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"Une sale histoire", au Théâtre Lucernaire (Paris-France), d’après "La Douce" de Dostoïevski

jeudi 27 novembre 2008 (Date de rédaction antérieure : 22 septembre 2017).



Une sale histoire




D’après la nouvelle La Douce de Dostoïevski

Mise en scène Elizabeth Marie

Musique et sons Cyril Alata

Avec Marc-Henri Boisse

Du 5 novembre 2008 au 10 janvier 2009
Du mardi au samedi à 21h

Théâtre Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs 75006 Paris

Réservations 01 42 22 26 50 ou 01 45 48 91 10

Production : Scarface ensemble - www.scarface-ensemble.org
Tel/Fax 06 03 46 93 21 - 08 72 62 64 86 - Scarface.ensemble@tele2.fr

Contact presse
Sarah MENEGHELLO - meneghello.sarah@wanadoo.fr - 06 68 58 73 27
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Une sale histoire
P r é s e n t a t i o n

D’après la nouvelle La Douce et des rumeurs de Les Démons

de Dostoïevski

Traduction André Markowicz

Mise en scène Elizabeth Marie

Avec Marc-Henri Boisse

Musique, sons et conception audionumérique Cyril Alata
Scénographie et lumière Marc Heydorff, Olivier Henry
Costumes Tania Klimoff

Production : Scarface ensemble www.scarface-ensemble.org
Tel/Fax 06 03 46 93 21 - 08 72 62 64 86 - Scarface.ensemble@tele2.fr

Avec le soutien de la DRAC Alsace, de la Ville de Mulhouse, de la Région Alsace,
du DICREAM-CNC, du CG Haut-Rhin, de l’ADAMI, de la SPEDIDAM

Du 5 novembre 2008 au 10 janvier 2009
Du mardi au samedi à 21h

Théâtre Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs 75006 Paris
Métro : Notre-Dame-des-Champs ou Montparnasse-Bienvenue

Réservations 01 42 22 26 50 ou 01 45 48 91 10

Plein tarif : 30 !
Tarif réduit : 10 ! ou 15 !

Durée du spectacle  : 1 h 20

Création au TAPS Gare (Strasbourg) du 5 au 10 décembre 2006
Tournée
Théâtre du Chaudron en mars 2007
La Filature - Scène Nationale de Mulhouse du 31 mai au 2 juin 2007
Théâtre de La Tempête en octobre 2007
Théâtre du Lucernaire du 5 novembre 2008 au 13 janvier 2009
Centre Culturel Charlie Chaplin à Vaulx-en-Velin les 28 et 29 avril 2009
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Une sale histoire
P r é s e n t a t i o n



Une réflexion sur l’âme humaine et le ratage d’une vie

Dans la Russie de 1870 qui vient de se libérer du servage, un usurier d’âge
mur épouse une jeune fille de 16 ans dans le but avoué de la sortir de la
misère. Mais cet homme, ancien officier chassé de l’armée après avoir
refusé un duel, impose à sa femme un mode de vie qu’elle est incapable de
supporter.
La nouvelle commence quand, bouleversé, il tente de remettre de l’ordre
dans ses pensées. Face à un tribunal imaginaire, il passe au crible de sa
conscience sa stratégie de domination envers la jeune femme, depuis sa
demande en mariage jusqu’au dénouement tragique.
Un récit fantastique qui ausculte les mécanismes sociaux pouvant mener à
l’irrémédiable.


A propos de La Douce

« Pour ce qui est du récit lui-même, je l’ai qualifié de "fantastique", bien
que je l’estime par-dessus tout réel. Mais le fantastique existe ici
réellement sous forme de conte (…).
Imaginez un mari chez qui, sur sa table, gît le cadavre de sa femme qui
vient de se suicider, il y a quelques heures, en se jetant par la fenêtre. (…)
Il erre de chambre en chambre, tâchant de se représenter ce qui s’est
passé, "de concentrer ses pensées sur un point". (…)
Malgré la continuité apparente du récit, il se contredit maintes fois dans
ses raisonnements et ses sentiments. (…) La succession des souvenirs qu’il
évoque finit par l’amener irrésistiblement à la juste vérité  ; la juste vérité
exalte son esprit et son cœur.
Voilà le thème. Naturellement, le déroulement du récit s’étend sur
plusieurs heures, avec des à-coups et des interruptions, et sous une forme
cohérente : tantôt il se parle à lui-même, tantôt il s’adresse comme à un
auditeur invisible, comme à quelque juge. (…) S’il y avait, pour l’écouter et
le noter, un sténographe, le résultat serait plus cahoté (…) que ce que je
présente au lecteur (…). C’est précisément la supposition d’un sténographe
(…) qui constitue ce que j’appelle l’imaginaire de ce récit. »

