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La FRAAP candidate au Palais de Tokyo

dimanche 11 septembre 2005 (Date de rédaction antérieure : 13 août 2017).

LA RÉVOLUTION AU PALAIS !

Dans la torpeur de l’été et le plus grand secret, les candidats au
poste de directeur du Palais de Tokyo, site de création contemporaine,
se sont préparés à combattre pour la cible princière, qui couronnera
leurs carrières. Candidatures confidentielles, notes d’intention non
publiées, promesses déjà toujours non tenues, jury mystérieux,
procédure opaque, les fils et filles de la famille se battent dans
l’obscurité des couloirs du palais : qui sera le prince ou la princesse ?

Sans doute une ou un de ceux qui dans une réunion récente sur la
non-visibilité de l’art contemporain français, où siégeaient d’ailleurs
les directeurs actuels du Palais de Tokyo, osait affirmer unanimement
qu’ « il n’y a pas de scène artistique française », autant dire pas
d’artistes français… D’ailleurs il n’y avait pas d’artistes dans cette
réunion de « professionnels », comme il n’y avait pas d’artistes
français dans l’exposition de l’été au Palais de Tokyo, issue de la
collection d’un collectionneur grec – entendez bien, il n’y a pas non
plus de collectionneurs français.

Future princesse ou prince d’un palais sans scène contemporaine, sans
artistes, sans collectionneurs, déjà acclamé(e) par la cour de l’art
contemporain, comment pourra-t-elle(il) tenir son rôle et son rang sans
peuple ?

Nous, artistes, ne pouvons plus accepter ce discours tenu par ceux qui
ont le devoir de rendre visible et de soutenir notre création, nos
exigences artistiques, nos énergies et nos prises de risque. Nous ne
pouvons plus accepter ce déni permanent d’une création vivante,
novatrice et diversifiée ; nous ne pouvons plus accepter cette
méconnaissance de nos engagements singuliers et collectifs.

Nous sommes la scène contemporaine française.
Nous sommes candidats à la direction du Palais de Tokyo.

Notre candidature est celle d’une personne morale, la FRAAP —
Fédération des Réseaux et Associations des Artistes Plasticiens — parce
que nous savons que pour tenir l’engagement de diffuser la diversité et
la richesse de la création contemporaine, il ne faut pas être tenu par
des plans de carrière. Parce que pour surgir de cette nuit interminable
des faux débats où s’égare une institution qui a perdu la main et le
regard, nous, artistes, sommes les seuls à pouvoir enfin décloisonner
l’ensemble des acteurs du milieu de l’art contemporain français.

Artistes, nous savons que nos exigences sont largement partagées : nous
faisons confiance aux artistes, comme nous faisons confiance aux
collectionneurs, à nos partenaires, aux publics et à l’ensemble des
réseaux nationaux et internationaux avec lesquels nous travaillons
quotidiennement.

Seule une rupture constructive, dont nous sommes porteurs, permettra de
mettre en œuvre une logique nouvelle et ambitieuse de diffusion de
l’art contemporain.

Nous rendons public notre candidature, notre projet pour l’avenir du
Palais de Tokyo et nos engagements, parce que la légitimité d’une
candidature sur la direction d’un lieu qui engage la visibilité de la
scène contemporaine en France et à l’étranger ne peut se construire
sans débat public et sans les premiers acteurs de l’art contemporain :
les artistes.

Voir en ligne : Le site de la FRAAP

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