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  • Charles-Louis Philippe

    CHARLES-LOUIS PHILIPPE

    Romancier et poète français engagé, d’origine sociale pauvre, fils de sabotier, né Louis Philippe le 4 août 1874 à Cérilly (Allier), mort à Paris d’une complication méningée de la typhoïde, le 21 décembre 1909, alors qu’il était un auteur déjà reconnu dans le milieu littéraire avant-gardiste en France et en Angleterre — où son ami Valéry Larbaud, écrivain également traducteur, tenait une vue conséquente.

    Il s’extrait de la misère grâce à un parcours de réussite scolaire à l’école publique et comme boursier jusqu’aux classes préparatoires pour les Grandes Écoles. Finalement arrivé à Paris pour écrire, il parvient à subvenir à son existence avec un emploi administratif dans le cadre départemental qui lui laissera toute sa liberté d’écriture, qu’il obtient avec l’aide de Maurice Barrès, auquel il ne fera pas de concession sur le nationalisme ni sur l’interprétation des classes sociales pour autant (d’ailleurs Barrès le respecte et n’attend pas de servilité en retour). Considéré comme un écrivain anarchiste, il travaille sur la perte et la précarité sociale, peignant les petites gens de la société moderne dont il a fait partie et auxquelles il reste attentif depuis son enfance et pour lesquelles il éprouvera toujours empathie et solidarité. Novateur du documentaire de création en littérature pourrait-on dire, notamment à travers la fondation d’un genre réaliste, l’autofiction et la biofiction romanesques, il rencontre de son vivant l’intérêt des grands de la littérature parisienne, comme Rémy de Gourmont qui lui ouvre les portes de la revue franco-européenne Mercure de France, ou André Gide, celles de la NRF (Gallimard sera son principal éditeur posthume), ou encore Octave Mirbeau qui le défendra par deux fois devant l’académie Goncourt, notamment à l’occasion du premier prix de la fondation en 1901, puis en 1906. T.S. Eliot préfacera en 1932 la première édition anglophone de Bubu de Montparnasse, auquel on doit peut-être l’intérêt attentif et suivi des amateurs anglophones de littérature française pour toute l’oeuvre de Philippe, l’Association des amis de Charles-Louis Philippe tenant encore son siège au Royaume Uni depuis le siècle dernier. Cependant en France, il est décrié après sa mort, autant par la critique communiste léniniste que par la critique bourgeoise : voir la critique d’opinion de J.J. Demorest, Le primitivisme de Charles-Louis Philippe à propos de l’édition posthume de Charles Blanchard préfacée par Léon-Paul Fargue aux éditions NRF Gallimard en 1924, quand Philippe n’est plus présent depuis plus de quinze ans pour répondre ; ce qui infirme l’hypothèse du critique sur la disparition de l’intérêt posthume de l’oeuvre décriée (sinon ce critique ne chercherait pas à la faire prescrire). N’ayant jamais cessé de connaître un cercle d’amateurs des avant-gardes littéraires de ces années, il est régulièrement réédité en France et à l’étranger. De son vivant il a publié plus d’une dizaine de romans, nouvelles, contes, et écrit une correspondance d’idées avec ses pairs, ses mais, et de grands contemporains.

    Il est à l’origine du mouvement littéraire radical dit groupe de Carnetin (de 1904 à 1907), notamment avec Francis Jourdain, Marguerite Audoux, Léon Werth et Léon-Paul Fargue, et d’autres, et de la création de la Nouvelle revue française en 1908 puis dans la version qui sera à l’origine de l’association de la NRF à l’initiative d’André Gide, en 1909.

    Quelques citations de l’auteur extraites de ses oeuvres mais qui pourraient aussi bien composer des aphorismes philosophiques.