Fédor Dostoïevski
Extraits du Journal d’un écrivain (1876),
Gallimard, « Collection blanche », pp 374-375


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Une sale histoire
L e t e x t e


Extraits de La douce de Fedor Dostoïevski (texte original Krotkaïa)


« (…) Une taille de guêpe, comme ça, toute blonde, un peu plus grande que
la moyenne. A peine elle recevait l’argent, tout de suite, elle me tournait le
dos et elle sortait. Et toujours sans un mot.
(…) je la regardais comme si elle était mienne, et je ne doutais pas de mon
pouvoir. Vous savez, cette idée, c’est formidable comme jouissance, quand
on ne doute même plus.
(…) Oh la saleté ! De quelle saleté ne l’ai-je donc pas sortie ! Elle, elle
devait bien le comprendre, cela, et apprécier mon geste ! Il y avait toutes
sortes d’idées qui me plaisaient, comme, par exemple, que j’avais quarante
et un ans, et elle, à peine seize. Ca, ça me charmait, cette sensation de
l’inégalité, ça fait plaisir, ça, ça fait drôlement plaisir. »

Traduit du russe par André Markowicz
Actes-Sud, Collection « Babel », Arles, 1992


Postface de La Douce

« La Douce, écrite en octobre et novembre 1876, est parue dans le numéro
de novembre du Journal d’un écrivain, à la place d’un article que
Dostoïevski, (…) prie ses lecteurs de l’excuser de n’avoir pu écrire. (…)
La nouvelle est donc née, dans ce contexte précis, d’une transmutation ou
d’un détournement du journalisme – il est vrai qu’on en dirait autant de la
plupart des œuvres de Dostoïevski ; ce que La Douce offre de particulier,
c’est que le travail est ici (…) aisé à reconstituer, ce qui permet de le voir
évoluer, à partir d’un matériau brut jusqu’à l’élaboration romanesque (…).

Le matériau brut, c’est la conjonction de plusieurs faits divers. (…) Au cours
du mois de juin 1876, il apprend le suicide, et les circonstances du suicide,
de Lisa Herzen, la fille de l’écrivain occidentaliste émigré qu’il considérait
comme l’un de ses plus farouches adversaires, et l’un des responsables de
ce nihilisme qu’il avait dénoncé avec rage dans Les Démons. Lisa Herzen,
jeune fille brillante, qui avait reçu la meilleure éducation et ne connaissait,
bien sûr, pas le moindre problème matériel, avait laissé une note, ironique,
qui faisait comprendre qu’elle s’était suicidée par ennui, parce qu’elle ne
pouvait plus supporter le sentiment de vide qui la rongeait.

Par ailleurs, début octobre, le journal Novoié Vremia (Le Temps nouveau)
publie un entrefilet rapportant le suicide de la couturière Maria Borissova,
venue de Moscou, seule et sans ressources : « … le 30 septembre, elle se



plaignit de migraine, puis elle prit du thé avec un biscuit ; pendant ce
temps, sa logeuse voulut se rendre au marché ; à peine avait-elle eu le
temps de descendre les escaliers que des éclats de verre volèrent dans la
cour, puis Borissova tomba, elle aussi. Les locataires d’en face la virent
briser les doubles-vitres d’une fenêtre, glisser sur le toit les jambes en
avant, se signer et, serrant dans ses bras une icône, se précipiter dans le
vide. Cette icône était l’image de la Sainte-Mère de Dieu, une bénédiction
laissée par ses parents. »
André Markowicz


A propos de Dostoïevski

« Reste, avec et par delà l’idéologie, l’écriture : combat douloureux et
permanent pour composer une œuvre en bord à bord avec les voluptés
innommables de la destruction et du chaos.
La religion ou bien la manie, fille de la paranoïa, sont-elles les seuls
contrepoids au désespoir ? La création artistique les intègre et les dépense.
Ainsi les œuvres d’art nous conduisent-elles à établir des rapports moins
destructeurs, plus apaisants, avec nous-mêmes et avec les autres. »

