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Vernissage de l’exposition photos de Milomir Kovacevic, samedi 4 mai de 16 h 30 à 19 H 30. (Paris)

lundi 29 avril 2013 (Date de rédaction antérieure : 19 août 2017).

A l’occasion du Vernissage de l’exposition des photos de
Milomir Kovacevic

" Petits soldats. Sarajevo,1992/1995 "

La Librairie Comme un Roman & L’Association Paris-Sarajevo / Centre André Malraux de Sarajevo vous invitent à rencontrer le photographe qui dédicacera son livre,

"Sarajevo, ma ville, mon destin. " Ed Actes Sud, coll. Photo poche

Samedi 4 mai de 16 h 30 à 19 H 30.

Signature avec rakija et mezzes.

A propos de l’Exposition "LES PETITS SOLDATS, Sarajevo,1992/1995 "

"Blessés et parfois même assassinés, privés de nourriture et d’enfance, confrontés à une réalité qui dépasse leur compréhension, les plus grandes victimes de guerre sont toujours les enfants. Malgré les difficiles conditions dans lesquels les enfants de Sarajevo ont vécu pendant la guerre, ils ont toujours su jouer et s’amuser devant la vie. Leurs héros n’étaient plus les personnages de dessins animés ou de films de cow-boys et d’Indiens, leurs héros étaient maintenant leurs pères, grands frères, voisins qui partaient sur les lignes de front monter la garde ou des héros locaux. Les fusils et les pistolets étaient faits en bois, les grenades déjà utilisées faisaient l’affaire, mais pour les besoins de cette série de photos ils prenaient souvent les vraies armes de leurs parents. Ils faisaient eux-mêmes les gilets pare-balles en carton et les fusils en tubes d’acier, montaient la garde, fabriquaient des cachettes, uniformes, accréditations sur lesquelles parfois on pouvait lire « La police des enfants ». Souvent et de façon à la fois innocente et naïve, ils imitaient ainsi les grands ; c’était leur façon de se protéger et de se sentir en sécurité. Ces photos ont été prises aux mêmes endroits que celles avec les pionniers, et il était intéressant de se rendre compte à quel point les conditions de vie, l’idéologie ambiante et le décor de tous les jours avaient changé en seulement trois ans. D’un côté, il y avait les pionniers qui croyaient en quelque chose qui était destiné à disparaître, de l’autre les enfants de la guerre, aussi innocents que les premiers, participant à l’avènement d’un autre monde, à la fois victimes mais peut-être aussi les futurs défendeurs de nouvelles idées."
Milomir Kovacevic, dit Strasni .

