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On va vendre Verlaine

septembre 2003 (Date de rédaction antérieure : 24 juillet 2017).

Il n’y a pas de « maison de Verlaine », comme à Saint-Sauveur on peut voir celle de Colette : quelques plaques de rue, une tombe au cimetière des Batignolles. Rimbaud, même, a son musée à Charleville, et sa maison de famille. Le « bon Juif errant » s’est pourtant arrêté près de quatre ans dans les Ardennes, entre Rethel et Juniville.

Il met la dernière main à Sagesse, fonde ses derniers espoirs d’une vie simple et tranquille aux côtés de Lucien Létinois, avatar falot de Rimbaud.

L’obstination amoureuse d’une ardennaise a permis que soit restaurée l’auberge qu’il fréquenta à Juniville. Aujourd’hui devenue musée, cette auberge est la dernière trace du poète.

On le sait, Verlaine n’était pas homme d’argent, après avoir ruiné sa mère, il mourut dans la dernière misère, volé par ses deux dernières femmes. Faudra-t-il que le malheur le poursuive au-delà de la tombe ?

L’auberge-musée de Juniville, propriété privée, va être vendue à un marchand, parce que les collectivités ne peuvent l’acquérir au prix fixé.

La mémoire même se vend : Eugénie Krantz, la prostituée qui sera la dernière femme de Verlaine, avait acheté, à la mort du poète, nombre de plumes et d’encriers qu’elle vendit comme étant La plume et l’Encrier de Verlaine. L’histoire se répète donc : on vend aujourd’hui sa « maison » pour en faire un « complexe » hôtelier.

Voir en ligne : source : maulpoix.net

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