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16 février 2004, par Rodolphe Christin
Un écureuil
harcelé par trois pies
Deux bottes
aux semelles de terre,
un manteau de pluie
Nos abris dans les arbres
le ciel, la terre
tous les bruits de la vie
Dernières lueurs. La nuit tombante emplit la forêt de signes furtifs. Assis sur une pierre couverte de mousse, je me souviens du mystère que l’enfant éprouve à l’orée du bois. De cette légère crainte, excitante (…)
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21 janvier 2011, par Rodolphe Christin
FORET 0
Le feu craquait, nourri de résines gluantes. Ses doigts en portaient la trace indélébile depuis qu’il vivait dehors.
Elle se tenait accroupie près du brasier, elle aussi. Elle venait d’ajuster une perche, appuyée sur un galet emprunté à la berge, son extrémité glissée sous une autre roche servait de contrepoids. A l’autre extrémité, une bouilloire noire de suie, le cul dans les (…)
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18 janvier 2011, par Juliette Gheerbrant,
Rodolphe Christin
Rodolphe Christin est sociologue, chercheur indépendant, voyageur et... écrivain. Ses livres montrent comment la rencontre de l’Autre, et de la nature pourvu qu’elle soit préservée, permet à l’homme de se construire librement. Au fil de ses explorations, dans les forêts de sa région comme dans ses voyages en terres lointaines, il constate la planification systématique de la planète et de ses (…)
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13 mars 2010, par Rodolphe Christin
Simone Dumenclin, il faut le dire, se félicitait de n’avoir pas demandé le divorce et d’avoir conservé son statut. Divorcer, elle y avait déjà songé à plusieurs reprises, mais ne l’avait jamais avoué à quiconque. Elle était donc, d’une certaine façon, bénéficiaire par alliance des chaudières et des bois Dumenclin s’il arrivait quelque chose à son mari. Avec le temps, les qualités de celui-ci (…)
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29 mai 2010, par Rodolphe Christin
La flamme d’une bougie luisait depuis quelques minutes à travers la fenêtre du refuge. Grazziella et Tob’ étaient réveillés. Mathilde regarda sa montre, il était trois heures trente. Elle réveilla Hector, entortillé dans son sac de couchage. Seule émergeait une partie de son crâne, lisse comme un galet rose. Les deux lascars n’étaient finalement pas si légers que ça, estima Hector avec une (…)
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1er février 2007, par Rodolphe Christin
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L’étrangeté créatrice
Les écrivains content le monde et essaient, à leur manière, armés de leur sensibilité, de nous l’exposer dans son épaisseur, avec finesse quelquefois. Peut-être est-ce le propre de la littérature que de cheminer entre le singulier et l’universel ? Je veux parler de la singularité de l’auteur, de son pouvoir de mise en scène des thèmes qu’il s’approprie la plume à (…)
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3 avril 2010, par Rodolphe Christin
Hector Dumenclin détaillait vainement, avec désespoir, ces montagnes livides de brouillard qui s’étendaient autour de lui. Les yeux libérés, il restait incapable d’identifier l’endroit où il se trouvait. C’était bien évidemment l’intention de ses ravisseurs, qui se garderaient bien de lui donner le détail des lieux s’il avait la naïveté de leur poser la question. Le Pic de l’Etincelle et le (…)
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23 janvier 2010, par Rodolphe Christin
Trois.
Pour certains Mathilde s’appelait Clara. Pour d’autres Mathilde convenait mieux. Clara était cette femme remarquable et sexy sur laquelle les hommes se retournaient. Elle jouait de l’atout de sa beauté ; depuis qu’elle était veuve elle n’hésitait plus à la mettre en valeur. Son vrai nom était Mathilde, il couronnait sa personnalité mais celui-ci ne lui rapportait rien. Mathilde était (…)
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6 septembre 2009, par Rodolphe Christin
Tout commence par le paradoxe de l’étendue désertique qui sans toi, qui que tu sois, ne parlerait jamais à personne car le désert est par endroits la matière première de sa formulation en signes de quoi ? - en signes de vie comme la brindille poussée de travers sur le sable en dessins pentus et obliques
Un itinéraire, le pas, le verbe, l’écriture et l’empreinte, traces, on suit sur (…)
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17 avril 2010, par Rodolphe Christin
Comme prévu, le six juin arriva le lendemain du cinq juin. Les jours précédents avaient été suffisamment sombres pour que ce maudit anniversaire ne soit ni un jour de joie, ni un jour de gloire.
Dehors le ciel était gris, traversé de quelques nuages noirs boursouflés par les excès, venus de l’est et lourds d’une pluie qui tomberait plus tard. L’intérieur de la cabane était obscur. Les (…)