La Revue des Ressources
Accueil > Dossiers > Journaux personnels > Journal de Marie Bashkirtseff (extraits)

Journal de Marie Bashkirtseff (extraits) 

samedi 2 juin 2012, par Marie Bashkirtseff (Date de rédaction antérieure : 31 mars 2009).

A quoi bon mentir et poser ? Oui, il est évident que j’ai le désir, sinon l’espoir, de rester sur cette terre, par quelque moyen que ce soit. Si je ne meurs pas jeune, j’espère rester comme une grande artiste ; mais si je meurs jeune, je veux laisser publier mon journal qui ne peut pas être autre chose qu’intéressant. - Mais puisque je parle de publicité, cette idée qu’on me lira a peut-être gâté, c’est-à-dire anéanti, le seul mérite d’un tel livre ? Eh bien ! non. - D’abord j’ai écrit très longtemps sans songer à être lue, et ensuite c’est justement parce que j’espère être lue que je suis absolument sincère. Si ce livre n’est pas l’exacte, l’absolue, la stricte vérité, il n’a pas raison d’être. Non seulement je dis tout le temps ce que je pense, mais je n’ai jamais songé un seul instant à dissimuler ce qui pourrait me paraître ridicule ou désavantageux pour moi. - Du reste je me crois trop admirable pour me censurer. - Vous pouvez donc être certains, charitables lecteurs, que je m’étale dans ces pages tout entière. Moi comme intérêt, c’est peut-être mince pour vous, mais ne pensez pas que c’est moi, pensez que c’est un être humain qui vous raconte toutes ses impressions depuis l’enfance. C’est très intéressant comme document humain. Demandez à M. Zola et même à M. de Goncourt, et même à Maupassant ! Mon journal commence à douze ans et ne signifie quelque chose qu’à quinze ou seize ans. Donc il y a une lacune à remplir et je vais faire une espèce de préface qui permettra de comprendre ce monument littéraire et humain.
Là, supposez que je suis illustre. Nous commençons :
Je suis née le 11 novembre 1860. C’est épouvantable rien que de l’écrire. Mais je me console en pensant que je n’aurais certainement plus d’âge lorsque vous me lirez.
Mon père était le fils du général Paul Grégorievitch Bashkirtseff, d’une noblesse de province, brave, tenace, dur et même féroce (...).

Quand je serai morte, on lira ma vie que je trouve, moi, très remarquable. (Il n’aurait plus manqué qu’il en fût autrement !) Mais je hais les préfaces (elles m’ont empêchée de lire une quantité de livres excellents) et les avertissements des éditeurs. Aussi, j’ai voulu faire ma préface moi-même. On aurait pu s’en passer, si je publiais tout ; mais je me borne à me prendre à douze ans, ce qui précède est trop long. Je vous donne, du reste, des aperçus suffisants dans le courant de ce journal. Je reviens en arrière souvent à propos de n’importe quoi.
Si j’allais mourir comme cela, subitement, prise d’une maladie !... Je ne saurais peut-être pas si je suis en danger ; on me le cachera et, après ma mort, on fouillera dans mes tiroirs ; on trouvera mon journal, ma famille le détruira après l’avoir lu et il ne restera bientôt plus rien de moi, rien... rien..., rien !... C’est ce qui m’a toujours épouvantée. Vivre, avoir tant d’ambition, souffrir, pleurer, combattre et, au bout, l’oubli !... l’oubli... comme si je n’avais jamais existé. Si je ne vis pas assez pour être illustre, ce journal intéressera les naturalistes ; c’est toujours curieux, la vie d’une femme, jour par jour, sans pose, comme si personne au monde ne devait jamais la lire et en même temps avec l’intention d’être lue ; car je suis bien sûre qu’on me trouvera sympathique... et je dis tout, tout, tout. Sans cela, à quoi bon ? Du reste, cela se verra bien que je dis tout...

