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Appel à soutenir le peuple birman

mardi 23 octobre 2007 (Date de rédaction antérieure : 19 septembre 2017).

Appel

« Usez de vos libertés pour promouvoir les nôtres »

Aung San Suu Kyi

Un pays sans livres, sans presse, sans Universités (et où la
bicyclette même est interdite à Rangoun !), est-ce une terrible
répression ou on ne sait quelle sinistre préfiguration ?

Nous redoutons le pire.

Une tétrarchie acéphale, anonyme, médaillée, à lunettes noires
et casquettes béantes, prive son peuple de parole, de la vue et de
l´ouie. Ce peuple serait « birman », mais la Birmanie n´existe
plus : le badge diplomatique affiche Myanmar. Nous parlons de
Rangoun ou de Mandalay mais les généraux se sont bâtis ailleurs
une cité de pouvoir, sans architectes, sans nom. Il n´y a plus
que des serviteurs.

Les minces jeunes gens aux crânes nus et aux robes safran,
mendiants silencieux, sans armes, sans chefs, sans visiteurs, plus
prostrés que prosternés maintenant dans les temples déserts, sont
repoussés, battus, assassinés par leurs demi-frères, ces soldats
verts indiscernables : jeunesse d´un ancien peuple aujourd´hui
divisée contre elle - même et ainsi neutralisée, comme si pour
exploiter les richesses d´un pays du Tiers monde non modernisé
et à mondialiser, sans transition, à déboiser et défoncer d´un
coup, il fallait changer le peuple même asservi aux multinationales
dont la circonférence est partout et le centre là-bas : Londres,
Shanghai, New York, Paris... dans les hautes tours du contrôle total.

Et parmi tous ceux- là une femme avec un nom : Aung San Suu Kyi,
avec un visage, mais comme une Jeanne sans bûcher, encagée depuis
vingt ans et que le monde entier révère vainement telle une
apparition, comme si la ruse des caudillos savait qu´une
apparition suffit au monde télévisé.

Nous, écrivains, intellectuels, artistes, libres parleurs,
exaspérants et désespérants citoyens du monde, arguons du droit
de visiter nos semblables et de leur parler.

Notre intervention ne s´adresse pas à la junte birmane qui vient
de tirer sur la foule et qui réprima dans le sang les
manifestations populaires de 1988 avant de s´opposer par la
force à la victoire remportée aux élections de 1990 par la Ligue
Nationale pour la Démocratie (LND) de Aung San Suu Kyi.

Nous demandons que se fasse de plus en plus pressante la
protestation des instances internationales mais seules les
sanctions économiques peuvent conduire la junte à renoncer à la
répression et à accepter la restauration de la démocratie.

Nous demandons que toutes les mesures soient prises en ce sens,
immédiatement, par le gouvernement français et que la compagnie
Total, la plus grande compagnie française concernée, cesse
d´exploiter, pour l´heure, le gaz de Birmanie, première
ressource de la junte.

C´est à ce prix que la répression cessera, que les prisonniers
seront libérés et qu´Aung San Suu Kyi jouera le rôle politique
qui lui revient.

C´est à ce prix que la vie culturelle renaîtra en Birmanie.

C´est à ce prix que les enfants accèderont à l´éducation et
que livres et journaux paraîtront librement.

Alors les écrivains et les artistes birmans pourront de nouveau
publier, créer, voyager à leur guise.

Sachons-le, l´entretien de l´illettrisme est peut être l´arme
la plus efficace de cette dictature singulière.

Ecrivains, intellectuels, artistes, libres de parole, nous vous
demandons de signer et faire signer ce texte qui sera adressé au
gouvernement français et diffusé dans la presse, en soutien au
peuple birman et d’envoyer
ces signatures à l´adresse :

Info Birmanie

74 rue Notre Dame des champs

75006 Paris

info_birmanie@yahoo.fr

Initiative de Michel Deguy et Pierre Lartigue, soutenus par
l´association Info Birmanie.

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