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Projection à la SCAM de "Closing your eyes" de Robin Hunzinger (Paris)

mardi 23 mai 2006 (Date de rédaction antérieure : 26 juillet 2017).

Ange Casta, président de la Scam
et les membres du jury Brouillon d’un rêve sont heureux de vous inviter à la projection d’un documentaire ayant obtenu l’aide à l’écriture filmique de la Scam

* Où est passé le 14 juillet ?

un film de Nathalie Latham

2005 – 23’ – Le Grec

La fête nationale a disparu d’un tout petit village du Lot. Une détective d’origine australienne part à sa recherche… un documentaire haut en couleurs.

* Closing your eyes

un film de Robin Hunzinger

2005 – 53’– Real Productions

Closing your eyes est un film documentaire sur trois villes palestiniennes en train de mourir, un film sur trois formes d’enfermement et d’étouffement : la révolte à Naplouse, la résignation à Hébron, la disparition à Qalqilyah.

Closing your eyes recueille des témoignages qui exhalent une tristesse sans fond, qui semblent perdus au milieu d’un isolement imposé. Surtout ne plus rien entendre, mettre en sommeil toutes les sensations. Ne plus éprouver la douleur, la peur, la violence. Ne plus écouter les tirs et les cris incessants.

Closing your eyes ou comment donner à voir et à entendre dans les rues de trois villes, entre l’obscurité et la lumière, entre l’intérieur et l’extérieur, entre la vie et la mort, entre le visible et l’invisible.

Closing your eyes, car face à nous, derrière les murs, se distille une souffrance sourde, un calvaire sans fin d’hommes et de femmes qu’on prive de tout droit, comme s’il n’y avait plus un peuple, des êtres humains, mais un fléau qu’il faut contenir à tout prix.

En Cisjordanie, ce qui frappe d’emblée, c’est la violence exercée contre la ville, la terre, le territoire. A perte de vue, ce ne sont que chantiers à ciel ouvert, collines éventrées, déforestations. Paysages en lambeaux, rendus illisibles par une violence qui semble concertée. Non la violence des bombes et de la guerre, non les destructions infligées par les incursions des chars, mais une violence active, industrieuse, cadastrale. Des murs traversent les collines, des barbelés encerclent les champs.

D’abord Naplouse. C’est l’une des dernières villes à lutter contre l’occupation. Elle est assiégée et coupée du reste de la Cisjordanie par plusieurs barrages qui entravent la circulation. Elle est régulièrement soumise (50 jours en 2003) à un couvre-feu total, qui interdit aux habitants de sortir de leurs appartements. Ainsi quelque 200.000 personnes sont emprisonnées dans leur propre ville. Les barrages de Beit Iba, Azmout et Huwwara qui entourent la ville de tous côtés, sont les plus sévères de Cisjordanie. Même des femmes sur le point d’accoucher et des vieillards malades rencontrent les pires difficultés pour les franchir, et la majorité des habitants n’essayent même plus.

Pourtant, « il ne s’agit pas d’un village se mourant derrière le béton et les levées de terre qui l’emprisonnent, mais d’une métropole chargée d’histoire ancienne, hier encore bouillonnante et grouillante de monde, avec sa vie commerçante et industrielle débordante, son université importante, ses hôpitaux, son paysage urbain plein de charme et ses anciens ornements », souligne le journaliste israélien Gideon Lévy.

Ensuite Hébron. La cité est partiellement occupée par une garnison israélienne qui protège quelque 400 membres de plusieurs colonies, situées au centre ou en bordure de la vieille ville. Ici la ville est en train de se vider de l’intérieur, le centre est peu à peu paralysé. La frontière se déplace à l’intérieur, invisible au premier abord. C’est le seul endroit où des équipes d’observateurs internationaux (scandinaves, turcs et italiens), sans pouvoir d’interposition mais avec un devoir de rapport, jouent un certain rôle modérateur. Les appelés israéliens aussi s’interposent parfois et manifestent ouvertement leur lassitude d’avoir à garantir la sécurité des colons dans ces conditions.

Enfin Qalqilya. La ville, située près de la ligne verte (frontière de 1967), est entourée par un mur haut de 9 mètres et par des barbelés infranchissables, interdits par les conventions humanitaires. Un seul point de passage la relie au reste de la Cisjordanie, contrôlé par l’armée israélienne qui peut le fermer à n’importe quel moment. Des miradors, des caméras vidéo, des capteurs sonores et une route entourant la ville complètent le dispositif de surveillance. Qalqilya est en train de devenir une prison. D’après la municipalité, la construction du mur de sécurité a signifié la confiscation d’un tiers des terres cultivables et des réserves d’eau de ce district connu comme « le grenier de la Cisjordanie ». Le taux de chômage d’environ 65% a poussé 6.000 résidents à abandonner la ville au cours des derniers mois pour chercher du travail ailleurs. Beaucoup d’habitants sont incapables de payer leurs impôts, et les dettes de la municipalité envers la compagnie israélienne de distribution d’électricité ont suscité des menaces de coupure.

C’est comme si nous ne savions plus voir, c’est comme si nous ne voulions plus regarder. C’est comme si la parole n’était plus possible.

Film sélectionné au festinal de Monde arabe de Montréal, au Festival International du réel à Paris et au festival Franco-Arabe d’Aman.

Soirée présentée et animée par les lecteurs et le jury.

Réservation indispensable au 01 56 69 58 98

Projection le 23 mai 2006 à 19h00
à la Scam, Boulevard Velasquez (Paris)

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