Julia Kristeva
in Soleil noir, Dépression et mélancolie,
Gallimard, « Folio Essais », 1989, pp 197-198


« La complexité, la contradiction, le multivocalisme, les conflits réels de
l’époque de Dostoïevski, sa qualité de roturier et de "pèlerin" social, sa
profonde participation biographique et intérieure à la multiplicité objective
des plans de la vie, et enfin la faculté de voir le monde à travers les
interactions et les coexistences, tout cela a préparé le terrain sur lequel
s’est ensuite développé son roman polyphonique. (…) Ainsi donc, le monde
de Dostoïevski est la coexistence et l’interaction artistiquement organisées
de divers mondes spirituels et non une série d’étapes du devenir d’un esprit
unique. C’est pourquoi les univers des personnages, les plans du roman,
malgré leurs différents accents hiérarchiques, sont placés sur un même
niveau de la coexistence (comme les mondes de Dante), au lieu de se
succéder en tant qu’étapes du devenir. Cela n’est nullement le signe d’une
impasse logique, d’un manque de réflexion, d’une contradiction subjective
stérile (…). Mais il serait vain d’y chercher un achèvement philosophique,
monologique, même dialectique : non pas que cela soit dû à une
maladresse de l’auteur, plus simplement cet achèvement ne faisait pas
partie de son dessein. »
Mikhail Bakhtine
in La Poétique de Dostoïevski, Moscou 1929
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Une sale histoire
N o t e s d e mi s e e n s c è n e


Les auteurs russes et les mouvements révolutionnaires

Que ce soit en tant qu’auteur ou journaliste, Dostoïevski a témoigné de
transformations sociales majeures, notamment des rapports entre les
enfants de serfs récemment affranchis et ceux d’anciens maîtres. Il a aussi
abordé la question du suicide dans ses aspects sociologiques et
psychanalytiques. Comme Dostoïevski, nous nous sommes intéressés à une
autre figure historique de cette période russe : Netchaïev, un de ses
adversaires, nihiliste à l’extrême, qui avait aussi enquêté sur deux faits
divers liés à des suicides.
Leurs démarches, entre introspections quasi médicales et observations
objectives des faits sociaux, font d’eux les premiers modernes de notre
époque contemporaine, des artistes visionnaires.


Dostoïevski et les femmes

Dostoïevski s’opposait clairement au mouvement féministe. Pourtant, dans
sa correspondance, c’est à des femmes qu’il a le plus livré son intimité.
Dans son Journal d’un écrivain, il s’intéresse à la condition féminine et dans
ses œuvres, les figures de femme apparaissent dans une sombre réalité.
Concernant plus particulièrement La Douce, la nouvelle interroge le rapport
entre hommes et femmes à un niveau social, mais aussi individuel et
psychologique.


Il y a sûrement quelque chose de Faust, mais d’un Faust russe dans
cette histoire là !

Qui est le plus coupable ? Cette femme dont la révolte est d’emblée taxée
d’hystérie ? Ou cet homme, qui dit de lui "au fond personne ne m’a jamais
aimé, déjà petit…", cette victime d’injustices qui se venge de la société en
reproduisant les humiliations subies, qui perpétue des rapports de force
dont l’origine remonte à loin ?
Dans ce drôle de mariage, l’impossibilité de cette union apparaît de
manière tragique, caricaturale, grotesque même. Mais ce qui ressort
surtout, c’est le cycle infernal de la vengeance, fût-elle inconsciente. En
dévoilant ses propres traumatismes, cet homme nous aide à mieux saisir
comment ce combat a pu aboutir à une mise à mort.


