La Revue des Ressources
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De l’aveu de faiblesse de la diffamation 

samedi 2 octobre 2010, par Robin Hunzinger

Note du 3 octobre : L’affaire est réglée. Laurent Margantin a publié ses excuses à Régis Poulet et notre droit de réponse, quoique présentés avec quelques maladresses à notre égard* (dans l’article Trois coïncidences sous deux volcans) ; mais elles nous paraissent sans importance vu l’enjeu collectif des solutions amiables, dans le réseau critique du pouvoir. Pour information : nous laisserons notre édito jusqu’à ce que les caches publics du site "Oeuvres ouvertes" et du résultat des requêtes sur les personnes concernées, dans les moteurs de recherche, qui perpétuent la désinformation du nom de Régis et de La revue des ressources (au-delà de la volonté de Laurent Margantin), aient changé.

C’est avec stupéfaction que la Revue des ressources, dont je suis le directeur de publication, a pris connaissance d’une rumeur diffamatoire venue du site internet Oeuvres ouvertes et du compte Twitter associé d’un ancien membre de la revue, compte avec lequel nous ne sommes pas syndiqués. Virulence du Twitt dont nous avons pu repérer les traces sous des réponses parmi notre propre réseau, alors que le Twitter qui travaille en relai de la malveillance publique du site est au contraire strictement privé, quoique qu’il rassemble un réseau singulier d’éditeurs et d’auteurs sur le web (partagé avec beaucoup d’autres dont le nôtre et les leurs). Ce qui accroit le préjudice au-delà des lecteurs, sans nous permettre de combattre au coup par coup la désinformation qu’il instruit en temps réel et en temps différé.

Deux articles publics dans le site, aux intitulés délateurs encadrés en première page, comprennent des allégations publiées — et même éditées en toute responsabilité d’y faire l’objet de l’éditorial — particulièrement graves à notre encontre. Y étant de surcroît précisé que toute réponse de notre part ne pourrait y avoir lieu.

Dans le premier l’auteur allègue que la revue des ressources copierait son site :
" la Revue des ressources, ou "j’épie voleuse""
"Je veux bien que la RR suive l’affaire de près, mais elle suit aussi visiblement de près ce qui se fait sur Oeuvres ouvertes."

"Je me pose donc des questions. Me dis qu’on vient lire, très bien, mais qu’on a peut-être (je laisse la question ouverte) trop tendance à venir faire ici son marché. Je n’aimerais simplement pas que cela finisse par devenir trop voyant."

Dans le second il accuse un de nos rédacteurs en chef de plagiat tout en lui refusant tout droit de réponse : "Régis Poulet - au nom de la Revue des ressources ou en son nom personnel, je ne sais - nie en bloc s’être inspiré de thèmes et idées d’Oeuvres ouvertes comme je le soupçonne formellement depuis hier, suite à la découverte de son propre texte - médiocre il faut bien le dire - sur une excursion autour d’un volcan, texte également accompagné - comme par hasard - de photos. Et ce seulement deux semaines après que j’ai mis La Marche au volcan, images et textes, en ligne. J’accuse donc Régis Poulet de mentir lorsqu’il dit n’avoir pas lu mon propre texte. Que n’a-t-il mis le sien en ligne avant, puisqu’il écrit qu’il s’agit d’une excursion faite en 2008 ! Il va sans dire que je maintiens mes soupçons exprimés ce matin, et que je n’accorderai pas de droit de réponse ici, qu’ils aillent ou qu’il aille (dé)mentir sur leur site !"

La Revue des ressources, gravement mise en cause, entend exercer son droit de réponse qui lui est pour le moment refusé.

La Revue des ressources tient à faire part des éléments suivants :

1. Laurent Margantin, qui ne regarde que son propre site et épie ce que fait la Revue des ressources, ignore totalement que la Lettre de George Sand à Flaubert qu’il nous accuse de lui avoir volée, a été proposée dès le 16 août par Gabriel Matzneff ici :

http://www.matzneff.com/chroniques.php?id_chronique=34

avant que Jacques Julliard, notamment, ne la reprenne dans le Nouvel Observateur. Sources que Laurent Margantin lui-même ayant publié en aval, bien qu’accusant d’être pillé, n’a pas citées. Au reste ce texte est dans le domaine public et il est bien la moindre des choses de l’avoir fait circuler solidairement dans le réseau sans que Matzneff y ait pris ombrage — nous pourrions même dire : au contraire.

