
"Elle a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l’intensité de l’effet. "
Charles Baudelaire
Rubrique Nouvelles Le 2 juillet 2010
"Un souvenir... Non. Pourquoi cette question ? Vous parliez de l’été, d’un été. Klervi penche la tête. Elle sent un léger souffle sur sa nuque. Elle s’est laissée distraire un instant. Elle fixe (...)
Rubrique Nouvelles Le 1er juillet 2010
Encore un bébé oublié dans une voiture sur un parking. Le stress, l’appel de l’entreprise, arriver avant l’heure, partir après l’heure. La performance, le profit ou tout simplement la peur de (...)
Rubrique Nouvelles Le 11 juin 2010
C’est l’une de ces journées caniculaires où votre épiderme et vos vêtements fusionnent comme un fœtus et son élément aqueux. Je ne dis pas ça par hasard. Aussi loin qu’il m’en souvienne, (...)
Ce jour encore il parle au présent. Qu’est le passé dans la nuit du chaos ? L’avenir dans l’épuisement ? il ne sait plus. Un mètre carré autour de lui dans la brume ensoleillée (...)
C’était l’heure du départ. Tous les jours, au moment où les Parisiens regagnaient par grappes et la panse remplie leurs bureaux confinés, Jeff, lui, allait voir ailleurs s’il y (...)
Une réponse en nouvelle sur le faux-débat de l’identité nationale, dans une métaphore du voyage grâce au véhicule qu’au terme de l’histoire, pas toujours drôle, le narrateur se (...)
النقطة ب لاتبعد عن النقطة أ إلا (...)
رغم ان كل علبة دخان تحمل تحذيرا (...)
Ça lui fait un peu peur cette façon qu’elle a de s’accrocher à elle pour ne pas sombrer trop vite. Élisa est tellement forte, même pas dix ans et elle remonte à la surface d’un (...)
Filipa parvient à la zone piétonne sans s’en rendre compte. Déboussolée, elle s’arrête au milieu du trottoir et cherche une cigarette dans son fourre-tout. Étrangère au bruit (...)
Peines perdues. Peines de cœur. Peines de langue. Panne d’acteurs. Panne de société. Peur de comprendre. Stop. Fini. Ça suffit. Recommence. Recommencer. Peines perdues. Cœur (...)
…et même la rue, sombre rue salie par la nuit, la rue embourbée de papiers gras et de mégots écrasés l’avait répudiée, refoulée jusqu’à sa porte, elle, l’étrangère, que (...)
« Adieu la vie, adieu l’amour, Adieu toutes les femmes. C’est bien fini, c’est pour toujours, De cette guerre infâme. C’est à Craonne, sur le plateau, Qu’on (...)
« This is no time for the innocent » Bret Easton Ellis, American Psycho 1. Choose to be lucky “If God was alive, he would hate them anyway” Marilyn Manson L’entrée de (...)
Il y a une chaise derrière la fenêtre. Une petite chaise en osier. La fenêtre est ouverte. Elle donne sur la rue. J’aperçois le ferry qui s’approche de l’île. En bas les gens (...)
C’est à croire que, descendant de la berline, vous êtes seul debout sur la plaine. Le soleil rase les étendues givrées et c’est en longues membranes violacées que la nuit se déchire. (...)
Ce jeudi 12 août, galerie Agnès B, sont exposés des portraits d’enfants de Sarajevo. Autour de leurs corps photographiés, Louis Jammes a dessiné de (...)
« Nous sommes des oiseaux, plus quelque chose que nous cherchons à éclaircir à partir de l’oiseau. » Rezvani, La Traversée des Monts Noirs Il écoutait les trilles extatiques du (...)
1. Tout a recommencé à cause d’un jeu débile à la télé. Je me limais distraitement les ongles, m’interrogeant sur la couleur du vernis que j’y appliquerais. Rose ou violet ? Et (...)
Cela fait aujourd’hui deux mois, jour pour jour - (son dernier courrier date du 26 mai 2004 et semble avoir été posté à Morteau, dans le Doubs) que je n’ai plus de nouvelles de (...)
« La sensibilité sociale particulière qui est le fait de nos principes politiques, si elle rehausse l’authentique dignité de l’Américain prospère ne fait qu’ajouter à la (...)
Quand mon père est parti je lui en veux encore. Il est parti comme ça, comme chaque jour. Un peu distraitement. Qu’il ne reviendrait pas il le savait pourtant. On s’aimait bien (...)
