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Dans les monts du Khangaï  

Voyage en Mongolie

samedi 5 juin 2010, par Rodolphe Christin (Date de rédaction antérieure : 18 décembre 2003).

Le craquement du bois sec

sur le genou plié

des chevaux soufflent il fait nuit

autour du feu des hommes

des brèches de lumière

s’étendent sur les visages

tendus comme des bruits

Du nomadisme nos sociétés ont retenu le déracinement de l’émigration internationale et la mise à disposition du salarié à l’employeur, l’une et l’autre de ces formes se confondant souvent. Chercher l’opulence présumée, le pays de cocagne ou soi-disant tel, la ville, l’industrie, l’atelier de l’usine ou le bureau préservé. Il faut partir pour vivre une autre vie, meilleure, ou plus simplement pour la gagner en exerçant une activité contre rémunération. Le tourisme émerge et dessine une voie nouvelle. Un chemin de nantis. Il est le contrepoids ludique de cette logique laborieuse. Le touriste paie pour se distraire de son travail.

De son côté le nomadisme traditionnel existe enraciné dans le déplacement. Il ne signifie pas l’arrachement de la tige à ses racines. Ce nomadisme s’enracine non seulement dans le mouvement mais aussi grâce à lui car son centre de gravitation n’est pas unique et fixe. Cette gravitation se forme autour de points multiples. Ceux-ci dessinent à eux tous une étendue sillonnée de pistes, constellée de pâturages où suspendre un temps donné, une saison d’été par exemple, ce mouvement qui plus tard partira retrouver son territoire d’hiver.

La steppe mongole est l’archétype de cette étendue nomade même si Ulaanbaatar a rompu avec les traditions. Il arrive néanmoins qu’on y repère encore un cavalier perdu au milieu d’un flot de Hyundai aux diesels mal réglés. Voici l’exception venue confirmer la règle. Gengis Khan existe recyclé en effigie commerciale : on le trouve en représentant posthume, certes rafraîchissant, d’une marque de bière. Il orne les tables des bars, signe qu’il existe encore un peu, un tout petit peu dans les mémoires. Sur les billets de banque également. Mais la Mongolie n’a plus de vocation conquérante. Il lui faut déjà se recomposer elle même, et l’observateur se demandera peut-être si sa capitale, Ulaanbaatar, est en fin de course ou occupée à se reconstruire un avenir. Les deux sans doute. Les chantiers sont partout. Lorsque souffle le vent, une poussière suffocante envahit la ville et menace les bronches et les yeux.

Des investisseurs doivent se tenir derrière. On parle des Russes. Du Japon aussi, qui finance des projets de développement. Des ONG européennes oeuvrent également auprès des populations provinciales assaillies par des hivers qui déciment les troupeaux.

*

Dans ce minibus tout-terrain de fabrication russe, le regard porte loin sur les grands horizons. Sauf lorsqu’un véhicule nous double, cahotant d’ornière en ornière, ou croise notre route tandis que le vent joue le mauvais compagnon, en soufflant dans notre direction les flots de poussière soulevés par les roues. Mais Dawa est à son affaire : d’un coup de volant, l’œil imperturbable et le visage impassible, il coupe avec franchise le sillage opaque afin de rejoindre le côté épargné par le vent. A notre charge de fermer les fenêtres au bon moment. Une fois de l’autre côté de la colonne de poussière, l’air redevient clair, les respirations un instant retenues se libèrent et retrouvent leur profondeur habituelle. Les yeux sont bien ouverts, à l’affût de la steppe et de ses évènements. Au-delà d’Ulaanbaatar, capitale chaotique, la Mongolie colle parfaitement aux images qu’on en a : cavaliers nomades et yourtes claires, troupeaux de chevaux, chèvres, yacks et moutons, chameaux aussi. Car la région de l’Arkhangay est généreuse en pâturages et regroupe les " cinq museaux ", comme dit Shaga, l’un de nos interprètes. Il n’a pas la tâche facile, nos questions fusent tant nous sommes affamés de comprendre. Mais il n’est pas seul. Avec Badmaa, enseignante à l’Institut des Langues Européennes d’Ulaanbaatar, il nous aide à saisir paroles, écritures et usages de ce pays si lointain à bien des égards. Pour l’heure nous voici partis via une longue piste sous le ciel immense et bleu, baignés d’une chaleur sèche, quasiment désertique, émanation impalpable d’un soleil de plomb. Plus tard, vers l’ouest et les Monts du Khangay, elle perdra quelques degrés dont nous ne pleurerons pas la disparition. Sauf la nuit parfois, mais nos duvets sont chauds.