2. Pour le dossier Rimbaud, dès le 19 septembre Jacques Desse nous en proposa la lecture après la publication papier de la Revue des deux mondes. C’est le temps de recevoir l’autorisation de publier (demandée comme toujours dans de tels cas) par les deux Libraires associés, qui est la seule raison pour laquelle le dossier complet de 115 pages n’a pas été publié avant le 22 septembre.

3. Régis Poulet tient à répondre en son nom aux attaques personnelles particulièrement malveillantes dont il a été l’objet de la part de Laurent Margantin :

"Je commencerai par rappeler le message que j’ai posté sur le forum de l’article du site de Laurent Margantin le 29 septembre en réaction aux calomnies dont la Revue des ressources et particulièrement moi-même étions victimes :

Que votre vol honteux soit fait / Commotion ! (titre du message)

Bonjour Laurent,

je ne suis qu’à moitié étonné que tu critiques la Revue des ressources avec des accusations délicates de vol plutôt que de prendre contact avec nous pour cette affaire qui te porte ombrage.

Tu vas être bien déçu de constater que comme toi nous suivons l’horrible actualité et gardons les mêmes engagements quoique nous t’ayons déplu : la défense des Roms, par exemple, nous y avons consacré moult articles sans te consulter ni même ton nouveau site.

Pour ce qui concerne Rimbaud : tu avais pris des contacts et lancé un riche dossier sur Rimbaud avant de nous tourner le dos. Nous avons depuis eu bien des échanges avec les divers chercheurs qui se sont impliqués dans l’identification et l’éclaircissement de la photographie prise à l’hôtel Univers à Aden. Le dossier de la Revue des deux mondes, nous l’avions reçu en même temps qu’elle par les Libraires associés qui apprécient le travail de la revue des ressources, le temps de lui trouver une place dans notre calendrier et... voilà que tu t’estimes espionné...

Je n’ai jamais apprécié les attaques fielleuses, je vais être direct en réponse à ton accusation ridicule (et paranoïaque) relative à mon texte "Boues" :

1. Je n’ai pas lu ton texte sur le Piton de la fournaise.

2. La géologie, je l’ai étudiée à l’université dans les années 1980, et tu le sais pertinemment. A tel point que tu as toujours évité, pendant les quelques années où nous nous sommes côtoyés, d’aborder le sujet avec moi alors que tu t’y intéresses.

3. Mon texte fait partie d’un ensemble intitulé "Eléments d’une grammaire ouverte" dont "Boues" est le deuxième volet ; "Boues" est écrit depuis des mois.

4. Enfin, je suis allé en Islande en 2008 pour y voir les volcans sans attendre que tu ’découvres’ le Piton de la Fournaise ! Je suis heureux que tu aimes les photographies que j’y ai faites et rassuré que tu n’aimes pas mon texte. En outre ta posture d’écrivain plagié, c’est grotesque.

Pour ce qui concerne ta revue, à laquelle, en dépit de tes critiques acerbes dès ton départ de la RDR, nous avions élégamment souhaité bonne chance lors de son lancement, je lui redis bonne chance - mais ce n’est sûrement pas la bonne façon de la faire connaître que d’y accueillir les aigreurs.

Régis

M. Margantin a eu la malhonnêteté de ne pas valider mon message sur son forum mais ne s’est pas gêné pour y répliquer avec une véhémence par laquelle il m’accuse d’avoir plagié un de ses textes que je n’ai jamais lu et ne lirai pas. Je vais donc étayer davantage mon propos puisque le calomniateur m’y incite par son attitude.

