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Neiges (texte intégral) 

mardi 13 décembre 2011, par Yan Allegret

JO

(première partie selon le rythme Jo-Ha-Kyu)


Tout se forme, dure quelques instants, avant de se défaire.
Je marche dehors, au bord de la route.
C’est la fin de l’après-midi. L’hiver.
Il neige depuis le début de la semaine. Je rentre chez moi.

Je fais ce chemin tous les jours, depuis des années.
C’est un moment particulier dans la journée.
J’ai quitté mon travail et je ne suis pas encore arrivé chez moi.
C’est une sorte d’entre deux. De flottement.

J’ai l’habitude de ce chemin.
Ma marche sait d’elle-même l’itinéraire, la direction.
Le rythme de mes pas s’est adapté à la neige. Je n’y fais pas attention.
Pas plus qu’au passage des voitures.

La neige tombe entre le jour et la nuit.
Elle tombe sur des milliers de vies comme la mienne.
Je pense à cela tout en marchant.
Tous ces gens qui, comme moi, rentrent chez eux et se retrouvent dans l’entre deux, sous la
neige.

Un flottement.

J’ai perdu le fil de ma pensée.
L’espace d’un instant, j’ai été absent à moi-même.
Pendant une fraction de seconde.
Un vide m’a traversé.
Comme si j’avais été bousculé, de l’intérieur, par quelque chose.
Une absence.

Je suis arrêté au bord de la route.
Je regarde autour de moi.
Rien n’a été affecté par le vertige qui m’a saisi.
La neige continue de tomber. Les voitures passent près de moi.
Les autres passants ne se sont pas arrêtés.
Mais je ne bouge pas.

Je cherche un indice en moi : la dernière pensée qui m’a traversé ; je repasse en arrière le cours
de ma journée pour savoir si quelque chose ne se serait pas insinué sans que je m’en
aperçoive, pour rejaillir soudainement.
Mais je ne trouve rien.
J’ai travaillé comme les autres jours. J’ai mangé comme les autres jours.
Je rentrais à la maison. Il n’y a rien de particulier là-dedans.

Je sens le froid, la neige sur mon visage.

Je regarde tout autour de moi.
Le paysage est banal, familier.
Un champ enneigé d’un côté. De l’autre, une rangée de maisons.
Plus loin, au bord de la route, un autre passant est en train de marcher.
Je le vois de dos.
Il n’y a rien. Rien d’important.
Rien qui mérite de retenir l’attention.
Je ne suis témoin que d’une banalité.

J’ai fait ce chemin des centaines de fois.
Il n’est pas beau. Il n’est pas original.
Rien ne justifie que je reste là.
Mais je ne bouge pas.

Je ne sais toujours rien de cette absence qui m’a envahie.
La neige continue de tomber silencieusement.
Et l’immobilité se propage à l’intérieur de moi.
C’est comme si quelque chose venait de se rompre, là. D’être coupé.
Un fil me retenant à un certain rythme. Du monde. De moi-même.

L’écho du vide continue à résonner.
Je reste debout. Les voitures passent à moins d’un mètre.
Le désir de reprendre la marche continue à avancer devant moi sur la route.
Il s’éloigne. Peut-être va-t-il chercher un autre hôte, ailleurs, plus digne de confiance.
Comme ce passant au loin qui continue sa marche, indifférent à la neige.

Mon regard se fixe sur le champ enneigé.
Je distingue des traces de pas.
Des empreintes qui vont se perdre au loin.
Deux personnes ont marché, côte à côte.
Ou bien une personne a marché dans les traces d’une autre.
A la recherche de quelqu’un.
Peu importe.
La neige les aura recouverts dans quelques heures.

Je tourne la tête.
Les maisons sont éclairées pour la plupart.
Aucun mouvement ne s’en dégage.
La vie est dedans, imperméable à mon regard.
La vie est derrière les murs.

