plus en plus leur raison d’être et le
        moyen de leur légitimation.

        De là un usage de la loi qui remplit deux fonctions essentielles : une
        fonction idéologique qui est de donner constamment figure au sujet qui
        menace la sécurité ; et une fonction pratique qui est de réaménager
        continuellement la frontière entre le dedans et le dehors, de créer
        constamment des identités flottantes, susceptibles de faire tomber
        dehors ceux qui étaient dedans. Légiférer sur l’immigration, cela a
        d’abord voulu dire créer une catégorie de sous-Français, faire tomber
        dans la catégorie flottante d’immigrés des gens qui étaient nés sur
        sol français de parents nés français. Légiférer sur l’immigration
        clandestine, cela a voulu dire faire tomber dans la catégorie des
        clandestins des « immigrés »légaux. C’est encore la même logique qui a
        commandé l’usage récent de la notion de « Français d’origine
        étrangère ». Et c’est cette même logique qui vise aujourd’hui les roms,
        en créant, contre le principe même de libre circulation dans l’espace
        européen, une catégorie d’Européens qui ne sont pas vraiment
        Européens, de même qu’il y a des Français qui ne sont pas vraiment
        Français. Pour créer ces identités en suspens l’Etat ne s’embarrasse
        pas de contradictions comme on l’a vu par ses mesures concernant les
        « immigrés ». D’un côté, il crée des lois discriminatoires et des formes
        de stigmatisation fondées sur l’idée de l’universalité citoyenne et
        de l’égalité devant la loi. Sont alors sanctionnés et/ou stigmatisés
        ceux dont les pratiques s’opposent à l’égalité et à l’universalité
        citoyenne. Mais d’un autre côté, il crée au sein de cette citoyenneté
        semblable pour tous des discriminations comme celle qui distingue les
        Français « d’origine étrangère ». Donc d’un côté tous les Français sont
        pareils et gare à ceux qui ne le sont pas, de l’autre tous ne sont pas
        pareils et gare à ceux qui l’oublient !

        Le racisme d’aujourd’hui est donc d’abord une logique étatique et non
        une passion populaire. Et cette logique d’Etat est soutenue au premier
        chef non par on ne sait quels groupes sociaux arriérés mais par une
        bonne partie de l’élite intellectuelle. Les dernières campagnes
        racistes ne sont pas du tout le fait de l’extrême-droite dite
        « populiste ». Elles ont été conduites par une intelligentsia qui se
        revendique comme intelligentsia de gauche, républicaine et laïque. La
        discrimination n’est plus fondée sur des arguments sur les races
        supérieures et inférieures. Elle s’argumente au nom de la lutte contre
        le « communautarisme », de l’universalité de la loi et de l’égalité de
        tous les citoyens au regard de la loi et de l’égalité des sexes. Là
        encore, on ne s’embarrasse pas trop de contradictions ; ces arguments
        sont le fait de gens qui font par ailleurs assez peu de cas de
        l’égalité et du féminisme. De fait, l’argumentation a surtout pour
        effet de créer l’amalgame requis pour identifier l’indésirable : ainsi
        l’amalgame entre migrant, immigré, arriéré, islamiste, machiste et
        terroriste. Le recours à l’universalité est en fait opéré au profit de
        son contraire : l’établissement d’un pouvoir étatique discrétionnaire
        de décider qui appartient ou n’appartient pas à la classe de ceux qui
        ont le droit d’être ici, le pouvoir, en bref, de conférer et de
        supprimer des identités. Ce pouvoir a son corrélat : le pouvoir
        d’obliger les individus à être à tout moment identifiables, à se tenir
        dans un espace de visibilité intégrale au regard de l’Etat. Il vaut la
        peine, de ce point de vue, de revenir sur la solution trouvée par le
        gouvernement au problème juridique posé par l’interdiction de la
        burqa. C’était, on l’a vu, difficile de faire une loi visant
        spécifiquement quelques centaines de personnes d’une religion
        déterminée. Le gouvernement a trouvé la solution : une loi portant
        interdiction en général de couvrir son visage dans l’espace public,
        une loi qui vise en même temps la femme porteuse du voile intégral et
        le manifestant porteur d’un masque ou d’un foulard. Le foulard devient
        ainsi l’emblème commun du musulman arriéré et de l’agitateur
        terroriste. Cette solution-là, adoptée, comme pas mal de mesures sur
        l’immigration, avec la bienveillante abstention de la « gauche », c’est
        la pensée « républicaine » qui en a donné la formule. Qu’on se souvienne
        des diatribes furieuses de novembre 2005 contre ces jeunes masqués et
        encapuchonnés qui agissaient nuitamment. Qu’on se souvienne aussi du
        point de départ de l’affaire Redeker, le professeur de philosophie
        menacé par une « fatwa » islamique. Le point de départ de la furieuse
        diatribe antimusulmane de Robert Redeker était... l’interdiction du
        string à Paris-Plage. Dans cette interdiction édictée par la mairie de
        Paris, il décelait une mesure de complaisance envers l’islamisme,
        envers une religion dont le potentiel de haine et de violence était
        déjà manifesté dans l’interdiction d’être nu en public. Les beaux
        discours sur la laïcité et l’universalité républicaine se ramènent en
        définitive à ce principe qu’il convient d’être entièrement visible
        dans l’espace public, qu’il soit pavé ou plage.

        Je conclus : beaucoup d’énergie a été dépensée contre une certaine
        figure du racisme –celle qu’a incarnée le Front National– et une
        certaine idée de ce racisme comme expression des « petits blancs »
        représentant les couches arriérées de la société. Une bonne part de
        cette énergie a été récupérée pour construire la légitimité d’une
        nouvelle forme de racisme : racisme d’Etat et racisme intellectuel « de
        gauche ». Il serait peut-être temps de réorienter la pensée et le
        combat contre une théorie et une pratique de stigmatisation, de
        précarisation et d’exclusion qui constituent aujourd’hui un racisme
        d’en-haut : une logique d’Etat et une passion de l’intelligentsia.

        Jacques Rancière, 11 septembre 2010

        Voir en ligne : Le conducteur de l’intervention de Jacques Rancière

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