Paris, 1er mai 1884

Vendredi 28 décembre 1877

C’est drôle, il y a des gens qui ont… je ne sais quoi qui est fait justement de façon à vous plaire, un geste, un mot, un rien, mais c’est ce rien, ce quelque chose, qu’on ne retrouve pas chez les autres, ce qui fait que ce ne sont que ces gens-là qui vous paraissent vos semblables, qui vous amusent. Ce n’est pas que je sois folle de Cassagnac, mais il faut dire qu’il a ce quelque chose et que certaines intonations de sa voix me reviennent tout à coup et me font plaisir.
Avant je disais : Faut-il être désoeuvrée ! Je ne suis plus désoeuvrée, mais c’est dans ma nature. Alexandre est… usé jusqu’à la corde, et comme il n’y a personne je songe à Cassagnac que j’ai vu deux fois… j’y rêve comme à mon prix de Rome, comme à toutes sortes de bêtises ; je dis tout cela pour vous tenir au courant, pour que vous sachiez quel est le héros des romans que je compose. Pour la plupart je pense au dessin, mais pour ne pas mentir il faut avouer que j’accorde bien dix minutes ou un quart d’heure dans les vingt-quatre heures pour ces romans. C’est inoffensif.

Samedi 29 décembre 1877

M. Robert-Fleury a été très content de moi. Il est resté une demie-heure au moins devant une paire de pieds grandeur nature que j’ai faite, m’a redemandé si j’avais jamais peint, m’a dit que je voulais donc faire sérieusement de la peinture, combien de temps je pouvais rester à Paris, m’a exprimé le désir de voir mes premières choses à la couleur, m’a demandé comment j’avais fait. Je répondis que je l’ai fait pour m’amuser. Comme cela se prolongeait, tout le monde est venu derrière lui pour écouter et au milieu de la, j’ose le dire, stupéfaction générale il a déclaré que si j’en avais envie je pouvais peindre. A cela j’ai répondu que je n’en mourais pas d’envie et que je préférais me perfectionner en dessin, à laquelle résolution il applaudit beaucoup. J’ajoutais alors que je le priais de me traiter très sévèrement, ce qu’il me promit en disant qu’il le ferait d’autant plus que cela vaut la peine.

Cette scène m’a rendue très contente et puis sérieuse, je ne sais plus pourquoi.

Ce soir, à thé, la Comtesse de Fayet, le baron d’Alt, et Monseigneur. La Fayet est en attendant un mal presque nécessaire. Elle a un genre horrible, je me sentais offensée de la souffrir, mais j’espère en être délivrée puisque le prince est présenté et est venu chez nous. Ce sera toujours un cavalier de plus. Il est petit, brun, le teint frais, la moustache noire et longue, la mâchoire inférieure grande et mobile et le front qui se plisse souvent. Bonnes manières, simple, pas trop bête en attendant, air calme plat. Il m’a aidée à faire mon chocolat et d’ailleurs paraît bon garçon.
Il a une haute opinion de Popaul, ce qui me convient.

Mais mon Dieu ! j’oublie de vous dire que Paul, mon petit frère Paul, est arrivé ce matin à six heures. Il est au mieux avec son père et repartira dans quelques jours. Il est gras, gros, j’ai l’air d’une petite princesse à côté de lui. A dix-huit ans c’est un homme et un homme immense, un monsieur enfin, et ce monsieur est allé voir la Tzigane. Il n’est pas détestable, et j’espère qu’il ne ment pas en disant qu’il adore la campagne et ne désire aucune autre existence. Que chacun prenne son bonheur où il le trouve, et si ce garçon pouvait vraiment devenir un gentleman-farmer, ce serait bien.
Pauvre Grand’Papa a été très content de le voir.

J’ai tout le temps été jolie et mieux habillée que lorsqu’est venu Cassagnac. N’est-ce pas désagréable ? Ce soir j’avais une robe idéale, chaste et décente mais trop simple pour être portée à Paris ailleurs que chez soi, j’étais coiffée comme aime Blanc, dernières années de l’Empire ou antique, teint blanc et légèrement rosé… Bref, ! C’est absurde !