Le bruit du passage des voitures me paraît lointain, hors de portée.
Quelque chose s’est tu. A l’intérieur.
Le silence de la neige s’est relié sans que je m’en aperçoive à un silence qui existe en moi. Et
lui a ouvert les portes.
Le paysage est entré, sans que j’y fasse attention.
Il creuse doucement en moi et je creuse en lui.

Je distingue plus nettement les reflets de la lumière sur le champ enneigé.
L’avancée des nuages à des rythmes différents.

Les traces de pas dans le champ, plus ou moins profondes.
Les lumières des maisons et le tremblement des rideaux frôlés par la vie à l’intérieur.
Le silence.
La silhouette qui n’en finit pas de marcher à la limite de la disparition.
Et ma propre immobilité.
Quelque chose m’est familier dans ce paysage. Presque intime
C’est quoi cette sensation d’appartenance ? Subtile. Persistante.
J’ai du mal à penser. A me dire que je dois rentrer chez moi.
Reprendre le fil qui vient d’être rompu.

L’entre deux s’est dissipé.
C’est un temps différent, neuf, dont je ne sais strictement rien.
Je regarde la neige tomber et peu à peu c’est comme si la marche n’avait jamais existé.
Ou alors, dans une autre réalité.

Une main délicate – la mienne ? – a pris entre ses doigts, les fils qui constituent mon histoire,
mon passé, mes désirs, mes certitudes, mes projets d’avenir, et commence à les détacher, un
par un. Lentement, la main défait, dénoue ; elle dérobe ma langue, fait taire mes pensées.

Une phrase remonte dans le silence.
« Le sens ? Voilà, il neige… Où est le sens. »
D’abord je ne me souviens plus d’où viennent ces mots.
Puis, après un moment, je me rappelle :
Tchekhov, dans la pièce « les trois sœurs ».
Je l’ai lue il y a longtemps.
Comment une phrase peut-elle revenir ainsi, plusieurs années après ?
Je n’en sais rien.

« Le sens ? Voilà, il neige… Où est le sens. »
Cela se mêle au paysage et bientôt je ne peux plus séparer la phrase de lui. Elle se mêle au
champ et à ses empreintes, aux maisons éclairées de l’intérieur, au passage des voitures, à la
sensation de froid qui entre en moi sans me gêner, à la silhouette là-bas qui s’efface
lentement.

« Le sens ? Voilà…il neige. Où est le sens. »
Cela vient s’échouer au bord de mes lèvres.
Je murmure ces mots dans la banalité d’une fin d’après-midi d’hiver.
Arrêté au bord du chemin quotidien me conduisant à la maison.
Et la neige continue de tomber.

HA

Développement

Tout se forme, dure quelques instants, avant de se défaire.

J’ai perdu la trace de mon arrêt.
Du temps a dû passer. J’ai oublié.
Impossible de trouver la mesure juste.
Des heures. Des minutes.
Je ne sais pas.

Les passants ont dû quitter l’entre deux et rejoindre leur maison.
Ils doivent être maintenant assis dans un fauteuil à sécher leurs pieds et leurs cheveux.
Ou dans la cuisine, en train de préparer à manger.
Je ne les vois plus.
Ils ont rejoint la vie derrière les murs.
Je vois les rideaux trembler quand ils passent devant leurs fenêtres allumées.

J’aurais pu être à leur place.

Mais je suis resté immobile.
Désarmé au bord la route, comme le serait un enfant ou un infirme.
Et je regarde la neige tomber du ciel sans effort sur la ville.

Une part de moi a été recouverte et je ne la vois plus.
Celui que je suis, qui va au travail, qui rentre à la maison, celui qui se souvient de son passé,
qui est capable d’imaginer un futur, qui manifeste des idées, des sentiments, des émotions ;
celui-là est enfoui maintenant sous la neige et je ne le vois plus.
J’ai perdu mes propres traces.

C’est comme s’il neigeait à l’intérieur.
Il y a maintenant en moi une grande étendue blanche.