La nuit tombait sur la ville. Il se dit qu’il ne se sentait pas saoul et le clama à haute voix. Depuis sa sortie du bistrot, il n’ y avait que des lumières qui lui traversaient (...)
Lorsque Totof est venu au monde, il y a eu un très gros orage. Pépé pense que ça a sûrement fait disjoncter un appareil à la maternité, et que c’est pour ça que Totof est pas comme les (...)
A soixante-seize ans, Odette Lebon était passée maître dans l’art de faire tourner son entourage en bourrique. Si son fragile gosier se déshydratait, on se précipitait pour lui apporter un (...)
Und wenn er in Freude sich aufschwingt oder in Leiden versinkt, wird er nicht in beiden eben da aufgehalten, eben da zu dem stumpfen, kalten Bewusstsein wieder zurückgebracht, da er sich in der (...)
Tous les ans, à la période de Noël, Martine avait son coup de blues, comme elle disait. Alors, pour combattre la mélancolie, seule dans sa caravane, elle s’achetait une bouteille de gin et (...)
Des enfants bruns, des enfants blonds, trempés, boueux, pires que nus, marchent dans la neige d’avril, celle qui fane les fleurs d’amandiers des vallées fécondes, dans la pluie (...)
Pour Médéric Cartier A sa souffrance A la pureté de sa haine “In the place where Kate is they put electrodes on her head and needles in her spine and try to figure what went (...)
LE DETOURNEMENT Les moyens de trecere qu’on lui traça, repère par repère, établis par un organe puissant, avait révélé la mise au monde d’une créature monstrueuse, atrophiée, (...)
LE MEURTRE Un voile violet tombait jusqu’aux chevilles, elle s’y accrochait en marchant. Eh, regarde cui-là, il lit des poèmes. Éternuant à plusieurs reprises comme pris soudain (...)
Comme on a pas de carte, on sait pas si c’est à gauche qu’il faut prendre, ou bien si c’est pas plutôt à droite. Aucune indication. Il y a bien la passagère à l’avant qui (...)
Je n’ai encore rien dit aux petits. Je suis revenu avec un lecteur MP3 pour Jules et la dernière saison des Experts pour Lola. Sans leur mère mais avec ces choses dont ils rêvent. Elle (...)
Lorsque le petit choc des freins lui signala que le train s’était arrêté, elle se leva et ramassa ses affaires avec empressement. Elle se maudit intérieurement de s’être endormie : (...)
L’avertissement contre le danger de la cigarette n’est-il pas bien inscrit sur tout paquet de cigarette ? La cigarette pourrait causer la mort. Or, il semble que personne ne prenne (...)
Elle n’en finissait pas de parcourir ce boyau d’histoire, délabré, sombre et si mal entretenu. Elle passait quotidiennement par ce détour de temps pour gagner la rue basse où (...)
Les rues froides de Tours m’enveloppèrent de leur pénombre glaciale dès que je sortis du hall de l’immeuble où habitait ma mère. J’avais oublié à quel point la riante Touraine (...)
Jadis, ma vie était une succession de dimanches, plus ennuyeux les uns que les autres, à chanter les louanges de Celui qu’on nomme parfois Dieu, mais qui possède évidemment autant (...)
Ce jour je me souviens de la peinture au minium j’apprends que c’est une peinture au plomb qu’on n’en trouve plus qu’au Maroc qu’avant on s’en servait (...)
L’APPARITION Il sortit de chez lui, fut étonné de la voir comme si elle était une apparition sur le trottoir qu’il avait l’habitude de voir en face de lui, tous les jours, (...)
LA VISITE Une tête d’oiseau, stirba, doublée d’une tête d’alligator, dont les ailes se mouvaient lorsque l’animal du fond de sa grotte sortait, montrant son doux pelage à (...)
L’AMOUREUX Elle revenait de ses courses sur le chemin du village d’à côté qui longeait le champ. Elle se pencha pour compter le nombre de ses sacs. Un garçon pissait au bord de la (...)
ses cheveux sont bleus, les yeux rouges, il manque une dent, un corps emmailloté, ils (les cheveux) pendent sur les épaules, sa tête est recouverte, ceinte d’une auréole, son teint est (...)
Mon roman en progrès Un Café sur la colline a enfin trouvé sa forme. Les termes « polyphonie » ou « mosaïque » me semblent un peu galvaudés pour la décrire. La métaphore de l’hologramme me (...)
