La Revue des Ressources
Accueil > Champ critique > Interventions > Israël vs Palestine : Demande urgente de libération de Ahmad Qatamesh par (...)

Israël vs Palestine : Demande urgente de libération de Ahmad Qatamesh par Amnesty International 

vendredi 26 avril 2013, par Amnesty International (rédaction de l’actualité), Louise Desrenards (traduction)


« Ahmed Qatamesh est un prisonnier de conscience retenu seulement pour avoir exprimé des convictions politiques non violentes. » Ann Harrison d’Amnesty International [1].



L’extension de peine infligée à l’universitaire palestinien doit être suspendue

Amnesty International exhorte aujourd’hui Israël à devoir libérer un militant palestinien détenu depuis deux ans sans inculpation, après que sa détention administrative vienne d’être prolongée pour la sixième fois sans justification.

Ahmed Qatamesh [2] , un universitaire de 63 ans dont Amnesty International estime qu’il est détenu pour décourager les activités politiques d’autres militants de la gauche palestinienne, a appris hier qu’il serait maintenu en prison pendant au moins quatre mois au-delà du 29 Avril.

« Ahmed Qatamesh est un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé des convictions politiques non violentes », a déclaré Ann Harrison d’Amnesty International, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient.

« il doit être libéré immédiatement et sans condition, car son maintien en détention est arbitraire. »

Ahmad Qatamesh est l’un des quelques 160 Palestiniens actuellement détenus par Israël sous des ordonnances de détention administrative.

Celles-ci permettent une détention indéfinie sur la base d’une preuve secrète que l’accusation militaire refuse de transmettre aux détenus et à leurs avocats et qui dénie aux détenus le droit de base de leur défense.

« La disposition de la cruauté de la détention administrative consiste en ce que les détenus et leurs familles vivent dans une situation d’incertitude constante. Au terme de chaque ordonnance les espoirs se lèvent puis remis à une nouvelle ordonnance il s’anéantissent », a déclaré Ann Harrison.

Cette semaine, l’épouse d’Ahmad Qatamesh, membre du conseil d’administration de l’ONG locale Addameer, a dit auprès d’Amnesty International que « si son mari avait été condamné à trois ans de prison cela aurait été plus facile à vivre pour leur famille ».

Ahmad Qatamesh est un écrivain politique qui s’est engagé sur la solution d’un seul État [3], pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Depuis son arrestation il n’a pas été inculpé ni jugé, Il n’y a donc aucune raison apparente de le retenir.

Le calvaire de Ahmad Qatamesh a commencé quand il fut arrêté par les forces de sécurité israéliennes le 21 Avril 2011 dans la maison de son frère à Ramallah.

Sa fille a dit que les forces de sécurité ayant échoué à le trouver l’avaient forcée à main armée à lui téléphoner.

Depuis lors, Qatamesh a été interrogé en tout et pour tout dix minutes par l’Agence israélienne de sécurité (AIS).

Ils affirment qu’il est un membre de l’aile politique du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) [4] et constitue une menace pour la sécurité.

Il dit que depuis 14 ans il n’a pas été impliqué avec FPLP, en aurait-il été un partisan politique et intellectuel dans les années 1990.

« Maintenant je suis en état d’arrestation sans savoir pourquoi », a-t-il dit en Juin 2011.

Si selon la Convention de Genèveq qui le stipule les citoyens sous occupation sont détenus dans le territoire occupé, pourtant les Palestiniens de Cisjordanie occupée font face à des obstacles énormes pour obtenir un permis de visite à leurs parents détenus.

L’épouse d’Ahmad Qatamesh dit qu’il a souffert de maux non diagnostiqués provoquant de nausées et de malaises — mais la demande de son mari pour voir un médecin indépendant a été rejetée par les autorités pénitentiaires.

« Le gouvernement israélien doit cesser de recourir à la détention administrative et libérer tous ces détenus à moins qu’ils ne soient accusés sans délai de délits internationalement reconnus et jugés conformément aux normes internationales des procès équitables. » dit Ann Harrison.