  • Marguerite Audoux

    MARGUERITE AUDOUX

    Elle reçoit le Prix Vie Heureuse (Femina) en 1910 avec le roman autobiographique Marie-Claire (éd. Fasquelle), best seller traduit dans neuf langues. Auteure de quatre romans en tout et chroniqueuse littéraire, elle est aujourd’hui mieux référencée dans les universités étrangères que dans les universités françaises, comme d’ailleurs la plupart de ses camarades d’écriture (excepté Léon-Paul Fargue qui reste connu en France).
    D’origine sociale pauvre avec un père désespéré après la mort de sa mère, elle est née à Sancoins (Cher), puis comme sa soeur elle est abandonnée par leur père devenu alcoolique. Orpheline placée dans un établissement tenu par des éclésiastiques elle recevra malgré tout l’affection d’une des éducatrice qui lui redonne confiance ; puis elle est placée dans une ferme. Immigrante du Berry à Paris, ne répugnant pas aux tâches dures pour gagner son pain, par exemple dans la buanderie de l’hôpital Laënnec, elle finit par obtenir une qualification de couturière et par installer un atelier de couture, c’est alors à la rencontre de sa clientèle qu’elle change de nom, certains de ses patrons seront publiés dans des revues de mode, elle commence à écrire pour commenter ses travaux, et quelques petits poèmes. Elle rencontre le milieu littéraire au carrefour de la mode et de la violence de sa vie : en 1900, un amoureux de sa jeune nièce dont elle a la garde découvre que celle-ci se prostitue en cachette et vient en informer sa tante... C’est Jules Yell, qui deviendra l’écrivain Michel Yell (son ouvrage le plus connu est Cauët, éd. Gallimard, 1934, il mourra en 1951), l’ami d’André Gide ; il deviendra le compagnon de Marguerite jusqu’en 1912. Ses camarades d’écriture ne seront pas des moindres. Membre du Groupe de Carnetin dont Jules Yell lui fait connaître les créateurs avec lesquels ils composeront ce mouvement, soutenue par l’éminent Octave Mirbeau qui lui trouve son premier éditeur, André Gide qui la publiera dans La nouvelle revue française, et d’autres radicaux ou "immoraux" représentatifs de la gauche anti-conformiste de son temps, actifs dans le domaine des Lettres. En quelque sorte, sa résistance sociale et son émergence, son destin littéraire et son éthique singulière, solidaire, sont exemplaires... En 1937, peu après sa mort la même année, Grasset, aujourd’hui détenteur du fonds Fasquelle, publie Douce lumière, sur la disparition d’une mère, et aujourd’hui suit ses principaux romans notamment dans la collection Les cahiers rouges...

    En mai 2007, après un vote des habitants du 3e arrondissement de Paris (trois autres noms étaient proposés, Hannah Arendt, Robert Desnos et André Schwarz-Bart), le nom de Marguerite Audoux a été choisi pour la nouvelle bibliothèque du quartier, qui a ouvert au 10 rue Portefoin le 17 janvier 2008 (source fr.wikipedia, voir le lien attaché). Il existe aussi un prix littéraire qui porte son nom, depuis 1997.


    GROUPE DE CARNETIN — village situé sur un coteau de la Marne, à proximité de Lagny-sur-Marne, au nord de la Haute-Marne (77).

    Dans le site de la ville de Carnetin on peut lire le commentaire suivant : Pour en savoir plus sur le groupe littéraire méconnu qui se retrouvait chaque semaine dans la vieille maison de monsieur Terrasse à Carnetin, il faut consulter la biographie de Marguerite Audoux écrite par Bernard-Marie Garreau et publiée chez Tallandier en 1991 :" Marguerite Audoux, la couturière des lettres." de la page 135, Milieu de page, à la page 148. Un groupe d’écrivains s’est réuni là de 1904 jusqu’à fin 1907. La seule femme écrivain du groupe est restée célèbre car le succès de son premier livre " Marie-Claire " a été foudroyant, obtenant le prix " Fémina -Vie heureuse " en 1910. Pourtant l’héroïne du livre n’est pas gâtée par la vie mais elle endure avec dignité. Il se dégage de ce livre une impression de pureté. Octave Mirbeau ne faisait pas partie du groupe de Carnetin mais c’est lui qui a révélé aux gens de lettres et au grand public Marguerite Audoux à qui le succès ne tourna pas la tête. Tapez Marguerite Audoux sur Google et vous en saurez davantage Si vous voulez que je vous en raconte un peu plus, je reste à votre disposition.

    Après la publication de Bubu de Montparnasse, Charles-Louis Philippe convainct ses amis de se retrouver chaque dimanche à la campagne pour discuter et travailler ensemble dans une maison louée en commun. D’après Léon-Paul Fargue dans une lettre à Valéry Larbaud c’est Jules Ielh qui aurait trouvé Carnetin étant informé dans le réseau des artistes qu’une maison s’y trouvait à louer, informée dans le réseau des artistes nabis. De 1904 à 1907, le groupe dit de Carnetin s’y réunit chaque week end dans une ambiance décontractée à laquelle viennent se joindre leurs amis respectifs passant leur rendre visite.

    (voir le mot-clé "groupe de carnetin").

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Accueil du site || Dossiers || Charles-Louis Philippe || 2/5. Actualité de Charles-Louis Philippe — Marguerite Audoux

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 1/5. Actualité de Charles-Louis Philippe — Présentation
 2/5. Actualité de Charles-Louis Philippe — Marguerite Audoux
 3/5. Actualité de Charles-Louis Philippe — Léon-Paul Fargue
 4/5. Actualité de Charles-Louis Philippe — André Gide (en préparation)
 5/5. Actualité de Charles-Louis Philippe — Paul Claudel (en préparation)


Pour ouvrir la série consacrée à Charles-Louis Philippe c’est d’abord la voix de Marguerite Audoux, la seule femme du groupe de Carnetin, compagne de Jules Ielh (Michel Yell) qui l’a faite connaître à Charles-Louis Philippe et à Octave Mirbeau.