Vanessa Une jolie préfecture, en 2008. Vanessa vient de fêter ses vingt-quatre ans. Elle est vendeuse dans une boutique de parfumerie, sur une belle avenue qui conduit à la gare SNCF. Les mecs (...)
Il m’a dit de l’appeler Igor, pour ne pas attirer l’attention. Blond aux yeux clairs, il pouvait avoir l’air d’un Russe. Il m’a fait monter dans une Volga (...)
De tout là-haut, par grand vent, j’entends les paquets de mer qui viennent se fracasser sur le roc et le granit. Mâchoire incontrôlée. Incessante et folle. Un fracas tel que tous les bruits (...)
La neige est entrée dans le gymnase aussi mal refermé qu’une plaie. Elle a recouvert les hurlements des enfants. Une femme s’approche en titubant. Si elle est ivre, c’est de son (...)
Trois personnes, deux femmes et un homme, s’étaient assises à la table en face de moi. Il avait la cinquantaine, peut-être plus. Figure paternelle. J’appris, en écoutant des bribes de (...)
Dans la montée depuis Beit Zait vers Mevasseret Tzion, mes mains transpiraient tellement qu’elles commençaient à glisser sur le volant. Je conduis lentement, je vais en finir avec la (...)
A ma grand-mère La première fois que Margareth me vit, ses yeux pétillaient. Elle me sourit, posa un doigt sur sa bouche et me fit signe de regarder par la fenêtre. Son ami le rouge-gorge venait (...)
"Un souvenir... Non. Pourquoi cette question ? Vous parliez de l’été, d’un été. Klervi penche la tête. Elle sent un léger souffle sur sa nuque. Elle s’est laissée distraire (...)
Accroupie dans une immobilité douloureuse, Daphné attend que la porte se referme. Elle suit le faisceau d’une lampe, promène avec lui son regard sur les étagères, entend les pots de (...)
Admettons que n’ayant rien à dire, j’écrive comme on a soif, par besoin autant que par envie, pour étancher une très ancienne incontinence, ma passion. Admettons et buvons cette (...)
le jour se lève, sa peau est moite, elle a chaud, elle se prépare du café, ouvre les volets de la cuisine le jour se lève il fait une chaleur à crever elle tire sa robe bleue sous ses fesses se (...)
J’ai connu la dame aux sangliers lorsque j’étais enfant et j’eus même (fait très exceptionnel !) la permission maternelle de séjourner chez elle. Pendant le court laps de temps (...)
Un jour le gouvernement du pays ordonna aux citoyens de se rassembler sur les places de ses villes car il avait une chose importante à annoncer. Tous les gens arrivèrent en marchant sur leurs (...)
— Couche- toi ! — Je suis couché, dit l’enfant. — Mais tu n’es pas couché, dit la mère. L’enfant ferma les yeux pour un moment. Dehors le vent était tout (...)
A mon père. Cela lui avait pris des années. Tout d’abord, il avait dû trouver l’arbre parfait. Pour cela, il avait commencé à chercher dans les bois qui entouraient le monastère, (...)
LE REVE « Ce soir, je dormirai ici ; puis la femme demanda : tu l’as vu ? » Elle était assise sur un coussin, le deux jambes allongées, l’un des pieds posé sur un petit banc, dans (...)
Ça arrive toujours le vendredi. Enfin peut-être pas, y’a pas de raison que ça surgisse plus le vendredi qu’à un autre moment, mais dans mon souvenir ça se passe toujours un vendredi. (...)
Le premier jour de la nouvelle année, après avoir rapidement téléphoné à sa famille proche pour les gratifier de ses bons vœux, Auguste Plantin se remit au travail. Les jours fériés étaient (...)
C’est l’une de ces journées caniculaires où votre épiderme et vos vêtements fusionnent comme un fœtus et son élément aqueux. Je ne dis pas ça par hasard. Aussi loin qu’il (...)
La lumière rentre de traviole dans la chambre et cloue les ombres contre le mur. Je suis réveillé depuis un quart d’heure et je regarde le visage du Christ. Il me regarde, lui aussi. Nous (...)
Un soir, nous faisions l’amour lorsque sur ton dos je l’ai remarquée, cette petite tache, bleue et dorée sur le pourtour. Je l’ai touchée avec le doigt, te caressant je la (...)
Au début de la guerre d’Espagne, Marie est venue avec ses parents dans le sud de la France. Son père était un gros con de l’ancien temps, qui la battait parfois comme on tape un (...)