Dans les années 1990, Ahmad Qatamesh avait été détenu sans inculpation pendant plus de cinq ans. Après sa libération en 1998, il avait écrit sur ses expériences — notamment d’avoir été soumis à la torture — dans un livre intitulé « Je ne porterai pas votre casquette » (titre original : I Shall Not Wear Your Tarboosh — tarboosh désigne la coiffure masculine au nom plus largement partagé en plusieurs langues : « fez »).

Source Amnesty International, le 25 Avril 2013.


La publication en français légèrement différente parue peu après la nôtre le même jour (la datation au 25 avril reprend celle du document original anglophone publié la veille), informe dans le site d’Amnesty International France les propositions concrètes pour agir en France même. L’action internationale proposée dans le site Addameer, dont nous joignons le document anglophone en pdf, ci-dessous, est également possible.


Pour la libération de Ahmad Qatamesh
Call and warning
to Free
Ahmad Qatamish
Appel et consignes dans le site officiel
pour la défense des prisonniers palestiniens
addameer

P.-S.

- En logo, portrait photographique © privé, de Ahmad Qatamesh — arrêté par les forces de sécurité israéliennes en avril 2011. (document accompagnant l’article original dans le site de Amnesty International).

- Une recension, rédigée en 2001 par Haidar Eid, de l’ouvrage de Ahmad Qatamesh Reformuler l’alternative : Carnet des prisons palestiniennes — écrit en 1994 pendant la première détention de l’auteur, — a été traduite en français par Olivier Surel et publiée au début de l’année 2002 dans criticalsecret, où elle est toujours accessible. (Original version : Reformulating the Alternative) — lire de gauche à droite en empruntant le curseur en bas de la fenêtre.

Notes

[1Ann Harrison est la Directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

[2Ahmad Qatamesh est né à Bethleem en 1950 d’une famille réfugiée, expropriée du village de Al-Malihah, près de Jerusalem, pendant la Naqba. Il réside à Ramallah, où il a suivi des études et obtenu un diplôme en littérature arabe grâce au programme d’enseignement du centre exécutif des Nations Unies (« UNRWA-run centre ») de Ramallah, puis il a acquis un master et un PHD en sciences politiques dans le cadre des études supérieures assurées à distance par l’université néerlandaise. Accusé d’être un penseur militant particulièrement dangereux, il a été arrêté une première fois en 1992 d’une façon particulièrement violente en présence de sa fille alors âgée de de 3 ans, puis il fut torturé et maltraité pendant cent jours (expérience dont une fois sorti, en 1998, il fera le récit dans son livre « Je ne porterai pas votre fez » — traduction littérale du titre original en anglais, mais l’ouvrage n’a pas été traduit en français) ; aucun chef d’inculpation n’ayant pu lui être attribué pour autant, sans procès il fut maintenu en détention administrative, détention arbitraire remontant aux cas d’urgence sous le mandat britannique, ne donnant pas la possibilité de recourir au service d’un avocat le dossier restant secret, et dans laquelle il fut maintenu au long de 6 ans, par l’enchaînement d’un système de reconductions arbitraires ; finalement il fut libéré grâce à la pression des organisations des droits humains internationales et israéliennes. C’est prisonnier qu’il écrivit et publia son livre « Reformuler l’alternative » (traduction littérale du titre original en anglais, mais l’ouvrage n’a pas été traduit en français), carnets de prison inspiré par ceux de Gramsci, et critiquant les accords d’Oslo (1993), notamment le manque d’autonomie par rapport à Israël dans le processus progressif d’une nation palestinienne, ce qui aujourd’hui pourrait être considéré comme visionnaire de la catastrophe annoncée par les conditions impossibles de ce plan dès lors éprouvées. Depuis 2010 il était responsable d’un enseignement dans le département des sciences humaines de l’université palestinienne d’Al-Quds.
Tôt le matin du 21 avril 2011 le Dr Qatamesh qui se trouvait chez son frère à Al-Bireh fut de nouveau arrêté par une équipe nourrie de soldats et d’agents des services secrets, après qu’une heure avant ils aient séquestré à son domicile à Ramallah sa fille de 22 ans avec deux autres femmes de leur famille, ainsi qu’un enfant de 14 ans, pour le forcer par téléphone à dire où il se trouvait et à se rendre.
Depuis, il est maintenu dans les mêmes conditions de détention administrative sans objet d’inculpation, à chaque terme reconduite, ce qui traduit bien le cas d’internement arbitraire contre sa conscience.
Son épouse Suha Barghouti est membre du conseil d’administration de Addameer, l’organisation de soutien aux prisonniers palestiniens, et membre du Croissant rouge palestinien, ainsi que membre du comité de pilotage du réseau des ONG palestiniennes (PNGO) ; leur fille de 22 ans étudie à l’université américaine du Caire, elle se trouvait en courtes vacances chez ses parents.
Le Dr. Mustafa Barghouti membre du Conseil Palestinien considère Ahmad Qatamesh comme un « excellent écrivain, chercheur dévoué dans les principes et les droits humains, préconisant la lutte pour la liberté et le respect des droits fondamentaux », considérant l’arrestation, il a déclaré s’agir d’« une tentative éhontée de le museler par une attaque injustifiée contre sa liberté d’expression ».
La vice-présidente des ONG de la plateforme Euromed, Gerarda Ventura, a exprimé la profonde solidarité de la société civile européenne avec les palestiniens tel Qatamesh, qu’elle a qualifié comme « l’une des personnes intellectuelles les plus sensibles que j’aie jamais rencontré », dans le combat civil pour « la liberté, la justice, et la paix ». (D’après la source biographique de A. Qatamesh dans le site cosmos.ucc.ie).