Une écriture polyphonique

Dans La Douce, tout ce qui se dit est en permanence contredit, réévalué,
transformé. La pensée – multiple, contradictoire, inépuisable – n’est jamais
linéaire. Comme l’être humain !
Cette écriture polyphonique de Dostoïevski, la traduction d’André
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Markowicz la restitue parfaitement. Et nos recherches, au croisement de la
psychanalyse et de la linguistique, au carrefour de plusieurs disciplines
artistiques, trouvent ici de formidables pistes.
Comment raconter la rapidité et la simultanéité de la pensée intérieure et
silencieuse dans un acte théâtral ? A priori la chose est délicate et pourtant
nous décidons de tenter la représentation – partielle – du fonctionnement
du psychisme en dehors et dans les interstices du temps de la phonation.
Pour l’être humain, le temps de la parole (par images, phonèmes,
signifiants, associations libres, etc.) est plus lent que celui de
l’entrechoquement des idées. Comment en rendre compte pour ce texte
qui est la volonté d’inscrire l’oralité de ce mouvement intérieur sans
interlocuteur ?
L’utilisation de technologies numériques s’est imposée à nous afin de
relever ce défi. Il s’agit d’évoquer, par un traitement sonore informatisé, la
subtilité dialogiste fondée sur la polyphonie de Dostoïevski (décrite par
Bakhtine dans sa Poétique de Dostoïevski), tout en préservant
l’intelligibilité du texte et en mettant en valeur le geste théâtral.


Le texte mis en relief

Nous avons trouvé des contrepoints visuels, sonores et textuels à cette
nouvelle, dont le contenu est restitué dans son intégralité. Nous avons
mêlé des extraits des Démons car, dans un premier temps, mon désir fut
de partir de ce roman et de travailler en kaléidoscope à partir d’éclats du
texte qui donnent à entendre l’effervescence révolutionnaire dans une ville
de province où se prépare un attentat terroriste.
Sur scène, l’acteur dialogue avec le musicien Cyril Alata qui intervient
comme pensée simultanée, instantanée, supplémentaire, distorsion,
rappels de mémoire et « artefacts électroniques » du psychisme. A lui de
trouver un tempo autonome dans l’action scénique, face à ce musicien qui
perturbe cette parole qui fait toujours écran.


D’hier à aujourd’hui

En somme, avec ce projet polyphonique, nous avons testé jusqu’où il est
possible d’aller sur les questions du rapport entre changement radical de
perception sociétale et catastrophe, entre chaos et dépression, entre
suicide et terrorisme.
Ces questions, en résonance avec notre monde, j’ai voulu les mettre en
miroir. On peut penser aux mariages arrangés ici et ailleurs, hier et encore
aujourd’hui dans de nombreux pays. On peut aussi rapprocher ce récit
d’innombrables autres histoires minées par de tels processus de
destruction.

Elizabeth Marie

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Dost oï evski
Aut eur


Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski naît à Moscou, le 30 octobre 1821 – la
même année que Baudelaire et Flaubert.

En 1844, Dostoïevski écrit son premier roman, Les Pauvres Gens qui
connaît un succès certain, ce qui n’est pas le cas de ses romans suivants.
En 1847, il fréquente le cercle du socialiste utopiste Petrachevski et en
1849 il est arrêté et emprisonné avec les autres membres. Déporté dans
un bagne de Sibérie, il partage sa vie avec des forçats de droit commun. Il
écrit dans sa correspondance : « Je n’ai pas perdu mon temps : j’ai appris
à bien connaître le peuple russe, comme peut-être peu le connaissent. »
C’est un tournant dans la vie de l’auteur. Il abandonne ses sentiments
libéraux et se tourne vers la religion et le monarchisme. Cette conversion
est à la racine même de son chef-d’œuvre, Crime et châtiment. Sa peine
se termine en 1854 et il est affecté comme officier à un régiment de
Sibérie.
Il recommence à nouveau à écrire et en 1857, il épouse Maria Dmitrineva
Isaeva. En 1860, il obtient sa retraite comme sous-lieutenant et
l’autorisation de rentrer vivre à Saint-Petersbourg, sous la surveillance de
la police secrète. Il renoue alors avec les libéraux et fonde avec son frère
Mikhaïl une revue modérée et nationaliste, Le Temps, interdite en 1863.
Malgré les ouvertures politiques qui suivent l’arrivée au pouvoir du tsar
Alexandre II en 1855, on assiste à l’émergence de mouvements
révolutionnaires violents, ce qui inquiète beaucoup Dostoïevski.
En 1862, il se rend en Europe pour la première fois et rencontre Apollinaria
Souslova. Sa femme meurt en 1864, puis son frère Mikhaël en 1865. Il est
couvert de dettes et pour échapper aux créanciers, il continue à voyager et
tente de faire fortune à la roulette. On trouve des échos de sa passion
maladive du jeu dans Le Joueur (1866) ainsi que L’Adolescent (1875). Il
revoit Apollinaria Suslova qui refuse sa proposition de mariage.
Ces années d’errances et de troubles marquent profondément Dostoïevski.
Son aversion pour l’Europe et la démocratie grandit. Il publie le célèbre
Carnets du sous-sol qui est en quelque sorte une réponse au roman Que
faire ? du révolutionnaire Tchernitchevski. Selon Dostoïevski, l’égalité
démocratique n’efface pas la violence des rapports humains mais
l’exacerbe au contraire. Il engage Anna Griogorievna Snitkine comme
secrétaire et elle devient sa femme en 1867.
La situation du ménage s’améliore, Dostoïevski renonce au jeu et se met à
travailler régulièrement, publiant ses œuvres les plus abouties : Crime et
Châtiment, L’Idiot, Les Démons. Il écrit Le Rêve d’un homme ridicule en
1877. Son œuvre romanesque s’achève par le monumental Les frères
Karamazov, qu’il publie à l’âge de 60 ans. Le succès populaire arrive enfin.
Son Discours sur Pouchkine (1880) fait même de lui un héros national.