Tous les deux tiennent un nom civil impossible, lui Louis Philippe, elle Marguerite Donquichote. Elle originaire du Cher, lui de l’Allier, où chacun connaît sa condition de misère pour commencer dans la vie et là, on ne va pas tenir la comptabilité de la souffrance, mais rappeler tout de même le dénuement particulier de Marguerite, qui cumule la grande pauvreté et l’orphelinat (sa mère morte en couche d’hémorragie ou de fièvre puerpérale et son père devenu alcoolique par désespoir), puis d’être placée dans une ferme où elle devient bergère, au lieu de poursuivre l’école (seize ans séparent sa naissance de l’institution de l’école publique obligatoire en France), puis d’être renvoyée au couvent parce qu’elle est tombée amoureuse du fils de la fermière, et Paris ; sans compter les affres de la sexualité féminine populaire, quand la contraception n’est pas accessible et l’avortement particulièrement dangereux.

Lui, il fait partie de la génération de la scolarisation gratuite obligatoire, sa date de naissance ne le sépare de la fondation de l’école publique que de quatre ans ; école primaire réussie donc suivie d’études secondaires puis supérieures comme boursier de l’État jusqu’aux classes préparatoires aux Grandes Écoles. Du côté de Marguerite Audoux, c’est l’épreuve du travail manuel pour s’extraire du besoin. Chacun malgré tout a reçu un moment de tendresse durant son enfance, ce qui lui permet de ne pas se sentir vaincu. L’amour corps et âme tient une place importante dans leur liberté respective. Leur filiation sociale, celle de la pauvreté, est rare dans le milieu parisien littéraire contemporain, tout le contraire du fortuné Valéry Larbaud, grand ami lettré de Charles-Louis Philippe dont il écoute ses conseils éditoriaux ; écrivain, traducteur et correcteur, c’est lui qui recopie amicalement l’intégralité du premier manuscrit de Marguerite Audoux et le corrige, l’autofiction Marie-Claire (car elle écrit bien et le conçoit, mais sans orthographe). Après avoir trouvé l’éditeur Fasquelle grâce à Octave Mirbeau l’ouvrage recevra le Prix Vie Heureuse en novembre 1910, et fera un best seller, traduit en neuf langues. L’ouvrage donnera son nom à un magazine féminin créé en 1937 par Jean Prouvost, hommage à l’auteure, l’année de sa mort.

Bubu de Montparnasse (publication originale dans La revue Blanche, en 1901, et traduction anglophone préfacée par T.S. Eliot en 1932), n’est pas le premier ouvrage romanesque publié par Charles-Louis Philippe, mais c’est le premier qui soit bien accueilli. Le titre est l’éponyme du personnage principal, une petite gouape proxénète d’une jeune prostituée qui rencontre l’auteur et l’inspire, Berthe Méténier, c’est le récit de son destin en quelque sorte, où l’auteur se présente sous les traits de Pierre Hardy. Ce roman, en partie biofiction et en partie autofiction, est le plus connu de Charles-Louis Philippe, internationalement. Il est traduit dans plusieurs langues et transmet les autres ouvrages. Sans doute aussi parce que c’est le roman du trottoir parisien de la Belle époque. Il y pose les questions matérielles des conditions d’existence et du commerce du désir. Marguerite Audoux évoque Berthe Méténier dans son rapport réel avec Charles-Louis Philippe ; il continue de s’occuper d’elle chaque fois qu’elle appelle à l’aide, au point qu’il l’ait faite connaître à ses plus proches amis. Marguerite évoque d’autre part Marie Donadieu, femme également aimée succédant à Berthe Méténier, plus âgée que lui de dix ans (qui inspirera à son tour une oeuvre éponyme, en 1904). Puis elle témoigne des derniers moments de l’auteur...

À Paris, le 8 mars 2010,
A. G-C.


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L’enfant malade, nouvelle par Charles-Louis Philippe.
Mercure de France, Tome XXXIII Janvier-Mars 1900 ; février 1900, N°122, p. 353. Domaine public ; source Gallica (BNF) ; traduction html @ wikisource. Pas d’utilisation commerciale.

« Ma grand-mère était mendiante, mon père, qui était un enfant plein d’orgueil, a mendié lorsqu’il était trop jeune pour gagner son pain. J’appartiens à une génération qui n’est pas encore passée par les livres. [...] Il faut que je vous rappelle qu’il est en moi des vérités plus impérieuses que celles que vous appelez « les vérités françaises ». Vous séparez les nationalités, c’est ainsi que vous différenciez le monde, moi je sépare les classes. [...] Nous avons été murés comme des pauvres et, parfois, lorsque la Vie entrait chez nous, elle portait un bâton. Nous n’avons eu comme ressource que de nous aimer les uns les autres. C’est pourquoi j’écris toujours plus tendre que ma tête ne le commande. Je crois être en France le premier d’une race de pauvres qui soit allée dans les lettres. » [1]

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Mercure de France, Tome 33
Photocopie de la première de couverture de l’opus de janvier à mars 1900 (source Gallica)
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Mercure de France, Tome 33, N°122, février 1900
Photocopie de la table des matières où la nouvelle L’enfant malade est indexée (source Gallica)

Marguerite Audoux

sur Charles-Louis Philippe.
Wikisource.