« Le sens ? Voilà, il neige. Où est le sens ».

Je ne sais toujours pas pourquoi je me suis arrêté.
Mais j’ai accepté cette incohérence. Et puis après un moment, je n’y ai plus pensé.
J’ai la sensation d’avoir été sorti du monde et dans le même temps, mis face à lui.

Toujours cette sensation d’appartenance.
Une forme d’intimité immédiate et simple avec tout ce qui m’entoure.
C’est comme si j’avais traversé sans m’en apercevoir une frontière au-delà de laquelle les
éléments disparates du paysage se mettent à résonner ensemble avec moi.
Une résonance. Un lien.
Comme une vibration très légère.

Je n’ai rien à faire ici.
Je n’ai rien fait pour que tout cela me soit montré.
Mais je reste là.

A cet instant, c’est comme si c’était la seule place juste.

La profondeur du paysage ne semble pas avoir de limites.
Le champ est plat, sans arbres. Il s’étend à perte de vue.
Je distingue à peine les traces de pas dans le champ.
Elles se perdent au loin.
La neige est en train de tout recouvrir.
Bientôt, il ne restera plus rien.
Aucune preuve du passage de deux personnes dans le champ.
Aucune explication sur la raison de leur marche.
Il ne restera que la mémoire d’avoir vu, un jour, des empreintes dans la neige.
Et encore. Je n’en suis déjà moi-même plus très sûr.

Je regarde devant moi.
La silhouette sur la route est toujours là.
Je la distingue au loin, malgré la neige qui trouble ma vue.
Elle paraît jouer avec sa propre disparition, tantôt s’effaçant à mon regard, tantôt
réapparaissant à travers l’averse de neige.

La route est devenue plus calme.
Les voitures doivent être garées. Rangées dans les parkings.
Je ne les entends plus.

La neige ne fait aucun bruit.
Son silence s’étend et paraît éteindre tous les sons environnants, comme on éteindrait la
flamme d’une bougie avec les doigts.
J’ai l’impression que si je parlais, aucun son ne sortirait de ma gorge.

Sauf peut-être cette phrase :
« Le sens ? Il neige, voilà. Où est le sens ».
Je me souviens maintenant. C’est une phrase écrite au détour d’une conversation, presque
anodine. Elle ne change le destin d’aucun personnage. Elle ne produit aucune action.

Acte II, Macha s’interroge :
« Tout de même, quel est le sens de tout cela ».
Touzenbach lui répond :
« Le sens ? Voilà, il neige. Où est le sens… »

C’est comme si c’était trop simple pour être compris.

Savoir si quelque chose a un sens.
A s’arrêter au bord de la route ou au contraire à rentrer chez soi après le travail.
La neige s’en fout.
Elle unifie tout.
Elle recouvre tout.
Le champ, la route, les voitures en stationnement, les toitures des maisons.
Jusqu’à la ville toute entière.
Tout paraît sans défense.
Comme offert.

Mon corps est enveloppé dans le froid.
Je n’ai aucun désir d’y échapper.
Les extrémités de mes mains et de mes pieds se sont engourdies.
Je ne me souviens pas avoir ressenti le froid aussi pleinement qu’à cet instant.
On m’a enlevé tous les apparats que j’ai construits pour vivre et laissé nu au bord de la route.
Et étrangement, ma sensation d’être vivant en est décuplée.

« Le sens ? Voilà, il neige. Où est le sens ».

Et si c’était cela le réel.
Et si l’illusion n’était pas dans cette phrase, ce paysage banal et mon immobilité, mais dans
tout le reste.

La silhouette au loin semble s’être arrêtée.
J’ai l’impression qu’elle s’est retournée vers moi.
Nous nous regardons, séparés par la neige et la distance que nous ne pouvons franchir.

L’instant n’est relié à rien d’autre qu’à lui-même.
Il ne dessine aucun avenir.
Il semble indifférent à tout avenir. A toute raison. A tout but.