Tokio est un vieux clochard bridé qui était là avant moi et qui y sera après. Tokio n’a pas d’âge, mais certains disent qu’il a fait la guerre d’Indochine et que (...)
Ça fait un bout de temps que j’ai pas mis les pieds sur le chemin de halage. Les arbres ont grandi. Ils ont arraché les broussailles et créé un chemin goudronné tout du long. La tête pleine (...)
Le coucou Le coucou On ne le voit jamais, mais il annonce le printemps. « Le coucou gris de l’Afrique est gris ». Avec mes déficients j’avais décidé (avec difficulté) de leur (...)
Dans ma boutique, je croise toutes sortes de gens. Je ne les rencontre pas souvent mais je les croise, je les aperçois, j’entends une phrase ou deux et tout cela est suffisant pour imaginer (...)
Tout ici est inconcevable : la première vie dément la seconde ; la seconde est la négation de tout ce que la première affirme avec une splendeur et une force telles qu’on n’en vit (...)
Encore un bébé oublié dans une voiture sur un parking. Le stress, l’appel de l’entreprise, arriver avant l’heure, partir après l’heure. La performance, le profit ou tout (...)
Le point B n’est pas loin du point A, cinq cents mètres les séparent. Pourtant, sortir de chez moi et arriver au magasin qui se trouve au point B est devenu un vrai risque ces jours-ci. (...)
Je suis le premier de ces misérables. De ceux que le sort désigne, car il faut bien que le hasard se heurte à l’homme avant qu’il s’acharne sur lui. Depuis ce moment où je (...)
RECTO Rafle avant-hier vers les coups de quatre heures du matin dans le village. Les soldats avaient pénétré dans les maisons à coups de crosses et d’injures, extirpé les gens de leurs (...)
Fracture nette. Tout reste là comme en flottement. Et comment se tenir, et quelle attitude prendre. Où qu’il regarde, visages vaguement connus dégueulant de bons sentiments, et certains (...)
Fracture nette. Tout reste là comme en flottement. Et comment se tenir, et quelle attitude prendre. Où qu’il regarde, visages vaguement connus dégueulant de bons sentiments, et certains (...)
— J’en ai déjà égorgé trois. — Encore un, Oncle Kadour ! — Pas possible ! Kadour avait l’air de regarder à travers l’arbre et les maisons… (...)
Moi je fais le taxi depuis vingt-cinq ans. Seulement le jour. Avant, je roulais la nuit aussi, maintenant j’ai arrêté, ma femme veut plus, c’est trop dangereux. Elle est belle, ma (...)
Il tombait une pluie de jours fériés sur la ville, très fine, continue, durable, bénigne apparemment. La veille, on avait remis des prix aux élèves du collège et les voisins (...)
Plus il scrutait les murs plus ceux-ci fuyaient par les côtés qui ondulaient, devenant obliques dans plus d’un sens. Et ces couleurs juxtaposées qui venaient les charger et les voilà (...)
Les choses n’avaient plus besoin d’elle. Elle pouvait enfin s’enfuir, écouter un autre chant que celui de cet enfermement envahissant et feutré qui cernait sa vie. Elle avait (...)
Blanche et fine est Elise. Son corps de jeune femme bien que d’apparence fragile, est musclé, offensif, enclin à l’effort. D’aussi loin qu’elle se souvienne Elise a (...)
Serai-je un jour assez belle pour me refléter dans les larmes du désir ? Les doigts valsaient dans les cheveux, étreignaient les mèches auburn. Le mouvement se faisait plus présent, et le geste (...)
A une petite souris de Cleden. Agathe a décacheté l’enveloppe, soigneusement, à l’aide d’un petit couteau pointu de la cuisine. Elle ne reçoit jamais de lettres (...)
Le 21 décembre, « Mon petit papa Noël, Je te remercie pour le camion rouge de l’année dernière. Il était très beau. Cette année, je voudrais te commander une nouvelle petite soeur car (...)
Toujours à la même place, près de la fenêtre. Les mains dans le dos. Le dos au mur. Elle laisse tomber sa tête en arrière. Sa gorge se tend comme une corde que je voudrais nouer autour de la (...)
Ten Ten WINS, vous écoutez WINS, branchez-vous sur Ten Ten, l’info en continu, l’info non-stop. Vous nous donnez 22 minutes, et nous vous donnons le monde : une femme noire a été tuée (...)