J’ai étudié la géologie à l’Université Claude Bernard dans les années 1980 à Lyon et ai notamment eu pour professeurs messieurs Jean-Michel Carron, avec qui j’ai approfondi les mystères de la minéralogie, et Hervé Bertrand, actuellement professeur de vulcanologie à l’ENS de Lyon, qui m’a fait découvrir ce que sont les volcans. Après avoir obtenu une licence en géologie fondamentale et appliquée, je me suis tourné vers des études de lettres et de philosophie, avant de devenir docteur en littérature comparée en 2000. Cela fait vingt-cinq ans que les volcans m’intéressent, cela fait trente ans que j’écris, même si j’ai assez peu publié, et M. Margantin, parce qu’il découvre un de mes textes sur ce thème (et encore, mon propos est moins de parler d’un volcan que d’un ‘élément’, la boue) publié quelques jours après un texte de sa plume où il évoque, m’a-t-on dit, une excursion sur un volcan, s’imagine (ou feint de s’imaginer) que je lui ai ‘copié dessus’. Je sais bien que M. Margantin est comme moi professeur dans le secondaire, mais cela sent un peu l’élève dépité. Il a travaillé sur Novalis et la minéralogie et pas une fois en six ans, sachant ce qu’était la géologie pour moi, il n’a voulu en parler…

Les volcans ont une place dans mon écriture depuis des années, cette calomnie grotesque ne devrait donc abuser personne. D’autant plus qu’il y a un an ou presque (le 28 septembre 2009), j’ai adressé à Laurent Margantin, pour qui j’avais encore de l’estime, quelques poèmes issus de mon expérience islandaise de 2008, dont un tout particulièrement, le plus long (de soixante-six vers) où j’évoquais une randonnée sur le volcan Krafla et le Hrafntinnuhryggur ou ‘dos du corbeau’ dont je fis le titre d’un recueil. Loin de moi l’idée de penser que cela pût l’inspirer ultérieurement pour sa balade sur le Piton de la Fournaise ; ayant comme moi travaillé sur la géopoétique, il est bien assez grand pour y avoir songé tout seul. Au cas où ma parole serait encore contestée – et M. Margantin est bien un original en ce qu’il est la première personne qui m’ait traité de menteur – le poème en question ainsi que le recueil Sur le dos du corbeau est depuis le 17 octobre 2009 chez un célèbre poète franco-écossais (à qui il est dédié) entre autres poètes.

Alors qu’il se refuse à publier mes messages, il n’hésite pas à valider un message injurieux et vindicatif et poursuit sa spirale haineuse."

Il est bien lamentable d’avoir à se justifier ainsi, mais la diffamation puis l’injure ainsi que la nature d’internet ne permettent pas de rester sans répondre.

Il n’est pas inutile d’informer le lecteur que Laurent Margantin n’a quitté la Revue des ressources que de son plein gré pour aller former sa propre revue. On comprend d’autant moins pourquoi il s’en prend au fait de ne plus signer parmi nous des dossiers qu’il avait contribué à fonder ou auxquels il avait collaboré, sa place ne lui ayant jamais été déniée ici, elle est même déclarée à divers endroits dont l’édito sur les 16 ans de la revue.

Nous réitérons et signons de demander un droit de réponse à l’endroit ou nous sommes diffamés.

Robin Hunzinger

Directeur de la publication

P.-S.

Nous pouvons procurer les preuves informées par mes soins : le texte reçu mis en attente jusqu’à la confirmation de l’accord des deux Libraires associés (dans leur respect de l’engagement avec La revue des deux mondes), le calendrier des publications correspondant aux mises à jour de la banque de données, l’absence de version modifiée des articles originaux de Régis Poulet, (tels qu’intégralement édités, en une seule fois, dans l’interface de la rédaction).

Errata :
- en réalité le principe d’utiliser des créations photographiques personnelles et même une vidéo associées à un texte a été expérimenté par Régis Poulet dès le 27 avril 2010 dans le texte intitulé, justement indiquant une série, Éléments d’une grammaire ouverte : (1) écorces ; c’est dire si l’association texte/image ne lui était pas inconnue avant l’édition de Éléments d’une grammaire ouverte : (2) boues.


* Quelques maladresses notamment :

- le terme "grotesques" décerné aux explications de Régis Poulet (en miroir de sa réponse "à chaud" en commentaire d’abord non publié dans le site Oeuvres ouvertes), est une reprise inopportune à propos des sources à la fois personnelles et universitaires de sa passion pour les volcans, s’agissant d’une défense légitime de celui-ci contre une attaque préjudiciable, à la fois personnelle et publique, sur l’authenticité de ses raisons d’écrire sur un tel sujet selon les étapes et le déplacement de sa formation.