Souvenirs, Marguerite Audoux, La Nouvelle revue française,
Tome III (Février 1910 — Juin 1910), p. 195-202, NRF, Paris ; (N°14, 15 février 1910, "Numéro consacré à Charles Louis Philippe").


SOUVENIRS


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Bubu de Montparnasse, Charles-Louis Philippe, Nouvelle édition avec 90 lithographies de Grandjouan, éd. Albin Michel, Paris (1905)
Source Internet Archive, Open Library ; Book Contributor : Robarts - University of Toronto (2008) ; Collection de Toronto. Sponsor de la numérisation : MSN. Domaine Public. Pas d’utilisation commerciale.

Le jour même où Bubu de Montparnasse parut en librairie, Berthe Méténier écrivait à Charles-Louis Philippe : “ Vous seul pouvez avoir pitié de moi. J’ai confiance en vous. Sauvez-moi. Je serai demain à deux heures derrière l’église Saint-Leu ”.

Philippe aurait voulu que demain fût tout de suite. Depuis deux ans il était sans nouvelles de Berthe Méténier, et si elle l’appelait ainsi, c’est qu’elle courait un danger. Il ne pouvait rester tranquille en attendant demain. Il alla prévenir ses deux plus proches amis Charles et Michel. Il était dans une grande inquiétude. Il disait :

— Songez donc, d’ici à demain il y a encore une nuit à passer, et une nuit pour une fille publique, c’est toute une vie.

Le lendemain, il fut bien avant deux heures derrière l’église Saint-Leu. Berthe Méténier arriva par la rue de la grande Truanderie, et tout en regardant à droite et à gauche d’un air peureux elle expliqua qu’elle avait quitté Bubu, qu’elle ne pouvait plus faire ce métier là, qu’elle en était lasse à en mourir, qu’elle avait essayé plusieurs fois de retourner à l’atelier, mais que Bubu avait toujours su la retrouver. Alors elle avait pensé au seul homme qui s’était montré bon et pitoyable pour elle. Elle voulait quitter Paris, s’en aller n’importe où, et elle suppliait Charles-Louis Philippe de l’aider et de la conseiller.

Il la ramena dans un petit café de la rue Vavin où l’attendaient ses amis. Il la fit passer devant lui en la prenant aux épaules, et comme s’il eût exposé au regard de ses amis une chose infiniment précieuse, il dit moitié riant et moitié grave :

— Voilà une femme que je vais sauver.

Il lui enleva son manteau, la fit asseoir à côté de lui. Il la détailla. “ Voyez comme son corps est menu et comme ses yeux sont doux ”.

Il toucha ses bandeaux. “ Elle a des cheveux noirs aussi ”.

Berthe Méténier souriait.

Philippe mit ses coudes sur la table, serra ses tempes dans ses doigts et dit, avec une crispation de tout le visage :

— Elle est comme une petite fille, et il y avait un homme qui la battait.

À l’heure du dîner il fallut chercher un restaurant peu éclairé. Il s’en trouva un sur le Boulevard Raspail.

Pendant que Berthe Méténier s’enfonçait tout au bout de la banquette à la table la plus sombre, Charles aida Michel à sortir d’un journal qui l’enveloppait un petit buste en plâtre. C’était la tête merveilleuse de Santa Fortunata. Tous deux l’offraient à leur ami. Philippe ne se lassait pas de la regarder. Il la mit devant lui, puis à côté, puis au bout de la table et chaque fois qu’il la déplaçait il s’émerveillait de la trouver plus jolie selon que les ombres la faisaient différente. Il regarda Berthe et la petite tête de plâtre, et il dit tout joyeux.

— Voilà que j’ai deux filles, maintenant.

— Je voudrais lui ressembler, dit Berthe Méténier, et Philippe répondit :

— Vous êtes encore plus belle puisque vous respirez.

En sortant du restaurant, on enveloppa de nouveau Santa Fortunata dans un journal, et Philippe la porta sous son bras gauche. Il donnait l’autre bras à Berthe Méténier, et toute la soirée on rôda par les rues sombres pour ne pas rencontrer Bubu. De temps en temps, on s’arrêtait sous un bec de gaz, on entr’ouvrait le journal pour regarder encore Santa Fortunata.

— Je n’ai jamais rien vu d’aussi pur, disait Philippe. Et il refermait le papier pour le rouvrir un peu plus loin.

Vers minuit, on entra dans une gare. Philippe fit monter Berthe Méténier dans un train prêt à partir. Il l’installa plein d’attention au milieu d’oreillers et de couvertures. Et quand le train fut parti son visage prit une expression ferme et sereine que ses amis ne lui avaient jamais vue.

