La Revue des Ressources
Accueil > Création > Poésie > Dans les jardins de Nîmes (ou dans les plis de ma jupe)

Dans les jardins de Nîmes (ou dans les plis de ma jupe) 

traduit du brésilien par Márcia Marques Rambourg

jeudi 2 octobre 2014, par Solange Rebuzzi

un arbre a quatre champs
le vide du poète
le vent des cloches
les s(s) et les n(s) doublés
des courants et des ailes
de mots à être dits ;
un pétale dans les cieux oubliés des voyelles ?

Dominique Fourcade a lu des vers
au Centre Georges Pompidou

— des poèmes écrits à partir d’une photographie :
un Américain et un Iraquien

(j’ai appris que Juan Miró a peint
des tableaux à partir de poèmes)

quelques vers sont écrits
pour être lus sans pagination ni temps
sont écrits pendant que les sables et les vents se meuvent
les bruits de la rue envahissent les passages

des voix (en dehors du poème ?)

l’écran de l’ordinateur, c’est de l’eau
nous a dit le poète Armando Freitas Filho

je respire

que savons-nous des bruits du monde
et du silence ?
quel est le temps du poème
de la vague
de la glotte ?

les muscles de la face
dans le mouvement des paupières
immergent dans la nuit
(longue nuit d’été)

je cherche le poème
je cherche des bruissements
s(s) de vibrations
après de nombreux cafés

les yeux entourent des tons vermeils de Cícero Dias
à la Maison de l’Amérique Latine
des pas
observent ce monde
le désert de solitude s’installe

la parole recueille des textures
le vide se calme par moments :

Maurice m’a écrit
Daisy aussi
(les s(s) des syllabes
qui accrochent la lettre
i)

Dominique Fourcade a souligné :

— « si j’entends le silence je dois écrire ce bruit »

dans les plis de ma jupe
les broderies se prononcent
noires
les jambes supplient le poème
le corps tout entier demande

des roses, des roses
et, des magnólias
ensuite je préfère toujours

le corps de la parole
(j’oublie les pieds enflés
dans les sandales ouvertes)

flash : parmi les urines
sur les pierres chaudes
des ombres
des noms sur les escaliers
je mets les pieds dans l’espace
des odeurs
sur les Jardins de la Fontaine

le bleu s’installe sur la table
où j’écris
avant fut le marron
le bois vivant
sous le soleil

l’abricot : une saveur sucrée

— arbre robuste —
il trouve sa place
sur des sols calcaires
arrive au doré ou au rouge rubis
sans pudeur :
sels minéraux, fer
calcium magnesium

il reste à insister
sur la peau du mot
sur la pulpe du mot
(voyelles et consonnes)

une vague quasi immobile
fait l’écume
un incompréhensible
s’inscrit sur les lèvres
dans la tension de la presse

P.-S.

Extrait de Outonos [montagem incompleta], Rio de Janeiro, 7 Letras 2014.

NT. : Les vers et les noms propres sont en italique dans le poème original, puisqu’il s’agit d’une langue étrangère. Je les ai préservés tels quels ici.

Photographie de Sasha Kurmaz.

© la revue des ressources : Sauf mention particulière | SPIP | Contact | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | La Revue des Ressources sur facebook & twitter