Il succombe à une hémorragie, le 28 janvier 1881.


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Elizabeth Marie
M e t t e u r e n s c è n e



Elizabeth Marie est metteur en scène et auteur.

Après des études à Strasbourg (littérature et linguistique), elle enseigne le
français durant trois ans. Parallèlement, elle mène des recherches
personnelles en photographie et en écriture sonore. Elle développe aussi
des outils de création au carrefour de la radio, du théâtre et du cinéma.
Elle devient correspondante pour l’émission Panorama de France Culture et
réalise des travaux de création pour Les matinales et Les nuits
magnétiques.

En 1979, elle fonde la Compagnie Scarface ensemble avec Bernard
Bloch et Ismaïl Safouan. En 1981, la compagnie est subventionnée par le
Ministère de la Culture. En 1985, elle s’installe à Mulhouse.
Avec Bernard Bloch, elle réalise des spectacles qui lient recherche musicale
et théâtrale. Leur répertoire pose des questions de société, qu’il soit
constitué de ses propres textes, d’auteurs contemporains ou de classiques
(Fassbinder, Alloula, Heiner Muller, Leroi Jones, Seminara, Benyoucef,
Godard, Perec, Platon, Shakespeare, Ibsen, Gorki, Dostoïevski, etc.).
Les spectacles sont produits dans des structures de la décentralisation et
en Ile-de-France. De nombreuses performances sont également proposées
hors des théâtres (appartements, bibliothèques, prisons, foyers d’urgence,
cantines d’usine, etc.).

En parallèle, Elizabeth Marie mène depuis 1999 des ateliers de formation
pour étudiants éducateurs spécialisés.


Principales mises en scène
1986 4 hommes à vendre d’E. Marie
Création AMC-CAC de Mulhouse puis tournée nationale
1987 Les Grenouilles d’Aristophane, Mulhouse, Strasbourg, tournée régionale
1987 Le Prince et le marchand , à partir de L’Idiot de Dostoïevski,
adapt. B.Bloch et E.Marie, coprod. et création au TNS puis tournée nationale
1989 Le système de l’enfer de Dante , coprod. Festival Musica à Strasbourg
1991 Un ennemi du peuple d’Heinrik Ibsen, adapt. d’E.Marie
Coprod. AMC-CAC Mulhouse et le Maillon à Strasbourg, tournée nationale
1993 Juliettes et Roméos. Avoir 20 ans en 1993 d’E. Marie
Action culturelle dans 4 foyers d’urgence (Mulhouse), diffusion France Culture
1995 L’argent. Dernier moment d’E. Marie, actions culturelles en prison
1996 Figures inévitables I, II, III d’E. Marie, actions culturelles à Mulhouse et
actions artistiques dans des appartements en ZUP, des cafés, des ateliers
1996 Celui qui ne marche pas au pas entend un autre tambour d’E. Marie (à
partir du livre de Job), Strasbourg (Théâtre du Hall des Chars) et Mulhouse (en
ZUP et sur des places publiques)
1998 Gregoria , d’après le récit Quasi una favola de F. Seminara, adapt. et trad.
G. Henry et R. Gironès, coprod. La Filature, Scène nat. Mulhouse, puis Strasbourg