En ce temps-là, il aimait déjà Marie Donadieu. Il l’aimait d’un amour entier et plein de force. Il la menait le soir sur les boulevards, parce qu’elle aimait le bruit et la lumière des cafés. Il la tenait très serrée contre lui.

Elle marchait les bras raides et les poings fermés.

Il venait souvent parler d’elle à une couturière qu’il aimait comme une sœur, et qui était du même pays que lui. Il disait :

— Elle est plus blonde que toutes les blondes, et ses yeux sont plus bleus que tous les yeux bleus.

Quelques fois elle venait avec lui. Il la faisait asseoir dans la clarté de la fenêtre. Il tournait autour d’elle comme s’il eût voulu l’entourer d’un cercle fait de lui-même. Il tâchait de lui ouvrir les doigts qu’elle tenait serrés contre ses paumes, comme si elle y enfermait un secret. Puis il s’intéressait au travail de sa vieille amie. Il soulevait les étoffes et disait :

— Pourquoi faites-vous des robes noires ? Les femmes devraient toujours porter des robes blanches.

Il revenait aux mains de Marie Donadieu. “ Ouvre-les, disait-il, afin que tout soit clair en toi ”.

Un jour d’automne, il apprit que Marie était partie avec un homme riche. Les plis soucieux qu’il avait au front se creusèrent davantage. À chaque instant il ouvrait la bouche pour respirer, on eût dit qu’une chose énorme et que personne ne voyait cherchait à lui écraser la poitrine. Il disait à la couturière :

— Quand j’étais tout petit, je la connaissais déjà. Elle était dans tous mes rêves avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus. Il mettait une chaise devant la fenêtre comme si Marie allait s’asseoir dessus tout à l’heure, et il disait avec un froncement douloureux du front :

— Il faut qu’elle revienne.

Charles et Michel qui aimaient profondément Philippe se rapprochèrent davantage de lui. Par les longues soirées d’hiver, ils s’installaient dans le sous-sol de la taverne du Panthéon.

Charles-Louis Philippe était à la fois timide et audacieux. Il n’osait pas renvoyer une consommation que le garçon apportait par erreur, et il regardait les femmes en redressant hardiment le visage. “ Toutes les femmes sont belles, disait-il. Elles ont une bouche qui sourit et des cils qui battent ”.

C’était l’époque où il écrivait Le Père Perdrix. Par les beaux dimanches il s’en allait avec ses amis dans la vallée de Chevreuse. Le rendez-vous était dans une petite gare du boulevard Saint-Michel. Pendant que Charles s’informait de l’heure des trains, Philippe attendait sa vieille amie devant la grille du Luxembourg. Elle arrivait en courant à travers le jardin toujours un peu en retard. Michel s’impatientait, ayant peur de manquer le train. Mais Philippe disait en frappant sa canne sur le trottoir :

— J’aime mieux manquer tous les trains que de la laisser toute seule un dimanche.

Aussitôt qu’il l’apercevait, il faisait un signe à Michel qui se précipitait pour prendre les billets. Et tous quatre s’engouffraient dans un compartiment.

Charles-Louis Philippe restait debout près de la portière, pour voir passer les couples d’amoureux qui couraient le long du train, en quête d’un compartiment où ils seraient seuls. Et quand le train s’ébranlait, il s’asseyait, ôtait son binocle qu’il essuyait soigneusement, et quand il le remettait, on ne savait si c’était les verres qui étaient plus clairs où si c’était des larmes retenues qui faisaient briller davantage ses yeux.

Un dimanche il voulut s’arrêter à Lozère où il était venu plusieurs fois avec Marie Donadieu. Quand il voulut s’asseoir sur une grosse pierre en forme de bête où elle avait un jour oublié son manteau, une petite vipère sortit de dessous la pierre. Elle n’était guère plus longue qu’un porte-plume, et pas beaucoup plus grosse. Michel voulait la tuer, mais Philippe l’en empêcha. “ Elle est si petite, dit-il, elle n’a encore fait de mal à personne ”.

La maison aux glycines le rendit rageur. Il se souvenait que Marie Donadieu y avait cueilli une grappe de fleurs, malgré les injures que lui criait un collégien penché à une fenêtre.

Aujourd’hui, les grappes de glycines s’étalaient comme autrefois sur le mur et la grille, mais toutes les fenêtres de la maison étaient closes, et rien n’y vivait. Cela n’empêcha pas Philippe de dire au collégien que, s’il le tenait au bout de son soulier, il l’enverrait bien loin. Et il lançait son pied comme si le collégien était au bout. Sa colère douloureuse était en même temps si comique que ses amis riaient de bon cœur. Il se mit à rire aussi avec eux, et au milieu de sa gaieté tout à coup revenue, il se retournait vers la maison pour crier, “ Sale petit bourgeois, vilain petit monsieur ! ”

Il avait dans sa poche ce jour-là le quatrième chapitre du Père Perdrix. Charles et Michel voulaient s’asseoir commodément sous les peupliers pour en entendre la lecture, mais lui ne trouvait pas de place à sa convenance. Il finit par s’adosser à une palissade et il dit :

— Il y a déjà un bon repas dans mon chapitre ; nous pouvons bien nous passer de sièges.