[3Les deux solutions qui restent possibles au vu de l’extension des colonies qui ne s’arrête pas, seraient celles d’un seul État bi-national son droit restant marqué par les deux principales ethnies religieuses, ou d’un seul État démocratique laïque pour tous, majorités et minorités religieuses et ethniques et genres tous égaux en droits, qui est le choix des palestiniens et israéliens marxistes et non marxistes les plus solidaires de l’activisme au fait de la recherche des solutions durables. Pour information voir le site : The One Democratic State Group :

« À notre sujet : VERS UN ÉTAT DÉMOCRATIQUE LAÏQUE.
Nous sommes un groupe diversifié d’activistes palestiniens de différentes provenances, qui nous sommes rassemblés pour promouvoir une paix juste au Moyen-Orient. Nous croyons que la solution à un seul État est la seule option viable pour garantir une paix globale [durable] au Moyen-Orient. La mise en place d’un État démocratique et laïque sur la Palestine historique pour tous ses citoyens sans distinction de religion, de race ou de sexe — après le retour des réfugiés palestiniens — est la solution au conflit du Moyen-Orient. Notre slogan est explicite : « Vers un État démocratique laïque ».
Nous sommes également actifs dans la campagne à l’initiative de la Palestine « Boycott, Désinvestissement et Sanctions » (BDS) contre Israël. Ces mesures, similaires à celles appliquées à l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, sont nécessaires pour mettre un terme à la politique ethnocide [génocidaire] d’Israël envers les Palestiniens, tant en Israël que dans les Territoires occupés. Nous croyons que ces mesures non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce que l’apartheid israélien reconnaisse le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement d’un État démocratique sur la Palestine mandataire, un État pour TOUS ses citoyens. »

“ About us : TOWARDS A SECULAR DEMOCRATIC STATE
We are a diverse group of Palestinian activists, from various backgrounds, who have come together to further peace with justice in the Middle East. We believe that the One State Solution is the only viable option that guarantees comprehensive peace in the Middle East. The establishment of a Secular Democratic State on historic Palestine for all of its citizens regardless of religion, race, or sex—after the return of Palestinian refugees—IS the solution to the Middle East conflict.
Our slogan is self explanatory : “Towards a Secular Democratic State” .
We are also active in the Palestine-initiated campaign of Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) against Israel. These measures, similar to those applied to South Africa during the apartheid era, are necessary to bring an end to Israel’s genocidal policies towards Palestinians both within Israel and throughout the Occupied Territories. We believe that these non-violent measures should be maintained until Apartheid Israel recognizes the Palestinian people’s inalienable right to self-determination and the establishment of a democratic state on Mandatory Palestine ; "a state for ALL of its citizens.”

[4Front populaire de libération de la Palestine, — FPLP — (fr.wikipedia).

© la revue des ressources : Sauf mention particulière | SPIP | Contact | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | La Revue des Ressources sur facebook & twitter