- de citer à plusieurs reprises Aliette Guibert en lui attribuant arbitrairement des nuances hors de leur contexte (son commentaire ayant depuis été enlevé de part et d’autre), même si elle me prie de dire — en plus de ce point — qu’elle assume totalement d’avoir aidé entre les deux parties dans cette affaire.

- quant à mon "autoritarisme", alors ce serait peut-être une qualité, si je rappelle qu’il sert à prendre des responsabilités publiques et à assurer le pragmatisme collectif en souplesse, nécessaires pour la revue. Non à imposer aux éditeurs des articles dont ils ne voudraient pas dans les champs dont ils s’occupent. Sauf à rappeler que ce ne sont pas des champs propriétaires mais en partage collectif, et d’y discuter en commun les refus au lieu de les dépasser par un acte de pouvoir. Négociations débouchant aussi souvent sur un consensus avec l’éditeur, qui se rallie finalement à la position critique, que sur la persistance de son refus, entraînant alors le choix du report de tels articles dans d’autres rubriques, d’où viennent des propositions d’accueil en quête de solution équitable. En l’occurrence, concernant le départ de Laurent Margantin, je tiens à rappeler ici que ce n’est pas sur les conséquences de mon autoritarisme qu’il a quitté délibérément la revue ; en effet, son refus d’un article trouva une solution dans la création d’une nouvelle rubrique, et non d’avoir à le publier contre son gré dans le champ qu’il gérait. Ainsi la revue s’est-elle enrichie du champ pluridisciplinaire "Masse critique".
Mais au lieu d’apporter à ses yeux une solution, c’est de nouveau le concept de cette rubrique, sur lequel je suis resté ferme après l’opposition irréversible à l’ouverture du "Champ critique" (à d’autres oeuvres et auteurs que strictement littéraires), qui lui parut inacceptable. S’agissant, au contraire, d’un nouvel espace d’édition sans hiérarchie de valeur, ni réduction disciplinaire (sinon singulièrement), pour y proposer entre autre tout ce qui serait hors format des autres champs, (ceci visant du même coup à éviter les conflits entre éditeurs à l’avenir, d’une façon générale), et d’y fonder une rubrique forte pour mettre ce champ hors du re-cloisonnement catégoriel, ou du fourre-tout, en invitant un nouvel éditeur, auteur et journaliste connu, transgenre entre la théorie, la littérature, la critique, et la musique : cela posa une question de doctrine, à l’évidence insurmontable.


Logo : Madame Anastasie (la censure : allégorie), André Gill, L’Eclipse, n° 299, 19 juillet 1874 © BnF
Les ciseaux d’Anastasie, synonyme de censure dans la presse et dans l’édition en général. Le mot tire probablement son origine du pape Anastase Ier qui inaugure la censure chrétienne en interdisant certains livres parce que ces derniers ne correspondent pas à la cosmologie chrétienne.

Logo de survol : Set de table (assemblée de salamandres), création extraite du site de la décoration et du catalogue © Créations Fany Perle.

2 Messages

  • Bravo 1er octobre 2010 15:41, par Aliette G. Certhoux

    Dans un monde tel que le nôtre en France aujourd’hui, sous le régime de l’Hadopi et de la lopsi2 sur fond d’identité nationale et de xénophobie raciste, il est désespérant de découvrir des membres du réseau de la libre édition sur le web en rajouter sur la propriété de l’information culturelle, et même de passer aux actes de procès d’intention préjudiciables au-delà de leur voisin au réseau tout en entier, en tentant d’y semer la division et la discorde par le recours à la désinformation, pour accomplir un opportunisme personnel quand au contraire il faudrait faire front. Ne cherchez pas la France de Sarkozy, elle est bel et bien là : flippée. C’est déjà le jeu de 2012.

    Voir en ligne : criticalsecret

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    • La lampe 1er octobre 2010 16:56, par envoi d’X

      Le vent noir qui tordait les rideaux ne pouvait
      soulever le papier ni éteindre la lampe.
      Dans un courant de peur, il semblait que quelqu’un pût entrer.
      Entre la porte ouverte et le
      volet qui bat - personne !
      Et pourtant sur la table
      ébranlée une clarté remue dans cette chambre
      vide.

      N’est-ce pas cela, l’entropie du deuil du web, qui nous envahit ?

      Voir en ligne : Pierre Reverdy, une poésie aux aguets

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