Il lisait avec une voix un peu grêle et qui montait parfois comme un chant.

Le Père Perdrix parut cette année là, et l’année suivante ce fut Marie Donadieu. Contre son habitude, il n’avait pas lu un à un les chapitres à ses amis. “ J’ai fait une Marie Donadieu que vous ne connaissez pas ”, disait-il.

Quelques jours avant la publication du livre, il dit à la couturière :

— Il me vient des idées comme aux bonnes femmes de chez nous. J’ai le pressentiment que Marie Donadieu me donnera de ses nouvelles le jour où mon livre paraîtra.

Et comme elle riait, il eut un geste d’inquiétude en lui disant :

— Ne rions pas de ces choses-là. Nous ne connaissons rien des forces qui sont autour de nous.

Et le jour même où parut le livre, ainsi que l’avait fait Berthe Méténier quatre ans plus tôt, Marie Donadieu écrivit à Charles-Louis Philippe, après deux ans d’absence, pour lui demander aide et protection.

Quand il commença d’écrire Croquignole sa timidité avait disparu tout-à-fait. Il parlait peu avec ceux qui lui étaient étrangers, mais avec ses amis il laissait déborder sa gaieté pleine de malice, et toutes les folies lui paraissaient bonnes.

Il avait un geste tout particulier pour assurer son binocle, et en levant le front très haut, et en aspirant avec force il disait :

— Je me sens capable de vivre plusieurs vies à la fois.

Pendant sa maladie, il dit à sa vieille amie :

— Je voyage à travers un monde qui s’appelle la fièvre. J’y fais des découvertes très importantes, qui me seront précieuses pour l’avenir.

A un autre moment il dit encore :

— Je viens de faire une culbute dans l’espace. Je ne peux pas raconter maintenant ce que j’y ai vu. Il fronça le front en ajoutant :

— L’essentiel est que j’en garde le souvenir.

La veille du jour où il cessa de vivre, il se souleva de lui-même sur son lit, il chercha de la main son binocle sur la petite table à côté de lui, il l’assura comme il le faisait toujours avec les derniers doigts de la main, et en s’appuyant sur un coude il tendit le visage vers la croisée. Il regarda longtemps, et tout à coup il dit :

— Comme tout cela est beau.

Il avança son visage comme s’il espérait voir plus loin, et d’un accent plein d’admiration, il dit encore :

— Bon Dieu que c’est beau.

Il laissa aller sa tête comme s’il était écrasé par toute la beauté qu’il voyait, puis il remit son binocle sur la table, reposa sa tête sur l’oreiller, et aussitôt ses yeux commencèrent à se voiler.

Marguerite Audoux [2]
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Marie-Claire, Marguerite Audoux, Préface par Octave Mirbeau, éd. Fasquelle, Paris (1911)
Source Internet Archive, Open Library ; Book Contributor : Robarts - University of Toronto (2008) ; Collection de Toronto. Sponsor de la numérisation : MSN. Domaine Public. Pas d’utilisation commerciale.

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Charles-Louis Philippe
à l’icône de Fedor Dostoievski peint par Vassili Perov en 1872.
Selon la description dans un des articles de La NRF N°14, par Régis Gignoux, du dernier appartement de l’auteur au 3è étage du 45 quai de Bourbon, dans l’ile Saint Louis, cette photographie est prise dans sa chambre aux icônes de Dostoïevski, de Dickens, et de Tolstoï, où il tenait aussi son bureau près de la fenêtre. Collection personnelle de René Barjavel (Source Wikipedia images) Public Domain.
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Source Wikipedia Images Public Domain
ps:


Une bibliographie de Charles-Louis Philippe (fr.wikipedia), complétée avec quelques références d’édition :

Quatre histoires de pauvre amour (1897).
La Bonne Madeleine et la Pauvre Marie (1898).
La Mère et l’enfant, récit d’enfance (1900, 1918, NRF).
Bubu de Montparnasse(1901 : La revue blanche ; 1905, avec 90 lithographies de Grandjouan : éd. Albin Michel, Paris).
Le Père Perdrix (La revue blanche, Tome XXVIII, mai, juin, juillet, Août (1902) — Txt. in archive.org).
Marie Donadieu (1904), éd. Fasquelle, Paris.
Croquignole (1906), éd. Fasquelle, Paris.
Dans la petite ville (1910).
Lettres de jeunesse (1911).
Charles Blanchard (1913).
Les Contes du Matin (1916) — recension des chroniques parues dans le journal Le Matin.
Chroniques du Canard Sauvage (1923) — recension des chroniques parues dans le journal Le carnard sauvage.
Œuvres complètes, 5 volumes, avec une étude de David Roe, Ipomée, Moulins, 1986.