A travers l’averse de neige qui s’épaissit, je crois voir la silhouette reprendre sa route.
Et puis très vite, je ne la vois plus.

Je regarde vers le champ et je m’aperçois que je n’ai aucun espoir devant lui.
Je n’imagine rien, ne veux rien.
Je n’en attends aucun signe, aucune parole, aucun enseignement.
Simplement, je suis là. Et le champ est là.

J’ai ouvert la main sans m’en apercevoir.
La neige tombe dedans et je la vois fondre au contact de la peau.
Bientôt, il n’y a plus que de l’eau dans ma main.
Je la regarde, longtemps.
C’est comme si tout était résumé, là, au creux de ma paume.
Tout cela n’est que de l’eau.
Toute l’étendue blanche qui domine la ville n’est que de l’eau qui s’écoule entre mes doigts.

La fonte de la neige se répercute à l’intérieur de moi, à une profondeur nouvelle.
Quelque chose est en train de se déchirer doucement. De céder.
Je n’y oppose aucune résistance.

Je commence à sentir des gouttes sur mon visage.
J’oublie.
Ma conscience est comme l’eau qui s’écoule entre mes doigts.

KYU


Tout se forme, dure quelques instants, avant de se défaire.

Toutes ces pensées sur la neige, toutes ces réflexions.
Tous ces chemins.
Il n’y a plus rien. Plus rien à quoi s’accrocher.
La neige a fondu dans ma main. Puis tout autour de moi.

La pluie a recouvert la ville.
J’ai regardé depuis ma place immobile le paysage se défaire lentement, puis se recomposer,
sous un autre visage. La neige a cédé à la pluie et je n’ai pas bougé.

La nature a tout oublié.
Comme un enfant oublie le jeu qu’il était en train de faire, parce qu’il en commence un autre.

Je suis toujours immobile, arrêté au bord de la route.
Mais quelque chose est différent.
C’est comme si on avait soudain lâché ma main.

Le paysage est le même et pourtant, il est devenu autre.
La nature a tourné la page. Sans mélancolie. Sans deuil.
C’est fini et cela n’a délivré aucun message.
Où est le sens ?
La phrase de Tchekhov s’est perdue dans la neige.

Je regarde autour de moi.
La pluie a déshabillé le champ de toute sa neige.
Il ne reste aucune trace.
Les empreintes de pas, le souvenir, le silence et la neige.
Tout s’est mêlé à la terre.
Maintenant, à perte de vue, le champ est nu et boueux.

Je sens la pluie sur mon visage, j’entends le bruit qu’elle fait et je réalise alors que quelque
chose vient de s’achever.
C’est une sensation claire, précise.
Aussi nette que mon arrêt brutal au bord de la route.

Je ne sais pas où tout cela m’a conduit.
Ni ce que cela veut dire.
J’avais peut-être secrètement espéré quelque chose.
Que la neige me conduirait quelque part.
Elle ne m’a conduit que jusqu’à moi.
Et je suis là, les mains vides.
Ignorant.

« Le sens ? Voilà, il neige. Où est le sens »

Du point de vue de la neige, il est trop tard.
Mais du point de vue de la pluie, tout commence maintenant.

De partout, des bruits me parviennent.
Je perçois l’écoulement de l’eau dans les gouttières.
Le bruit de l’averse sur le goudron, le champ et les toits.
J’entends une voiture au loin derrière ; elle se rapproche puis me dépasse avant de soulever un
peu loin sur la route une gerbe d’eau immense.

Quelque chose s’est achevé mais le paysage est toujours là, vivant, logé en moi.
Je distingue dans les flaques les milliers de cercles que les gouttes font en tombant.

Puis je regarde au loin. La silhouette a disparu.
Pendant un instant, un sentiment d’absence me traverse.
Comme si quelqu’un de proche m’avait quitté.
Je repense à l’eau dans ma main.
La neige n’a pas disparu. Elle a juste changé de forme.
Peut-être la silhouette a-t-elle fait de même.