Notre objectif est de rejoindre la ville de Tsetserleg. Là, nous chercherons un nouveau véhicule. Une jeep devra nous conduire à un village appelé Jargalant, du moins si l’on en croit notre carte de fabrication canadienne achetée en France. Parvenus à ce mystérieux lieudit, nous nous mettrons en quête de guides et de chevaux de bât, puis marcherons vers le nord après le contournement de la montagne de Khaïrhan (3380 m) par l’ouest. Plusieurs jours de marche plus tard (cinq, six, sept ?), nous rejoindrons le lac Terkhiyn Tsagaan. Chevaux de selle, jeep puis de nouveau un minibus prendront ensuite le relais, nous acheminant vers la capitale pour clore notre périple après trois semaines de vie au grand air. Les choses semblent simples.

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Aujourd’hui nous sommes le vendredi 26 juillet, le jour du malentendu. Un soleil éclatant s’est levé il y a quelques heures. A bord d’une jeep UAZ 469, nous roulons au milieu des collines dans un paysage verdoyant. Marie demande le nom du village qu’on aperçoit à notre droite. " Shivert ", lui répond-t-on. Aussitôt nous consultons notre carte pour constater un fait : nous faisons fausse route depuis le départ ce matin. Nous ne devrions pas croiser ce village. Badmaa dort. Shaga s’interroge. Il scrute notre carte puis désigne un village dénommé Jargalant. Mais ce n’est pas lui que nous cherchons. Celui-ci est situé trop à l’est, il est trop éloigné de notre destination. Pourtant c’est là que notre chauffeur veut nous conduire. En fait, trois villages appelés Jargalant se côtoient dans la même région, à plusieurs heures de pistes près. Il faut choisir. Dilemme. " Notre " Jargalant, celui qui paraît convenir à ce que nous cherchons, est appelé Chuluut sur la carte de Shaga. En mongol Jargalant signifie " heureux ". Force est de constater qu’il existe beaucoup de ces endroits de bonheur dans le secteur ! Nous décidons alors de commencer notre marche à Chuluut, point de départ raisonnable en terme de distance, estimée à vol d’oiseau. En réalité, il ne faudra pas cinq jours pour atteindre le lac Terkhiyn Tsagaan. Sept seront nécessaires. Mais nous ne le savons pas encore. Pour l’instant nous faisons demi-tour.

Chuluut. Sa rivière charmante, ses yourtes gardées par des chiens revêches. Heureusement, les maîtres les rappellent et leur ordonnent de se tenir tranquille lorsqu’ils les voient partir de fort mauvaise humeur à la rencontre du visiteur. Les chiens hirsutes font alors demi-tour puis se résignent à se coucher à l’ombre d’une yourte. Mieux vaut ne pas désobéir.