Index de Autre index @ worldcat.org.

Bibliothèque des ouvrages en librairie (amazon.fr)

Bibliothèque des ouvrages collectors (Pricemnister.com)

Le logo est un fragment de la première de couverture de
Bubu de Montparnasse, l’édition actuelle aux éditions Grasset, collection Les cahiers rouges.

La première édition anglophone Bubu of Montparnasse a été préfacée par T.S. Eliot, 1932 ; Crosby Continental Editions, Paris. New edition, With an introduction by T. S. Eliot, 1951, Shakespeare House, New York. Un exemplaire collector.

Georg Lukács et Charle-Louis Philippe :

Philippe est un des auteurs explorés dans l’ouvrage L’Âme et les Formes de Georg Lukács (traduction de l’allemand, notes introductives et postface de Guy Haarscher ; coll. bibliothèque de philosophie, Gallimard, 1974, Paris ; édition originale en 1911), ouvrage parmi ceux envisagés comme fondateurs de l’existentialisme (ce qui en outre convient au groupe de Carnetin). Lukács y considère le rôle de l’essai critique et sa relation aux grandes esthétiques, en recensant des philosophes et des auteurs tels Platon, Novalis, Kierkergaard, Olsen, Storm, Stefan George, Charles-Louis Philippe, Beer-Hofman, Lawrence Sterne, Paul Ernst. De plus le philosophe réfère à cet essai dans un autre ouvrage, La théorie du roman, (traduction Lucien Goldmann, coll Tel, Gallimard, 1989, première édition en 1920), dans le chapitre II, "Les problèmes de philosophie de l’histoire des formes", se citant à propos de Charles-Louis Philippe auquel il a attribué une forme qu’il a nommée "chantefable" (en français dans le texte original en allemand, car cela réfère à la forme épique populaire, à la fois de récit, de poème et de chant, au Moyen Âge, que Lukács conceptualise dans la modernité matérialiste). (Source marxists.org).
Claude-Edmonde Magny, dans sa préface d’un autre ouvrage de Lukács, Le Roman historique, traduit de l’allemand par Robert Sailley (éd. Payot & Rivages, coll. Petit bibliothèque Payot N°338, Paris, 2000), évoque (p. 7) les pages consacrées à Philippe dans L’Âme et les Formes, sans citer le titre mais il ne saurait y en avoir d’autre, puisque le philosophe aurait « consacré une longue et belle étude » à Charles-Louis Philippe. (Source fr.wikipedia, Discussion).
Noter l’actualité de Soul and Form (Âmes et formes) qui vient d’être réédité aux États-Unis avec une préface de Judith Butler, aux éditions Columbia University Press (janvier 2010).

René Barjavel et Charles-Louis Philippe :

La Faim du tigre est un essai métaphysique de René Barjavel, dont le titre est éponyme d’une citation de Bubu de Montparnasse en épigraphe de l’ouvrage : " La faim du tigre est comme la faim de l’agneau."
Dans Barjaweb, le site très intéressant et riche d’informations consacré à René Barjavel, par un certain webmestre G.M. Loup, qui a sa propre lettre, pour L’association des amis de René Barjavel, la phrase de Charles-Louis Philippe est remise dans son contexte dialectique :
"Ce n’est rien, Seigneur. C’est une femme, sur un trottoir, qui passe et qui gagne sa vie parce qu’il est bien difficile de faire autrement. Un homme s’arrête et lui parle parce que vous nous avez donné la femme comme un plaisir. Et puis cette femme est Berthe, et puis vous savez le reste. Ce n’est rien. C’est un tigre qui a faim. La faim des tigres ressemble à la faim des agneaux. Vous nous avez donné des nourritures. Je pense que ce tigre est bon puisqu’il aime sa femelle et ses enfants et puisqu’il aime à vivre ? Mais pourquoi faut-il que la faim des tigres ait du sang, quand la faim des agneaux est si douce ? " Où l’on découvre toute la fragilité exprimée et le désir douloureux ressenti qui caractérisent l’ouvrage de référence.
Le portrait de Philippe à l’icône de Dostoievski semble provenir de la collection personnelle de René Barjavel, passionné par cet auteur dont il aurait découvert les traces lors d’un séjour dans l’Allier, à Cusset près de Cérilly, village natal de Charles-Louis Philippe où se trouve un petit musée dédié dans sa maison d’enfance. Et surtout, Cusset est non loin de Vichy, ville de Valéry Larbaud, dont le père exploitait les eaux minérales de la source Saint Yorre, et où son ami Philippe allait le voir ; ville où de nombreux documents et leur correspondance font partie du fonds patrimonial. Mais encore, René Barjavel de 1935 à 1945 avait fait tous les métiers de l’édition chez Robert Denoël, avant de finir par diriger la maison jusqu’à l’assassinat de ce dernier, qui avait été déchu de ses droits civils pour fait de collaboration ; or Barjavel ne pouvait ignorer l’existence ni l’histoire de la grande revue littéraire de la NRF éditée par Gallimard, l’éditeur concurrent, ni l’attention qu’André Gide avait accordée à Charles-Louis Philippe, La Nouvelle Revue Française lui ayant rendu hommage en 1910, ni que Philippe avait contribué à créer cette revue avec Gide. (La page et les liens de Charles-Louis Philippe).