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2000 Les Généreux d’A. Alloula, trad. M. Benyoucef,
Coprod. TNS Strasbourg, puis tournée régionale
2001 Les Dires d’Abdelkader Alloula
Strasbourg, L’Agora (Evry), Le Campagnol, Le Mans, Avignon, tournée CCAS, etc.
2002 La Sainte Triade de Messaoud Benyoucef Strasbourg, Mulhouse
2004 Vassa Geleznova de Maxime Gorki Strasbourg, Mulhouse
2006 Une sale histoire , à partir de La Douce et les rumeurs de Les Démons de
Dostoïevski, création au TAPS Gare (Strasbourg), Théâtre du Chaudron, La
Filature-Scène Nationale de Mulhouse, Théâtre de la Tempête, Théâtre du
Lucernaire
2008 Philoctète d’H. Müller, trad. J. Jourdheuil et J.-L. Besson
Répétitions et présentation à La Filature-Scène Nationale de Mulhouse, création au
TAPS Gare (Strasbourg) prévue en février 2009.


Cyril Alata
C o mp o s i t e u r e t mu s i c i e n


Après une formation en piano et en communication audiovisuelle, il se
forme au Conservatoire de Bordeaux en composition électroacoustique et
en analyse musicale.

Il a créé plusieurs bandes son pour le théâtre, bruitages, manipulations et
articulations de « ready made » sonores avec la scène et/ou véritables
compositions musicales. Ces Électrodramacoustiques (inspirées par Varèse,
Ferrari, Berio) sont les fruits de conversations avec des plasticiens, des
écrivains et des compagnies.

Suite à des stages de théâtre musical avec Bernard Cavanna, Richard
Dubelski, le Théâtre de la Mezzanine, Frédéric Maragnani, il a ses
premières expériences professionnelles de la scène grâce à Christian
Malaurie (sociologue et écrivain) et Guy Lenoir (fondateur de l’Association
Migrations Culturelles Aquitaine Afriques). Il travaille alors avec MC2a
(Bordeaux), au Festival Sigma 32, à l’Uzeste musical (en 1996), à l’Institut
français de Casablanca (en 1997), au TILF à la Villette (en 1998), avec la
Compagnie Zygote à Bordeaux (en 1998). Ensuite, il réalise une
performance audiovisuelle avec La Communauté inavouable, compagnie
fondée par Clyde Chabot (Un peu de poussière de chair, la nuit… au CDN
de Caen en 1999), puis est sonorisateur-DJ pour Hamlet Machine de Heiner
Müller (Ménagerie de Verre, Forum Culturel du Blanc-Mesnil, Comédie de
Saint-Etienne). Avec la Cie Les Foirades (Strasbourg), il réalise les Carnets
Sarah Wankler (Friche Laiterie).
Il travaille avec la Cie Scarface ensemble depuis 2004. Il réalise et diffuse
les créations sonores de Vassa Geleznova de Maxime Gorki, d’Une sale
histoire, de Philoctète de Heiner Müller.
Il mène aussi ses propres réalisations autour de la création audiovisuelle.
Depuis 2005, il enregistre des performances musicales inspirées de la vie
de Dostoïevski et de la polyphonie littéraire. Il participe à des ateliers de
formation ou de recherche sur la question de la participation et le concept
de conversation. Il anime un atelier d’improvisation à Strasbourg et est
assistant technique de formation à l’ISSM (Ecole d’Education Spécialisée de
Mulhouse).
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Marc-Henri Boisse
C o mé d i e n



Marc-Henri Boisse est acteur et metteur en scène.

Il a joué au théâtre notamment sous la direction de Joël Dragutin, Richard
Foreman, Bernard Sobel, Christian Rist, Philippe Adrien.
Il a participé à de nombreuses fictions radiophoniques pour Radio France
dans des réalisations d’André Velter, Pascale Lismonde, Claude Guerre,
Michel Sodoroff, Anne-Marie Chapoullié, Jean Couturier, Ghislaine Mathieu,
Pierre Descargues, etc.
Au cinéma, il a travaillé avec des réalisateurs tels que Marcel Hanoun,
Pierre Henri Salfati, Michael Haneke.

Il participe au Comité de lecture du Théâtre de la Tempête.
D’autre part, il a enseigné le Théâtre notamment pour la ville de Marly le
Roi, à l’école Théâtre en Actes, à la Faculté Paris 7 (Jussieu).

Il a également signé plusieurs mises en scène : Les Cahiers brûlés, Crime
banal pour motif de peu d’intérêt, Kleist automatique.

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