Dimanche 30 décembre 1877

Il est pitoyable vraiment de prendre la plume pour raconter que Georges est revenu, qu’il est entré dans la salle à manger, que je me suis levée pour le chasser et que maman s’est jetée contre moi pour le protéger comme si je pouvais lui faire mal. Sans doute ce n’était pas sa pensée, mais cela est déjà arrivé une fois et cela m’avait mise dans un état à tuer quelqu’un, après quoi j’ai expliqué longuement le résultat de ces façons et j’ai supplié de ne plus le faire disant que cela me rendait folle. Ce soir la même chose. Et on ose dire quelque chose contre moi !!!
Ils sont fous ou bien ils veulent que je me tue. En raisonnant je ne le ferais jamais, mais dans un moment comme ce soir, puisque je vous dis qu’ils me rendent folle, folle à lier. Et rien qu’en me souvenant de cette scène je suis prête à aller et à frapper ma mère avec la main, avec n’importe quoi.
La rage m’étouffe… je ne sais ce que je vais faire, je suis restée trois heures couchée et malade, et à présent je suis trop enragée, trop en colère, trop hors de moi pour dormir.
Mon Dieu ayez pitié de moi, donnez-moi de la patience pour vivre.

Lundi 31 décembre 1877

Nous avons rencontré Cassagnac aux Champs-Elysées, il a salué maman mais je ne l’ai pas vu.

J’ai été à l’arbre de Noël chez les Suissesses. C’était gai et gentil mais j’avais envie de dormir ayant travaillé jusqu’à dix heures du soir.

Je suis triste, les fêtes chez nous ne se fêtent pas et cela rend triste. C’est chez les artistes que j’ai entendu sonner minuit. Nous avons fait la bonne aventure. Breslau aura des couronnes, moi le prix de Rome et les autres des fours et des soufflets, tandis qu’encore moi un baiser de Robert-Fleury. C’est tout de même drôle. Pourquoi pas Zeller et Schaeppi des couronnes et moi et Breslau des fours ? Blans m’a envoyé une bonbonnière charmante.

Mardi 1er janvier 1878

J’ai rarement, ou pour mieux dire jamais, commencé si bien l’année. Le matin j’ai dessiné. L’après-midi nous sommes allés nous promener dans les Champs-Elysées à pied, moi, Dina et Paul ; puis en fiacre, et nous riions parce que Paul, entré avec peine dans le coupé, ne pouvait plus en sortir, ses jambes et sa tête étaient déjà sous le vestibule quand ses pieds n’étaient que sous la banquette.
Nous rentrons et qu’est-ce que je trouve chez nous ? Paul de Cassagnac. Il dit qu’il a beaucoup souffert mais que le voilà calmé et qu’ayant déjeuné avec ses parents il est venu chez ses meilleurs amis, nous. Il est resté longtemps et bien entendu j’ai trouvé que c’était encore trop peu. Il a eu quelques mots drôles, par exemple il a dit que dans la conversation je suis absolument comme une lunatique qui se lève la nuit et marche sur les gouttières et sur les rebords de toits sans se douter à quelle hauteur et où elle se trouve. C’est vrai. J’ai… Nous avons été charmants.
Moi et Dina sommes invitées à dîner chez les Boyd, vous vous en souvenez ? Mais avant cela nous allons avec maman chez Mme Dimitri Kanschine, très élégante et grande dame. Maman la connaît de Genève par les Sapogénikoff qui à cette époque y trônaient.
Chez les Boyd personne d’étranger outre lord Pager, le veuf de Blanche Boyd. Une soirée assez amusante, les trois sœurs sont gaies et nous avons projeté des déguisements, des escapades, presque comme avec les Sapogénikoff. Ces dames ne demandent pas mieux et tâtent le terrain pour savoir si l’on peut aller.
Ce qui m’ennuie c’est Annie Boyd et Bertha qui veulent que je l’emmène à l’atelier et l’après-midi ! Pensez donc, le modèle nu ; j’ai prévenu et beaucoup parlé des bains de mer et du caleçon. Bertha m’assure qu’elle n’est pas prude. C’est égal, j’ai peur. Il n’y aurait que… n’importe quoi, pour que ce soit une arme, un prétexte blessant . Cela m’ennuie.
Blanc a dîné chez nous, je l’ai vu puisque les Boyd ne dînent qu’à sept heures et demie.