A propos de Milomir Kovacevic, dit Strasni

Né à Cajnicˇe (ex-Yougoslavie) en 1961, Milomir Kovacˇevic´ fait ses débuts de photographe dès l’âge de 17 ans au Club universitaire de photographie (CEDUS) à Sarajevo. En 1986, il devient membre de l’Association des journalistes professionnels et, en 1989, de l’Association des artistes, section photographie.
Dès le début de sa carrière, Kovacˇevic´ se consacre principalement à saisir des images de la vie de la rue et à restituer le climat des événements culturels à Sarajevo. Il est en quelque sorte le chroniqueur visuel de la ville des années 1980. Photographe de presse pour différentes revues locales, il ne sera jamais un journaliste à la recherche d’images sensationnelles « de courte durée ». Au contraire, les photographies que Kovacˇevic´ réalise quelques années avant la guerre témoignent du véritable intérêt qu’il porte aux sujets tabous du système de l’époque : la vie dans les prisons, l’atmosphère d’un lieu de pèlerinage comme Medjugorje, symbole du retour en force de la religion dans les contrées yougoslaves. Au début des années 1990, Kovacˇevic´ témoigne, à travers ses photographies, des profondes transformations de société à l’œuvre dans le pays. Deux séries de photographies voient le jour : l’une est consacrée aux graffitis de Sarajevo, l’autre aux campagnes d’affichage des principaux partis politiques pour les premières élections « libres » en Bosnie-Herzégovine. Photographe éclectique, Kovacˇevic´ photographie aussi bien tout ce qui touche à la vie politique de l’époque (assemblées générales des trois partis nationalistes, rencontres entre leurs leaders, réunions parlementaires, manifestations pour la paix, prisons) que les supporters de foot, les concerts, le théâtre, le marché aux puces…
1992 rend la ville de Sarajevo tristement célèbre à travers le monde. Le travail de Milomir Kovacˇevic´ suit de près les événements. Mais qu’il soit un habitant de Sarajevo, proche de ses habitants, fait que son regard sur la guerre est un regard radicalement différent de celui des photographes étrangers.
Entre 1992 et 1995, il réalise plusieurs séries de photographies : portraits de Tito brisés, empoussiérés, éclaboussés de sang ; monuments et édifices touchés par la guerre ; pierres tombales des cimetières de Sarajevo ; NN - morts anonymes de la guerre ; quotidien des habitants de Sarajevo au temps de la guerre. La plupart de ces photographies sont exposées en 1993 et en 1994 dans les galeries de Sarajevo assiégé. Pour s’y rendre, il faut traverser le pont des snipers, et pourtant, les expositions de Kovacˇevic´ comptent parmi les événements culturels les plus fréquentés de Sarajevo. À ce propos, l’auteur dit : « Quand vous voyez que les gens sont prêts à risquer leur vie pour venir voir vos photographies, ça donne une incroyable force pour continuer. »
En 1995, après avoir pris, en trois ans, près de trente mille photographies dans Sarajevo en guerre, Milomir Kovacˇevic´ arrive à Paris où il poursuit son travail de photographe et participe à de nombreuses expositions.
Il réalise d’importantes séries de portraits : étudiants originaires d’ex-Yougoslavie, tous boursiers de la Fondation Soros (1996), habitants de la ville de Thonon-les-Bains (« Vue d’ici » en 1998), habitants du foyer ALAP à Rumilly (« Mes amis de Rumilly »), habitants du village Serro de Leone au Mexique (2000), Saint- Pétersbourg (2004, 2006).
Lauréat en 1998 de la Fondation CCF pour la Photographie qui présente, pour la première fois, sous forme d’un ouvrage monographique, son travail sur la vie dans les prisons yougoslaves, il expose les années suivantes à travers la France mais aussi à l’étranger, notamment au New York International Center of Photography.
Sans être photographe de guerre, Kovacˇevic´ est, malgré lui, un photographe engagé. En 2001, invité du « Centre pour la décontamination culturelle », il est le premier à exposer ses photographies de Sarajevo 1992-1995 à Belgrade.
À Paris, deux séries de photographies voient le jour : la première, intitulée « Les saints innocents », a principalement pour thème les cimetières de Paris. La technique du jeu de lumières et d’ombres utilisée se met avant tout au service de l’expression de l’auteur, liant souvenir et présent, réel et irréel ; nous devons la seconde série de photographies à sa longue fréquentation des joueurs d’échecs dans le quartier des Halles. Cette série est exposée à deux reprises : à Paris en 2002, et au Centre Culturel de Belgrade sous le nom de « Gens una sumus » en 2005.
Kovacˇevic´ participe également à l’exposition collective des photographes de Sarajevo « Sarajevo Self Portrait », qui donne lieu à une monographie publiée à New York.
Kovacˇevic´ a toujours souhaité photographier le monde coloré du Festival de fanfares de Gucˇa en Serbie. En 2002, il réalise enfin son rêve. Grâce à Dacˇo, un des acteurs du festival, il se rend là-bas et réussit à saisir cette ambiance particulière qui a inspiré les films de Kusturica. En suivant avec son objectif les meilleurs trompettistes et les quelque cinq cent mille visiteurs du festival, Kovacˇevic´ s’impose, en quelques années, comme le témoin crucial de la réalité de la Serbie d’aujourd’hui. Pays déchiré entre la tradition et le nationalisme – dont on connaît les ravages – et le désir profond des jeunes gens d’être partie prenante du monde moderne.
Chacune de ses séries de portraits nous fascine tant il excelle à capter l’extraordinaire dans chaque être humain. Dans « La sagesse des piliers », il nous fait partager la vie d’un café parisien du 3e arrondissement, Le Petit Trou de Bretagne, et de ses « piliers ». Doué d’empathie, Kovacˇevic´ sait créer des liens privilégiés avec ses modèles et jouer un rôle fédérateur en les faisant participer à tous les stades de son projet, de la sélection des photos jusqu’à l’installation de l’exposition, qui a fait l’objet de plusieurs présentations successives (2005, 2006 et 2007) sur les murs du café.
Avec « Souvenirs de Sarajevo », nom générique comprenant les différentes séries de photographies réalisées dans le Sarajevo d’avant la guerre, Kovacˇevic´ nous immerge dans l’atmosphère qui régnait dans la ville avant la guerre. Depuis 2003, tous les 6 avril, date symbolique pour Sarajevo, jour de sa libération en 1945 et début de son siège en 1992, Kovacˇevic´ nous rappelle, grâce à ses expositions dans les locaux de l’Association Paris-Sarajevo, les différentes périodes que la ville a traversées : première campagne préélectorale en 1991, manifestations pour la paix, vie culturelle et artistique d’avant la guerre, etc.
Le projet « Essence of Life - Essence of Art » est une occasion pour le photographe de se présenter au public avec une trentaine d’autres artistes de l’Europe centrale et orientale. Kovacˇevic´ y expose cinquante photographies emblématiques de son travail en général. En 2005 et en 2006, l’exposition itinérante a déjà eu lieu dans les plus importants musées et galeries de l’Europe de l’Est : Ludwig Muzeum à Budapest, The State Trtyakov Gallery à Moscou, The State Russian Museum à Saint-Pétersbourg, Moderna Galerija à Ljubljana, Nacionalna Galerija BiH à Sarajevo, Kaiser Stadt Palace à Prague...
Dernier projet en date, l’exposition « Sarajevo dans le cœur de Paris » se tient en 2008 dans la galerie "Fait et Cause" à Paris sous la direction artistique de Robert Delpire.
Photographe de contradictions, Kovacˇevic´ est un photographe de la mort et de la vie, du passé et du présent, de l’éternel et du passager. Ses images sont à la fois violentes et empreintes d’une extraordinaire sérénité. Leur qualité réside avant tout dans la force picturale, et pourtant lointaine de toute stylisation, grâce à laquelle Kovacˇevic´ nous fait partager son histoire personnelle qui est souvent aussi la nôtre.
Le 7 mai 2007, Kovacˇevic´ a été fait chevalier de l’ordre national du Mérite.

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