Rubrique Lectures d’Italie Le 2 septembre 2010
I Il y aura sûrement demain matin Un garçon de seize ans Dans un minuscule village de l’Italie du sud Qui prendra le car bleu pour aller à l’école Et ne descendra pas devant l’école verte (...)
Rubrique Lectures d’Italie Le 1er septembre 2010
Traduction de Juliette Gheerbrant. Les années soixante-dix ? Le calendrier officiel est vague, comme souvent. Elles commencèrent, du moins pour moi, vers la fin 1967, avec les Trente-neuf, un groupuscule (...)
Rubrique Interventions Le 31 août 2010
Google Translate, choose your language and copy in the field the address of this page. Encore et encore, merci de signer la pétition des écrivains brésiliens ! [ version traduite en français avec les liens ] (...)
Rubrique Lectures d’Italie Le 30 août 2010
« Ce n’est pourtant pas avril le plus cruel des mois, c’est mai. » Aldo Zargani Toute poésie part d’une année zéro, la sienne, porteuse aussi d’une longue histoire, de l’Histoire (...)
Rubrique Editorial estival 2010 Le 30 août 2010
« En 1967, je distinguais deux formes, successives et rivales, du pouvoir spectaculaire, la concentrée et la diffuse. L’une et l’autre planaient au-dessus de la société réelle, comme son but et son (...)
Rubrique Littérature et folie Le 29 août 2010
Elle a accouché toute seule. Sans doute avait-elle décidé de perdre quelques kilos. Je ne sais pas comment elle a fait. Elle avait une telle envie de se débarrasser de ça qu’elle n’avait jamais désiré. (...)
Rubrique Herta Müller, Prix Nobel de littérature 2009 Le 28 août 2010
Je suis convoquée. Jeudi à dix heures précises. On me convoque de plus en plus souvent : mardi à dix heures précises, samedi à dix heures précises, mercredi ou lundi, à croire que les années ne sont qu’une (...)
Rubrique Herta Müller, Prix Nobel de littérature 2009 Le 28 août 2010
Un mot résonne continuellement à ses oreilles : convocation. Depuis le jour où elle a osé glisser un message dans la poche du pantalon de luxe qu’elle cousait pour une maison italienne, parce que « sans être (...)
Rubrique Recensions Le 27 août 2010
J’ai découvert Wendy Guerra aux Assises internationales du roman. Née à la Havane en 1970, elle est poétesse, cinéaste et romancière. Diariste depuis l’enfance, sur une idée et à la demande de sa mère, (...)
Rubrique Scènes islandaises Le 26 août 2010
Il y a des jours qui sont quand même pires que les autres. Quand je suis tellement seule que le sang s’épaissit dans mes veines et qu’il a un mal de chien à circuler. Alors il n’y a rien (...)
Le 1er novembre 2009
Contributeurs : Robert Harvey, Michel Surya, Alain Brossat, Ivan Segré, Alain Badiou, Yves Dupeux, Philippe Hauser, Véronique Bergen, Jean-Paul Dollé, Christiane Vollaire, Plínio Prado
Et si la « crise » n’était qu’une variable d’ajustement de l’économie financière, un levier de décompression politique, une méthode de gouvernement politique ?
Voilà des années maintenant que la politique fonctionne « à la crise », de quoi ? De tout. C’est selon les besoins ou les années. Tantôt de toute une filière industrielle, tantôt d’un secteur énergétique ; pourquoi pas d’une valeur morale, etc. Peu importe. Les médias s’en délectent, d’accord avec les spécialistes ès-crises ; les politiques s’en rengorgent : elle les leste d’un poids providentiel. Oui, mais 2009 aura su opposer à toutes ces crises – petites, c’est ce qu’il faut déduire après coup – une crise majeure, majuscule, LA crise (on a pas même hésité à dire d’elle qu’il n’y en avait pas eu de comparable depuis 1929), rien moins que celle qui a ébranlé les bases du monde moderne, libre, occidental pour tout dire, qui a bien failli le mettre à bas… Qui a failli seulement : la situation industrielle est morose, mais la situation financière reprend des couleurs. On n’hésite plus qu’assez peu à parler de reprise ; on tend déjà candidement vers elle. Ceux qui ont espéré que naîtrait d’elle quelque chose comme une remise en question, qui sait une alternative, en sont pour leurs frais. Le sont aussi, et combien plus, ceux à qui elle aura coûté domicile, emploi. Ces derniers ne comptent déjà plus pour rien : dégâts collatéraux d’une pandémie planétaire que répandent les places boursières, quelque prix que doive en payer l’économie « réelle » (en existe-t-il encore une ?)
Un soupçon est possible : et si ce qu’ils s’accordent si volontiers et unanimement à appeler « crise » n’était en fait qu’une variable d’ajustement de l’économie financière (de purge des « avoirs toxiques »), un levier de décompression économique (de restructuration, délocalisation…), une méthode de gouvernement politique. Soupçon qui ne semble pas excessif, à en juger par le fait que ce qui a d’abord paru de force à terrasser un système de domination pourtant sans partage, paraît après coup de nature à renforcer cette domination (c’est cette opération qui aura été appelée : « moralisation du capitalisme ») ; à tout le moins, en a évincé un peu plus toute possibilité de partage. Ce qui fascine en effet, c’est que si cette crise était faite pour que se mobilisent contre elle tous ceux qui y perdraient beaucoup, c’est le contraire qui se produit : les mobilisations n’ont rien agrégé qui ressemble à une mise en cause substantielle du système. La peur l’a emporté. Et, avec elle, le sauve-qui-peut de tous contre tous. A-t-on dit que cette crise avait permis à la politique de briller de nouveau, seule à montrer le sens de l’intérêt général ? C’est le contraire, à en juger par l’immense fatalisme qui semble de règle : la politique n’aurait qu’un peu plus disparu.

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