Nous visitons un premier campement : un homme de petite taille vient à nous, sec comme un sarment. Embauché. Gambaa accepte sans hésiter de devenir notre guide mais il ne veut pas partir seul. Il faut d’autres chevaux et un compagnon pour l’aider à les convoyer lors du trajet de retour. Energique, le geste vif, toujours en activité, ce curieux insatiable ne cesse de fumer des cigarettes qu’il roule dans du papier journal. Parfois il prend le temps de lire quelques lignes de cyrillique avant d’ajouter le tabac. Il dit que deux chevaux de bât et deux chevaux de selle, qui pourront être modérément chargés, seront nécessaires pour porter nos bagages, le matériel de cuisine et les vivres. Les chevaux de selle seront pour lui et celui qui acceptera de nous accompagner car les nomades ne souhaitent pas marcher outre mesure. Nous visitons deux autres campements. Au premier notre interlocuteur nous répond qu’il a trop de travail, que ce voyage que nous lui proposons est trop long. Il n’y a pas d’autres hommes pour le remplacer. Le temps tourne. Nous remontons dans la jeep et repartons chez une autre famille où nous rencontrons Tchichiga. Il porte une casquette américaine rouge et a l’air d’un Sioux de bande dessinée. Il accepte de rejoindre notre équipe et nous loue un cheval de bât. Une fois tout le monde réuni, nous passons quelques heures à répartir le matériel dans des sacs puis à équilibrer les charges. De cette bonne répartition dépend l’état de fatigue et l’aisance des chevaux à remonter les vallées et à franchir les cols. Les chevaux, peu accoutumés à être bâtés de la sorte, regimbent et cherchent à se débarrasser de leur charge.

*

Hier il a plu dès le début de la nuit, une fois n’est pas coutume. Chacun a dû quitter sa place auprès du poêle pour se réfugier sous la tente. Au lieu de dormir enroulés dans leurs longs manteaux, Tchichiga et Gambaa se sont mis à l’abri. Ce matin le soleil fait fumer la terre. Notre cinquième jour débute dans l’herbe trempée. Je consulte mes notes car déjà les noms des lieudits s’échangent dans ma mémoire trompeuse. J’ai l’impression que nous sommes partis depuis des mois tant la rupture avec la France est totale. La durée se dilate, déjà je dois faire un effort : quel jour sommes-nous ? A quoi bon après tout ? Seulement pour tenir mon journal de route, c’est tout. Ne plus s’attacher à ces lundi, mardi, etc. qui ne veulent plus rien dire devant le trajet récurrent du soleil et de la lune, la présence nocturne des étoiles. Devant ce temps cosmique la chronologie de nos petites existences dans l’immensité de l’espace devient mesquine. Il faut pourtant bien récupérer quelques repères.

Les jours précédents, nous avons longé la rivière Chuluut, remontant sa vallée en foulant du pied des milliers d’edelweiss qui nous accompagneront sur tout le parcours. Parfois cette vallée s’élargit en des cuvettes d’un vert intense car les eaux de pluie s’y font capturer, autorisant la pousse de gras pâturages propices au bivouac. Dans ces oasis fertiles, les chevaux trouvent aisément de quoi manger. Nous avons ensuite contourné la montagne de Khaïrhan. Comme nous déjeunions à ses pieds, Gambaa nous a expliqué son caractère sacré, en nous mettant aussitôt en garde : y faire ses besoins, y cueillir une fleur où jeter dans ses parages une ordure quelconque ne pourrait qu’être la source de multiples ennuis. Les femmes gagnent à ne pas se promener sur ses flancs, leur avenir pourrait être sérieusement compromis. Nous avons ensuite franchi un col qui nous a conduit vers de nouvelles découvertes : une nouvelle vallée, des escarpements plus ou moins doux, une autre de ces rivières vitales pour les hommes et les chevaux. Ces rivières sont nos alliées la plupart du temps : elles adoucissent les étapes et nous donnent l’occasion le soir de nous rafraîchir et de nous laver. Elles ont par contre un fâcheux défaut : elles sont entourées de cette " terre femelle " dont parlent les nomades, humide et façonnée par le gel, farcie d’accidents. A l’opposé de la terre mâle, dure et sèche, elle donne lieu à des tourbières épuisantes à franchir, tant pour les humains que pour les chevaux.