Un claquement sec, juste le temps de ne pas comprendre, mais d’entendre, au pied des barbelés, le lointain grésillement de ce qui s’appelait une chair. Entamée, blessée, laminée, elle (...)
1. Il m’a fallu attendre cinq heures du matin pour m’endormir. J’étais fatigué sans avoir sommeil comme une énergie de lassitude, qui m’a fait tourner dans mon vieux lit (...)
J’ai entendu que ça s’agite autour de la table ce jour, mon petit mari il s’impatiente, et qu’est-ce qu’il va bien pouvoir manger au souper, je laisse la surprise (...)
La joue voluptueusement abîmée dans les replis humides de son Fruit of the Loom, je ne respire pas. Ou à peine. Juste assez pour ne pas m’évanouir et rater le plus beau slow de ma vie. Mais (...)
1. Je marche entre Mareuil et Luynes, sur la piste cyclable bordant la route. Une odeur de feu flotte, une petite pluie fine m’imbibe doucement, des coup de feu au loin indiquent des (...)
Cinq ou six verres, un vendredi soir. Jackie se tourna sur son tabouret et dit : Tony, ça fait combien de temps qu’on est copains ? Tony plissa les yeux, but une gorgée de son scotch "on (...)
Hésitant, mal assuré, il se dirigea sans bruit vers la table qui jouxtait la nôtre, l’air presque de s’excuser d’avoir à s’installer si près, mais où aller autrement ? La (...)
Ernest Wallace était dans sa voiture lorsqu’il entendit la nouvelle. Nellie lui avait demandé d’aller acheter du lait et des légumes au supermarché. Il avait protesté, en expliquant (...)
1 cela fait déjà plusieurs fois qu’il vient rôder autour de la place du PCF, à la recherche de cet étrange individu aux deux grosses bosses sur la tête, une sur la tempe droite et (...)
“Télémaque parlait. Mais Pallas Athéna, égarant leur raison, les fit tous éclater d’un rire inextinguible. Leurs mâchoires riaient sans qu’ils sussent pourquoi ; les viandes (...)
Elle m’embrasse. Marina. Nous sommes allongés sur le lit. Après. Tard dans la nuit. J’ai envie de me lever, fumer une clope, boire un verre d’eau. Je sens sa peau humide, (...)
Il s’agit, sans doute, d’une erreur ou d’un malentendu. En tout cas, vous êtes le bienvenu, lui ai-je dit, lorsqu’il a pénétré dans mon bureau, à la suite d’un (...)
Je m’appelle Pierre, Pierre Raynaud, comme mon père, enfin lui, il s’appelait Jean, Jean Raynaud. Ma mère, elle, c’était Marie. Pas si jeune, mon père, quand je suis né : (...)
Je croyais qu’elle devait passer la soirée avec des amis à elle, alors qu’en fait pas du tout : ils avaient pas pu. Donc on se retrouve tous les deux, on sait pas trop quoi faire. Je (...)
Ce mois de septembre-là était plus que pluvieux. Je me rappelle qu’elle me disait : Ray, je n’en peux plus de cette pluie. Quand j’étais môme, j’adorais la pluie, mais (...)
Je n’ai pas pu entrer en Suisse. Un œil de douanier a sélectionné mon véhicule dans le flux, son bras m’a fait signe d’aller me garer un peu plus loin, à l’écart. Il (...)
Ses rêves partis, elle s’y oublie parfois. Morceaux de poésie qui ont semé sa trace, le ciel sans plus d’étoiles auxquelles se raccrocher. Lorsqu’elle ferme les yeux, elle (...)
Adhémar de Thérouanne, dans sa Chronique de la Cité terrestre, prétend que le comte de Flandre Robert, dénommé par certains jongleurs et conteurs de fables Robert le Diable, mourut empoisonné à (...)
« Si je voulais résumer, je dirais que c’est comme dans ce roman de Duras, Le Marin de Gibraltar. Enfin, pas tout à fait : ce serait sans le marin, ni Gibraltar, et sans celle qu’il (...)
Matthieu ne peut pas passer inaperçu. De très loin on sait que c’est lui, ce ne peut être que lui. Quarante-cinq ans, français comme lui. Le crâne rasé avec seulement une touffe de cheveux (...)
« Il ne craignait absolument pas la mort. Il n’avait plus sa place parmi les hommes. Et il se mit à marcher comme quelqu’un qui n’avait plus d’endroit où aller et qui (...)