Breslau m’a donné une petite peinture faite d’après son croquis avec la harpe.

Les cartes de Zurlo et du prince de Bourbon.

Cela m’ennuie tant que Bertha veuille dessiner l’après-midi.

Vendredi 23 mai 1879

Donc, hier je suis allée écouter à la porte ce que disait ma respectable famille. Et je crois bien que pour cette fois je ne conserverai plus d’illusions sur le compte de tous ces gens-là. Pendant deux heures je les ai écoutées se consolant les unes les autres et calmant leur conscience en rejetant toutes les fautes sur moi et en disant que je suis punie par le ciel parce que je persécute le malheureux Georges. Tout ce que des étrangers et des ennemis pourraient dire, on l’a dit. On m’a calomniée, on m’a salie, on m’a avilie. On a froissé toutes mes vanités et on a promené de gros doigts sales sur toutes les blessures de mon amour propre depuis que je suis jeune fille. Et je ne crois plus que ce soit de la stupidité, car lorsque Jeanne, qui connaît les persécutions contre ce malheureux Georges, a rencontré ma... mère en lui disant : " Chère amie, chère amie, Marie a raison ; ne vous opposez pas à ce qu’on vous délivre de cette honte." Ma charmante mère a répondu : " Mais ma chère Madame, au contraire, je désire en être débarrassée et ne doutez pas que nous ne prenions des mesures, nous en avons déjà prises, ce qui me tourmente et me chagrine c’est que ma malheureuse enfant se compromette en fourrant son nez partout." Elle le racontait à ces dames pendant que j’écoutais à la porte, et elle ajoutait en pleurant que je suis un monstre de persécuter son frère qu’elle aime et qu’elle veut protéger. Ainsi que je sois livrée au scandale et que ce malheureux il y a huit jours encore vienne crier des horreurs en français sous nos fenêtres et qu’il dise dans les cabarets que ses soeurs sont des voleuses et moi une furieuse et une fille qui se traîne dans tous les mauvais lieux de Paris, ça ne fait rien. Et que ce malheureux soit empoigné par la police pour escroqueries et faux et scandales et outrages aux moeurs, sur la plainte du Comptoir Russe qu’il a escroqué, alors c’est ma faute, c’est moi qui l’ai lâchement dénoncé à la police cet hiver et c’est Dieu qui m’en punira.
— Il n’y a pas besoin de vous enfuir, dis-je en ouvrant la porte très calmement, je n’ai que quelques mots à vous dire, je ne vous ferai pas l’honneur d’une scène. C’était bon au temps où je m’imaginais que ce que vous me disiez en face était du dépit, des irritations, des querelles en famille. Je viens de rester près de trois heures à écouter les saletés et les infamies que vous disiez sur moi pour vous justifier et calmer un peu vos consciences. Car pour savoir la vérité avec des menteurs comme vous il faut écouter aux portes. Maintenant j’en ai assez, j’ai fini et je vous répète que je ne vous insulterai même pas. Vous êtes des étrangers et des ennemis. Vous ne me verrez pas, je mangerai seule.
Vous savez que l’on entend pas impunément ce que j’ai entendu... jamais, jamais je n’ai soupçonné cela. On ne m’aime même pas. Ce que j’en obtiens c’est de leur lâcheté et de leur bêtise. Ce sont mes plus dangereux ennemis, car une parole d’eux vaut plus qu’une calomnie énorme d’un étranger.