Le fonds patrimonial Charles-Louis Philippe à Vichy, accessible dans le cadre de la Médiathèque Valéry Larbaud.

Le musée Charles-Louis Philippe dans sa maison natale, à Cérilly. Une description du lieu et de la librairie qui s’y trouve.

L’association internationale et Le bulletin des amis de Charles-Louis Philippe (depuis 1936, Rédacteur en Chef : David Roe, University of Leeds, UK).

Charles-Louis Philippe, par Jean Auba, Archives de France, Célébration nationale de l’auteur en 2009 (culture.fr)

CÉRILLY et Charles-Louis Philippe, Association Guillaume Budé - section d’Orléans. Où sont également situés ses amis, écrivains du Bourbonnais, Émile Guillaumin (qui résidait principalement à Autun et prononcera l’hommage amical des écrivains, à l’enterrement), et Valéry Larbaud.

Sur le groupe de Carnetin :

— voir la biographie Marguerite Audoux, la couturière des Lettres, Bernard-Marie Garreau, Coll. Figures de proue, éd.Tallandier (1991).

— voir la biographie Léon-Paul Fargue, Louise Rypko Schub, éd. Librairie Droz, Geneva, Switzerland (1973) ; ISBN 9782600035262.

— Sur la pertinence, le discernement littéraire, et la sensibilité critique de Octave Mirbeau, qui défendit bec et ongles Charles-Louis Philippe, lire dans La revue des ressources (rubrique Le recours aux forêts) un extrait de son Journal, au 19 mars 1895, où il évoque l’auteur norvégien Knut Hamsun, alors peu reconnu, auquel le prix Nobel de Littérature sera décerné ultérieurement en 1920.


Quelques références bibliographiques et iconographiques en ligne :

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La nouvelle revue française N°12
1er janvier 2010 , NRF : Source Gallimard, librairie immatérielle.
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La nouvelle revue française N°13
1er février 2010 , NRF : Source Gallimard, librairie immatérielle
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La nouvelle revue française N°14
15 février 2010 , NRF : Source Gallimard, librairie immatérielle


Livrenblog
paperblog
Fonds littéraire de la ville de Vichy
e-gide
André Gide and Charles Louis Philippe, by Gene J. Barberet, University of Connecticut.
Charles-Louis Philippe and T.S. Eliot, by Grover Smith, Yale University.
Charles-Louis Philippe, Fifty Years before, by Gene J. Barberet.

Index des lettres de Charles-Louis Philippe disponibles au catalogue de l’enseignement supérieur Calames.

Le catalogue de l’édition immatérielle, commerciale, des archives de La Nouvelle Revue Française.

Les fragments des ebooks, archives de la Nouvelle revue Française, consultables gratuitement sur Internet (edenlivres, éditions Gallimard) :

- N°12, 1er janvier 2010 (comprend la première partie de Charles Blanchard, de Charles-Louis Philippe) ;
- N°13, 1er février 2010 (comprend la suite de Charles Blanchard de Charles-Louis Philippe) ;
- N°14, 15 février 2010 ("Numéro consacré à Charles-Louis Philippe").

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Charles-Louis Philippe, Entre Nietzsche & Dostoïevski, Claude Herzfeld, coll. Espaces littéraires, Littérature, éd. L’Harmattan, Paris, juin 2009 :
Les auteurs qu’affectionne Charles-Louis Philippe, Nietzsche et Dostoïevski, disent le désenchantement provoqué par l’abandon de l’onirisme scientifique. Si Philippe exalte "l’homme fort", il participe cependant à la "révolution par les humbles", qui fait une large place aux images de l’intimité, à l’enjolivement, à la "raréfaction", et qui remet ainsi en question les habitudes de penser du classicisme romanesque. Les mythologies de la Décadence apparaissent comme un déchirement sans lequel une culture ne peut se maintenir. De ce déchirement, l’oeuvre de Philippe porte témoignage.

notes:

[1] (Sur la probité éthique de Philippe, et son indépendance du fait qu’il dut son emploi administratif à Barrès, qui s’intéressait aux jeunes auteurs) Lettre de Charles-Louis Philippe à Maurice Barrès ; extrait de fr.wikipédia — source non référée ni datée).

[2] Voir l’article sur Marguerite Audoux dans fr.wikipedia. Son musée informé dans le site du ministère de la culture.

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