C’est la troisième fois cette semaine qu’elle se réveille à 3:20 du matin en pensant à lui. Ils se sont rencontrés il y a quelques semaines, à une audition. Elle lui a dit : Acteur, (...)
« Bienvenue ». Un mot, un seul, sur cette banderole rédigée à mon attention. Bienvenue, comme si j’étais parti depuis une éternité, émergeant d’un profond coma, ou de retour (...)
Dans cette vie, il faut toujours savoir ce qu’on veut, déclara Brahim à sa femme. Il se tut. A l’intérieur de la chambre, sous quelque meuble crissait un insecte. Brahim (...)
Conduisant à travers la ville par une nuit glaciale de février, vous vous arrêtez à un feu rouge, juste avant d’entrer dans la Central Park Drive. Au coin de 59ème rue, il y a une femme qui (...)
L’écran clignote tandis qu’un bourdonnement sourd provient des enceintes au son métallique. A part une unique chaise en bois, décentrée vers la droite, la pièce est vide. Les murs (...)
Kristina Voger devint instantanément célèbre à l’âge de dix-huit ans, après l’avoir intensément désiré. D’une manière qu’elle n’aurait su prévoir et sans pouvoir en (...)
C’est votre décision en tout cas, moi, je ne peux que vous conseiller de partir. Vous ne dites rien ? Qu’attendez-vous donc ? Qu’il vous tue ? Vous n’avez pas envie (...)
Elle se lava soigneusement les dents, comme elle en avait l’habitude avant de sortir. Elle était invitée chez une lointaine connaissance de sa mère, rencontrée "par hasard" chez une autre (...)
Le téléphone sonne une fois, puis se tait. Il lui jette un coup oeil, puis se replonge dans son journal. Après avoir parcouru les pages de sport, il pose le quotidien sur la table de la cuisine, (...)
A Florian, Pierre et Miloud, à la paix entre les enfants de l’Humanité. En janvier les marchés n’ont pas d’odeurs et peu de couleurs attirent les regards des courageux qui y (...)
Quelles que soient les cités, l’argent facile sert aussi à nourrir la famille. Entre nous, on appelle ça le NRFC, les nouveaux revenus des familles au chômage. Dans notre pays en crise les (...)
L’art est mort, vous l’avez tué. Caché, occulté le soleil. Roméo et Juliette sont défunts, la comédie musicale ne les a pas ressuscités, le veau d’or est toujours debout. Le (...)
Tu crains que tes garçons, en rentrant de l’école, ne s’approchent des soldats pour leur jeter des pierres, tu trembles qu’ils soient blessés, mutilés, tués simplement parce (...)
Depuis trois jours, un ballet incessant défile devant moi : des redingotes dont les galons brillent de mille feux, des aiguillettes couleur or perchées sur des épaulettes, des têtes serrées dans (...)
Une petite fenêtre. Comme plantée là. Elle jurait avec les autres fenêtres, si grandes, de cet immeuble qui faisait face à celui dans lequel je vivais mes premiers instants. Une anomalie. Et puis (...)
C’était il y a un an. Ses ongles sont peints en rouge. Elle sent le parfum et elle sourit. C’est l’un de ces jours où ma mère est belle. Je sais pourquoi c’est moi toute (...)
Au troisième jour toute la ville puait. Le couvre-feu dès cinq heures de l’après-midi. On arrivait dans les dechras. Une allumette … pfuuuit ! Plus rien. Sur place ne restaient (...)
Bernardin s’est levé sans plus de difficulté ce matin là. Il était habitué au rythme du travail depuis tellement longtemps qu’il ne s’en souvenait plus. Pour aller au bureau, il (...)
Tu l’as appelé ? Non, je vais le faire. Je finis de débarrasser la table et pose les assiettes sur le rebord de l’évier. Anne en prend une sans me regarder et la fait glisser sous (...)
"Alors tous les péchés, fils légers et tenaces du démon, qui pour des cœurs un peu sensibles, rendaient ces hommes plus effrayants que des monstres, voulaient se jeter à cette eau. Les (...)
Le téléphone sonne, et vous répondez. Lorsque vous entendez sa voix dans votre oreille, c’est comme si votre montre s’arrêtait, et vous souhaitez secrètement avoir laissé le répondeur (...)
Ernest Wallace was in his car when he heard the news. Nellie had asked him to buy some milk and vegetables at the supermarket. He had protested, arguing that he was in the middle of correcting (...)
Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils doivent être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils sont capables d’être. Goethe Vingt trois heures, minuit peut être. (...)