J’ai l’impression de me réveiller après m’être endormi près d’une fenêtre ouverte.
Le froid est entré à l’intérieur de moi.
Je ne sens presque plus mes mains ni mes pieds.
Mes jambes et mon dos sont douloureux, mes genoux tétanisés par le froid.
Je suis trempé et je tremble.
Mais sans que je puisse me l’expliquer, j’éprouve une sorte de satisfaction à ressentir ces
douleurs.

Toujours cette sensation aigue d’être en vie.
Toujours ce goût d’appartenance.

J’ai beau essayer de reconstruire mentalement l’image du paysage enneigé, ma mémoire ne
trouve pas de prises. Mes parois intérieures sont lisses.
Je ne vois que là. Que maintenant.

Je ne sais pas vraiment si j’ai appris quelque chose.
Si quelque chose m’a été dit.

« Le sens ? Voilà, il neige. Où est le sens »

Il ne reste rien de ce voyage.
Rien pour m’alourdir. Rien à porter.
Je regarde mes mains vides.
Je sens mon immobilité se fissurer.
Puis après un temps, je pose mon pied sur le sol.
Je reprends mon chemin.

Le ciel gris est saturé de nuages et dégage une lumière diffuse.
J’ai du mal à savoir si c’est le matin ou le soir.
Mon équilibre est encore instable.
Je dois ressembler à un enfant lorsqu’il apprend à marcher.

Après un moment, mon corps commence à se réchauffer.
La douleur s’atténue.
Tout en marchant, je ne croise aucun passant.
Ou bien je ne les vois pas.
Je ne réfléchis à rien, je laisse mon esprit se poser où il le souhaite.
J’oublie la neige.
J’oublie tout ce qui vient de se passer.
Je me fonds dans le rythme de la marche en écoutant le bruit de la pluie.
Je marche longtemps ainsi, dans une sorte d’interstice.

« Où est le sens. »
Cela me revient encore.
Comme ces chansons à la radio que l’on entend sans y prêter attention et que l’on fredonne le
soir sans comprendre pourquoi.

Après un moment, je débouche dans ma rue.
Au bout, je vois la lumière de ma maison allumée.
Je ne me souviens plus si j’ai éteint en sortant lorsque je suis parti travailler.
Je reconnais les habitations voisines, les voitures garées sur le bas-côté.
Tout cela m’est familier.

En me rapprochant, je commence à mieux voir.
Je distingue quelque chose sous la pluie fine.
A travers la fenêtre de ma maison, se tient une silhouette droite et immobile.
Elle est tournée dans ma direction.
L’eau ruisselle sur la vitre et m’empêche de la voir complètement.
A cette distance, l’averse me masque encore son visage.

Mais j’ai la sensation qu’elle regarde vers moi.
Qu’elle est là, depuis longtemps, à cette place.
Contemplant le paysage pluvieux qui s’offre à elle.
A sa place juste.

Epilogue


Tchekhov, peu avant sa mort, écrivit à son seul amour Lidia Alexeievna Avilova : « Je vous souhaite des tas de bonnes choses. Surtout, ne considérez pas la vie de façon trop compliquée : elle est sans doute beaucoup plus simple qu’on ne pense ; et puis, cette vie dont on ne sait rien vaut-elle toutes les réflexions douloureuses qui épuisent nos pauvres cervelles-je me le demande… »

P.-S.

Première étape de travail et présentation publique du projet Neiges réalisées au théâtre nô Tessenkai (Tokyo) en mai 2009, en coproduction avec l’Institut franco-japonais de Tokyo, avec le soutien de l’Ambassade de France et de la compagnie Seinendan.

Texte publié aux Editions Espace 34 version bilingue Français / Japonais

Neiges
Yan Allegret

ISBN : 2-84705-066-3
EAN : 9782847050660
13x21cm, 48 p., 9 €

1 voix

Ouvrage publié avec le soutien de l’association Beaumarchais

2010

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