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Nous nous immergeons lentement dans un univers où les paysages d’herbes et de soleil laissent parfois la place, notamment sur la face nord des montagnes, à des forêts de mélèzes hantées par les invisibles présences du loup et du léopard des neiges. Les esprits, invisibles eux aussi, se manifestent avec discrétion aux hommes par le biais d’étranges formes. Pour se les concilier Gambaa contourna par trois fois l’Ovoo érigé au bord du lac sacré d’Estiin. Il m’invita à faire de même tandis que, curieux, je m’approchais de cet assemblage conique de troncs légers de mélèzes. L’intérieur est jonché d’offrandes : cigarettes roulées prêtes à l’emploi, bouteilles de vodka et billets glissés sous des pierres de crainte que le vent ne les enlève. Je m’exécutai sans discuter, espérant en secret que cela ferait venir le loup et le léopard. Non. Ces deux-là je les ai rêvés sans pouvoir les faire apparaître en chair et en os. Ces montagnes sont trop secrètes pour livrer leurs trésors au premier venu. Ce voyage nous aura bien des fois enseigné la patience. Les choses viennent lorsqu’elles sont mûres. Il faut savoir être humble et ne pas exiger à toute force, laisser venir le bon moment. Bientôt les mélèzes disparurent tandis que nous prenions de l’altitude. L’herbe rase fit progressivement place à des sommets érodés où dominaient les couleurs brunes de la terre à vif. Dans cette contrée les paysages montagnards portent leurs courbes sommets vers le ciel sans jamais se montrer acérés. Pourtant deux cols se sont distingués au cours de notre marche : celui de la montagne d’Havchig et celui de la montagne de Sair. Le premier fut gravi dans la belle odeur des genévriers. Insensibles à son charme, les chevaux peinèrent tant et plus si bien qu’il fut nécessaire de leur préparer le chemin en ôtant les pierres qui l’encombraient, afin de soulager les bêtes de trop hautes enjambées. Le second, nous le franchîmes en deux fois, histoire de lester les chevaux d’une moitié de la charge. La montée fut rude, il nous fallut inventer notre passage au flanc des pentes. La descente ne se révéla guère plus facile. Chaque pas fut mesuré, nos bêtes avancèrent avec la précaution de qui marche sur des œufs. Une chute aurait signifié un drame ; au moins une lourde perte pour nos guides qui surveillaient, à l’autre bout de la longe, la progression de leurs chevaux comme le lait sur le feu.

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Ces altitudes franchies, la steppe reprit ses droits. Et avec elle la présence de campements où Gambaa et Tchichiga trouvaient l’airag, cet alcool léger à base de lait de jument fermenté.
Les rencontres avec les nomades deviennent vite une habitude. D’abord les aboiements des chiens puis la confrontation avec les humains. Nous sommes tous aussi curieux les uns des autres, l’exotisme est chose bien partagée. On nous invite à entrer sous la yourte et à prendre place. Nous nous installons du côté gauche de la pièce circulaire, dans un face à face attentif avec nos hôtes. L’ambiance est souvent silencieuse et le fromage nous est offert, accompagné du thé mongol. Sobriété et dénuement. Des lits de fer et des meubles vivement décorés constituent l’essentiel du mobilier. Le poêle entretient la chaleur, parfois étouffante en ces journées d’été. Les attitudes sont mesurées et nous entrons dans cette découverte comme dans une cérémonie où chaque geste compte. Chacun prend soin d’éviter l’impair même si notre statut d’étrangers ignorants nous protège. Peut-être tuera-t-on un bouc ce soir, pour marquer notre visite ? L’homme le mettra à mort d’une singulière manière : le ventre ouvert, le bras plongé dans les entrailles remontera jusqu’au cœur. L’artère compressée, aucune effusion de sang n’aura lieu. Tous les morceaux seront récupérés, ou presque. Les femmes fabriqueront du boudin avec les intestins. Une fois dépecé il cuira à l’étouffée dans un bidon métallique où seront jetés un fond d’eau et des pierres rougies sur le feu. Nous nous régalerons de ce festin carnassier sous l’œil lointain d’un rapace juché sur un poteau du campement. Familier de l’endroit, il guette les reliefs que n’ont pas déjà dévorés les chiens. Les mains grasses et les manches retroussées, chacun se lèvera à l’issue du repas en quête de la rivière. Pendant qu’il plongera ses mains dans l’eau froide, le voyageur constatera combien le dégoût peut s’avérer un luxe. Ce soir les nomades ont demandé aux occidentaux de passage de ne rien jeter mais de reposer leurs restes dans le plat. Ils se sont aperçus que leurs déchets n’en étaient pas toujours, comme ce gras qu’ils mettaient soigneusement de côté.
Nous dormirons avec l’odeur forte de la viande encore incrustée dans nos doigts.

