La Revue des Ressources

Bienvenue à Sakassou 

samedi 6 août 2011, par Robin Hunzinger

"De fil en aiguille, et à mesure que je m’accoutumais à ce milieu nouveau, je cessai de regarder les Africains sous l’angle de l’exotisme, finissant par être plus attentif à ce qui les rapprochait des hommes des autres pays qu’aux traits culturels plus ou moins pittoresques qui les en différenciaient. "

Michel Leiris, L’Afrique fantôme

Après 4 jours de voyage, on se pose enfin. On habite dans une petite maison du quartier Dioula de la bourgade.

Sakassou, bien que sous-préfecture est avant tout un grand village.

Face à la maison trône un vieux manguier sous lequel nous pouvons éviter le soleil. A côté on trouve la cour où les enfants jouent. Au fond de la cour la cuisine avec son double foyer en terre.

Ici, les ravages que la civilisation occidentale produit sur les différentes cultures avec lesquelles elle rentre en contact semblent moins importants qu’ailleurs. Penser à Michel Leiris qui a mis deux ans pour achever son détachement des préjugés et des valeurs de l’Europe, et sa pénétration des vérités africaines.

L’Afrique détient-elle vraiment le secret d’"une présence au concret et à la succulence immédiate de la vie " ? : capacité de contact avec les choses, de fusion avec la nature, capacité d’écoute et de sérénité...

C’est le moment de regarder, d’écouter, de filmer, d’enregistrer.

Justement tout le monde se regarde. La voiture nous a déposés devant la maison. Le père d’Aya pleure en silence. Les femmes sont assises avec nous sauf Florence la petite soeur qui sera en retrait durant tout le voyage, contrairement à Béa qui très vite plaisante avec la soeur prodigue tout en me regardant de loin. Les enfants ne s’approchent pas encore. Ils nous toisent tous, assis ensemble, avec derrière eux les autres petits du quartier.

Je commence à réfléchir plus profondément au film que je veux faire ici.... Prendre mes premières notes, plus sur le voyage que sur le film lui-même. Ne pas être un touriste, encore moins un spectateur et un dilettante.

Sakassou
Sakassou
Sakassou

1 Message

  • Bienvenue à Sakassou 14 août 2011 13:52, par Le Margouillat

    J’ai écrit, j’avais commencé. Je lis encore ; je lisais beaucoup, vite, intégralement et de tout.
    Arrivé enfin en Côte d’Ivoire sur les traces de mon grand-père, chez mes oncles que je connaissais mal ; je ne me suis pas senti à l’étranger, juste arrivé au pays des histoires de mon enfance. Des histoires qui allaient se concrétiser au fil du temps, mais cela je ne le savais pas encore. Je ne savais pas que j’étais au pays de la parole.
    Intégré de plein pied au milieu de la société ivoirienne de l’intérieur entre villages, plantations, petites villes, Abidjan ; j’en finis par ne plus distinguer la ou les couleurs de mes interlocuteurs. Il m’est arrivé de devoir faire un effort de mémoire pour me souvenir si un tel ou une telle était blanc ou noire. A ce moment là je commençai à ne plus avoir le goût de l’écriture.

    Voir en ligne : Abolit bibelot d’inanité sonore

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