C’est je crois un des plus grands effondrements qu’on puisse avoir dans sa vie. Et ce qui est pénible surtout c’est de vivre avec ces gens-là. Je ne veux plus les voir du tout pendant quelque temps, après il faudra bien... mais ce ne sera plus jamais, jamais comme avant. Déjà il s’était passé entre nous des scènes qu’on n’oublie pas, cette fois c’est la fin, pour moi du moins. Ces créatures pensent que je boude et que cela a passé déjà, parce que les Karageorgévitch dînant ce soir j’ai dîné avec tout le monde. Elles ont osé me parler. Hier soir je n’ai pas écrit, j’étais trop émue, à présent je suis calme et je vous raconte cela. Certaines choses on ne se les pardonne pas à soi-même. Elles ont déploré mes malheurs en disant qu’Antonelli ne m’avait pas abandonnée à cause des renseignements de Nice mais bien à cause de ma conduite. Alors elles déduisent que je suis furieuse contre elles parce que Antonelli m’a abandonnée. Et des choses dans ce genre. Cela se passe de commentaires, n’est-ce pas ? Je dois dire que lorsque j’eus dit que j’étais depuis deux heures à écouter, l’effet a été grand et ces malheureuses et excellentes personnes se sont troublées au point que j’ai eu envie de rire.
Non seulement à Antonelli, elles me donneraient à n’importe qui ; moi qui pensais qu’elles voulaient des rois. Et je crois que j’aimerais autant recevoir un soufflet que de me voir ainsi considérée par des gens que je pensais fiers et même trop exagérés sur mon compte. Ainsi, elles m’auraient donnée à ce petit Italien et à n’importe quel autre. Je n’ai jamais vu d’homme me faisant la cour qu’elles ne pensaient pas digne de moi, seulement je croyais qu’elles faisaient semblant... pour grossir mes conquêtes par vanité. Ah ! bien oui. Enfin, tout cela est bien dégoûtant. On ne peut pas dire autre chose. Très dégoûtant.
Ainsi j’aurais été perdue par ces gens-là, ternie par leurs scandales (commencés avant ma naissance) ; ainsi j’aurais souffert de leur vie mal organisée, de leur manque de tact, de leur existence assez honnête en somme, mais en désordre, mais avec toutes les apparences du mal : ainsi j’aurais été victime de toutes leurs maladresses, et c’est ma faute. Et à seize ou dix-sept ans si j’ai été imprudente ou simplement étourdie en paroles, alors je me conduisais mal. Est-ce que ces vertueuses femmes m’ont jamais donné l’idée de ce qui est convenable ou inconvenant dans le monde et de comment doit se tenir une jeune fille ? C’est moi qui, à force d’ennuis, suis parvenue à savoir vivre et c’est moi qui leur apprends tous les jours et malgré cela elles commettent de telles bêtises quelquefois qu’on voudrait être sous terre. Mais voilà des récriminations inutiles et indignes de moi. Elles m’ont bien dit que s’embrasser avec les hommes était mal mais ce fait matériel est bien peu de choses à côté de toute cette science qu’il faut pour se bien maintenir dans l’esprit des gens et se faire respecter ; et dont ces vertueuses personnes ne savent pas un mot.
C’est sale, c’est écoeurant. Parce que c’est ma famille je lui supposais et des délicatesses et des élévations... et il n’en est rien, absolument rien. Ce sont des gens bornés, ordinaires et abrutis par leurs malheurs.
Et je suis bel et bien toute seule.
Le Pays de ce soir est faible, l’article est mauvais ; l’homme a diminué. En voilà encore un faux chevalier, faux délicat, faux loyal, faux brave.

© la revue des ressources : Sauf mention particulière | SPIP | Contact | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | La Revue des Ressources sur facebook & twitter