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Une matinée, alors que nous venions de quitter un campement au bord duquel nous avions passé la nuit, Gambaa regimba. Il prit la mouche, à notre grand étonnement. On ne sut véritablement pourquoi. Notre ignorance du mongol fit que nous ne vîmes pas venir la chose. Ni Shaga ni Badmaa ne purent nous informer de ses raisons profondes. Y avait-il eu des précédents ? Ceux-ci nous avaient-ils échappés ? Le prétexte avoué fut la fatigue des chevaux, plus importante que prévue. Il demanda trois jours de paie supplémentaires. Refus. A midi il a fait demi-tour en nous indiquant du menton le chemin à suivre. Selon lui il suffisait de longer une crête puis de redescendre pour gagner le lac de Terkhiyn Tsagaan. Dans les instants qui précédèrent son départ, nous avons bu la vodka et fait circuler le verre, chaque destinataire regardant Gambaa dans les yeux, d’un regard respectueux et franc, ainsi que l’exige la coutume. Le don n’est pas une chose légère ; l’échange, ritualisé, se doit d’être profond. Le sens circule à travers l’offrande. Tchichiga et son frère restèrent avec nous, heureux constat car nous avions un immense besoin d’eux.

L’après-midi de cette journée de rupture fut long, très long. Le frère de Tchichiga, parti en éclaireur, nous entraîna dans une direction différente de celle qu’avait indiqué Gambaa. Nous prîmes trop à l’ouest. D’abord nous dûmes traverser un terrain accidenté couvert d’une taïga de plus en plus épaisse à mesure que nous redescendions vers la vallée. Nos pieds enfonçaient dans les mousses et ce n’était pas désagréable tant que le terrain conservait sa douceur. Une fois la vallée atteinte, le lac, à défaut d’être à notre portée comme nous l’espérions, n’était encore qu’un lointain miroitement. Nous marchâmes longtemps tandis qu’il paraissait toujours s’éloigner comme un mirage sans consistance. De longues heures passèrent avant qu’il ne devienne une évidence de courte portée. Le sourire commença alors à éclairer nos visages. Nous étions sales et épuisés, et même s’il était tard dans la soirée nous nous baignâmes pour nous laver de la poussière de la piste. La fraîcheur de ce bain fut réparatrice et nos corps courbatus récupérèrent un peu de vigueur.

*

Les jours à venir promettaient d’être plus cléments, pensions-nous. Nous devions trouver des chevaux afin de poursuivre notre voyage sur le dos d’un cheval. Il ne resterait donc plus qu’à se laisser bercer par l’ami du nomade de la steppe, ce petit cheval serviable et volontaire. Celui dont, même au milieu de nulle part, nous entendions les pas étouffés par la nuit. Un cavalier venu de la solitude en descendait alors puis rejoignait notre feu, observateur attentif qui fumait paisiblement en demandant qui nous étions.

Naïfs, nous avions encore à faire l’expérience de la selle mongole, dure comme un mauvais coup qui n’apparaît comme tel qu’après quelques heures de trop intime fréquentation. Or nous devions compter la suite en jours : de quoi faire connaissance avec le bois sous nos fesses. Après quelques heures passées sur le bois de la selle faiblement molletonnée chaque sursaut fut une douleur. Et je ne sais qui, entre mon cheval et moi, eut le plus de raisons de se plaindre de l’autre.

P.-S.

Première publication : le 18 décembre 2003 sur la revue des rerssources

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