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Parution de "Un manifeste Hacker"

janvier 2007 (Date de rédaction antérieure : 25 septembre 2017).

Tel quel manifestement McKenzie Wark
http://www.arteradio.com/son.html?23885

Un manifeste Hacker est un essai radical par McKenzie Wark : un livre
des métamorphoses, à la fois post-philosophique et épique, à propos du
progrès au terme de la modernité technique. Samples et remix emportent
au-delà du nouveau régime social, abstrait, de la valeur. Nous allons
émerger... La version francophone est traduite de l’anglo-saxon par le
collectif Club post-1984 Mary Shelley and C° Hacker Band, et installée
graphiquement par Gallien Guibert. C’est la seule version internationale
imprimée qui présente un seul item par page, en quoi consiste une des
performances de cet ouvrage, fondée par le texte lui-même comme performance.
À entendre d’autre part le récit de McKenzie Wark comme un enjeu. Où
l’article inaugural prescrit le "Manifeste du parti communiste" au lieu de
le réifier, répètant la première phrase mythique avec une substitution non
négligeable — le mot "abstraction" remplaçant le mot "communisme" ; déjà
nous imaginons le défi sur le fond et sur la forme : "Un spectre hante le
monde, le spectre de l’abstraction."
Hommage de la poésie engagée, au manifeste : politiques et avant-gardes
dépassées. Dans le rituel, le dépassement du rituel. C’est de l’art et du
transgenre. Attention : ceci est un livre, ce n’est pas un livre...

Argumentaire développé de l’éditeur

Un manifeste Hacker est un essai radical par McKenzie Wark : un livre
des métamorphoses, à la fois post-philosophique et épique, à propos du
progrès au terme de la modernité technique. Samples et remix emportent
au-delà du nouveau régime social, abstrait, de la valeur. Nous allons
émerger... La version francophone est traduite de l’anglo-saxon par le
collectif Club post-1984 Mary Shelley and C° Hacker Band, et installée
graphiquement par Gallien Guibert. C’est la seule version internationale
imprimée qui présente un seul item par page, en quoi consiste une des
performances de cet ouvrage, au design dédié à la fois à la création de
l’auteur et à la réinvention du sens par le lecteur.. Mais ce n’est pas la
seule singularité, à regarder le récit même de McKenzie Wark, qui démonte la
dialectique des boîtes viatiques ancestrales de la modernité matérialiste,
politique, économique, sociale, littéraire, philosophique, en poète engagé
dans notre temps. Il innove la libération des idées en rythmique
incantatoire, D.J.se donnant tous les moyens, des plus informés, rigoureux
et analytiques, aux plus littéraires ou poétiques, logique expérimentant
l’aléatoire, loyauté de l’intention dite avec l’insolence du style ; et
toutes les ressources du mélange qui prédit au lieu de prophétiser, avec
lesquelles Burroughs nous a "enseignés" d’étrange façon, à fragmenter le
naturalisme littéraire et médiatique modernes comme des signes à recomposer,
au carrefour des cultures amérindiennes... Ici, le manifeste devient un
objet dénotateur-détonnateur contre les conformismes historiques et
refondateurs, kaléidoscopie de la pensée imaginante qui explore, et ses
ruses soulevant l’autobiographie, loin de la post-modernité pourtant
incandescente sous ses cendres...
Hacher menu le système dans lequel nous vivons pour extraire le code
du système, en distinguer chaque détail endogène, puis reconstruire l’ordre
inventé par le détail exogène, tel est le travail du Hacker : qu’il soit
bûcheron tirant aussi bien des arbres le bois de construction que les bûches
à brûler, boucher tirant les morceaux de la viande pour la particulariser en
nourriture et trier les abats, programmeur du MIT à l’affut d’une
typographie en trop ou en moins contribuant au futur Logiciel Libre, comme
les Hackers de la guerre du Pacifique, codant à partir de leur propre langue
navajo les messages militaires, intellectuels sabrant leur champ
disciplinaire pour actualiser une autre virtualité du monde, populations
astucieuses à déjouer la règle pour créer leur vie autrement... Libération
de l’abstraction.
Un manifeste Hacker éprouve, à le faire lui-même, le livre-monde de
nos jours, pari critique de l’invention depuis l’autonomie individuelle
(appelez cela "insoumission" peut-être) dans le monde de la règle de
l’autonomie disparue ; non le progrès linéaire, mais le désordre fécond des
hyperarborescences prédictibles-imprédictibles du divers, pratiqué à
l’horizon imprévisible de leurs rencontres possibles ou impossibles (dans
l’environnement paradoxalement fatal et aléatoire). Où singulièrement le
Hacker trouve moyen d’effectuer des réalités.
C’est pourquoi nous éviterons ici l’écueuil des références ; d’un côté
ce serait manquer l’originalité de cet ouvrage que de vouloir y reconnaître
ce que l’on connaît déjà ; d’un autre côté tant il en est, des références,
s’agissant en partie d’un remix de ces matières, et que les notes de
l’auteur développent abondamment, à la fin de son livre ; un chapitre même y
trouvant lieu sous le titre "Writings", le dernier dans l’édition anglophone
et par suite dans les publications traduites dans d’autres langues ; mais le
manuscrit ne nous ayant pas été transmis de cette façon, il y a trois ans,
nous avons soigneusement évité de reporter cette différence globale de notre
singularité imprescriptible... en sorte qu’il s’agisse probablement d’un
second ouvrage, de "discussion" par l’auteur, écrit en même temps, en amont
ou en aval du texte principal s’en édifiant, ou pour l’édifier — dans la
version que nous présentons.
Aux Hackers l’autre monde.

Aliette G.Certhoux
Directrice des publications

http://www.criticalsecret.com/store

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